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MÉLIÈS Georges

Qui est Georges Méliès ?

Nom complet : Marie Georges Jean Méliès.
Naissance : 8 décembre 1861 (Paris, France).
Mort : 21 janvier 1938 (Paris, France) à 76 ans.
Activité principale : réalisateur, acteur, producteur, décorateur et illusionniste français.

Où se trouve la tombe de Georges Méliès ?

Georges Méliès repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 64, avenue Circulaire, deuxième ligne. Il partage sa sépulture avec sa seconde épouse, l’actrice Jehanne d’Alcy.

Plan du Père-Lachaise et localisation de la division 64
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Georges Méliès au Père-Lachaise

La tombe, réalisée par le sculpteur Renato Carvillani vers 1954, est dominée par un buste en bronze de Georges Méliès. Le cinéaste y apparaît avec son visage reconnaissable, sur un haut socle portant l’inscription « Georges Méliès, créateur du spectacle cinématographique, 1861-1938 ».

Georges-Melies-tombe-buste

La sépulture fut restaurée en 2020 grâce à une souscription publique internationale, témoignage de l’attachement durable des cinéphiles à son œuvre.

Tombe de Georges Méliès au Père-Lachaise, division 64
Vue générale de la tombe de Georges Méliès. Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Monument funéraire de Georges Méliès et Jehanne d’Alcy
Le monument de Georges Méliès et de Jehanne d’Alcy. Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Buste et inscription de la tombe de Georges Méliès
Autre vue de la sépulture et de son buste en bronze. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Georges Méliès

Georges Méliès naît à Paris le 8 décembre 1861 dans une famille de fabricants de chaussures. Doué pour le dessin, la mécanique et la scène, il rêve d’abord de devenir peintre. Son père l’oriente vers l’entreprise familiale, mais un séjour à Londres lui permet de découvrir la prestidigitation et le spectacle d’illusion, vocation qui déterminera toute son existence.

Portrait de Georges Méliès en 1895
Georges Méliès en 1895, à l’aube de sa carrière cinématographique. Wikimedia Commons, domaine public.

Le magicien du théâtre Robert-Houdin

En 1888, grâce à sa part de l’entreprise familiale, Méliès achète le théâtre Robert-Houdin, boulevard des Italiens. Il y renouvelle les spectacles de magie en mêlant machineries, automates, projections, saynètes comiques et décors peints. Directeur, illusionniste, dessinateur et metteur en scène, il apprend à contrôler tous les aspects d’un spectacle, méthode qu’il transposera bientôt au cinéma.

Affiche du théâtre Robert-Houdin illustrée par Georges Méliès
Affiche du théâtre Robert-Houdin dessinée par Méliès. BnF-Gallica / Wikimedia Commons, CC0.

La révélation du cinématographe

Le 28 décembre 1895, il assiste à la première séance publique payante du Cinématographe Lumière au Salon indien du Grand Café. Fasciné, il propose d’acheter l’appareil, mais Antoine Lumière refuse. Méliès acquiert alors à Londres un projecteur de Robert William Paul, l’adapte en caméra et tourne dès 1896 ses premières vues, dont Une partie de cartes.

Un incident de prise de vues lui révèle la puissance du montage : après l’arrêt puis la reprise de la caméra, un objet semble se transformer instantanément. Méliès exploite cet arrêt de caméra dans Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin, puis développe surimpressions, fondus, caches, changements d’échelle et expositions multiples. Il ne crée pas seul tous ces procédés, mais les organise en un langage spectaculaire cohérent.

Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin, film de Georges Méliès en 1896
Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin (1896), l’un des premiers films à trucages de Méliès. Wikimedia Commons, domaine public.

Le premier studio de cinéma français

En 1897, Méliès fait construire à Montreuil un studio vitré inspiré des ateliers photographiques. La lumière naturelle traverse sa toiture et ses parois de verre tandis que trappes, poulies et décors mobiles permettent toutes les métamorphoses. Il y travaille comme un homme-orchestre : scénario, mise en scène, décors, costumes, trucages, interprétation, développement, montage et diffusion.

Georges Méliès dans son studio Star Film de Montreuil
Georges Méliès, à gauche, dans son studio vitré Star Film de Montreuil vers 1900. Wikimedia Commons, domaine public.
Emblème de la Star Film Company fondée par Georges Méliès
Emblème de la Star Film Company de Georges Méliès. Wikimedia Commons, domaine public.

L’invention du spectacle cinématographique

Alors que les opérateurs Lumière privilégient les scènes prises sur le vif, Méliès comprend que le cinéma peut créer des mondes impossibles. Ses films empruntent à la féerie théâtrale, à la magie, au cirque, à la caricature et aux romans de Jules Verne ou de H. G. Wells. Des équipes colorient parfois chaque photogramme à la main, donnant aux copies une splendeur aujourd’hui encore saisissante.

Il aborde aussi l’actualité reconstituée et le récit historique, notamment avec L’Affaire Dreyfus en 1899 et Jeanne d’Arc en 1900. Sa caméra reste souvent fixe et frontale comme le regard d’un spectateur de théâtre, mais la succession des tableaux, le montage et les transformations visuelles font progresser l’art du récit filmé.

Le Voyage dans la Lune, icône mondiale

En 1902, Le Voyage dans la Lune devient son chef-d’œuvre le plus célèbre. Inspiré librement de Jules Verne et de H. G. Wells, le film raconte l’expédition burlesque de savants propulsés dans un obus. L’image de la fusée plantée dans l’œil de la Lune devient l’une des premières icônes universelles du cinéma. Le succès est immense, mais les copies pirates, notamment aux États-Unis, privent Méliès d’une partie importante de ses recettes.

La fusée dans l’œil de la Lune dans le film de Georges Méliès
La célèbre arrivée dans l’œil de la Lune, dans une copie coloriée à la main du film de 1902. Wikimedia Commons, domaine public.

Le déclin de la Star Film

Méliès réalise plus de cinq cents films entre 1896 et 1912. Mais l’industrie change rapidement : les grandes sociétés imposent des réseaux de distribution puissants, des productions plus longues et des méthodes standardisées. Resté attaché à une fabrication artisanale coûteuse, il s’endette. Après ses dernières grandes féeries, dont À la conquête du Pôle en 1912, il cesse de tourner.

Affiche du film À la conquête du Pôle de Georges Méliès
Affiche d’À la conquête du Pôle (1912), l’une des dernières grandes féeries de Méliès. Wikimedia Commons, domaine public.

L’oubli, la redécouverte et la reconnaissance

Ruiné, Méliès détruit ou vend une partie de ses décors et de ses négatifs. À partir de 1925, il tient avec Jehanne d’Alcy une petite boutique de jouets et de confiseries à la gare Montparnasse. Des journalistes et des cinéphiles le reconnaissent à la fin des années 1920. Un gala organisé en son honneur en 1929 révèle au public l’importance du pionnier oublié.

Louis Lumière lui remet la Légion d’honneur en 1931 et le présente comme le « créateur du spectacle cinématographique ». Georges Méliès meurt à Paris le 21 janvier 1938. Henri Langlois, Georges Franju et les premiers historiens du cinéma entreprennent de retrouver et de préserver ses films. Environ deux cents titres ont aujourd’hui été identifiés ou restaurés, faisant de son œuvre un patrimoine mondial de l’imaginaire.

Films majeurs

  • Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin (1896).
  • L’Affaire Dreyfus (1899).
  • Cendrillon (1899).
  • Jeanne d’Arc (1900).
  • Le Voyage dans la Lune (1902).
  • Le Royaume des fées (1903).
  • Le Voyage à travers l’impossible (1904).
  • Deux Cents Mille Lieues sous les mers (1907).
  • À la conquête du Pôle (1912).

Distinctions et héritage

  • Chevalier de la Légion d’honneur, distinction remise par Louis Lumière en 1931.
  • Pionnier des trucages, du studio de cinéma et de la féerie filmée.
  • Auteur de plus de cinq cents films entre 1896 et 1912.
  • Figure fondatrice du cinéma fantastique et de science-fiction.
  • Œuvre conservée et valorisée par la Cinémathèque française et de nombreuses institutions internationales.