Qui est Gioachino Rossini ?
Nom complet : Giovacchino Antonio Rossini.
Naissance : 29 février 1792 (Pesaro, Italie).
Mort : 13 novembre 1868 (Paris, France) à 76 ans.
Activité principale : Compositeur italien, maître de l’opéra.
Où se trouve le monument de Gioachino Rossini ?
Le cénotaphe de Gioachino Rossini se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise. Son corps, d’abord inhumé à Paris, fut transféré en 1887 dans la basilique Santa Croce de Florence. La chapelle parisienne conserve cependant la mémoire du compositeur et abrite la sépulture de sa seconde épouse, Olympe Pélissier.

Le monument funéraire de Gioachino Rossini au Père-Lachaise
La chapelle funéraire de Rossini s’élève le long de l’avenue principale, dans la partie ancienne du cimetière. Sa façade sobre est couronnée d’un fronton et d’antéfixes. Au-dessus de la porte, une couronne de laurier sculptée, nouée de rubans, rappelle la gloire artistique du musicien. L’inscription monumentale porte son nom, tandis que le décor associe le vocabulaire funéraire du XIXe siècle aux emblèmes réservés aux grands créateurs.

Rossini y fut inhumé après des funérailles solennelles célébrées à Paris en novembre 1868. Près de vingt ans plus tard, à la demande de l’Italie, ses restes furent exhumés puis conduits à Florence, où ils reposent depuis le 3 mai 1887 auprès de Michel-Ange, Galilée et Machiavel. Le monument du Père-Lachaise n’est donc plus sa tombe au sens strict, mais un cénotaphe. Olympe Pélissier, morte en 1878, demeure quant à elle dans cette chapelle familiale.

Biographie de Gioachino Rossini
Gioachino Rossini naît à Pesaro le 29 février 1792, dans une famille de musiciens itinérants. Son père, Giuseppe Rossini, joue du cor et de la trompette dans les orchestres municipaux ; sa mère, Anna Guidarini, se produit comme chanteuse. L’enfant grandit ainsi au contact du théâtre et de la musique, mais aussi dans l’instabilité politique des années révolutionnaires. Les convictions républicaines de Giuseppe lui valent plusieurs arrestations lorsque les États pontificaux reprennent le contrôle de la région. La famille se déplace entre Pesaro, Bologne et d’autres villes d’Italie, suivant les engagements des parents.
Une formation précoce à Bologne
Rossini apprend le chant, le clavecin, le cor et l’accompagnement. À Lugo, le chanoine Giuseppe Malerbi lui fait découvrir Haydn et Mozart, dont la clarté formelle marque profondément son écriture. À douze ans, il compose les Sei sonate a quattro, partitions déjà pleines d’invention mélodique. Entré en 1806 au Liceo musicale de Bologne, il étudie le violoncelle, le piano, le contrepoint et la composition auprès du sévère Stanislao Mattei. Ses camarades le surnomment bientôt « le petit Allemand » en raison de son admiration pour Mozart.

Sa véritable entrée au théâtre a lieu à Venise en 1810 avec La cambiale di matrimonio, courte farce écrite pour le Teatro San Moisè. Le succès lui ouvre rapidement les scènes de Bologne, Ferrare, Milan et Venise. Rossini possède une vitesse de travail exceptionnelle : il sait adapter sa musique aux chanteurs, aux orchestres et aux délais imposés par les théâtres. Cette efficacité ne l’empêche pas de renouveler l’opéra italien par une science du rythme, une orchestration brillante et le fameux crescendo qui porte l’action jusqu’à une ivresse collective.
Le triomphe sur les scènes italiennes
L’année 1813 impose son nom dans toute l’Europe grâce à Tancredi, opéra sérieux créé à Venise, et à la comédie L’italiana in Algeri. Deux ans plus tard, l’impresario Domenico Barbaja l’engage à Naples comme directeur musical des théâtres royaux. Rossini y dispose d’un orchestre remarquable et travaille avec la célèbre soprano Isabella Colbran. Pour elle, il compose plusieurs rôles virtuoses, notamment dans Elisabetta, regina d’Inghilterra, Otello, Armida et La donna del lago. Ils se marient en 1822.

Parallèlement à ses ouvrages napolitains, il compose pour Rome Il barbiere di Siviglia. La première, le 20 février 1816, est chahutée, mais l’œuvre conquiert dès les représentations suivantes le public et devient l’un des opéras les plus joués au monde. La Cenerentola et La gazza ladra suivent en 1817. Dans ces partitions, Rossini donne à l’opéra bouffe une précision théâtrale nouvelle : ensembles complexes, finales menés à toute allure, mots répétés jusqu’à l’absurde et dialogues étroitement liés au mouvement orchestral. Ses opéras sérieux, de leur côté, libèrent la voix des cadres rigides et préparent le bel canto romantique.
Paris et l’ambition du grand opéra
Après des séjours à Vienne et à Londres, Rossini s’installe à Paris en 1824. Il prend la direction du Théâtre-Italien puis reçoit la charge de premier compositeur du roi et d’inspecteur général du chant. Pour le couronnement de Charles X, il écrit Il viaggio a Reims en 1825. Il adapte ensuite plusieurs œuvres au goût français : Le Siège de Corinthe et Moïse et Pharaon donnent une ampleur spectaculaire à des partitions antérieures. Avec Le Comte Ory, en 1828, il revient à la comédie avant de consacrer toutes ses forces à Guillaume Tell.

Créé à l’Opéra de Paris le 3 août 1829, Guillaume Tell constitue son ultime ouvrage lyrique. Cette vaste fresque, inspirée de Schiller, unit nature, liberté politique, drame familial et puissance chorale. Son ouverture devient universellement célèbre. Rossini n’a pourtant que trente-sept ans. Son retrait de la scène ne résulte pas d’une cause unique : fatigue accumulée, santé fragile, évolution des institutions après la révolution de 1830, difficultés contractuelles et transformation du goût musical se combinent.
Le long silence et les dernières œuvres
Le silence de Rossini n’est toutefois jamais complet. Il termine son Stabat Mater, créé dans sa version intégrale en 1842, et compose quantité de pièces vocales, pianistiques ou de chambre. Sa vie privée traverse une période difficile. Séparé d’Isabella Colbran, il partage sa vie avec Olympe Pélissier ; le couple se marie en 1846, après la mort d’Isabella. Olympe accompagne avec constance un musicien sujet à de longues crises nerveuses et à plusieurs affections physiques.

Après un retour en Italie, à Bologne puis à Florence, Rossini se réinstalle définitivement en France en 1855. Dans sa villa de Passy et son appartement parisien, il reçoit chaque samedi compositeurs, interprètes, écrivains et personnalités. Ces réunions musicales contribuent à faire de lui un patriarche spirituel de la vie artistique européenne. Sous le titre ironique de Péchés de vieillesse, il rassemble des miniatures pleines d’humour, d’audace harmonique et de tendresse. La Petite messe solennelle, composée en 1863, est l’aboutissement de cette dernière période.
Mort, funérailles et postérité
Rossini meurt à Passy le 13 novembre 1868, après une grave maladie et une opération. Ses obsèques à l’église de la Sainte-Trinité rassemblent une foule considérable, puis le cercueil est conduit au Père-Lachaise. Le compositeur lègue une part essentielle de sa fortune à sa ville natale de Pesaro afin de favoriser l’enseignement musical ; ce legs est à l’origine du Liceo musicale Rossini. Il prévoit également une fondation parisienne destinée aux chanteurs français et italiens âgés ou démunis.

Son influence dépasse largement le répertoire comique auquel son nom est parfois réduit. Bellini, Donizetti, Meyerbeer et le jeune Verdi héritent de ses innovations vocales et dramatiques. Son sens du tempo, la transparence de son orchestre, l’énergie des ensembles et son art de transformer la mécanique théâtrale en musique ont durablement changé l’opéra européen. Le Festival Rossini de Pesaro et la Fondazione Rossini poursuivent aujourd’hui l’étude et la redécouverte de l’ensemble de son œuvre.
Œuvres principales de Gioachino Rossini
- La cambiale di matrimonio (1810)
- Tancredi et L’italiana in Algeri (1813)
- Il barbiere di Siviglia et Otello (1816)
- La Cenerentola, Armida et La gazza ladra (1817)
- La donna del lago (1819)
- Maometto II (1820)
- Semiramide (1823)
- Il viaggio a Reims (1825)
- Le Siège de Corinthe (1826)
- Moïse et Pharaon (1827)
- Le Comte Ory (1828)
- Guillaume Tell (1829)
- Stabat Mater (version complète créée en 1842)
- Péchés de vieillesse (1857-1868)
- Petite messe solennelle (1863)
Distinctions, fonctions et héritage
- Directeur musical des théâtres royaux de Naples à partir de 1815.
- Directeur du Théâtre-Italien à Paris à partir de 1824.
- Premier compositeur du roi et inspecteur général du chant en France.
- Membre associé étranger de l’Institut de France, Académie des beaux-arts.
- Grand officier de la Légion d’honneur.
- Décoré de l’ordre prussien Pour le Mérite pour les sciences et les arts.
- Fondateur testamentaire du futur Liceo musicale Rossini à Pesaro.
- Créateur d’une fondation parisienne destinée aux anciens artistes lyriques.