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OPHÜLS Max

Qui est Max Ophüls ?

Nom complet : Maximillian Oppenheimer, dit Max Ophüls.
Naissance : 6 mai 1902 (Sarrebruck, Allemagne).
Mort : 26 mars 1957 (Hambourg, Allemagne) à 54 ans.
Activités : Réalisateur de cinéma et de théâtre, scénariste.
Notoriété : Cinéaste germano-français, auteur de Lettre d’une inconnue, La Ronde, Le Plaisir, Madame de… et Lola Montès.

Où se trouve la tombe de Max Ophüls ?

Après sa crémation, les cendres de Max Ophüls ont été déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise, dans la division 87, case 6219.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 87
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : le columbarium où repose Max Ophüls appartient à la division 87.

Le monument funéraire de Max Ophüls au Père-Lachaise

La sépulture de Max Ophüls prend la forme d’une case du columbarium. Une plaque rectangulaire claire, encadrée par la structure de pierre sombre de l’édifice, porte simplement son nom d’artiste et ses années de naissance et de mort.

Plaque funéraire de Max Ophüls au columbarium du Père-Lachaise
Plaque funéraire de Max Ophüls au columbarium du Père-Lachaise. Photographie : TwoWings, Wikimedia Commons, domaine public.
Case 6219 où reposent les cendres de Max Ophüls
La case 6219 du columbarium où reposent les cendres de Max Ophüls. Photographie : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0.
Vue de la plaque de Max Ophüls fleurie au Père-Lachaise
La plaque de Max Ophüls accompagnée de fleurs au Père-Lachaise. Photographie : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Max Ophüls

Du commerce familial à la scène

Maximillian Oppenheimer naît le 6 mai 1902 à Sarrebruck, dans une famille juive allemande qui possède une entreprise textile. Ses parents envisagent pour lui une place dans l’affaire familiale, mais l’adolescent se passionne pour le théâtre. Afin de préserver le nom de son père au cas où sa carrière artistique échouerait, il adopte le pseudonyme de Max Ophüls. Ce choix de nom devient rapidement inséparable de son identité de metteur en scène.

Il débute comme acteur peu après la Première Guerre mondiale et se produit sur plusieurs scènes de langue allemande. Une blessure à l’œil, survenue pendant une représentation, l’amène à se tourner plus résolument vers la mise en scène. Dès le milieu des années 1920, il travaille dans différents théâtres, notamment à Dortmund, Vienne, Francfort et Breslau. Il monte des pièces et des opérettes, apprend à conduire les comédiens et développe un sens aigu de l’espace scénique.

Portrait de Max Ophüls par le Studio Harcourt
Max Ophüls photographié par le Studio Harcourt. Ministère de la Culture / Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Wikimedia Commons, domaine public.

Le théâtre lui donne une formation décisive. Il y acquiert le goût des déplacements continus, des entrées et sorties réglées comme une musique, ainsi qu’une attention particulière aux décors qui entourent les personnages. Il travaille aussi pour la radio et s’intéresse au cinéma parlant, dont le développement ouvre de nouvelles possibilités au début des années 1930. Son passage derrière la caméra n’est donc pas une rupture, mais l’élargissement d’un art de la mise en scène déjà solidement maîtrisé.

Les premiers films et l’exil de 1933

Max Ophüls réalise son premier court métrage en 1931, puis plusieurs films allemands. Liebelei, adapté d’Arthur Schnitzler et tourné en 1932, révèle pleinement son univers : des sentiments intenses se heurtent aux conventions sociales, tandis que la caméra accompagne les personnages avec une fluidité inhabituelle. Le film sort au moment où l’Allemagne bascule dans la dictature nazie.

Juif, Ophüls quitte l’Allemagne en 1933 après l’incendie du Reichstag. Il poursuit son travail en France, mais réalise également des films en Italie et aux Pays-Bas. Cet exil inaugure une vie professionnelle faite de déplacements forcés, de langues nouvelles et de systèmes de production différents. Il transforme pourtant cette instabilité en richesse artistique. Ses films traversent les frontières et abordent souvent des êtres dont le désir se heurte à un ordre social rigide.

En France, il réalise notamment La Tendre Ennemie, Yoshiwara, Werther et Sans lendemain. Il collabore avec Colette pour Divine et dirige des vedettes comme Danielle Darrieux, Edwige Feuillère ou Charles Boyer. En 1938, il obtient la nationalité française. Son adaptation de Werther montre déjà avec quelle précision il sait traduire le poids du temps, du souvenir et des contraintes morales.

Affiche du film Sans lendemain de Max Ophüls
Affiche de Sans lendemain, film réalisé par Max Ophüls avec Edwige Feuillère. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

La guerre et le difficile passage par Hollywood

La Seconde Guerre mondiale provoque un nouvel arrachement. Après la défaite française, Max Ophüls et sa famille doivent fuir l’Europe. Son épouse, l’actrice Hilde Wall, qu’il a épousée en 1926, et leur fils Marcel, né en 1927, partagent cet exil. La famille rejoint les États-Unis en 1941. Ophüls arrive à Hollywood avec une réputation européenne mais peine longtemps à obtenir un projet à la hauteur de son expérience.

Il tourne finalement L’Exilé avec Douglas Fairbanks Jr., puis réalise en 1948 Lettre d’une inconnue, adapté de Stefan Zweig. Joan Fontaine y incarne une femme qui aime pendant des années un pianiste incapable de mesurer la profondeur de ses sentiments. Le récit, construit autour de la mémoire et d’une lettre posthume, devient l’un des sommets de sa période américaine. Les mouvements de caméra, les décors viennois recomposés en studio et la circulation du temps donnent au mélodrame une forme d’une grande cohérence.

Affiche américaine de Lettre d’une inconnue de Max Ophüls
Affiche américaine de Lettre d’une inconnue, réalisé par Max Ophüls en 1948. Wikimedia Commons, domaine public.

Ophüls enchaîne avec Caught et Les Désemparés en 1949. Sous les apparences du film noir ou du drame conjugal, il observe des femmes enfermées dans des rapports de pouvoir, des mariages oppressants ou des situations dangereuses. Hollywood lui impose des contraintes, mais lui offre aussi des moyens techniques qu’il met au service de sa mise en scène. Sa caméra mobile n’est jamais un simple ornement : elle révèle la distance entre les personnages, leurs illusions et la société qui les surveille.

Le retour en France et une suite de chefs-d’œuvre

De retour en Europe, Max Ophüls réalise en France quatre films qui constituent la période la plus célèbre de son œuvre. La Ronde, en 1950, adapte la pièce d’Arthur Schnitzler et organise une chaîne de rencontres amoureuses dans la Vienne de 1900. Un meneur de jeu, interprété par Anton Walbrook, accompagne le passage d’un personnage à l’autre. Le film reçoit un accueil international et obtient le prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise.

Le Plaisir, en 1952, réunit trois récits de Maupassant. Ophüls y alterne le vertige du bal, la tendresse d’une excursion à la campagne et l’amertume d’un amour d’artiste. La célèbre séquence de La Maison Tellier fait circuler la caméra dans des décors complexes sans jamais perdre les personnages. Jean Gabin, Danielle Darrieux, Madeleine Renaud et Pierre Brasseur figurent parmi les interprètes de ce cinéma choral.

En 1953, Madame de…, avec Danielle Darrieux, Charles Boyer et Vittorio De Sica, atteint une remarquable pureté narrative. Une paire de boucles d’oreilles passe de main en main et devient le témoin matériel d’un amour impossible. Les bals, les escaliers, les miroirs et les objets mondains composent une société brillante en apparence, mais régie par des règles qui conduisent au drame. Le mouvement élégant de la caméra rend visible cet enfermement.

Lola Montès, l’ambition et la blessure

Lola Montès, tourné en 1955, est son premier film en couleurs et en CinemaScope. Inspiré de la vie de la célèbre danseuse et courtisane, il est construit autour d’un cirque où Lola, devenue attraction, raconte les épisodes de son passé. Ophüls utilise la piste, les décors monumentaux, la couleur et les mouvements de caméra pour transformer la biographie en réflexion sur la célébrité et l’exploitation du spectacle.

La production est coûteuse et le film connaît un échec commercial lors de sa sortie. Les producteurs imposent alors des remontages et des versions raccourcies contre l’avis du réalisateur. Cette intervention blesse profondément Ophüls et brouille pendant plusieurs décennies la réception du film. Sa version restaurée permettra plus tard de mieux comprendre l’architecture originale d’une œuvre admirée par de nombreux cinéastes et critiques.

Sa santé se dégrade. En 1957, il travaille en Allemagne et prépare Montparnasse 19, consacré à Amedeo Modigliani, mais ne peut mener le tournage à son terme. Jacques Becker reprend le projet. Max Ophüls meurt à Hambourg le 26 mars 1957 des suites d’une maladie cardiaque, quelques semaines avant son cinquante-cinquième anniversaire. Il est incinéré, puis ses cendres sont déposées au columbarium du Père-Lachaise.

Une œuvre redécouverte et célébrée

Les jeunes critiques des Cahiers du cinéma, futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague, défendent très tôt son œuvre. Ils reconnaissent dans ses travellings, son goût du plan long et son attention aux rapports sociaux une véritable écriture d’auteur. Son fils Marcel Ophüls deviendra lui aussi cinéaste, principalement documentaire, et signera notamment Le Chagrin et la Pitié. Le nom familial demeure ainsi lié à deux conceptions très différentes mais également exigeantes du cinéma.

Étoile dédiée à Max Ophüls sur le Boulevard der Stars à Berlin
Étoile dédiée à Max Ophüls sur le Boulevard der Stars à Berlin. Photographie : Thomas Schmidt, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Depuis 1980, le festival Max Ophüls Preis de Sarrebruck met en lumière de jeunes cinéastes germanophones. Dans sa ville natale, une stèle rappelle également son parcours. Ces hommages prolongent la reconnaissance d’un réalisateur dont les films savent unir virtuosité et lucidité. Derrière l’élégance des valses, des uniformes et des salons, Ophüls montre sans complaisance le prix du désir, la fragilité des femmes exposées au regard social et le passage irréversible du temps.

Stèle Max Ophüls à Sarrebruck
Stèle consacrée à Max Ophüls dans sa ville natale de Sarrebruck. Photographie : Stefan Oemisch, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 DE.

Films principaux de Max Ophüls

  • Liebelei (1933)
  • La Tendre Ennemie (1936)
  • Yoshiwara (1937)
  • Werther (1938)
  • Sans lendemain (1939)
  • De Mayerling à Sarajevo (1940)
  • L’Exilé (1947)
  • Lettre d’une inconnue (1948)
  • Caught (1949)
  • Les Désemparés (1949)
  • La Ronde (1950)
  • Le Plaisir (1952)
  • Madame de… (1953)
  • Lola Montès (1955)

Distinctions et fonctions

  • Réalisateur et metteur en scène de théâtre en Allemagne, en France et aux États-Unis.
  • Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise pour La Ronde en 1950.
  • La Ronde nommé à l’Oscar du meilleur scénario adapté et aux décors.
  • Festival Max Ophüls Preis créé à Sarrebruck en 1980 en hommage au cinéaste.
  • Étoile sur le Boulevard der Stars à Berlin.