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MODIGLIANI Amedeo

Qui est Amedeo Modigliani ?

Nom complet : Amedeo Clemente Modigliani.
Naissance : 12 juillet 1884 (Livourne, Italie).
Mort : 24 janvier 1920 (Paris, France) à 35 ans.
Activité principale : Peintre et sculpteur italien.

Où se trouve la tombe d’Amedeo Modigliani ?

Cimetière du Père-Lachaise, division 96. Amedeo Modigliani repose dans une tombe partagée avec Jeanne Hébuterne, sa compagne et le modèle de plusieurs de ses portraits les plus célèbres.

Plan du cimetière du Père-Lachaise et de ses divisions
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire d’Amedeo Modigliani au Père-Lachaise

Une dalle de pierre sombre portent les noms d’Amedeo Modigliani et de Jeanne Hébuterne. Les inscriptions italiennes rappellent le destin tragique du couple : l’artiste fut emporté au moment où la gloire commençait à venir, tandis que Jeanne est évoquée comme sa compagne dévouée jusqu’au sacrifice extrême.
Morte deux jours après lui, elle fut d’abord enterrée dans un autre cimetière avant que sa dépouille ne soit transférée auprès de Modigliani en 1930.

Tombe d’Amedeo Modigliani et Jeanne Hébuterne au Père-Lachaise
La tombe d’Amedeo Modigliani et Jeanne Hébuterne, division 96. Wikimedia Commons, ManoSolo13241324, CC0.
Stèle funéraire d’Amedeo Modigliani au Père-Lachaise
La stèle funéraire et ses inscriptions italiennes. Wikimedia Commons, ManoSolo13241324, CC0.

Biographie d’Amedeo Modigliani

Une enfance à Livourne

Amedeo Clemente Modigliani naît le 12 juillet 1884 à Livourne, dans une famille juive séfarade cultivée mais frappée par des difficultés financières. Sa mère, Eugénie Garsin, tient un journal et encourage très tôt sa sensibilité artistique. L’enfant connaît une santé fragile : pleurésie, typhoïde puis tuberculose marquent sa jeunesse et interrompent sa scolarité. Durant une convalescence, sa mère l’emmène découvrir Florence, Rome, Naples et Venise. La peinture des maîtres italiens devient alors pour lui une vocation.

Amedeo Modigliani photographié à Nice en 1918
Amedeo Modigliani à Nice en 1918, photographie d’identité. Wikimedia Commons, domaine public.

Formation entre Livourne, Florence et Venise

À partir de 1898, Modigliani fréquente l’atelier de Guglielmo Micheli, élève de Giovanni Fattori et héritier des Macchiaioli. Il apprend le dessin d’après nature, le portrait et l’observation des effets de lumière. Il poursuit sa formation à Florence, puis à Venise, où il étudie les nus et découvre les avant-gardes européennes. Ces années italiennes lui donnent une solide culture visuelle : l’élégance linéaire de Botticelli, les visages du maniérisme et les longues silhouettes de la Renaissance resteront perceptibles dans son œuvre.

Paris et les artistes de Montmartre

Modigliani arrive à Paris en 1906. Il s’installe d’abord à Montmartre, fréquente les académies libres et découvre Toulouse-Lautrec, Cézanne, Gauguin et Picasso. Il rencontre le médecin et collectionneur Paul Alexandre, qui devient son premier soutien important, achète ses œuvres et lui procure des commandes de portraits. Le jeune Italien mène une vie précaire dans les ateliers du Bateau-Lavoir et de la rue du Delta. Son élégance, sa culture et son tempérament passionné le rendent vite familier du milieu artistique parisien.

Le rêve de la sculpture

Vers 1909, la rencontre avec Constantin Brancusi renforce son désir de devenir sculpteur. Modigliani taille directement la pierre et imagine un ensemble de têtes et de figures hiératiques destiné à un ambitieux « temple de la volupté ». Les visages étirés, les nez droits et les yeux en amande révèlent son intérêt pour les arts africains, les statues archaïques et les traditions méditerranéennes. Il expose plusieurs têtes au Salon d’automne de 1912. La poussière de pierre, coûteuse et dangereuse pour ses poumons déjà atteints, contribue toutefois à son retour définitif à la peinture vers 1914.

Tête de femme sculptée par Amedeo Modigliani en 1912
Tête de femme, sculpture en calcaire, 1912. Metropolitan Museum of Art, Wikimedia Commons, domaine public.

La naissance d’un style immédiatement reconnaissable

Dans ses portraits, Modigliani ne cherche ni la ressemblance photographique ni l’anecdote. Il simplifie les volumes, allonge les cous, incline les têtes et transforme les yeux en amandes parfois laissées sans pupilles. Cette économie de moyens donne à ses modèles une présence à la fois intime, mélancolique et monumentale. Ses amis artistes, écrivains, marchands et voisins de Montparnasse deviennent les protagonistes d’une galerie humaine exceptionnelle : Chaïm Soutine, Moïse Kisling, Jacques Lipchitz, Jean Cocteau, Blaise Cendrars, Diego Rivera ou encore Léopold Zborowski.

Portrait de Paul Guillaume peint par Amedeo Modigliani en 1915
Paul Guillaume, Novo Pilota, 1915. Musée de l’Orangerie, Wikimedia Commons, domaine public.

Paul Guillaume, Zborowski et les nus de 1917

À partir de 1914, le marchand Paul Guillaume défend son travail et l’introduit auprès de nouveaux collectionneurs. Léopold Zborowski prend ensuite le relais, lui fournit du matériel et organise sa production. En 1917, Modigliani peint une série de nus aux lignes souples et aux couleurs chaudes. La même année, Berthe Weill lui consacre l’unique exposition personnelle organisée de son vivant. Les nus placés en vitrine attirent une foule telle que la police exige leur retrait. L’épisode fait scandale, mais les ventes restent faibles et l’artiste continue de vivre dans la pauvreté.

Jeanne Hébuterne

Modigliani rencontre en 1917 Jeanne Hébuterne, jeune artiste issue d’une famille catholique. Elle devient sa compagne et l’un de ses modèles essentiels : il la peint plus de vingt fois, avec ses cheveux auburn, son visage ovale et son regard silencieux. Leur relation se déroule dans des conditions difficiles, entre manque d’argent, alcool et maladie. Pourtant, les portraits de Jeanne comptent parmi les œuvres les plus tendres et les plus équilibrées de la fin de sa carrière.

Jeanne Hébuterne au chapeau peinte par Amedeo Modigliani
Jeanne Hébuterne au chapeau et au collier, 1917. Wikimedia Commons, CC0.

Le séjour dans le Midi

En 1918, pour fuir les bombardements et protéger sa santé, Modigliani part dans le Midi avec Jeanne et plusieurs proches de Zborowski. À Nice et Cagnes-sur-Mer, il peint des enfants, des adolescents et des gens modestes avec une palette plus claire. Leur fille, Jeanne, naît à Nice le 29 novembre 1918. Le séjour donne naissance à des tableaux d’une gravité paisible, dont Le Petit Paysan. De retour à Paris en mai 1919, Modigliani voit enfin sa réputation progresser, notamment grâce à une exposition organisée à Londres.

Le Petit Paysan peint par Amedeo Modigliani en 1918
Le Petit Paysan, vers 1918. Tate, Wikimedia Commons, domaine public.

Les derniers mois et la reconnaissance posthume

Sa tuberculose s’aggrave rapidement. En janvier 1920, après plusieurs jours de détresse dans son atelier, Modigliani est transporté à l’hôpital de la Charité. Il y meurt le 24 janvier d’une méningite tuberculeuse, à trente-cinq ans. Jeanne Hébuterne, enceinte de leur second enfant, se donne la mort deux jours plus tard. Les funérailles de Modigliani rassemblent le monde artistique parisien. Après cette disparition tragique, les expositions et les collectionneurs imposent progressivement son œuvre comme l’une des plus singulières de l’École de Paris. Son langage formel, nourri d’Italie, de sculpture archaïque et d’avant-garde, demeure immédiatement identifiable.

Œuvres principales d’Amedeo Modigliani

  • La Juive (1908).
  • L’Amazone (1909).
  • Tête de femme (vers 1910-1912).
  • Paul Guillaume, Novo Pilota (1915).
  • Portrait de Chaïm Soutine (1916).
  • Grand nu couché (1917).
  • Jeanne Hébuterne au chapeau et au collier (1917).
  • Le Petit Paysan (vers 1918).
  • Autoportrait (1919).

Repères artistiques et expositions

  • Salon des indépendants, Paris, à partir de 1908.
  • Salon d’automne de 1912 : présentation de plusieurs sculptures.
  • Exposition personnelle à la galerie Berthe Weill, Paris, en décembre 1917.
  • Exposition à Londres en 1919, qui contribue à élargir sa reconnaissance.
  • Figure majeure de l’École de Paris et du portrait moderne.