Qui est Olivier Raoux ?
Nom complet : Olivier Marcelin Henri Raoux.
Naissance : 10 avril 1961 (Grandrû, France).
Mort : 22 mars 2011 (Île-Molène, France) à 49 ans.
Activité : Chef décorateur et directeur artistique de cinéma.
Notoriété : César des meilleurs décors en 2008 pour La Môme.
Où se trouve la tombe d’Olivier Raoux ?
La tombe d’Olivier Raoux se trouve dans la division 84 du cimetière du Père-Lachaise. Il y repose auprès de l’actrice Cathy Rosier, sa belle-mère.

Le monument funéraire d’Olivier Raoux au Père-Lachaise
La sépulture commune d’Olivier Raoux et de Cathy Rosier est un monument contemporain particulièrement reconnaissable. Une dalle claire, légèrement inclinée, porte leurs noms et leurs dates. Elle est surmontée d’un important décor métallique aux lignes courbes, dont la silhouette évoque à la fois une structure végétale et un élément de scénographie. Ce choix singulier semble faire écho aux univers visuels auxquels Olivier Raoux consacra sa carrière, sans qu’une attribution précise du monument soit publiquement documentée.


Biographie d’Olivier Raoux
Une jeunesse dans l’Oise
Olivier Marcelin Henri Raoux naît le 10 avril 1961 à Grandrû, près de Noyon, dans l’Oise. Fils du directeur de l’école Saint-Exupéry, il grandit dans le Noyonnais et étudie au lycée Jean-Calvin. Il conserve toute sa vie des attaches familiales et amicales dans cette région. Les manifestations culturelles de Noyon et les concerts organisés à la maison des jeunes et de la culture comptent parmi les souvenirs auxquels il reste particulièrement attaché.
Les informations publiques sur sa formation professionnelle demeurent peu nombreuses. Sa filmographie montre cependant une entrée rapide dans les métiers de la fabrication cinématographique. Le décorateur n’est pas seulement chargé d’embellir un plateau : à partir du scénario et des choix du réalisateur, il définit les espaces, les matières, les couleurs et la circulation des personnages. Il dirige aussi des équipes capables de construire, transformer ou restituer des lieux entiers.
Les débuts au cinéma
Olivier Raoux devient chef décorateur à la fin des années 1980, vers l’âge de vingt-huit ans. Il participe en 1990 à Farendj, puis travaille pour la télévision. Sa carrière prend de l’ampleur dans la seconde moitié des années 1990 avec Salut cousin ! de Merzak Allouache et surtout La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou. Le succès de cette comédie lui ouvre la voie de productions populaires exigeant des décors immédiatement lisibles, vivants et crédibles.
Il enchaîne avec Ça ne se refuse pas, Comme une bête, Chili con carne, Jet Set et La Vérité si je mens ! 2. Cette série de films révèle sa capacité à passer d’un registre à l’autre. Il sait travailler sur des intérieurs contemporains comme sur des univers volontairement stylisés, tout en adaptant ses propositions aux contraintes d’un tournage et au rythme de la mise en scène.
Des univers de plus en plus ambitieux
Au début des années 2000, sa filmographie se diversifie. Il conçoit les décors du film fantastique Maléfique, puis ceux de Rire et Châtiment. En 2004, il collabore avec Olivier Dahan sur Les Rivières pourpres 2 : Les Anges de l’apocalypse. Ce thriller sombre demande une architecture visuelle spectaculaire et installe une relation professionnelle durable entre le cinéaste et le décorateur. La même année, Raoux travaille sur la comédie Les Dalton.
Ses collaborateurs décriront après sa mort un chef décorateur attentif à la lumière et aux mouvements de caméra. Ses espaces ne sont pas conçus comme de simples arrière-plans : ils proposent des axes, des passages et des détails susceptibles d’inspirer la mise en scène. Cette méthode suppose un dialogue permanent avec le réalisateur, le directeur de la photographie, les constructeurs, peintres, accessoiristes et ensembliers.
Le triomphe de La Môme
La collaboration avec Olivier Dahan atteint un sommet avec La Môme, consacré à Édith Piaf. Sorti en 2007, le film traverse plusieurs décennies et multiplie les lieux : rues parisiennes, chambres, salles de spectacle et espaces liés aux tournées internationales. Le décor doit rendre sensibles les changements d’époque tout en accompagnant une narration fragmentée. Le travail d’Olivier Raoux contribue fortement à la cohérence de cet univers.
Lors de la cérémonie de 2008, il reçoit le César des meilleurs décors pour La Môme. Il monte également sur la scène du Théâtre du Châtelet afin de recevoir au nom de Marit Allen, disparue quelques mois plus tôt, le César des meilleurs costumes décerné pour le même film. Son travail vaut aussi à la production une reconnaissance internationale, avec une nomination aux BAFTA pour les décors.
Timpelbach et la reconstitution de La Rafle
Olivier Raoux retrouve ensuite un univers de fabrication ample avec Les Enfants de Timpelbach de Nicolas Bary. Le village imaginaire et ses espaces conçus à hauteur d’enfant lui valent une nouvelle nomination au César des meilleurs décors en 2009. Il travaille également sur Un château en Espagne d’Isabelle Doval et sur le film d’auteur Un lac de Philippe Grandrieux, preuve de son éclectisme.
Pour La Rafle de Roselyne Bosch, sorti en 2010, la décoration prend une dimension historique. Une partie du Vélodrome d’Hiver, détruit en 1959, est reconstruite en Hongrie à partir de photographies et de documents d’archives. Le camp de Beaune-la-Rolande y est également reconstitué. Ce travail, très différent de la fantaisie de ses comédies, doit rendre crédibles des lieux associés à la persécution et à la déportation des Juifs de France.
Le dernier grand chantier : le Marsupilami
En 2010, Alain Chabat confie à Olivier Raoux les décors de Sur la piste du Marsupilami. Le tournage entraîne l’équipe au Mexique et en studio, avec l’objectif de transformer des lieux réels en Palombie. Raoux étudie minutieusement les dessins de Franquin. Il imagine la ville de Chiquito, une prison, une serre, un palais, des studios de télévision et plusieurs versions du nid du Marsupilami.
Les témoignages de l’équipe décrivent son attention extrême aux détails, y compris à ceux que la caméra ne montrerait que fugitivement. Les façades d’un village mexicain sont repeintes, des milliers de plantes complètent la forêt et plusieurs nids sont fabriqués afin de répondre aux besoins des cascades. Le décorateur veille constamment à ce que les espaces servent l’action et l’identité des personnages. Le film, sorti en 2012, lui est dédié.
Une disparition brutale en plein travail
Après le tournage du Marsupilami, Olivier Raoux prépare une nouvelle collaboration avec Olivier Dahan pour Les Seigneurs. Le 22 mars 2011, alors qu’il effectue des repérages sur l’île de Molène, dans le Finistère, il succombe à un arrêt cardiaque. Il a quarante-neuf ans. Son équipe poursuit le projet en respectant ses premières conceptions, sous la conduite de son assistante Laure Lepelley. Le film lui rend hommage dans son générique.
Sa disparition provoque une vive émotion parmi les professionnels du cinéma. Directeurs de la photographie et collaborateurs saluent son enthousiasme, son sens de la lumière, son goût des matières et sa manière d’imaginer un décor à partir du jeu des acteurs. De nombreux proches et membres du cinéma français assistent à ses obsèques au Père-Lachaise. Marié à Pascale Rosier, Olivier Raoux était père de trois filles : Roxane, Margot et Juliette.
Principales réalisations d’Olivier Raoux
- Salut cousin ! de Merzak Allouache (1996).
- La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou (1997) et sa suite (2001).
- Jet Set de Fabien Onteniente (2000).
- Maléfique d’Éric Valette (2002).
- Les Rivières pourpres 2 d’Olivier Dahan (2004).
- La Môme d’Olivier Dahan (2007).
- Les Enfants de Timpelbach de Nicolas Bary (2008).
- La Rafle de Roselyne Bosch (2010).
- Sur la piste du Marsupilami d’Alain Chabat (2012, sorti après sa mort).
- Les Seigneurs d’Olivier Dahan (2012, sorti après sa mort).
Distinctions et fonctions
- Chef décorateur et directeur artistique pour une vingtaine de productions à partir de 1990.
- César des meilleurs décors en 2008 pour La Môme.
- Nomination au BAFTA des meilleurs décors pour La Môme.
- Nomination au César des meilleurs décors en 2009 pour Les Enfants de Timpelbach.
- Sur la piste du Marsupilami et Les Seigneurs lui sont dédiés.