Qui est Michel Legrand ?
Nom complet : Michel Jean Legrand.
Naissance : 24 février 1932 (Paris, France).
Mort : 26 janvier 2019 (Neuilly-sur-Seine, France) à 86 ans.
Activité : compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, pianiste de jazz et chanteur franco-américain.
Notoriété : auteur de plus de deux cents musiques de films, collaborateur de Jacques Demy et lauréat de trois Oscars.
Où se trouve la tombe de Michel Legrand ?
La tombe de Michel Legrand se trouve dans la division 44 du cimetière du Père-Lachaise, le long de l’avenue Transversale n° 2.

Le monument funéraire de Michel Legrand au Père-Lachaise
La sépulture est formée d’une dalle de granit surmontée d’une croix en marbre sombre. Réalisée par le sculpteur Benoît Lemercier et datée de 2021, la croix est entourée de rubans qui semblent se déployer dans l’espace. Leur mouvement évoque une portée, une mélodie ou les bandes d’une partition.
Le nom de Michel Legrand et ses dates apparaissent avec sobriété. Celui de son épouse, la comédienne Macha Méril, figure également sur le monument.


Biographie de Michel Legrand
Michel Legrand naît à Paris dans une famille entièrement tournée vers la musique. Son père, Raymond Legrand, est compositeur et chef d’orchestre ; sa mère, Marcelle Der Mikaëlian, appartient à une famille d’origine arménienne. Sa sœur Christiane deviendra l’une des voix des Swingle Singers. Le jeune Michel grandit entre le piano, les partitions et l’exigence du métier.
Le Conservatoire et la révélation du jazz
Entré au Conservatoire de Paris à dix ans, il étudie notamment avec Nadia Boulanger, pédagogue décisive pour plusieurs générations de compositeurs. Il obtient des premiers prix en harmonie, piano, fugue et contrepoint. Cette formation classique lui donne une maîtrise de l’écriture qu’il refusera toujours d’enfermer dans un seul genre.
La découverte du jazz agit comme une libération. Il admire Dizzy Gillespie, Miles Davis, Bill Evans et les grands arrangeurs américains. Très jeune, il accompagne Maurice Chevalier, écrit pour des orchestres et apprend le studio. En 1954, l’album I Love Paris connaît un succès international et révèle son talent d’orchestrateur.

Legrand Jazz et les musiciens américains
En 1958, il enregistre à New York Legrand Jazz avec une formation exceptionnelle réunissant notamment Miles Davis, John Coltrane, Bill Evans et Ben Webster. L’album montre sa capacité à écrire des arrangements complexes tout en laissant respirer les improvisateurs. Legrand ne considère jamais le jazz comme une parenthèse : il y revient toute sa vie, sur scène comme au disque.
Sa curiosité l’amène à diriger des orchestres, jouer en trio, chanter ses propres mélodies et accompagner d’autres interprètes. Cette polyvalence devient sa signature. Il peut passer d’une fugue à une chanson populaire, d’un big band à un thème de cinéma, sans hiérarchie entre les formes.
Jacques Demy et une nouvelle idée du film musical
La rencontre avec Jacques Demy transforme le cinéma français. Après Lola et La Baie des Anges, ils conçoivent Les Parapluies de Cherbourg, film entièrement chanté présenté en 1964. Legrand compose une musique continue où la conversation quotidienne devient mélodie. La Palme d’or obtenue à Cannes consacre une œuvre devenue emblématique.
Les Demoiselles de Rochefort, en 1967, déploie une énergie plus solaire, nourrie de jazz, de danse et de comédie musicale américaine. Peau d’Âne, en 1970, mêle féerie, humour et sophistication harmonique. De cette collaboration naissent des chansons devenues autonomes : Je ne pourrai jamais vivre sans toi, La Chanson de Maxence ou Recette pour un cake d’amour.

Hollywood et les trois Oscars
Le succès de ses partitions conduit Michel Legrand aux États-Unis. Pour L’Affaire Thomas Crown, il compose The Windmills of Your Mind, chanson écrite avec Alan et Marilyn Bergman. Elle reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1969 et devient un standard mondial sous de multiples versions.
Il remporte ensuite l’Oscar de la meilleure musique pour Un été 42 en 1972. Le thème principal, d’une mélancolie immédiatement identifiable, confirme son art de condenser un récit dans quelques mesures. En 1984, un troisième Oscar récompense la partition de Yentl, film de Barbra Streisand. Sa carrière américaine comprend aussi The Happy Ending, Les Trois Mousquetaires, Jamais plus jamais et de nombreuses collaborations pour le cinéma et la télévision.

Des chansons devenues standards
Michel Legrand écrit des mélodies que les chanteurs et les jazzmen s’approprient : La Valse des Lilas, What Are You Doing the Rest of Your Life?, You Must Believe in Spring ou The Summer Knows. Les paroles françaises sont souvent signées Eddy Marnay, Jean Dréjac ou Jacques Demy ; aux États-Unis, il travaille étroitement avec le couple Bergman.
Lui-même chante d’une voix fragile et expressive. Il enregistre plusieurs albums comme interprète, notamment Attendre…. Sur scène, il raconte volontiers la naissance d’un thème avant de s’asseoir au piano. Son jeu reste orchestral : même seul, il fait entendre les contrechants, les ruptures rythmiques et les couleurs de l’ensemble.

Une œuvre sans frontières
Sa filmographie traverse la Nouvelle Vague, Hollywood, le cinéma populaire et le film d’auteur. Il travaille avec Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Joseph Losey, Norman Jewison, Robert Mulligan, Orson Welles et Claude Lelouch. Il compose aussi pour la scène, le ballet et la télévision, dirige des orchestres symphoniques et poursuit une activité de jazzman.
Naturalisé américain en 2011 tout en conservant sa nationalité française, il incarne une circulation constante entre Paris et New York. Sa musique rapproche chanson française, harmonie classique et pulsation jazz. Il refuse l’idée de spécialisation et affirme qu’un compositeur doit être capable d’écrire pour toutes les situations.
Macha Méril et les dernières années
Michel Legrand retrouve la comédienne Macha Méril plusieurs décennies après leur première rencontre. Ils se marient à Monaco en septembre 2014. Cette union tardive accompagne une période encore très active : concerts internationaux, hommages, rééditions et projets de scène se succèdent.
Il continue à jouer malgré l’âge, animé par une discipline intacte. En 2015, il est élevé à la dignité de commandeur de la Légion d’honneur. Il préside des jurys, transmet son expérience et retrouve régulièrement ses grandes partitions devant de nouvelles générations de spectateurs.
Mort et funérailles
Michel Legrand meurt dans la nuit du 25 au 26 janvier 2019 à l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, des suites d’une septicémie. Ses funérailles sont célébrées le 1er février en la cathédrale orthodoxe Saint-Alexandre-Nevsky à Paris, en présence de sa famille et de nombreuses personnalités du monde artistique.

Son inhumation au Père-Lachaise rassemble les dimensions de son parcours : le compositeur français, le musicien de jazz, l’homme de cinéma et l’artiste américain d’adoption. Ses partitions continuent de vivre indépendamment des films, dans les concerts, les reprises vocales et les improvisations de jazz.
Œuvres principales
- I Love Paris (1954) et Legrand Jazz (1958).
- Les Parapluies de Cherbourg (1964).
- Les Demoiselles de Rochefort (1967).
- L’Affaire Thomas Crown et The Windmills of Your Mind (1968).
- Peau d’Âne (1970).
- Un été 42 (1971).
- Yentl (1983).
- Plus de deux cents musiques pour le cinéma et la télévision.
Distinctions et récompenses
- Trois Oscars : The Windmills of Your Mind, Un été 42 et Yentl.
- Cinq Grammy Awards et un Golden Globe.
- BAFTA de la meilleure musique de film.
- Commandeur de la Légion d’honneur en 2015.
- Officier de l’ordre national du Mérite et officier des Arts et des Lettres.
- Docteur honoris causa de l’Université de Montréal en 2007.