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TETAZ Jacques-Martin

Qui est Jacques-Martin Tétaz ?

Nom complet : Jacques-Martin Tétaz.
Naissance : 6 mars 1818 (Paris, France).
Mort : 16 octobre 1865 (Rueil-Malmaison, France) à 47 ans.
Activité : architecte français.
Notoriété : Grand Prix de Rome en 1843, architecte du palais de l’Alma et intervenant dans la restauration du château de Pau.

Où se trouve la tombe de Jacques-Martin Tétaz ?

La tombe de Jacques-Martin Tétaz se trouve dans la division 60 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 60
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise ; la sépulture se situe dans la division 60.

Le monument funéraire de Jacques-Martin Tétaz au Père-Lachaise

Vue générale de la tombe de Jacques-Martin Tétaz
Vue générale de la tombe Tétaz-Fiorentini, division 60. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La sépulture de Jacques-Martin Tétaz, située dans la 60e division du Père-Lachaise, prend la forme d’un mausolée en pierre de taille, assez compact mais richement architecturé. Sa façade est organisée autour d’une petite porte sculptée, surmontée d’un médaillon en marbre représentant l’architecte de profil. Ce portrait, d’environ 47 cm de diamètre, est l’œuvre du sculpteur Louis Merley.

Au-dessus du médaillon, le monument est couronné par un sarcophage extérieur posé sur la partie supérieure de l’édicule. L’ensemble reprend ainsi un vocabulaire directement architectural, avec corniches, reliefs et encadrements qui donnent à la tombe l’apparence d’un petit bâtiment commémoratif.

Les inscriptions rappellent la mémoire de Jacques-Martin Tétaz, architecte et ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome, né en 1818 et mort en 1865. Elles mentionnent également son épouse Annunziata Fiorentini, née à Faenza en 1824 et morte à Paris en 1866.

Médaillon et inscriptions de la tombe de Jacques-Martin Tétaz
Détail du médaillon de Jacques-Martin Tétaz et des inscriptions du monument. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Jacques-Martin Tétaz

Jacques-Martin Tétaz naît à Paris le 6 mars 1818. Les informations conservées sur son enfance sont peu nombreuses, mais son parcours d’études témoigne d’une vocation précoce pour l’architecture. Il entre à l’École des beaux-arts en 1836 et se forme dans les ateliers de Jean-Nicolas Huyot et d’Hippolyte Le Bas. Ces deux maîtres appartiennent à une génération profondément marquée par l’étude de l’Antiquité, la rigueur du dessin et la connaissance directe des monuments. Tétaz acquiert auprès d’eux une solide culture classique, mais aussi l’habitude du relevé précis et de l’analyse constructive.

L’enseignement de l’École repose alors sur une succession de concours qui éprouvent autant l’imagination que la maîtrise technique. Tétaz s’y distingue rapidement. En 1841, il obtient le second Prix de Rome pour un projet de palais destiné à l’ambassade de France à Rome. L’année suivante, il reçoit un prix départemental, puis remporte en 1843 le premier Grand Prix de Rome d’architecture. Cette victoire lui ouvre les portes de l’Académie de France à Rome et constitue le point de départ officiel de sa carrière.

Palais de l’Alma conçu par Jacques-Martin Tétaz
Le palais de l’Alma, construit à Paris par Jacques-Martin Tétaz sous le Second Empire. Photo : TCY / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Rome, l’Italie et l’étude de l’Antiquité

Pensionnaire à la Villa Médicis de 1844 à 1848, Tétaz séjourne plusieurs années en Italie et voyage aussi en Grèce. Cette période est essentielle à sa formation. Comme les autres architectes lauréats du Grand Prix, il doit produire des « envois de Rome » : relevés, restitutions et études destinés à démontrer sa compréhension des édifices anciens. Ses dessins conservés au musée d’Orsay montrent l’étendue de ce travail, depuis l’église Saint-Pierre de Toscanella jusqu’aux monuments de l’Acropole d’Athènes.

Il consacre notamment une étude approfondie à l’Érechthéion. En 1847 et 1848, il relève la tribune des Caryatides, les colonnes d’angle, les antes, le soubassement du portique, la corniche et le chambranle de la grande porte. Ces feuilles ne sont pas de simples images pittoresques. Elles décomposent l’architecture, examinent les profils, les ornements et les rapports de proportion. Tétaz apprend à lire un monument comme un ensemble où la structure, la sculpture et la décoration forment un langage cohérent.

Caryatides de l’Érechthéion étudiées par Jacques-Martin Tétaz
La tribune des Caryatides de l’Érechthéion, étudiée et relevée par Tétaz durant son séjour méditerranéen. Photo : George E. Koronaios / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Un architecte nourri par le dessin et l’archéologie

De retour en France, il met à profit cette expérience dans un contexte où l’architecture publique cherche à concilier les références historiques et les besoins modernes. Plusieurs de ses études sont diffusées dans la Revue générale de l’architecture et des travaux publics dirigée par César Daly. Cette publication, très influente auprès des architectes du XIXe siècle, donne une audience nouvelle aux relevés archéologiques et aux projets contemporains. Tétaz s’inscrit ainsi dans un réseau où le dessin savant devient à la fois instrument de recherche, moyen d’enseignement et support de débat professionnel.

Son œuvre graphique occupe une place importante dans sa carrière. Les collections nationales conservent ses projets et ses relevés, notamment ceux de l’Érechthéion. La précision de ces documents révèle une personnalité attentive à la matière des bâtiments et aux détails de leur ornementation. Même lorsqu’il aborde des programmes modernes, Tétaz conserve ce souci de hiérarchie, de lisibilité et de proportion acquis au contact de l’architecture antique.

Château de Pau auquel Jacques-Martin Tétaz travailla
Vue du château de Pau au XIXe siècle, où Jacques-Martin Tétaz participa aux travaux sous le Second Empire. Bibliothèque patrimoniale de Pau et BnF / Wikimedia Commons, domaine public.

Le chantier du château de Pau

Entre 1854 et 1856, Tétaz est chargé de poursuivre des travaux au château de Pau, résidence historique associée à Henri IV et restaurée sous la monarchie de Juillet puis le Second Empire. Le chantier avait mobilisé plusieurs architectes avant lui. Son intervention s’inscrit dans une campagne complexe visant à rendre au château une cohérence monumentale tout en l’adaptant aux usages d’une résidence officielle.

Travailler sur un édifice aussi chargé d’histoire exige une autre approche que celle d’un projet neuf. Il faut composer avec les maçonneries anciennes, les transformations accumulées et les attentes politiques attachées à un lieu dynastique. Cette mission confirme la confiance accordée à Tétaz par l’administration impériale. Elle lui permet aussi d’appliquer concrètement son expérience du relevé et de la restauration, acquise pendant ses voyages et ses études archéologiques.

Le projet d’Opéra et les concours parisiens

Tétaz participe aux grands débats architecturaux de son temps. En 1858, il dessine un projet pour la façade principale d’un nouvel Opéra de Paris. La composition, connue par une feuille conservée au musée d’Orsay, témoigne de sa recherche d’une monumentalité adaptée au spectacle et à la ville moderne. Lorsque le concours officiel pour le nouvel Opéra est lancé en 1861, il présente de nouveau un projet. La victoire revient finalement à Charles Garnier, mais la participation de Tétaz le place parmi les architectes reconnus capables de répondre à l’un des programmes les plus prestigieux du règne.

Ces concours rappellent que la carrière d’un architecte du XIXe siècle ne se mesure pas uniquement aux édifices effectivement construits. Les projets non réalisés circulent, sont exposés, gravés ou commentés et contribuent à la réflexion collective. Tétaz reçoit une médaille à l’Exposition universelle de 1855 pour ses travaux et obtient une première médaille au Salon de 1859. Ces récompenses consacrent simultanément le dessinateur, l’archéologue et le concepteur.

Fronton du palais de l’Alma par Jacques-Martin Tétaz
Détail du fronton du palais de l’Alma, principal édifice parisien de Tétaz. Photo : Polymagou / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le palais de l’Alma, œuvre majeure

La réalisation la plus importante qui lui soit attribuée est le palais de l’Alma, construit de 1861 à 1864 au 11 quai Branly à Paris. L’ensemble est conçu à l’origine pour abriter les nouvelles écuries impériales de Napoléon III et les services qui leur sont associés. Le programme impose une organisation rigoureuse : circulation des chevaux et des voitures, logements, espaces de service, cours et bâtiments administratifs doivent fonctionner ensemble sans sacrifier la dignité architecturale attendue d’une construction impériale.

Tétaz adopte une ordonnance claire et régulière. Les façades de pierre sont rythmées par des ouvertures sobres, tandis que les pavillons, les frontons et les éléments sculptés signalent la destination officielle du complexe. L’architecture évite l’exubérance, préférant une monumentalité contrôlée qui convient à un bâtiment utilitaire placé à proximité du pouvoir. La qualité de sa composition explique la longévité de l’ensemble, aujourd’hui protégé au titre des monuments historiques.

Le palais de l’Alma montre comment Tétaz sut traduire sa culture classique en architecture fonctionnelle. Son savoir ne se réduit pas à l’imitation des formes antiques : il ordonne les masses, règle les proportions et donne une unité représentative à un programme très concret. Cette œuvre constitue le principal témoignage bâti de son talent et l’une des architectures discrètes mais significatives du Paris de Napoléon III.

Architecture du palais de l’Alma à Paris
Une aile du palais de l’Alma, édifice construit par Jacques-Martin Tétaz entre 1861 et 1864. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Une carrière interrompue à quarante-sept ans

Jacques-Martin Tétaz meurt à Rueil, aujourd’hui Rueil-Malmaison, le 16 octobre 1865. Il n’a que quarante-sept ans. Sa disparition survient peu après l’achèvement du palais de l’Alma, au moment où ses distinctions, ses responsabilités officielles et ses grands projets pouvaient laisser espérer une œuvre plus vaste. Son épouse Annunziata Fiorentini le rejoint dans la tombe familiale moins d’un an plus tard.

La postérité de Tétaz repose sur trois ensembles complémentaires. Ses relevés de l’Italie et de la Grèce témoignent de la rigueur de la formation académique française. Ses projets de concours, notamment pour l’Opéra, montrent son ambition dans le débat architectural parisien. Enfin, le château de Pau et surtout le palais de l’Alma révèlent un praticien capable d’intervenir sur le patrimoine comme de concevoir un grand équipement impérial. Son monument du Père-Lachaise, orné par Louis Merley, conserve le souvenir d’un architecte dont la carrière fut brève mais pleinement inscrite dans la culture monumentale du XIXe siècle.

Œuvres principales

  • Relevés et restitutions de l’Érechthéion d’Athènes, notamment la tribune des Caryatides (1847-1848).
  • Études d’architecture réalisées en Italie durant son séjour à la Villa Médicis (1844-1848).
  • Participation aux travaux du château de Pau (1854-1856).
  • Projet de façade pour l’Opéra de Paris (1858) et participation au concours du nouvel Opéra (1861).
  • Palais de l’Alma et anciennes écuries impériales, quai Branly à Paris (1861-1864).

Distinctions et fonctions

  • Second Prix de Rome d’architecture en 1841.
  • Premier Grand Prix de Rome d’architecture en 1843.
  • Pensionnaire de l’Académie de France à Rome de 1844 à 1848.
  • Architecte attaché aux travaux du château de Pau sous le Second Empire.
  • Médaille à l’Exposition universelle de 1855.
  • Première médaille au Salon de 1859.