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LEJEUNE Louis-François

Qui est Louis-François Lejeune ?

Nom complet : Louis-François Lejeune.
Naissance : 3 février 1775 (Strasbourg, France).
Mort : 29 février 1848 (Toulouse, France) à 73 ans.
Activité : général, peintre de batailles, graveur et homme politique.
Notoriété : officier des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, témoin direct de nombreuses campagnes et auteur de grandes compositions historiques ; son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe.

Où se trouve la tombe de Louis-François Lejeune ?

La tombe de Louis-François Lejeune se trouve dans la division 33 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 33
Plan du cimetière du Père-Lachaise : division 33.

Le monument funéraire de Louis-François Lejeune au Père-Lachaise

La sépulture de Louis-François Lejeune est un monument de pierre sobre, consacré à la mémoire du général et peintre : il adopte la gravité d’un tombeau familial du XIXe siècle. Les inscriptions rappellent son identité et ses titres.

La division 33 réunit plusieurs monuments liés aux élites militaires et administratives de l’époque impériale.

Tombe de Louis-François Lejeune au Père-Lachaise
Tombe de Louis-François Lejeune dans la division 33. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Louis-François Lejeune

Louis-François Lejeune naît à Strasbourg en 1775. Très tôt attiré par le dessin, il rejoint à Paris l’atelier du paysagiste Pierre-Henri de Valenciennes. Il apprend à construire l’espace, à observer le terrain et à organiser de vastes compositions. Ces compétences, destinées à la peinture, deviendront aussi précieuses dans sa carrière militaire.

De l’atelier au champ de bataille

En 1792, la Révolution bouleverse son existence. Il quitte l’atelier et s’engage dans la Compagnie des arts de Paris. Il reçoit le baptême du feu à Valmy, puis sert dans l’artillerie et le génie. Les campagnes de la République l’emmènent aux sièges de Landrecies, du Quesnoy et de Valenciennes, puis en Hollande.

Formé au travail topographique, Lejeune sait lire les reliefs, tracer une position et rendre compte d’un mouvement de troupes. Il dessine partout. Ses croquis ne sont pas de simples souvenirs : ils fixent les détails de l’uniforme, les accidents du terrain, les attitudes des soldats et la disposition des unités.

Portrait du général Louis-François Lejeune
Portrait du général Louis-François Lejeune d’après Jean-Urbain Guérin. Wikimedia Commons, domaine public.

Aide de camp de Berthier

En 1800, il devient aide de camp de Louis-Alexandre Berthier, chef d’état-major de Napoléon. Cette fonction le place au cœur de la machine militaire impériale. Il transmet des ordres, reconnaît les positions et traverse les lignes au rythme des campagnes. Il assiste notamment aux batailles de Marengo, Austerlitz, Iéna, Eylau, Wagram et aux opérations d’Espagne.

Lejeune ne sépare jamais complètement le service des armes de l’observation artistique. Sa peinture de Marengo, réalisée au début du Consulat, établit sa réputation. Il choisit une vue panoramique qui permet de comprendre l’action, mais multiplie au premier plan les scènes humaines : blessés, cavaliers, officiers, paysans et matériels abandonnés.

La bataille de Marengo peinte par Louis-François Lejeune
La Bataille de Marengo, par Louis-François Lejeune. Château de Versailles / Wikimedia Commons, domaine public.

Le peintre témoin des guerres de l’Empire

Ses tableaux sont à la fois récits, cartes et spectacles. Contrairement aux peintres restés à Paris, il connaît les contraintes d’une marche, la fumée de l’artillerie et la confusion d’une charge. Il réorganise pourtant le chaos pour rendre la bataille lisible. Cette tension entre témoignage et composition donne à son œuvre une place particulière dans la peinture napoléonienne.

Il représente le mont Thabor, Aboukir, les Pyramides, Lodi, Somosierra et Chiclana. Certaines œuvres décrivent des combats auxquels il a participé ; d’autres sont reconstruites à partir de rapports et de témoignages. Les paysages lointains, les groupes minutieusement décrits et les uniformes colorés composent une véritable mémoire visuelle des armées impériales.

La bataille de Somosierra peinte par Lejeune
La Bataille de Somosierra, par Louis-François Lejeune. Château de Versailles / Wikimedia Commons, domaine public.

L’Espagne, la Russie et le grade de général

En Espagne, Lejeune est blessé et fait prisonnier avant de parvenir à s’évader. Il rapporte de la péninsule une matière picturale abondante. Fait baron de l’Empire en 1810, il poursuit son ascension militaire. Durant la campagne de Russie de 1812, il est nommé général de brigade et chef d’état-major du maréchal Davout.

La retraite de Russie l’éprouve profondément. Après avoir quitté l’armée dans des circonstances difficiles, il est arrêté puis mis à la retraite en 1813. Il reprend néanmoins du service et combat encore à Hanau, où il est blessé. Sa carrière militaire active s’achève après plus de vingt années passées sur les champs de bataille européens.

Épisode de la bataille de la Moskova peint d’après Lejeune
Le général Lariboisière devant son fils mourant pendant la bataille de la Moskova, d’après Lejeune. Wikimedia Commons, domaine public.

La lithographie et le renouvellement de l’image militaire

Lejeune joue également un rôle dans l’introduction de la lithographie en France. Lors d’un séjour à Munich, il découvre le procédé d’Alois Senefelder et réalise en 1806 une planche représentant un cosaque. Cette technique permet une diffusion plus rapide et plus fidèle du dessin que la gravure traditionnelle.

Sous la Restauration, ses compétences sont reconnues malgré son passé impérial. Il reçoit la croix de Saint-Louis et de hautes décorations étrangères. Ses tableaux entrent dans les collections royales et contribuent à fixer l’iconographie des campagnes napoléoniennes pour plusieurs générations.

La bataille des Pyramides peinte par Lejeune
La Bataille des Pyramides, par Louis-François Lejeune. Château de Versailles / Wikimedia Commons, domaine public.

Toulouse et les dernières années

Lejeune épouse Louise Clary, sœur du général Marius Clary et nièce de Désirée Clary, devenue reine de Suède. Installé à Toulouse, il dirige l’École des beaux-arts et devient maire de la ville en 1841. L’ancien officier se consacre désormais à l’enseignement, à l’administration et à la mise en ordre de ses souvenirs.

Il publie une histoire des sièges de Saragosse et rédige des mémoires où l’observation concrète côtoie le récit d’aventure. Il meurt à Toulouse le 29 février 1848, quelques jours après la chute de la monarchie de Juillet. Son corps est inhumé au Père-Lachaise.

La bataille du Mont-Thabor peinte par Lejeune
La Bataille du Mont-Thabor, par Louis-François Lejeune. Château de Versailles / Wikimedia Commons, domaine public.

Un nom sur l’Arc de Triomphe

Le nom de LEJEUNE est gravé sur la 19e colonne de l’Arc de Triomphe, au pilier Est. Cet hommage retient le général, tandis que les musées conservent le peintre. Les deux identités sont pourtant inséparables : ses œuvres tirent leur précision de son expérience militaire, et sa carrière d’officier bénéficie de son regard de dessinateur et de topographe.

Œuvres principales

  • La Bataille de Marengo (1801).
  • La Bataille de Lodi (1804).
  • La Bataille d’Aboukir (1805).
  • La Bataille des Pyramides (1806-1808).
  • La Bataille du Mont-Thabor (1808).
  • La Bataille de Somosierra (1810).
  • La Bataille de la Moskova (1822).
  • Sièges de Saragosse (1840).

Distinctions et fonctions

  • Général de brigade et baron de l’Empire.
  • Grand officier de la Légion d’honneur.
  • Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
  • Commandeur de l’ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière.
  • Grand-croix de l’ordre de l’Épée de Suède.
  • Directeur de l’École des beaux-arts et maire de Toulouse.
  • Nom gravé sur la 19e colonne de l’Arc de Triomphe.