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POPESCO Elvire

Qui est Elvire Popesco ?

Nom complet : Elvira Popescu, dite Elvire Popesco.
Naissance : 10 mai 1894 (Bucarest, Roumanie).
Mort : 11 décembre 1993 (Paris, France) à 99 ans.
Activités : comédienne de théâtre et de cinéma, directrice de théâtre.
Nationalités : roumaine et française.
Notoriété : grande interprète du théâtre de boulevard français, surnommée « la reine du boulevard ».

Où se trouve la tombe d’Elvire Popesco ?

La tombe d’Elvire Popesco se trouve dans la division 85 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 85
Repérez la division 85 sur le plan du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire d’Elvire Popesco au Père-Lachaise

La sépulture d’Elvire Popesco, située dans la 85e division du Père-Lachaise, est formée d’un monument de pierre claire à la composition très verticale. Une longue dalle légèrement inclinée conduit jusqu’à un socle surmonté d’une grande croix de pierre, qui domine l’ensemble.

Le nom Elvire Popesco, accompagné de ses dates 1894-1993, est gravé sur la partie frontale du monument. À l’arrière, une inscription discrète mentionne également l’entreprise Lecreux Frères, Paris, qui a réalisé la sépulture.

La silhouette élancée de la croix, aux extrémités largement évasées, donne au monument son caractère immédiatement reconnaissable.

Tombe d’Elvire Popesco au cimetière du Père-Lachaise
Vue générale de la tombe d’Elvire Popesco, division 85. Wikimedia Commons, CC0.
Stèle funéraire d’Elvire Popesco au Père-Lachaise
La stèle funéraire d’Elvire Popesco au Père-Lachaise. Photo : Benoît Prieur / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie d’Elvire Popesco

Elvira Popescu naît le 10 mai 1894 à Bucarest, dans une Roumanie où la vie théâtrale se structure autour du Théâtre national et du Conservatoire d’art dramatique. Elle suit une formation au Conservatoire de musique et d’art dramatique de Bucarest, où elle acquiert les bases classiques du métier : diction, mouvement, répertoire et construction du personnage. Très jeune, elle se fait remarquer par une présence scénique énergique, une voix immédiatement identifiable et un tempérament comique qui ne l’empêchent pas d’aborder d’abord des emplois dramatiques.

Elvire Popesco photographiée en 1925
Elvire Popesco en 1925, au début de sa carrière parisienne. L’Illustration / Wikimedia Commons, domaine public.

Une étoile du théâtre roumain

Elle débute sur scène vers 1910 et entre au Théâtre national de Bucarest, dont elle devient sociétaire en 1914. La Première Guerre mondiale place la Roumanie au cœur d’une période politique et militaire difficile, mais Popescu poursuit son ascension. Elle joue les jeunes premières et acquiert une solide réputation dans son pays. Elle participe aussi aux débuts du cinéma roumain : sa présence dans des films muets lui donne une première expérience du jeu devant la caméra, très différent du théâtre par l’absence de voix et la nécessité d’exprimer rapidement les émotions par le geste et le visage.

Sa vie personnelle se construit parallèlement à cette carrière. Elle épouse le comédien Aurel Athanasescu, avec lequel elle a une fille, Tatiana. Le couple divorce. Elle se remarie ensuite avec l’homme politique roumain Ion Manolescu-Strunga, qui sera plus tard victime de la répression communiste et mourra dans la prison de Sighet. Ces liens la maintiennent longtemps attachée à la Roumanie, même lorsque Paris devient le centre de sa vie professionnelle.

La conquête de Paris

En 1922, au cours d’une tournée dans les Balkans, l’écrivain Jean Richepin découvre son jeu et l’encourage à tenter sa chance en France. Elvire Popesco arrive à Paris en 1923. Elle se produit d’abord au théâtre de l’Œuvre dans Passions rouges, une tragédie roumaine. Son français reste fortement marqué par son accent natal. Loin de chercher à l’effacer complètement, elle transforme cette singularité en force théâtrale : son débit, ses intonations et son énergie donnent à ses personnages une couleur immédiatement reconnaissable.

Affiche illustrée d’Elvire Popesco par Charles Gesmar
Affiche d’Elvire Popesco dessinée par Charles Gesmar. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Jean Richepin la présente à Louis Verneuil, auteur très populaire du théâtre de boulevard. Séduit par son talent, Verneuil lui confie puis lui écrit des rôles adaptés à son rythme et à sa personnalité. Ma cousine de Varsovie, créée au théâtre Michel à la fin de 1923, lance véritablement sa carrière française. La pièce rencontre un succès considérable. Popesco devient l’interprète privilégiée de Verneuil et entretient avec lui une longue relation personnelle et artistique, de 1923 à 1937.

La comédienne impose un personnage de scène qui mêle autorité, fantaisie, séduction et sens de la répartie. Elle ne se contente pas d’un accent pittoresque : sa technique repose sur une précision du rythme et une capacité à faire basculer une phrase banale vers le comique. Les critiques et le public lui donnent bientôt des surnoms prestigieux, de « reine du boulevard » à « Notre-Dame du Théâtre ». Cette célébrité durable naît de son aptitude à incarner des femmes maîtresses du jeu, souvent étrangères, aristocratiques ou mondaines, qui contrôlent une situation avant d’en révéler les fragilités.

Tovaritch et les grands succès de scène

En 1933, Tovaritch de Jacques Deval lui offre l’un de ses rôles les plus fameux. Elle y joue une grande-duchesse russe exilée à Paris, contrainte avec son mari de devenir domestique. Le contraste entre le rang social, la précarité et les codes du boulevard correspond parfaitement à son art. La pièce est reprise et adaptée à l’étranger ; elle associe durablement le nom de Popesco au théâtre parisien de l’entre-deux-guerres.

Elle travaille aussi avec Henri Bernstein, Marcel Achard, Sacha Guitry et André Roussin. Dans Nina, créée en 1949, puis dans La Mamma, écrite pour elle par Roussin en 1957, elle renouvelle son registre sans renoncer à sa puissance comique. Elle aborde également des univers plus sombres ou poétiques, comme La Machine infernale de Jean Cocteau en 1954. Sa carrière échappe ainsi à une définition trop étroite du boulevard : sous l’exubérance, son jeu sait faire apparaître la mélancolie, l’inquiétude ou l’autorité blessée.

Elvire Popesco dans la pièce Nina d’André Roussin
Elvire Popesco dans Nina d’André Roussin. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Une carrière de cinéma choisie

Le cinéma français sollicite naturellement cette vedette de théâtre. À partir des années 1930, Elvire Popesco tourne dans plusieurs comédies qui exploitent son élégance et son sens du dialogue. Elle partage l’affiche avec Maurice Chevalier dans L’Homme du jour de Julien Duvivier, avec Louis Jouvet dans Éducation de prince, et apparaît dans La Présidente, Tricoche et Cacolet, Le Bois sacré ou Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry.

Elvire Popesco dans le film Éducation de prince
Elvire Popesco dans Éducation de prince d’Alexandre Esway, en 1938. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Dans Paradis perdu d’Abel Gance, sorti en 1940, elle intervient dans un mélodrame ambitieux qui suit une existence bouleversée par la Grande Guerre. Après 1945, elle espace ses apparitions au cinéma. Abel Gance lui confie néanmoins un rôle dans Austerlitz, tandis que René Clément l’emploie dans Plein Soleil en 1960. Dans ce dernier film, dominé par Alain Delon et Maurice Ronet, sa présence rattache brièvement le cinéma moderne à la grande tradition des actrices de caractère.

Portrait d’Elvire Popesco par le studio Harcourt en 1940
Portrait d’Elvire Popesco par le studio Harcourt, vers 1940. Wikimedia Commons, domaine public.

Directrice du Théâtre de Paris et du Théâtre Marigny

Elvire Popesco ne veut pas seulement interpréter des spectacles : elle entend aussi les produire et organiser la vie d’une scène. Avec Hubert de Malet, elle dirige le Théâtre de Paris de 1956 à 1965. Elle y crée une seconde salle sous les combles, d’abord appelée Théâtre Moderne. Cette activité de direction exige de choisir les textes, constituer les distributions, suivre les répétitions et assumer les risques économiques propres au théâtre privé.

Elle prend ensuite la direction du Théâtre Marigny, qu’elle anime jusqu’à la fin des années 1970. La télévision élargit alors encore son public grâce à l’émission Au théâtre ce soir. La Mamma, La Locomotive et La Voyante entrent dans les foyers français. À quatre-vingt-quatre ans, elle reprend encore La Mamma, démontrant une longévité scénique exceptionnelle. Son autorité de directrice et son instinct de comédienne contribuent à maintenir le théâtre de boulevard dans la culture populaire, au moment où les habitudes de spectacle changent profondément.

Une vie entre la Roumanie et la France

Après son second divorce, Elvire Popesco épouse en 1939 Maximilien Sébastien Foy, descendant du général Foy, et devient comtesse Foy. Elle acquiert à Mézy-sur-Seine l’ancienne villa construite par Robert Mallet-Stevens pour le couturier Paul Poiret. Dans cette demeure moderniste, parfois surnommée le « paquebot », elle reçoit pendant des années écrivains, acteurs, responsables politiques et personnalités du monde artistique. Ce salon participe à son rôle dans la société parisienne, au-delà de ses seuls spectacles.

Naturalisée française tout en conservant un lien profond avec la culture roumaine, elle incarne une forme de circulation européenne des artistes. Son accent, d’abord considéré comme un obstacle possible, devient la marque d’une présence étrangère pleinement intégrée à la scène française. Elle contribue ainsi à rendre familière au public une identité double, sans effacer son pays d’origine.

Les dernières années et les hommages

Retirée progressivement de la scène, Elvire Popesco reçoit en 1987 un Molière d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Elle est élevée à la dignité de grand officier de l’ordre national du Mérite en 1977 et reçoit la grand-croix de la Légion d’honneur en 1989. Ces distinctions saluent autant la comédienne que la directrice qui a accompagné plusieurs générations d’auteurs et d’interprètes.

Elle meurt à son domicile parisien le 11 décembre 1993, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, puis est inhumée dans la division 85 du Père-Lachaise. Une salle du Théâtre Marigny porte aujourd’hui son nom, tout comme la salle de cinéma de l’Institut français de Roumanie à Bucarest. Ces hommages prolongent la mémoire d’une artiste dont la voix, le rythme et la silhouette ont traversé plus d’un demi-siècle de théâtre français.

Œuvres principales d’Elvire Popesco

  • Ma cousine de Varsovie de Louis Verneuil (1923).
  • Tovaritch de Jacques Deval (1933).
  • Nina d’André Roussin (1949).
  • La Machine infernale de Jean Cocteau (1954).
  • La Mamma d’André Roussin (1957, reprise jusqu’en 1979).
  • La Voyante et La Locomotive d’André Roussin.
  • L’Homme du jour de Julien Duvivier (1937).
  • Éducation de prince d’Alexandre Esway (1938).
  • La Présidente et Tricoche et Cacolet (1938).
  • Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry (1939).
  • Paradis perdu d’Abel Gance (1940).
  • Austerlitz d’Abel Gance et Plein Soleil de René Clément (1960).

Distinctions et fonctions

  • Sociétaire du Théâtre national de Bucarest à partir de 1914.
  • Directrice du Théâtre de Paris de 1956 à 1965.
  • Directrice du Théâtre Marigny de 1965 à la fin des années 1970.
  • Grand officier de l’ordre national du Mérite (1977).
  • Molière d’honneur pour l’ensemble de sa carrière (1987).
  • Grand-croix de la Légion d’honneur (1989).
  • Une salle du Théâtre Marigny et la salle de cinéma de l’Institut français de Roumanie à Bucarest portent son nom.