Qui est Casimir Perier ?
Nom complet : Casimir-Pierre Perier.
Naissance : 11 octobre 1777 (Grenoble, France).
Mort : 16 mai 1832 (Paris, France) à 54 ans.
Activités : banquier et homme d’État français.
Notoriété : régent de la Banque de France, président de la Chambre des députés puis président du Conseil et ministre de l’Intérieur sous la monarchie de Juillet.
Où se trouve la tombe de Casimir Perier ?
Le monument funéraire de Casimir Perier se trouve dans la division 13 du cimetière du Père-Lachaise, sur le grand rond-point auquel son nom a été donné.

Le monument funéraire de Casimir Perier au Père-Lachaise
Élevé par souscription publique et inauguré en 1837, le monument de Casimir Perier occupe une position spectaculaire au centre d’un rond-point. L’architecte Achille Leclère en dessina l’imposant soubassement quadrangulaire. Au sommet se dresse la statue en bronze de l’homme d’État, œuvre du sculpteur Jean-Pierre Cortot et fondue par Charles Crozatier. Perier est représenté debout, dans l’attitude de l’orateur, vêtu selon sa fonction publique.
Trois bas-reliefs dus à Cortot personnifient la Justice, l’Éloquence et la Fermeté, qualités que les commanditaires associaient à sa mémoire. Les inscriptions rappellent ses dates, ses responsabilités et l’origine collective du monument. La face postérieure précise que « la reconnaissance publique » l’a fait ériger sous la direction de Leclère et de Cortot. Par sa hauteur, son décor allégorique et son implantation, cette sépulture compte parmi les grands monuments politiques du Père-Lachaise sous la monarchie de Juillet.


Biographie de Casimir Perier
Casimir-Pierre Perier naît à Grenoble le 11 octobre 1777 dans une puissante famille de négociants, d’industriels et de financiers du Dauphiné. Son père, Claude Perier, possède le château de Vizille, où se tient en juillet 1788 la réunion des états généraux du Dauphiné, prélude important à la Révolution française. Claude Perier participe ensuite à la fondation de la Banque de France. Casimir grandit ainsi dans un milieu où l’entreprise, la finance et les affaires publiques sont étroitement liées.
Une formation entre commerce et service de l’État
Il étudie avec ses frères chez les Oratoriens de Lyon, puis poursuit sa formation à Paris. Dans la France révolutionnaire, il connaît brièvement la vie militaire et participe aux campagnes d’Italie à la fin des années 1790. Cette expérience reste courte : à son retour, il choisit la banque et le commerce, domaines dans lesquels la famille Perier dispose déjà d’un réseau solide et d’importants capitaux.
Après la mort de son père en 1801, Casimir s’associe avec son frère Scipion pour développer à Paris la maison Perier Frères. L’établissement prend place parmi les banques privées influentes de la capitale. Il intervient dans le financement du commerce et de l’industrie, notamment dans un contexte où l’économie française cherche à moderniser ses infrastructures et ses moyens de production. Perier acquiert la réputation d’un gestionnaire rigoureux, exigeant et très attentif à la solidité du crédit.

Un banquier au cœur de la modernisation économique
La fortune et les compétences financières de Casimir Perier lui permettent de participer aux grandes opérations économiques du début du XIXe siècle. Il s’intéresse aux entreprises minières et industrielles et siège dans plusieurs instances commerciales. En 1820, il entre au conseil de régence de la Banque de France. Cette fonction confirme son appartenance à la haute banque parisienne et renforce son autorité lorsqu’il intervient à la Chambre sur le budget, les emprunts et la politique économique.
Sa vie privée accompagne cette ascension. En 1805, il épouse au château de Vizille Marie-Cécile Laurence Loyer, dite Pauline. Le couple a notamment deux fils, Auguste Casimir-Perier et Paul Perier. La génération suivante prolongera cette alliance entre affaires et politique : son petit-fils Jean Casimir-Perier deviendra président de la République en 1894. En hommage à Casimir-Pierre, ses descendants adopteront le nom composé Casimir-Perier.
Le député de l’opposition libérale
Casimir Perier entre à la Chambre des députés en 1817 comme représentant de la Seine. Sous la Restauration, il siège au centre gauche et devient l’une des voix les plus écoutées de l’opposition libérale. Son expérience de banquier nourrit une éloquence précise, volontiers combative, particulièrement efficace dans les débats financiers. Il défend la liberté de la presse, le contrôle parlementaire des dépenses et les garanties offertes par la Charte, sans se rallier pour autant aux courants révolutionnaires.
Réélu à plusieurs reprises, dans la Seine puis dans l’Aube, il combat les orientations des ministères Villèle et Polignac. Son hôtel parisien devient un lieu de réunion pour les députés libéraux. En mars 1830, il fait partie des 221 députés qui votent une adresse contestant la politique de Charles X. Cette opposition contribue à la crise institutionnelle qui précède les ordonnances de juillet et la chute de la branche aînée des Bourbons.

Les Trois Glorieuses et l’avènement de Louis-Philippe
Lorsque Paris se soulève pendant les Trois Glorieuses des 27, 28 et 29 juillet 1830, Perier demeure prudent. Il redoute l’anarchie et cherche une solution constitutionnelle capable de préserver l’ordre tout en empêchant le retour à l’absolutisme. Avec d’autres députés, il participe à la commission municipale installée à l’Hôtel de Ville et se rallie finalement à la candidature du duc d’Orléans, futur Louis-Philippe.
Le 6 août 1830, il est élu président de la Chambre des députés. Il occupe brièvement cette fonction et entre comme ministre sans portefeuille dans le premier gouvernement du nouveau régime. Toutefois, il se méfie de la politique conduite par Jacques Laffitte, jugée trop favorable au « mouvement » révolutionnaire et trop aventureuse en Europe. Perier veut consolider la monarchie constitutionnelle, restaurer le crédit de l’État et faire reconnaître l’autorité du gouvernement.

Président du Conseil : « l’ordre sans sacrifice pour la liberté »
Après la chute du ministère Laffitte, Louis-Philippe appelle Casimir Perier à la présidence du Conseil le 13 mars 1831. Il cumule cette charge avec le ministère de l’Intérieur et impose au roi comme à ses collègues une direction gouvernementale forte. Son programme est souvent résumé par une formule prononcée devant la Chambre : maintenir à l’intérieur « l’ordre sans sacrifice pour la liberté » et, à l’extérieur, la paix sans sacrifier l’honneur national.
Perier devient le chef du « parti de la Résistance », opposé au « parti du Mouvement ». Il entend refermer la période révolutionnaire ouverte en juillet 1830 et stabiliser les institutions. Sa politique réprime sévèrement les troubles républicains et sociaux. En novembre 1831, l’insurrection des canuts de Lyon, née de la crise des salaires dans la soierie, est écrasée par l’armée. Cette fermeté lui assure le soutien des milieux d’affaires et des conservateurs, mais nourrit une hostilité durable parmi les républicains et une partie du monde ouvrier.

Une diplomatie de paix et d’indépendance
En politique étrangère, le président du Conseil refuse que la France soutienne systématiquement les insurrections nationales en Europe. Il ne vient pas au secours des Polonais révoltés contre la Russie et se montre réservé envers les mouvements italiens. En revanche, il défend l’indépendance de la Belgique et fait intervenir les forces françaises lorsque l’équilibre européen l’exige. En février 1832, l’expédition d’Ancône vise à limiter l’influence autrichienne dans les États pontificaux.
Cette ligne cherche à éviter une guerre générale tout en redonnant à la France une place diplomatique crédible. Elle traduit aussi la conception politique de Perier : le régime de Juillet doit s’appuyer sur la Charte, le Parlement, la stabilité financière et la propriété. Son tempérament autoritaire, son énergie et ses éclats à la tribune marquent profondément un ministère pourtant très bref.
Le choléra et la mort du chef du gouvernement
Au printemps 1832, une grave épidémie de choléra frappe Paris. Casimir Perier accompagne le duc d’Orléans à l’Hôtel-Dieu pour visiter les malades. Peu après, il présente les symptômes de la maladie. Son état connaît des phases d’amélioration et d’aggravation, mais il meurt à Paris le 16 mai 1832, à 54 ans, toujours président du Conseil. Sa disparition prive la jeune monarchie de Juillet de celui qui en avait imposé la première véritable discipline gouvernementale.
Ses funérailles prennent un caractère officiel, puis une souscription publique est ouverte afin d’élever sa sépulture. Le monument achevé en 1837 traduit la place que ses partisans lui attribuaient dans la consolidation du nouveau régime. Banquier devenu parlementaire, orateur de l’opposition puis chef d’un gouvernement d’ordre, Casimir Perier incarne les ambitions et les contradictions de la bourgeoisie libérale française au lendemain de la Révolution et de l’Empire.

Principales réalisations politiques et économiques
- Développement de la banque Perier Frères et participation au financement de l’industrie française.
- Régent de la Banque de France à partir de 1820.
- Député de la Seine puis de l’Aube de 1817 à sa mort.
- Participation à l’adresse des 221 en mars 1830.
- Consolidation du régime parlementaire et du crédit public sous la monarchie de Juillet.
- Défense de l’indépendance belge et politique extérieure de paix européenne.
Distinctions et fonctions
- Régent de la Banque de France.
- Président de la Chambre des députés du 6 au 21 août 1830.
- Ministre sans portefeuille en 1830.
- Président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur du 13 mars 1831 au 16 mai 1832.
- Chevalier de la Légion d’honneur.