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SIGNORET Simone

Qui est Simone Signoret ?

Date de naissance : 25 mars 1921 (Wiesbaden, Allemagne).
Date du décès : 30 septembre 1985 (Autheuil-Authouillet, France) à 64 ans.
Activité principale : Actrice, écrivaine.
Nom de naissance : Henriette Charlotte Simonne Kaminker.

Où est la tombe de Simone Signoret ?

Tombe Simone SIGNORET

La tombe est située dans la division 44

Père-Lachaise PLAN des divisions

Le monument funéraire de Simone Signoret au Père-Lachaise

Pierre tombale Simone Signoret et Yves Montand – Père Lachaise à Paris.
No machine-readable author provided. Arnaud 25 assumed (based on copyright claims)., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Son inhumation au Cimetière du Père-Lachaise (Division 44) attire une foule immense. Yves Montand l’y rejoindra en 1991.

Biographie de Simone Signoret

Actrice à l’intensité rare, écrivaine à succès et intellectuelle engagée, elle a traversé le XXe siècle avec une intégrité farouche. Refusant les artifices de la gloire, elle a su imposer une beauté rugueuse et une intelligence qui ont fait d’elle la première actrice française à remporter un Oscar.

Simone Signoret, photographiée par le studio Harcourt.
Studio Harcourt, Public domain, via Wikimedia Commons

La jeunesse : Les années de guerre et l’éveil germanopratin

Née Simone Kaminker le 21 juin 1921 à Wiesbaden (Allemagne) d’un père officier d’origine juive polonaise et d’une mère française, elle grandit à Neuilly-sur-Seine. L’éclatement de la Seconde Guerre mondiale bouleverse sa jeunesse. Pour protéger son père, réfugié à Londres pour rejoindre la France Libre, et subvenir aux besoins de sa famille restée à Paris, elle commence à travailler. Elle adopte le nom de jeune fille de sa mère, Signoret.

Pendant l’Occupation, elle trouve refuge intellectuel au Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés. Elle y croise la bohème parisienne, des écrivains et des artistes, et y fait la rencontre du réalisateur Yves Allégret. Devenue figurante, puis actrice sous sa direction, elle l’épouse en 1948. Ensemble, ils auront une fille, Catherine Allégret.

La consécration : De « Casque d’or » à l’Oscar

Le début des années 1950 marque son explosion cinématographique. En 1952, elle incarne la sculpturale et tragique Marie, dite Casque d’or, dans le chef-d’œuvre de Jacques Becker. Sa beauté sensuelle et son regard lourd de destinissements en font une star.

Mais c’est le film fantastique Les Diaboliques (1955) d’Henri-Georges Clouzot, où elle campe une maîtresse vénéneuse, qui consolide sa réputation internationale. La consécration mondiale arrive en 1959 avec le film britannique Les Chemins de la haute ville (Room at the Top). Sa performance de femme mûre et malheureuse lui vaut le Prix d’interprétation à Cannes et l’Oscar de la meilleure actrice, une première pour une actrice française.

Le couple mythique : Signoret et Montand

En 1949, lors de vacances à Saint-Paul-de-Vence, elle rencontre Yves Montand. C’est le coup de foudre. Elle quitte Yves Allégret pour épouser Montand en 1951. Ils formeront pendant 35 ans l’un des couples les plus célèbres et les plus engagés de France.

Leur maison d’Autheuil (Normandie) et leur appartement de la place Dauphine à Paris deviennent les lieux de rendez-vous de l’intelligentsia de gauche. Ensemble, ils militent contre le maccarthysme, soutiennent les mouvements pour les droits civiques, et effectuent une tournée controversée en URSS en 1956, avant de prendre fermement leurs distances avec le communisme après l’écrasement du Printemps de Prague en 1968.

La maturité : L’actrice de l’épaisseur et la plume affûtée

Contrairement à de nombreuses actrices de sa génération, Simone Signoret n’a jamais cherché à lutter contre les marques du temps. Elle accepte, avec une lucidité impressionnante, de voir son corps et son visage changer, et utilise cette évolution pour donner une épaisseur inouïe à ses rôles.

Dans les années 70, elle devient la figure tutélaire d’un cinéma social et exigeant. Elle est magistrale en résistante dans L’Armée des ombres (1969) de Jean-Pierre Melville, bouleversante dans Le Chat (1971) face à Jean Gabin, et inoubliable en ancienne prostituée juive recueillant les enfants des autres dans La Vie devant soi (1977), rôle qui lui vaudra un César.

Parallèlement, elle se révèle être une écrivaine de grand talent. Son autobiographie, La nostalgie n’est plus ce qu’elle était (1976), est un immense succès littéraire, prouvant que sa plume était aussi acérée que sa voix.

Malgré une cécité progressive et les ravages d’un cancer du pancréas, elle continue de tourner et d’écrire jusqu’à ses derniers mois (elle publie le roman Adieu Volodia en 1985). Elle s’éteint le 30 septembre 1985 dans sa propriété d’Autheuil, à l’âge de 64 ans.

L’Œuvre de Simone Signoret : Repères clés

Activités principales

  • Actrice de cinéma : L’une des plus récompensées de son époque, capable de jouer en français et en anglais avec la même intensité.
  • Écrivaine : Auteure de mémoires à succès et de romans.
  • Militante : Figure majeure de l’engagement politique des artistes français dans la seconde moitié du XXe siècle.

Filmographie Sélective (Les grands rôles)

  • 1952 : Casque d’or (Jacques Becker) – Rôle de Marie
  • 1953 : Thérèse Raquin (Marcel Carné)
  • 1955 : Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot) – Rôle de Nicole Horner
  • 1959 : Les Chemins de la haute ville (Jack Clayton) – Oscar de la meilleure actrice
  • 1969 : L’Armée des ombres (Jean-Pierre Melville) – Rôle de Mathilde
  • 1971 : Le Chat (Pierre Granier-Deferre) – Ours d’argent à Berlin
  • 1977 : La Vie devant soi (Moshé Mizrahi) – César de la meilleure actrice
  • 1982 : L’Étoile du Nord (Pierre Granier-Deferre)

Distinctions Majeures

  • 1960 : Oscar de la meilleure actrice, Prix d’interprétation à Cannes, et BAFTA pour Les Chemins de la haute ville.
  • 1971 : Ours d’argent de la meilleure actrice au Festival de Berlin pour Le Chat.
  • 1978 : César de la meilleure actrice pour La Vie devant soi.

Bibliographie

  • 1976 : La nostalgie n’est plus ce qu’elle était (Autobiographie)
  • 1979 : Le lendemain, elle était souriante…
  • 1985 : Adieu Volodia (Roman)