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VUILLAUME Marie

Qui est Marie Vuillaume ?

Nom complet : Marie-Marguerite Vuillaume.
Naissance : 23 décembre 1861 (Paris, France).
Mort : 23 janvier 1933 (Paris, France) à 71 ans.
Activité : cantatrice française, soprano.
Notoriété : interprète remarquée à Bruxelles, Lyon, Saint-Pétersbourg, Monte-Carlo, Marseille, à l’Opéra-Comique et à l’Opéra de Paris.

Où se trouve la tombe de Marie Vuillaume ?

La tombe de Marie Vuillaume se trouve dans la division 42 du cimetière du Père-Lachaise, avenue Carette, deuxième ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 42
Plan du cimetière du Père-Lachaise : emplacement de la division 42.

Le monument funéraire de Marie Vuillaume au Père-Lachaise

Tombe de Marie Vuillaume au Père-Lachaise, division 42
Tombe de Marie Vuillaume dans la division 42 du Père-Lachaise. Wikimedia Commons, licence libre.

La sépulture de Marie Vuillaume, située dans la 42e division du Père-Lachaise, avenue Carette, prend la forme d’un tombeau bas en pierre, couvert par une large dalle légèrement inclinée. Le nom « VUILLAUME » est profondément gravé sur la face antérieure du monument.

Au centre de la dalle se trouve une plaque commémorative en métal, aujourd’hui fortement patinée, portant l’inscription : « Marie Vuillaume de l’Opéra, bienfaitrice des Hospices civils de Lyon, 1861-1933 ». Cette mention réunit les deux aspects essentiels de sa mémoire : sa carrière de soprano et son action en faveur de l’institution hospitalière lyonnaise.

Marie Vuillaume mena une importante carrière lyrique, de Bruxelles à Saint-Pétersbourg, avant de se produire à l’Opéra-Comique puis à l’Opéra de Paris, où elle interpréta notamment Juliette dans Roméo et Juliette et Ophélie dans Hamlet. Sa tombe demeure très sobre, l’inscription commémorative constituant l’élément principal qui rappelle aujourd’hui son parcours artistique et sa générosité.

Biographie de Marie Vuillaume

Marie-Marguerite Vuillaume naît à Paris le 23 décembre 1861. Les informations conservées sur son enfance et sa formation demeurent peu nombreuses, mais sa carrière atteste un apprentissage vocal solide et une grande maîtrise musicale. Les notices contemporaines louent une voix de soprano bien timbrée, étendue, ainsi qu’une intelligence de la scène qui lui permet d’aborder des emplois très différents, de l’opéra-comique français au grand répertoire italien.

Portrait de la cantatrice Marie-Marguerite Vuillaume
Marie-Marguerite Vuillaume, photographie de Charles Bergamasco, entre 1880 et 1900. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Des débuts remarqués à Bruxelles

Marie Vuillaume fait ses débuts au Théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles, dans le rôle-titre de Lakmé de Léo Delibes. Ce choix place d’emblée la jeune chanteuse devant une partition exigeante, écrite pour une voix agile capable de virtuosité, de nuances et d’un registre aigu assuré. Elle interprète également plusieurs héroïnes des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach : Stella, Olympia et Antonia. Cette pluralité de rôles met en valeur sa souplesse, puisqu’Olympia réclame une brillante mécanique vocale tandis qu’Antonia demande davantage de lyrisme et d’émotion dramatique.

Son passage bruxellois attire l’attention des directeurs français. Elle est engagée au Théâtre de la Renaissance à Paris pour reprendre Les Contes d’Hoffmann. À une époque où les artistes lyriques circulent constamment entre les scènes européennes, cette expérience parisienne ouvre une carrière menée dans plusieurs grandes maisons plutôt que dans une seule troupe permanente.

Marie-Marguerite Vuillaume dans Comœdia illustré en 1909
Marie-Marguerite Vuillaume dans Comœdia illustré, 1er octobre 1909. Wikimedia Commons, domaine public.

Lyon et l’élargissement du répertoire

Au Grand-Théâtre de Lyon, Marie Vuillaume confirme l’étendue de son répertoire. Elle y chante notamment Esclarmonde de Jules Massenet et le rôle de Leïla dans Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet. Les œuvres mobilisent une voix expressive capable de porter de longues lignes mélodiques tout en conservant clarté et précision. Lyon occupe une place importante dans son parcours : elle y obtient des succès artistiques et conservera avec la ville un lien assez fort pour devenir plus tard bienfaitrice de ses Hospices civils.

Son activité ne se limite pas à quelques emplois de colorature. La chanteuse aborde des personnages qui exigent autant le sens du théâtre que la technique vocale. Les témoignages qui la concernent insistent précisément sur cette intelligence dramatique, qualité essentielle à une période où la mise en scène et le jeu des interprètes prennent une importance croissante dans la réception de l’opéra.

Buste de Marie-Marguerite Vuillaume par Antoine Bourdelle
Antoine Bourdelle, buste de Marie-Marguerite Vuillaume, 1899, musée des Beaux-Arts de Lyon. Wikimedia Commons, domaine public.

Quatre saisons à Saint-Pétersbourg

Marie Vuillaume poursuit sa carrière en Russie et chante durant quatre saisons au théâtre impérial Marie de Saint-Pétersbourg, aujourd’hui connu sous le nom de théâtre Mariinsky. Elle y interprète notamment Violetta dans La traviata de Giuseppe Verdi et Juliette dans Roméo et Juliette de Charles Gounod. Cet engagement prolongé constitue l’un des épisodes majeurs de sa vie professionnelle : la capitale impériale attire alors des artistes de toute l’Europe et son public est réputé exigeant.

Violetta et Juliette sont deux rôles emblématiques du soprano lyrique. Le premier associe virtuosité, endurance et intensité tragique ; le second exige jeunesse de ton, legato et puissance dramatique. Les avoir tenus sur une scène internationale confirme que Marie Vuillaume ne fut pas seulement une interprète de passage, mais une cantatrice capable d’assumer les premiers rôles d’un répertoire particulièrement exposé.

Marseille, Monte-Carlo et le retour à Paris

Après la Russie, elle se produit avec succès à Marseille et à Monte-Carlo, deux places importantes de la vie lyrique francophone. Ces engagements prolongent sa réputation et l’amènent finalement vers les institutions parisiennes. Le 22 novembre 1906, elle entre à l’Opéra-Comique, où elle chante Manon de Massenet et retrouve La traviata. L’Opéra-Comique est alors un théâtre central de la création et de la diffusion du répertoire français ; y être engagée représente l’aboutissement d’un parcours déjà international.

Le 1er mars 1908, Marie Vuillaume débute à l’Opéra de Paris dans le rôle de Juliette de Gounod. Elle y chante ensuite Ophélie dans Hamlet d’Ambroise Thomas en 1909. Ces deux héroïnes comptent parmi les rôles français les plus exigeants pour soprano. Son portrait publié cette même année dans Comœdia illustré témoigne de la visibilité qu’elle a alors acquise dans le monde du spectacle parisien.

Palais Garnier vu depuis l’avenue de l’Opéra vers 1900
Le Palais Garnier vu depuis l’avenue de l’Opéra vers 1900, à l’époque de Marie Vuillaume. Wikimedia Commons, domaine public.

Une artiste portraiturée par Bourdelle

La place de Marie Vuillaume dans la société artistique de son temps est également attestée par le buste que lui consacre Antoine Bourdelle en 1899. Le sculpteur, qui devient l’une des grandes figures de la sculpture française moderne, représente la cantatrice avec une vigueur qui dépasse le simple portrait mondain. L’œuvre est aujourd’hui conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon et maintient un lien visible entre l’artiste, sa carrière musicale et la ville dont elle soutiendra les institutions hospitalières.

Marie Vuillaume meurt à Paris le 23 janvier 1933, à 71 ans. Son itinéraire relie Bruxelles, Paris, Lyon, Saint-Pétersbourg, Marseille et Monte-Carlo. La diversité de ses scènes et de ses rôles révèle une artiste européenne, formée aux exigences du théâtre lyrique de la fin du XIXe siècle et encore active au début du XXe. Sa tombe du Père-Lachaise rappelle enfin que son héritage ne fut pas seulement musical : son nom demeure aussi associé à la bienfaisance envers les Hospices civils de Lyon.

Rôles et répertoire

  • Lakmé de Léo Delibes : rôle-titre, lors de ses débuts à la Monnaie de Bruxelles.
  • Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach : Stella, Olympia et Antonia.
  • Esclarmonde de Jules Massenet, au Grand-Théâtre de Lyon.
  • Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet : Leïla.
  • La traviata de Giuseppe Verdi : Violetta, notamment à Saint-Pétersbourg et à l’Opéra-Comique.
  • Roméo et Juliette de Charles Gounod : Juliette, à Saint-Pétersbourg puis à l’Opéra de Paris.
  • Manon de Jules Massenet, à l’Opéra-Comique.
  • Hamlet d’Ambroise Thomas : Ophélie, à l’Opéra de Paris en 1909.

Scènes, distinctions et postérité

  • Débuts au Théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles.
  • Engagement au Théâtre de la Renaissance à Paris.
  • Artiste du Grand-Théâtre de Lyon.
  • Quatre saisons au théâtre impérial Marie de Saint-Pétersbourg.
  • Engagement à l’Opéra-Comique à partir du 22 novembre 1906.
  • Débuts à l’Opéra de Paris le 1er mars 1908.
  • Portrait sculpté par Antoine Bourdelle en 1899, conservé au musée des Beaux-Arts de Lyon.
  • Bienfaitrice des Hospices civils de Lyon, qualité inscrite sur sa sépulture.