Catégories
Tombe

WRIGHT Richard

Qui est Richard Wright ?

Nom complet : Richard Nathaniel Wright.
Naissance : 4 septembre 1908 (près de Natchez, Mississippi, États-Unis).
Mort : 28 novembre 1960 (Paris, France) à 52 ans.
Activité : écrivain, romancier, nouvelliste, poète, essayiste et journaliste américain.
Notoriété : auteur de Native Son et Black Boy, deux œuvres majeures de la littérature afro-américaine du XXᵉ siècle.

Où se trouve la tombe de Richard Wright ?

Les cendres de Richard Wright reposent dans la case 848 du columbarium, division 87 du cimetière du Père-Lachaise. L’écrivain fut incinéré au Père-Lachaise le 3 décembre 1960.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 87
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la sépulture de Richard Wright se trouve dans le columbarium, division 87.

La sépulture de Richard Wright au Père-Lachaise

Plaque funéraire de Richard Wright au columbarium du Père-Lachaise
Plaque funéraire de Richard Wright, case 848 du columbarium, division 87. Photo ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les cendres de Richard Wright reposent dans la case 848 du columbarium du Père-Lachaise, division 87. La sépulture prend la forme d’une simple plaque noire rectangulaire, portant en lettres claires son nom et ses dates, 1908-1960. La case 848 est officiellement signalée parmi les sépultures remarquables du cimetière.

Cette présentation extrêmement dépouillée contraste avec l’importance de Wright dans la littérature américaine du XXe siècle. Auteur de Native Son et de Black Boy, il s’installa durablement à Paris après la Seconde Guerre mondiale et y mourut le 28 novembre 1960.

Son corps fut incinéré le 3 décembre 1960, avec un exemplaire de Black Boy, et ses cendres furent déposées au Père-Lachaise. La plaque actuelle constitue ainsi un mémorial très discret, identifiable essentiellement par son nom et par le numéro 848 inscrit au-dessus de la niche.

Biographie de Richard Wright

Une enfance marquée par la pauvreté et la ségrégation

Richard Nathaniel Wright naît le 4 septembre 1908 dans une plantation proche de Natchez, dans le Mississippi. Son père, Nathan Wright, est métayer ; sa mère, Ella Wilson, institutrice. Petit-fils d’anciens esclaves, l’enfant grandit dans le Sud des États-Unis régi par les lois ségrégationnistes dites Jim Crow. Son père abandonne rapidement le foyer. La maladie de sa mère, victime d’une attaque en 1918, précipite la famille dans une grande précarité et entraîne une succession de déménagements entre le Mississippi, le Tennessee et l’Arkansas.

Wright connaît la faim, les emplois pénibles, les tensions familiales et une éducation religieuse très stricte chez sa grand-mère adventiste. Il découvre pourtant très tôt la puissance de l’imagination. À quinze ans, il publie sa première nouvelle, The Voodoo of Hell’s Half-Acre, dans un journal noir local. Élève brillant, il termine major de sa classe à la Smith Robertson Junior High School de Jackson. Refusant de prononcer le discours de fin d’études préparé par le directeur, il affirme déjà son indépendance face aux autorités qui prétendent parler à sa place.

Plaque historique consacrée à Richard Wright près de Natchez
Plaque historique consacrée à Richard Wright dans sa région natale du Mississippi. Wikimedia Commons, licence libre.

Chicago, le travail et l’apprentissage politique

En 1927, Richard Wright rejoint Chicago, comme des centaines de milliers d’Afro-Américains partis du Sud pendant la Grande Migration. Il travaille notamment comme employé des postes, lit avec voracité et fréquente les bibliothèques malgré les obstacles raciaux. La Grande Dépression lui fait perdre son emploi et renforce sa conscience politique. Il se rapproche du John Reed Club, organisation d’artistes et d’écrivains de gauche, puis adhère au Parti communiste américain en 1933.

Le communisme lui paraît alors offrir un langage international contre le racisme et l’exploitation. Wright écrit pour Left Front, New Masses et le Daily Worker. Dans le cadre du Federal Writers’ Project, programme culturel du New Deal, il acquiert une discipline professionnelle et participe à la rédaction de guides. Mais son individualisme, son refus des mots d’ordre et sa volonté de placer l’expérience noire au centre de son œuvre provoquent rapidement des tensions avec l’appareil du parti.

Portrait de l’écrivain Richard Wright
Portrait de Richard Wright. Library of Congress / Wikimedia Commons, domaine public.

Le succès de Native Son

Installé à New York en 1937, Wright s’intègre à la vie intellectuelle de Harlem. Le recueil Uncle Tom’s Children, publié en 1938 puis augmenté en 1940, dépeint la violence raciale du Sud et reçoit un accueil remarqué. Une bourse Guggenheim lui permet de se consacrer à l’écriture de son premier grand roman, Native Son. Publié en 1940, le livre raconte le destin de Bigger Thomas, jeune Noir de Chicago enfermé dans la peur, la pauvreté et une société raciste qui réduit son horizon.

Le roman devient un phénomène éditorial et fait de Wright le premier écrivain afro-américain choisi par le Book of the Month Club. L’ouvrage choque autant qu’il fascine : il refuse les portraits rassurants et contraint un vaste public blanc à regarder les effets psychologiques et sociaux de la ségrégation. Une adaptation théâtrale, écrite avec Paul Green et mise en scène par Orson Welles, est créée à Broadway en 1941. La même année, la NAACP décerne à Wright la médaille Spingarn.

Couverture de la première édition de Native Son de Richard Wright
Première édition de Native Son, publiée en 1940. Wikimedia Commons, domaine public aux États-Unis.

Black Boy et la rupture avec le communisme

En 1945 paraît Black Boy, récit autobiographique de son enfance et de sa jeunesse dans le Sud. Wright y décrit sans détour la faim, les humiliations raciales, la violence et l’étouffement religieux, mais aussi la découverte des mots comme moyen de conquérir sa liberté. Le livre rencontre un immense succès. Sa seconde partie, consacrée à Chicago et à son expérience communiste, est écartée de l’édition originale avant d’être publiée plus tard sous le titre American Hunger.

Wright s’éloigne du Parti communiste dès le début des années 1940 et rompt officiellement avec lui. Dans son essai autobiographique I Tried to Be a Communist, il raconte la surveillance, le dogmatisme et l’hostilité qu’il a rencontrés. Cette rupture ne signifie pas l’abandon de ses engagements : il continue de dénoncer le racisme américain, le colonialisme et toutes les formes de domination politique.

Couverture de la première édition de Black Boy de Richard Wright
Première édition de Black Boy, autobiographie publiée en 1945. Wikimedia Commons, domaine public aux États-Unis.

L’exil parisien et les débats intellectuels

Invité en France après la guerre, Richard Wright s’installe définitivement à Paris avec sa famille en 1946. La capitale ne supprime pas le racisme, mais elle lui offre une liberté quotidienne et intellectuelle qu’il ne trouvait plus aux États-Unis. Il fréquente Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Claude Lévi-Strauss, Chester Himes et d’autres écrivains expatriés. Ses échanges avec l’existentialisme nourrissent The Outsider, publié en 1953, vaste roman sur l’aliénation, la liberté et la responsabilité.

Son influence sur la génération suivante est considérable, même lorsque les désaccords sont vifs. James Baldwin critique le naturalisme et la vision tragique de Native Son, tandis que Wright reproche aux jeunes écrivains de sous-estimer la violence des structures raciales. Ces controverses montrent combien son œuvre est devenue incontournable : elle sert de point de départ aux débats sur la représentation de l’expérience noire, la protestation et la liberté artistique.

Plaque commémorative Richard Wright rue Monsieur-le-Prince à Paris
Plaque commémorative au 14, rue Monsieur-le-Prince à Paris, où Richard Wright vécut de 1948 à 1959. Wikimedia Commons, licence libre.

Un regard international sur la décolonisation

Dans les années 1950, Wright élargit son regard au monde colonial. Il voyage sur la Côte-de-l’Or, future Ghana, et publie Black Power en 1954. L’année suivante, il assiste à la conférence de Bandung en Indonésie, rassemblement historique de pays d’Asie et d’Afrique qui refusent l’alignement sur les deux blocs de la guerre froide. Son reportage, The Color Curtain, analyse l’émergence d’une conscience politique internationale fondée sur l’expérience commune de la domination coloniale.

Il poursuit cette exploration avec Pagan Spain, consacré à l’Espagne franquiste, et White Man, Listen!, recueil de conférences sur les rapports entre l’Occident et les peuples colonisés. Wright n’idéalise pas les nouveaux nationalismes : il observe leurs contradictions et défend l’éducation, la rationalité et l’émancipation individuelle. Son œuvre devient ainsi transatlantique, reliant la condition noire américaine aux bouleversements de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe.

Richard Wright écrivain américain installé à Paris
Richard Wright, écrivain américain installé à Paris. Wikimedia Commons, domaine public.

Les dernières années et l’héritage

Wright continue d’expérimenter. Savage Holiday explore la culpabilité dans un univers presque entièrement blanc ; The Long Dream revient au Mississippi de la ségrégation. Il s’intéresse aussi à la psychanalyse et rassemble des milliers de haïkus, forme brève qui lui permet d’exprimer avec précision les paysages, les saisons, la solitude et la maladie. Ces poèmes ne seront publiés qu’après sa mort.

Affaibli par des problèmes de santé, Richard Wright meurt d’une crise cardiaque à Paris le 28 novembre 1960, à 52 ans. Il laisse son épouse Ellen Poplar et leurs deux filles, Julia et Rachel. Son œuvre a ouvert une voie décisive dans la littérature américaine : en donnant une forme romanesque puissante à la peur, à la colère et aux effets intimes du racisme, il a changé ce qu’un écrivain noir pouvait publier, revendiquer et imposer au grand public. Régulièrement réédités, Native Son et Black Boy restent étudiés dans le monde entier.

Œuvres principales

  • Uncle Tom’s Children (1938, édition augmentée en 1940).
  • Native Son (1940).
  • Black Boy (1945).
  • The Outsider (1953).
  • Savage Holiday (1954).
  • Black Power (1954).
  • The Color Curtain (1956).
  • Pagan Spain (1957).
  • White Man, Listen! (1957).
  • The Long Dream (1958).
  • American Hunger (publication posthume, 1977).
  • Haiku: This Other World (publication posthume, 1998).

Distinctions et fonctions

  • Bourse Guggenheim en 1938 et 1939.
  • Médaille Spingarn de la NAACP en 1941.
  • Premier écrivain afro-américain sélectionné par le Book of the Month Club, pour Native Son.
  • Collaborateur du Federal Writers’ Project à Chicago.
  • Rédacteur et journaliste pour New Masses, le Daily Worker et d’autres publications.
  • Figure majeure de la littérature afro-américaine et de la littérature d’exil du XXᵉ siècle.