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RÉGNIER Claude Ambroise

Qui est Claude Ambroise Régnier ?

Nom complet : Claude Ambroise Régnier, duc de Massa.
Naissance : 5 novembre 1746 (Blâmont, France).
Mort : 24 juin 1814 (Paris, France) à 67 ans.
Activité principale : Juriste et homme d’État, Grand Juge et ministre de la Justice de Napoléon Ier.
Notoriété : Membre du Conseil d’État et l’un des principaux artisans de la rédaction du Code civil.

Où se trouve le cénotaphe de Claude Ambroise Régnier ?

Le monument de la famille Régnier de Massa se trouve dans la 31e division du cimetière du Père-Lachaise. Il constitue un cénotaphe pour Claude Ambroise Régnier : ses restes reposent au Panthéon. La chapelle familiale abrite notamment la sépulture de son fils Nicolas Régnier, ainsi que celles de Charlotte Lejeune et de plusieurs descendants.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de la famille Régnier de Massa

La chapelle familiale se présente comme un édicule de pierre sobre et vertical, fermé par une porte métallique. Le nom RÉGNIER DE MASSA, gravé au-dessus de l’entrée, identifie immédiatement la famille. La façade, encadrée de pilastres, est couronnée par un fronton triangulaire et conserve l’allure solennelle des chapelles funéraires du XIXe siècle.

Il faut distinguer ce monument de la tombe personnelle du duc de Massa. À sa mort en 1814, Claude Ambroise Régnier reçut les honneurs du Panthéon, où il fut inhumé.

Chapelle funéraire Régnier de Massa au Père-Lachaise, division 31
Vue d’ensemble de la chapelle Régnier de Massa, division 31. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Détail de la chapelle Régnier de Massa au Père-Lachaise
Détail du monument familial Régnier de Massa. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Claude Ambroise Régnier

Claude Ambroise Régnier naît à Blâmont, en Lorraine, le 5 novembre 1746. Fils d’Ambroise Régnier, receveur des domaines, et de Marie-Françoise Thiry, il reçoit une solide formation juridique. Il devient avocat à Nancy et acquiert dans les dernières décennies de l’Ancien Régime une réputation de praticien méthodique, rompu aux procédures comme aux institutions de sa province.

Portrait de Claude Ambroise Régnier, duc de Massa, par Robert Lefèvre
Claude Ambroise Régnier, duc de Massa, peint par Robert Lefèvre en 1808. Wikimedia Commons, domaine public.

Des États généraux à la Révolution

Le 6 avril 1789, le bailliage de Nancy l’élit député du tiers état aux États généraux. À Versailles, puis au sein de l’Assemblée nationale constituante, Régnier intervient surtout sur les questions de droit, d’organisation judiciaire et d’administration. Sa culture de juriste lui permet de participer à la transformation des institutions sans rechercher la tribune spectaculaire.

Après la Constituante, il se tient quelque temps en retrait de la vie politique nationale. Sous le Directoire, il retrouve un rôle de premier plan au Conseil des Anciens, dont il devient président en 1796. Modéré et attaché à l’ordre institutionnel, il se rapproche progressivement des hommes qui souhaitent stabiliser le régime.

Gravure représentant Claude Ambroise Régnier
Portrait gravé de Claude Ambroise Régnier. Wikimedia Commons, domaine public.

Le 18 Brumaire et l’entrée au Conseil d’État

En novembre 1799, Régnier soutient le coup d’État du 18 Brumaire qui porte Bonaparte au pouvoir. Il participe à la préparation du décret transférant les conseils législatifs à Saint-Cloud, étape décisive de l’opération. Quelques semaines plus tard, le 25 décembre 1799, il est appelé au Conseil d’État, nouvel organe chargé de préparer les lois et d’assister le gouvernement consulaire.

Au Conseil d’État, il siège dans la section de législation. Il travaille aux côtés de juristes comme Jean-Étienne-Marie Portalis, François Denis Tronchet et Félix-Julien-Jean Bigot de Préameneu. Régnier n’est pas l’unique auteur du Code civil, mais il compte parmi les acteurs majeurs de sa préparation, de la discussion de ses articles et de leur mise en cohérence avec la nouvelle organisation politique.

Code civil avec les discours prononcés en 1803
Le Code civil avec les discours prononcés lors de sa préparation, 1803. Wikimedia Commons, domaine public.

Grand Juge et ministre de la Justice

Bonaparte le nomme Grand Juge et ministre de la Justice en septembre 1802. Il conserve ces fonctions pendant plus de onze ans, jusqu’en novembre 1813, une longévité remarquable au sommet de l’État. Son ministère accompagne la réorganisation des juridictions, l’installation des nouvelles lois civiles et pénales et la consolidation d’une magistrature placée sous l’autorité du pouvoir central.

Jusqu’en 1804, ses attributions comprennent également la Police. À ce titre, il intervient dans une période marquée par les complots contre Bonaparte, notamment l’affaire Cadoudal. Son action illustre l’ambivalence de l’œuvre napoléonienne : unification durable du droit et modernisation administrative d’un côté, contrôle politique étroit et limitation des libertés de l’autre.

Claude Ambroise Régnier, Grand Juge et ministre de la Justice
Claude Ambroise Régnier, Grand Juge de l’Empire. Wikimedia Commons, domaine public.

Duc de Massa et dignitaire de l’Empire

La confiance de Napoléon lui vaut titres et honneurs. Il est créé comte de l’Empire, puis duc de Massa di Carrara en 1809. Grand officier puis grand aigle de la Légion d’honneur, il entre aussi à l’Académie française. Son parcours incarne l’ascension d’un juriste provincial devenu l’un des principaux serviteurs civils du régime impérial.

En novembre 1813, alors que l’Empire traverse une crise militaire et politique, Régnier quitte le ministère de la Justice. Il reçoit le titre de ministre d’État et prend la présidence du Corps législatif, qu’il exerce jusqu’au 4 juin 1814. Il meurt à Paris quelques semaines après la première abdication de Napoléon, le 24 juin 1814.

Portrait de Claude Ambroise Régnier, duc de Massa di Carrara
Claude Ambroise Régnier, duc de Massa di Carrara. Gravure de Velyn, Wikimedia Commons, domaine public.

Une mémoire liée au Code civil

La postérité retient surtout sa contribution au Code civil, promulgué en 1804 et appelé plus tard Code Napoléon. Cette œuvre collective fixa dans un même ensemble les règles relatives aux personnes, aux biens, à la famille et aux contrats. Régnier contribua à faire passer ces principes de la discussion juridique à leur application par les tribunaux.

Son inhumation au Panthéon témoigne de la reconnaissance accordée, au moment de sa mort, au grand administrateur de la justice impériale. Au Père-Lachaise, le cénotaphe de la 31e division prolonge cette mémoire dans le cadre familial.

Principales réalisations de Claude Ambroise Régnier

  • Participation aux travaux préparatoires et aux discussions du Code civil des Français.
  • Contribution à la réorganisation de la justice sous le Consulat et l’Empire.
  • Mise en application des grandes codifications napoléoniennes pendant son ministère.
  • Participation politique au Conseil des Anciens, au Conseil d’État et au Corps législatif.
  • Rapports, discours et textes juridiques consacrés à l’organisation judiciaire et à la législation.

Fonctions et distinctions

  • Député du tiers état aux États généraux de 1789.
  • Président du Conseil des Anciens en 1796.
  • Membre du Conseil d’État à partir de décembre 1799.
  • Grand Juge et ministre de la Justice de 1802 à 1813.
  • Ministre de la Police jusqu’en 1804.
  • Comte de l’Empire, puis duc de Massa di Carrara en 1809.
  • Grand aigle de la Légion d’honneur.
  • Membre de l’Académie française.
  • Ministre d’État et président du Corps législatif de 1813 à 1814.
  • Inhumé au Panthéon ; cénotaphe familial au Père-Lachaise, division 31.