Qui est Gaspard Monge ?
Nom complet : Gaspard Monge, comte de Péluse.
Naissance : 9 mai 1746 (Beaune, France).
Mort : 28 juillet 1818 (Paris, France) à 72 ans.
Activité : mathématicien, géomètre, enseignant et homme politique.
Notoriété : créateur de la géométrie descriptive et principal fondateur de l’École polytechnique.
Où se trouve la tombe de Gaspard Monge ?
Le cénotaphe de Gaspard Monge se trouve dans la division 18 du cimetière du Père-Lachaise, au rond-point Casimir-Périer. Le savant y fut inhumé en 1818, mais ses cendres ont été transférées au Panthéon le 12 décembre 1989, pour le bicentenaire de la Révolution française. Le monument demeure donc en place sans abriter ses restes.

Le monument funéraire de Gaspard Monge au Père-Lachaise
Élevé en 1820 par souscription de ses anciens élèves de l’École polytechnique, le monument fut dessiné par l’architecte Pierre Clochar. D’un style sévère inspiré de l’Égypte antique, il comprend un soubassement carré en pierre meulière, flanqué de pilastres pyramidaux, puis un portique orné de soleils, de couronnes, de lotus et de pavots. Sous l’entablement se trouve le buste en marbre de Monge sculpté par Henri-Joseph Rutxhiel.
L’inscription « À Gaspard Monge » domine l’édifice. Les faces latérales portent l’hommage « Les élèves de l’École polytechnique à G. Monge, comte de Péluse » et la date de 1820 apparaît à l’arrière. Inscrit au titre des monuments historiques et entretenu par la Ville de Paris, ce tombeau est devenu un cénotaphe depuis le transfert des cendres au Panthéon.


Biographie de Gaspard Monge
Gaspard Monge naît à Beaune le 9 mai 1746 dans une famille de condition modeste. Son père, Jacques Monge, est marchand ; sa mère se nomme Jeanne Rousseaux. Élève des Oratoriens de Beaune puis de Lyon, le jeune homme révèle une aptitude exceptionnelle pour le dessin et les mathématiques. Vers seize ans, il lève un plan de Beaune dont l’exactitude impressionne un officier du génie. Cette réalisation lui ouvre une carrière scientifique à laquelle les barrières sociales de l’Ancien Régime ne semblaient pas le destiner.

Mézières et la géométrie descriptive
En 1764, Monge rejoint l’École royale du génie de Mézières. La carrière d’officier étant réservée aux nobles, il n’est d’abord employé que comme dessinateur et appareilleur. Chargé d’un problème de fortification, il remplace les calculs laborieux habituels par une construction graphique rapide. Il met ainsi au point les principes de la géométrie descriptive, méthode permettant de représenter exactement un objet en trois dimensions au moyen de projections sur deux plans.
Cette méthode fournit aux ingénieurs et aux architectes un langage commun pour étudier les formes, les intersections et la visibilité. Son intérêt militaire est tel que son enseignement reste d’abord secret. Le talent de Monge lui vaut néanmoins une chaire à Mézières, où il enseigne les mathématiques puis la physique. Ses recherches s’étendent aux surfaces, aux courbes, aux équations aux dérivées partielles et aux propriétés locales des formes. Elles contribuent à fonder la géométrie différentielle moderne.
Correspondant de l’Académie royale des sciences dès 1772, puis pleinement intégré à la communauté savante parisienne, il travaille aussi en physique et en chimie. Aux côtés de Lavoisier et de Berthollet, il participe aux recherches qui renouvellent la compréhension de la matière. En 1777, il épouse Marie-Catherine Huart ; le couple aura deux filles. Son existence se partage alors entre l’enseignement, les mémoires scientifiques et les responsabilités d’examinateur des futurs ingénieurs.

Le savant dans la Révolution
Monge accueille avec enthousiasme la Révolution française. L’abolition des privilèges répond à l’expérience d’un savant dont la progression avait été limitée par sa naissance. Après la chute de la monarchie, il est nommé ministre de la Marine et des Colonies en août 1792. Il exerce cette fonction jusqu’en avril 1793 dans un contexte de guerre, de pénuries et de crise politique, avant de démissionner.

Il continue pourtant de mettre ses compétences au service de la République. Il siège dans des commissions consacrées aux poids et mesures, à la fabrication des armes et à l’organisation des travaux publics. Sa Description de l’art de fabriquer les canons transmet méthodiquement aux arsenaux les connaissances nécessaires à la production. Pour Monge, la science ne doit pas rester un savoir réservé : elle doit former les citoyens, soutenir l’industrie et répondre aux besoins collectifs.
La fondation de l’École polytechnique
Cette conviction mène à l’œuvre institutionnelle majeure de sa vie. Avec Jacques-Élie Lamblardie, Lazare Carnot, Antoine-François Fourcroy, Guyton de Morveau et d’autres savants, Monge participe en 1794 à la création de l’École centrale des travaux publics, bientôt appelée École polytechnique. L’établissement doit donner une formation scientifique commune aux futurs ingénieurs de l’État. Monge en élabore les programmes, y enseigne et place la géométrie descriptive au cœur du cursus.
Ses cours associent raisonnement abstrait et pratique du dessin. L’élève apprend à observer un objet, à décomposer un problème spatial et à le traduire avec précision. Les leçons données à l’École normale de l’an III, puis à Polytechnique, sont publiées sous le titre Géométrie descriptive. Longtemps protégée pour des raisons militaires, la méthode devient accessible et se diffuse dans toute l’Europe, transformant durablement le dessin technique et la formation des ingénieurs.
Monge participe au recrutement des premières promotions et défend une sélection fondée sur les aptitudes. Professeur apprécié pour son énergie, il devient directeur de l’École à la fin du Directoire. Autour de lui se forme une culture associant mathématiques, mécanique, chimie et applications industrielles. Ses élèves et continuateurs assureront la diffusion de ses méthodes au XIXe siècle.

L’Italie et l’expédition d’Égypte
En 1796, le Directoire envoie Monge en Italie au sein d’une commission chargée de sélectionner des œuvres et des manuscrits remis à la France par les États vaincus. Il rencontre le général Bonaparte et noue avec lui une relation de confiance. Il participe ensuite à des négociations et à l’organisation de la République romaine. Cette proximité avec Bonaparte détermine une grande partie de sa carrière politique.
En 1798, il embarque pour l’expédition d’Égypte avec la Commission des sciences et des arts. Au Caire, il contribue à fonder l’Institut d’Égypte et en devient président. Mathématiciens, ingénieurs, naturalistes et dessinateurs étudient le pays, ses monuments, ses techniques et ses ressources tout en travaillant pour l’armée. Monge quitte l’Égypte avec Bonaparte en 1799 et revient en France peu avant le coup d’État du 18 Brumaire.
Du Consulat à la Restauration
Bonaparte nomme Monge au Sénat conservateur. Le géomètre demeure en même temps attaché à Polytechnique et à la vie scientifique. Napoléon le fait comte de Péluse en 1808, titre rappelant une cité de l’Égypte antique. Monge devient grand officier de la Légion d’honneur et reçoit d’autres distinctions impériales. Sa fidélité à l’Empereur se poursuit pendant les Cent-Jours, lorsqu’il accepte la dignité de pair de France.
Après Waterloo et le retour des Bourbons, cette fidélité provoque sa disgrâce. Il perd ses fonctions et, en 1816, n’est pas maintenu dans l’Institut réorganisé. L’École polytechnique est temporairement licenciée. Vieilli et malade, Monge vit douloureusement son éloignement des institutions qu’il avait servies. Il meurt à Paris le 28 juillet 1818.
Des funérailles au Panthéon
Ses obsèques ont lieu à l’église Saint-Thomas-d’Aquin. Aucun hommage officiel ne lui est rendu par la Restauration, mais Berthollet, Laplace, Chaptal et de nombreux ingénieurs formés par ses méthodes suivent le cortège jusqu’au Père-Lachaise. Les élèves de Polytechnique, empêchés d’y assister collectivement, viennent ensuite honorer leur professeur. Leur souscription finance le mausolée achevé en 1820.
Le 12 décembre 1989, pour le bicentenaire de la Révolution, les cendres de Gaspard Monge entrent au Panthéon avec celles de l’abbé Grégoire et de Condorcet. La cérémonie consacre le savant, le républicain et le fondateur d’une grande institution d’enseignement. Le monument du Père-Lachaise continue quant à lui de rappeler l’attachement des polytechniciens à un professeur qui voulut rendre la science utile, transmissible et accessible aux talents.

Œuvres principales
- Traité élémentaire de statique (1786).
- Description de l’art de fabriquer les canons (1794).
- Géométrie descriptive, publiée à partir de 1799.
- Application de l’analyse à la géométrie (1807).
- Travaux fondateurs en géométrie descriptive et contributions essentielles à la géométrie différentielle.
- Participation déterminante à la fondation et à l’organisation de l’École polytechnique.
Distinctions et fonctions
- Membre de l’Académie royale des sciences, puis de l’Institut de France.
- Ministre de la Marine et des Colonies (1792-1793).
- Principal fondateur, professeur et directeur de l’École polytechnique.
- Président de l’Institut d’Égypte.
- Membre du Sénat conservateur à partir de 1799.
- Comte de Péluse (1808).
- Grand officier de la Légion d’honneur.
- Pair de France pendant les Cent-Jours.
- Nom inscrit parmi les 72 savants de la tour Eiffel.
- Entrée au Panthéon le 12 décembre 1989.