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PERRIN Pierre

Qui est Pierre Perrin ?

Nom complet : Pierre Stanislas Germain Perrin.
Naissance : 8 juillet 1925 (Le Havre, France).
Mort : 20 juin 1985 (Paris, France) à 59 ans.
Activités : auteur, compositeur, interprète et acteur.
Notoriété : créateur de la chanson Un clair de lune à Maubeuge, grand succès populaire de 1962.

Où se trouve la tombe de Pierre Perrin ?

La tombe de Pierre Perrin se trouve dans la division 59 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 59
Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 59.

Le monument funéraire de Pierre Perrin au Père-Lachaise

La sépulture familiale est une tombe sobre en granit gris. Le nom « PERRIN » apparaît en grandes lettres sur la face principale. Les inscriptions mentionnent Pierre Perrin comme « auteur compositeur » et rappellent également plusieurs membres de sa famille. Une plaque offerte par la ville porte ces mots : « À Pierre Perrin, Maubeuge reconnaissante ».

Tombe de Pierre Perrin au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe de Pierre Perrin, division 59. Photographie : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Inscriptions sur la tombe de Pierre Perrin
La stèle et les inscriptions de la sépulture en 2025. Photographie : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0.

Biographie de Pierre Perrin

Pierre Stanislas Germain Perrin naît au Havre le 8 juillet 1925 dans une famille de marins. Son père, capitaine au long cours et cap-hornier, meurt alors que l’enfant n’a que sept ans. Pierre est ensuite élevé pendant un temps par un oncle qui commande le bac de Quillebeuf-sur-Seine. Cette enfance partagée entre le grand port du Havre et les rives de la Seine nourrit un imaginaire populaire fait de voyages, de métiers modestes et de géographie familière, que l’on retrouvera plus tard dans ses chansons.

Une jeunesse havraise pendant la guerre

Revenu au Havre, Pierre Perrin découvre très tôt le spectacle. À seize ans, pendant l’Occupation, il participe à la défense passive et prend part aux secours apportés aux victimes des bombardements. Les Archives municipales du Havre conservent son journal personnel de ces années ainsi que des programmes du Grand Théâtre : ces documents témoignent à la fois de son engagement civil et de ses premiers pas de comédien. Les fins de semaine, il rejoint comme choriste la troupe de la Gaîté-Lyrique de passage dans la ville.

Ancien Grand Théâtre du Havre
L’ancien Grand Théâtre du Havre, ville où Pierre Perrin fit ses débuts sur scène. Photographie d’Édouard Fortin, 1860, Bibliothèque municipale du Havre, domaine public.

Il suit bientôt la troupe à Paris. Dans la capitale encore occupée, il s’engage parallèlement dans les Forces françaises de l’intérieur. Après la Libération, il choisit définitivement la scène. Avec un camarade havrais, il forme le duo des Frères Éloi. Les deux artistes chantent des refrains fantaisistes, participent à des émissions de radio, notamment celles d’Henri Kubnick, et parcourent la France. Des titres comme Trois p’tits frères à la Saint-Éloi, Elle avait des bas de laine ou Madeleine leur procurent une première notoriété.

Bac de Quillebeuf-sur-Seine
Le bac de Quillebeuf-sur-Seine, où Pierre Perrin passa une partie de son enfance auprès de son oncle. Photographie : Marc Liger, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Du duo des Frères Éloi au taxi parisien

La carrière du duo est interrompue par une crise personnelle. Pierre Perrin traverse une période difficile, quitte la scène et devient chauffeur de taxi indépendant à Paris pendant plusieurs années. Il continue néanmoins d’écrire des poèmes et des chansons. Ce détour professionnel, loin d’effacer son ambition artistique, lui fournit une connaissance directe des rues, des accents et des personnages ordinaires. Son univers se construit dans ce Paris quotidien, mais aussi dans le goût des noms de villes et des rimes inattendues.

Taxis parisiens place de l’Opéra
Des taxis parisiens place de l’Opéra en 1930, évocation du métier exercé par Pierre Perrin avant son succès. Agence Rol / Bibliothèque nationale de France, domaine public.

Une rencontre relance sa trajectoire. La productrice et animatrice Aimée Mortimer l’engage dans l’émission télévisée L’École des vedettes, qui présente de jeunes talents au public. Perrin retrouve alors les studios, les éditeurs et la scène. En 1956, la Bibliothèque nationale de France recense notamment les partitions de Sensas, écrite avec Camille Sauvage, et de Hilde, composée avec Raymond Emmerechts. Il enregistre ensuite plusieurs disques et prépare sans le savoir la chanson qui va bouleverser sa vie.

Le phénomène Un clair de lune à Maubeuge

En 1962 paraît Un clair de lune à Maubeuge, chanson cocasse bâtie sur une succession de destinations et sur l’affirmation que rien ne vaut un clair de lune dans cette ville du Nord. La mélodie, signée avec Claude Blondy, et les paroles de Perrin séduisent immédiatement. Le disque s’installe plusieurs semaines en tête du hit-parade français. Le refrain est repris dans les bals, à la radio et dans les émissions de variétés. Bourvil, Annie Cordy, Fernand Raynaud, Claude François, Yvette Horner, André Verchuren, Aimable ou Stéphane Grappelli en proposent à leur tour des interprétations.

Clair de lune dans le ciel de Maubeuge
Un clair de lune dans le ciel de Maubeuge, ville associée au plus grand succès de Pierre Perrin. Photographie : Petitcatio, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La chanson voyage bien au-delà de la France et connaît des adaptations à l’étranger, dont plusieurs enregistrements aux États-Unis. Son succès tient au contraste entre la modestie du décor et l’ampleur donnée au sentiment : Maubeuge, rarement célébrée par la chanson, devient soudain un lieu poétique et comique connu de tous. La municipalité accueille Pierre Perrin en invité d’honneur lors de l’avant-première locale du film inspiré par le titre, le 13 décembre 1962.

La chanson devient un film

La même année, Jean Chérasse réalise Un clair de lune à Maubeuge, comédie musicale librement inspirée de l’histoire de son auteur. Pierre Perrin y interprète son propre rôle : celui d’un chauffeur de taxi dont une chanson finit par conquérir le public. Autour de lui apparaissent Claude Brasseur, Michel Serrault, Jean Carmet et de nombreuses vedettes de la chanson, parmi lesquelles Bourvil, Henri Salvador et la jeune Sylvie Vartan. Le film prolonge le phénomène populaire et fixe à l’écran le personnage souriant du chanteur devenu célèbre presque du jour au lendemain.

Hôtel de ville de Maubeuge
L’hôtel de ville de Maubeuge, cité durablement associée à Pierre Perrin. Photographie : Velvet, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Après le succès

Pierre Perrin poursuit ses enregistrements dans les années 1960. Il publie notamment La Kermesse de la bière, Les Panamiens, À Namur mon amour, Le Mouffetard… tard, La Carte de visite, Un poutou du Poitou et Ma doué ! Ma doué !. Les titres conservent son goût pour les jeux de mots, les lieux et la chanson souriante. Il ne retrouve pas un succès comparable à celui de 1962, mais demeure un auteur-compositeur actif et une figure familière de la chanson populaire.

Son œuvre ne se limite pas au refrain qui l’a rendu célèbre. Le fonds confié en 2016 aux Archives municipales du Havre par son épouse, Dominique Sabourdin-Perrin, rappelle la continuité de son écriture depuis la jeunesse, son expérience théâtrale pendant la guerre et son activité d’auteur. Pierre Perrin meurt à Paris le 20 juin 1985, quelques semaines avant son soixantième anniversaire. Il est inhumé au Père-Lachaise. Maubeuge lui rendra durablement hommage, notamment en donnant son nom à un pont et en consacrant des manifestations à son histoire.

Œuvres principales

  • Un clair de lune à Maubeuge (1962), paroles et interprétation de Pierre Perrin, musique avec Claude Blondy.
  • Un clair de lune à Maubeuge (1962), film de Jean Chérasse dans lequel il joue son propre rôle.
  • Les Panamiens (1964).
  • La Kermesse de la bière (1963).
  • Le Mouffetard… tard et La Carte de visite (1964).
  • Un poutou du Poitou (1966) et Ma doué ! Ma doué ! (1968).

Distinctions et hommages

  • Hommage du colonel Rémy pour son engagement dans la Résistance.
  • Plaque « À Pierre Perrin, Maubeuge reconnaissante » sur sa sépulture.
  • Un pont de Maubeuge porte son nom.
  • Fonds Pierre Perrin conservé aux Archives municipales du Havre.