Qui est Alexandre-Auguste Ledru-Rollin ?
Nom complet : Alexandre Auguste Ledru, dit Ledru-Rollin.
Naissance : 2 février 1807 (Paris, France).
Mort : 31 décembre 1874 (Fontenay-aux-Roses, France) à 67 ans.
Activité : avocat, journaliste et homme politique français.
Notoriété : grande figure de la gauche républicaine, ministre de l’Intérieur du gouvernement provisoire de 1848 et candidat à la présidence de la République.
Où se trouve la tombe d’Alexandre-Auguste Ledru-Rollin ?
La tombe d’Alexandre-Auguste Ledru-Rollin se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise, près de l’avenue Principale.

Le monument funéraire d’Alexandre-Auguste Ledru-Rollin au Père-Lachaise
La sépulture familiale est dominée par un buste en bronze d’Alexandre Ledru-Rollin. Réalisé par Robert David d’Angers, fils du célèbre sculpteur Pierre-Jean David d’Angers, il est signé et daté de 1877. Le portrait montre l’orateur dans une attitude grave, le visage encadré par sa barbe caractéristique.
Le buste repose au-dessus d’une haute stèle portant le nom de Ledru-Rollin et les inscriptions funéraires.


Biographie d’Alexandre-Auguste Ledru-Rollin
Alexandre Auguste Ledru naît à Paris en 1807 dans une famille bourgeoise cultivée. Son père, Jacques-Philippe Ledru, est médecin et collectionneur ; son grand-père, connu sous le nom de Comus, s’était rendu célèbre par ses expériences de physique et ses spectacles scientifiques. Le jeune Alexandre ajoute plus tard à son patronyme celui de Rollin afin de se distinguer et devient Ledru-Rollin.
Un avocat au service des républicains
Après des études de droit, il s’inscrit au barreau de Paris en 1830. La révolution de Juillet vient d’installer Louis-Philippe sur le trône, mais les républicains jugent rapidement le nouveau régime trop favorable aux élites propriétaires. Ledru-Rollin défend des journalistes, des militants poursuivis et des accusés politiques. Son éloquence vigoureuse lui vaut une réputation qui dépasse les prétoires.
Il participe aussi à la vie intellectuelle du droit. Il dirige une édition du Journal du Palais et contribue à des recueils de jurisprudence. Chez lui, la pratique juridique ne se sépare pas de l’engagement : il réclame l’élargissement du suffrage, la liberté de la presse et une République fondée sur la souveraineté populaire.

L’entrée à la Chambre des députés
Ledru-Rollin se présente d’abord sans succès aux élections. En 1841, il est élu député du Mans dans la Sarthe. À la Chambre, il siège à l’extrême gauche et s’impose comme l’un des principaux porte-parole des démocrates. Il défend le suffrage universel masculin, alors que le cens réserve le vote à une petite minorité fortunée.
Son discours électoral prononcé au Mans affirme que la réforme politique doit répondre à la question sociale. Il soutient la presse républicaine et participe au lancement du journal La Réforme, autour duquel se rassemblent des démocrates avancés et des socialistes. Sa popularité progresse, mais son style offensif inquiète les républicains modérés.

La révolution de Février 1848
En 1847, l’opposition contourne l’interdiction des réunions politiques par la campagne des banquets. Lorsque le gouvernement interdit le banquet parisien prévu en février 1848, la crise débouche sur des manifestations, des combats de rue et l’abdication de Louis-Philippe. Ledru-Rollin intervient à la Chambre contre une régence et contribue à imposer la proclamation de la République.
Membre du gouvernement provisoire, il reçoit le ministère de l’Intérieur. Il doit organiser dans l’urgence les premières élections au suffrage universel masculin. Ses circulaires aux commissaires de la République, représentants du pouvoir dans les départements, sont vivement critiquées par ses adversaires, qui l’accusent de vouloir influencer le scrutin. Malgré ces polémiques, les élections d’avril 1848 font entrer près de neuf millions d’électeurs dans la vie politique.

De l’espoir républicain à la rupture
Ledru-Rollin siège ensuite à la Commission exécutive qui remplace le gouvernement provisoire. Les tensions sociales s’aggravent autour des Ateliers nationaux. Lors des journées de Juin, l’insurrection ouvrière est réprimée. Ledru-Rollin tente de préserver la République démocratique tout en se démarquant à la fois de l’insurrection et du parti de l’ordre.
Candidat à l’élection présidentielle de décembre 1848, il obtient environ 370 000 voix, très loin derrière Louis-Napoléon Bonaparte. Il devient néanmoins le chef parlementaire de la Montagne, rassemblement de démocrates-socialistes opposés à la politique conservatrice. Il défend notamment le droit au travail et combat l’expédition française envoyée à Rome pour rétablir le pouvoir temporel du pape.

L’exil après la journée du 13 juin 1849
Le 13 juin 1849, une manifestation est organisée contre l’intervention française à Rome. Son échec entraîne la répression de la gauche démocratique. Menacé d’arrestation, Ledru-Rollin gagne la Belgique puis l’Angleterre. La Haute Cour de Versailles le condamne par contumace à la déportation.
À Londres, où il passe près de vingt ans, il fréquente les milieux de l’exil politique européen. Il écrit, publie et tente de maintenir une coopération entre démocrates de différentes nations. Il rencontre les débats du mouvement ouvrier international, tout en restant attaché à une République démocratique reposant sur le suffrage universel et les libertés politiques.

Retour en France et dernières années
L’amnistie de 1870 lui permet de rentrer en France après la chute du Second Empire. Élu député en 1871, il démissionne presque aussitôt, en désaccord avec les conditions politiques du moment. Il retrouve finalement un siège en 1874 comme député du Vaucluse et reprend place à l’extrême gauche de l’Assemblée nationale.
Sa santé ne lui laisse que peu de temps pour cette dernière étape parlementaire. Alexandre Ledru-Rollin meurt le 31 décembre 1874 dans sa propriété de Fontenay-aux-Roses. Ses funérailles réunissent les républicains qui voient en lui l’un des grands acteurs de 1848. Inhumé au Père-Lachaise, il demeure associé à la conquête du suffrage universel masculin, à la défense de la République démocratique et aux espoirs sociaux de la révolution de Février.
Œuvres et publications principales
- De l’influence des chemins de fer et de l’art de les tracer et de les construire (1839).
- Discours politiques et plaidoyers, notamment en faveur du suffrage universel et du droit au travail.
- Direction et publication de recueils juridiques liés au Journal du Palais.
- Écrits politiques publiés durant l’exil londonien.
Distinctions et fonctions
- Député de la Sarthe sous la monarchie de Juillet, de 1841 à 1848.
- Membre du gouvernement provisoire et ministre de l’Intérieur en 1848.
- Membre de la Commission exécutive de la Deuxième République.
- Candidat à l’élection présidentielle de 1848.
- Représentant de la Seine puis du Var sous la Deuxième République.
- Député du Vaucluse en 1871 puis en 1874.