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WIMPFFEN Emmanuel Félix

Qui est Emmanuel Félix de Wimpffen ?

Nom complet : Emmanuel Félix de Wimpffen, né Emmanuel Félix Bréda.
Naissance : 13 septembre 1811 (Laon, France).
Mort : 26 février 1884 (Paris, France) à 72 ans.
Activité : général de division français.
Notoriété : vétéran d’Algérie, de Crimée et d’Italie, commandant en chef de l’armée de Châlons lors de la capitulation de Sedan en 1870.

Où se trouve la tombe d’Emmanuel Félix de Wimpffen ?

La tombe d’Emmanuel Félix de Wimpffen se trouve dans la division 47 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 47
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe d’Emmanuel Félix de Wimpffen se trouve dans la division 47.

Le monument funéraire d’Emmanuel Félix de Wimpffen au Père-Lachaise

Monument funéraire du général de Wimpffen au Père-Lachaise
Vue générale du monument d’Emmanuel Félix de Wimpffen, division 47. Wikimedia Commons, licence libre.

La sépulture du général Emmanuel Félix de Wimpffen, située dans la 47e division du Père-Lachaise, est dominée par un imposant buste en bronze de 90 centimètres de haut, œuvre du sculpteur Félix Richard, originaire de Vannes. Le bronze fut fondu par la maison Thiébaut Frères.

Wimpffen est représenté en uniforme militaire, coiffé de son képi et couvert de décorations. Le portrait se détache devant une haute stèle arrondie portant l’inscription « Général de division Félix de Wimpffen – Afrique – Crimée – Italie », rappelant les principales campagnes auxquelles il participa.

La partie basse du monument comportait également une référence à Sedan, épisode auquel son nom reste particulièrement attaché : en septembre 1870, après la blessure du maréchal Mac-Mahon, Wimpffen prit le commandement de l’armée française et dut négocier sa capitulation. Une photographie ancienne montre que le monument a conservé l’essentiel de sa composition d’origine, centrée sur le portrait militaire du général.

Buste en bronze du général Emmanuel Félix de Wimpffen
Buste en bronze du général de Wimpffen par Félix Richard, fondu par Thiébaut. Wikimedia Commons, licence libre.
Gravure ancienne de la tombe du général de Wimpffen
Le monument Wimpffen dans Le Père-Lachaise historique, gravure ancienne. Wikimedia Commons, domaine public.

Biographie d’Emmanuel Félix de Wimpffen

Une naissance dans une famille militaire

Emmanuel Félix naît à Laon le 13 septembre 1811 sous le nom de Bréda. Il est le fils naturel de Cornélie Bréda et du baron Félix Victor Charles Emmanuel de Wimpffen, officier de l’Empire. Son père appartient à une ancienne famille militaire européenne et son grand-père, Georges Félix de Wimpffen, s’est illustré pendant la Révolution française. La filiation d’Emmanuel est officiellement reconnue en 1836, conformément au testament paternel, et transcrite dans les registres de Laon.

Cette ascendance militaire oriente précocement sa vie. Il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, où il reçoit la formation d’officier d’infanterie. La France de la monarchie de Juillet développe alors sa présence en Afrique du Nord. Pour les jeunes officiers, l’Algérie devient un terrain d’expérience, de commandement et de promotion rapide, mais aussi le cadre d’une guerre de conquête particulièrement dure.

Portrait photographique du général Emmanuel Félix de Wimpffen par Nadar
Emmanuel Félix de Wimpffen vers 1870. Photographie : Nadar, collection BnF-Gallica / Wikimedia Commons, CC0.

Les campagnes d’Algérie

Wimpffen sert de longues années en Algérie. Il s’y distingue par son énergie et par sa connaissance des unités indigènes de l’armée française. Promu capitaine en 1840, il devient chef de bataillon en 1847. Ces années façonnent un officier habitué aux opérations rapides, aux marches difficiles et à l’autonomie du commandement loin des états-majors parisiens.

Sa carrière alterne ensuite entre l’Afrique du Nord et les grandes campagnes européennes du Second Empire. Il commande des troupes algériennes et acquiert une réputation de chef courageux, parfois impétueux. Cette expérience lui vaut la confiance de ses supérieurs, même si son tempérament affirmé provoque aussi des désaccords. L’armée d’Afrique devient le socle de sa promotion.

Gravure représentant le général de Wimpffen
Le général de Wimpffen en uniforme, gravure du XIXᵉ siècle. Wikimedia Commons, domaine public.

La guerre de Crimée et l’assaut du Mamelon-Vert

Lorsque la France et le Royaume-Uni interviennent contre la Russie pendant la guerre de Crimée, Wimpffen part pour le siège de Sébastopol. Colonel d’un régiment de troupes algériennes, il participe aux combats qui précèdent l’assaut de Malakoff. Le 7 juin 1855, lors de l’attaque du Mamelon-Vert et des ouvrages blancs, son comportement au feu est remarqué. La prise de ces positions prépare l’offensive finale contre les défenses russes.

Sa conduite lui vaut d’être promu général de brigade. La distinction est importante : Wimpffen accède au corps des officiers généraux grâce à une action de combat. De 1856 à 1859, il commande une brigade de grenadiers de la Garde impériale, formation d’élite directement liée au prestige de Napoléon III.

Attaque du Mamelon-Vert pendant la guerre de Crimée en 1855
Attaque du Mamelon-Vert et des ouvrages blancs, 7 juin 1855, peinture de Paul-Alexandre Protais, château de Versailles. Wikimedia Commons, domaine public.

Magenta et la promotion au grade de division

En 1859, la France s’engage aux côtés du royaume de Piémont-Sardaigne contre l’Autriche. À la bataille de Magenta, le 4 juin, Wimpffen commande une brigade d’infanterie de la Garde impériale sous l’autorité de Mac-Mahon. Les combats sont violents, menés dans les rues, les jardins et les canaux autour de la ville. Son action lui vaut une nouvelle promotion sur le champ de bataille : il devient général de division.

Après la campagne d’Italie, il retourne principalement en Algérie. Il exerce des commandements importants dans les provinces d’Alger puis d’Oran. Au début de 1870, il conduit une expédition vers l’Oued Guir, dans le Sud-Oranais. Il apparaît alors comme l’un des généraux français possédant la plus longue expérience des opérations africaines.

Bataille de Magenta du 4 juin 1859
La Bataille de Magenta, peinture d’Adolphe Yvon, château de Versailles. Wikimedia Commons, domaine public.

1870 : un commandement reçu au dernier moment

La guerre franco-prussienne bouleverse brutalement sa carrière. Les premiers revers français révèlent les faiblesses du commandement et de l’organisation. Wimpffen reçoit l’ordre de remplacer le général de Failly à la tête du 5ᵉ corps. Il est également porteur d’une lettre de service lui confiant le commandement de l’armée de Châlons si le maréchal Mac-Mahon venait à être empêché.

Il n’arrive sur le front que le 31 août 1870, alors que les troupes sont déjà épuisées et refoulées vers Sedan. Le lendemain, Mac-Mahon est blessé au début de la bataille. Le général Ducrot, qui assume d’abord le commandement, ordonne un mouvement de retraite vers Mézières. Wimpffen produit alors sa lettre de service, prend la direction de l’armée et annule cet ordre. Il espère percer les lignes allemandes vers l’est, du côté de Carignan.

La catastrophe de Sedan

La situation est pourtant presque sans issue. Plus de 100 000 soldats français sont enfermés dans la cuvette de Sedan, soumis à l’artillerie allemande et privés de véritable voie de repli. Les tentatives de rupture échouent. Wimpffen cherche encore à rassembler des unités désorganisées, mais l’encerclement est complet. Napoléon III fait hisser le drapeau blanc afin d’arrêter le massacre.

Dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 septembre, Wimpffen négocie avec Moltke et Bismarck à Donchery. Les Allemands exigent la reddition de toute l’armée. Le 2 septembre, il signe la capitulation au château de Bellevue. Environ 80 000 soldats sont faits prisonniers avec l’empereur. La défaite entraîne la chute du Second Empire et devient l’un des traumatismes majeurs de l’histoire militaire française.

Négociations après la capitulation de Sedan avec le général de Wimpffen
Négociations après la capitulation de Sedan, le 2 septembre 1870. Wimpffen se tient à gauche face à Moltke et Bismarck. D’après Anton von Werner, Wikimedia Commons, domaine public.

La controverse et les dernières années

Prisonnier en Allemagne, Wimpffen est libéré après la guerre. La responsabilité de Sedan fait immédiatement l’objet d’une bataille politique et mémorielle. Ducrot lui reproche d’avoir interrompu la retraite ; Wimpffen affirme, de son côté, qu’il a reçu une armée déjà vaincue et encerclée, après une suite de décisions dont il n’était pas responsable. La brièveté de son commandement — quelques heures seulement — ne l’empêche pas de devenir l’un des noms associés à la catastrophe.

Il publie dès 1871 Sedan, puis plusieurs ouvrages consacrés à la réorganisation militaire et politique de la France. Dans La Situation de la France et les réformes nécessaires et La Nation armée, il défend une réforme du recrutement et de la préparation nationale. Il tente aussi une entrée en politique lors d’une élection partielle à Saint-Denis, se présentant comme républicain et militaire de carrière, mais n’est pas élu.

Retiré de la vie active, il partage ses dernières années entre Alger et la France. Il demeure marqué par les polémiques de 1870 et poursuit la défense de sa conduite. Emmanuel Félix de Wimpffen meurt à Paris le 26 février 1884, à l’âge de 72 ans. Son monument du Père-Lachaise restitue l’image d’un général décoré, tandis que son parcours rappelle une carrière bien plus longue que les seules heures tragiques de Sedan.

Œuvres principales

  • Sedan (1871).
  • Réponse au général Ducrot (1871).
  • La Situation de la France et les réformes nécessaires (1873).
  • La Nation armée (1875-1876 selon les éditions).
  • La Bataille de Sedan, les véritables coupables, publiée après sa mort à partir de ses papiers (1887).

Distinctions et fonctions

  • Général de brigade en 1855 après l’assaut du Mamelon-Vert.
  • Général de division en 1859 après la bataille de Magenta.
  • Commandant d’une brigade de grenadiers de la Garde impériale.
  • Commandements supérieurs dans les provinces d’Alger et d’Oran.
  • Commandant du 5ᵉ corps puis commandant en chef de l’armée de Châlons à Sedan.
  • Grand officier de la Légion d’honneur en 1861.