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LECOMTE et CLÉMENT-THOMAS

Qui sont Claude Lecomte et Jacques Léonard Clément-Thomas ?

Nom complet : Claude Martin Lecomte.
Naissance : 8 septembre 1817 (Thionville, France).
Mort : 18 mars 1871 (Paris, France) à 53 ans.
Activité : officier de carrière, général de brigade.
Notoriété : chargé de reprendre les canons de Montmartre le 18 mars 1871, il fut arrêté puis tué le même jour.

Nom complet : Jacques Léonard Clément-Thomas.
Naissance : 31 décembre 1809 (Libourne, France).
Mort : 18 mars 1871 (Paris, France) à 61 ans.
Activité : militaire, général et représentant du peuple.
Notoriété : républicain et ancien commandant supérieur de la Garde nationale de la Seine, il fut tué avec Lecomte au commencement de l’insurrection parisienne.

Où se trouve la tombe de Lecomte et Clément-Thomas ?

La tombe commune des généraux Claude Lecomte et Jacques Léonard Clément-Thomas se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise, au bord de l’avenue Principale.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 4
Plan du cimetière du Père-Lachaise : division 4.

Le monument funéraire de Lecomte et Clément-Thomas au Père-Lachaise

Le monument commun fut décidé par une loi du 26 mars 1871, quelques jours après la mort des deux généraux. Élevé aux frais de l’État sur une concession perpétuelle accordée gratuitement, il fut conçu par l’architecte Georges-Ernest Coquart. Sa composition monumentale associe deux stèles portant les noms et les inscriptions commémoratives.

Entre les deux parties s’élève une allégorie féminine de la Patrie due au sculpteur Louis-Léon Cugnot. La figure en deuil relie symboliquement les deux destins. Des palmes, des couronnes et les textes officiels inscrits dans la pierre donnent à la sépulture la valeur d’un monument public de la jeune Troisième République.

Vue générale du monument de Lecomte et Clément-Thomas au Père-Lachaise
Vue générale du monument des généraux Lecomte et Clément-Thomas, division 4. Wikimedia Commons, licence libre.
Statue du monument de Lecomte et Clément-Thomas
Allégorie de la Patrie sculptée par Louis-Léon Cugnot. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Claude Lecomte et Jacques Léonard Clément-Thomas

Deux parcours militaires très différents se rejoignent tragiquement à Montmartre le 18 mars 1871. Claude Lecomte est un officier formé dans les institutions de l’armée ; Jacques Léonard Clément-Thomas est un républicain engagé dont la carrière alterne service militaire, exil et mandat politique. Leur mort commune, au moment où Paris bascule dans l’insurrection, en fait deux figures inséparables des origines de la Commune.

Claude Lecomte, un officier de carrière

Né à Thionville en 1817, Claude Martin Lecomte entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Il choisit l’infanterie et progresse dans une armée marquée par les campagnes coloniales, les changements de régime et la professionnalisation du corps des officiers. Son avancement est celui d’un militaire de métier : il sert dans différents régiments, exerce des commandements et acquiert une réputation de discipline.

Colonel sous le Second Empire, il est notamment commandant en second du Prytanée militaire de La Flèche. Promu général de brigade, il reçoit en 1868 le grade de commandeur de la Légion d’honneur. Lorsque la guerre franco-allemande éclate en 1870, il appartient à l’encadrement supérieur d’une armée bientôt confrontée à l’effondrement impérial et au siège de Paris.

Portrait du général Claude Martin Lecomte
Portrait du général Claude Martin Lecomte. Musée Carnavalet / Wikimedia Commons, domaine public.

Clément-Thomas, du complot républicain au Parlement

Jacques Léonard Clément-Thomas naît à Libourne le dernier jour de 1809. Il s’engage volontairement dans l’armée à vingt ans et devient maréchal des logis au 9e régiment de cuirassiers. Ses convictions républicaines le placent rapidement en opposition avec la monarchie de Juillet. Compromis dans le complot militaire de Lunéville en 1834, il est condamné à la détention, s’évade de Sainte-Pélagie et gagne l’Angleterre.

L’amnistie de 1837 lui permet de rentrer. Il collabore à la presse républicaine. La révolution de février 1848 transforme sa position : élu représentant de la Gironde à l’Assemblée constituante, il siège au centre gauche et exerce brièvement les fonctions de préfet de la Gironde.

Portrait de Jacques Léonard Clément-Thomas
Portrait de Jacques Léonard Clément-Thomas avant 1872. Wikimedia Commons, domaine public.

La Garde nationale et les journées de Juin

À Paris, Clément-Thomas reçoit un commandement dans la Garde nationale. Durant les journées de Juin 1848, l’insurrection ouvrière est écrasée par les forces gouvernementales. Il succède au général Duvivier à la tête de la Garde nationale de la Seine et participe au rétablissement de l’ordre républicain. Cette expérience forge durablement son image d’officier républicain hostile aux mouvements insurrectionnels.

Après l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte et le tournant autoritaire de la Deuxième République, il s’éloigne de la vie publique. Le coup d’État du 2 décembre 1851 l’oblige de nouveau à quitter la France. Revenu après l’amnistie, il conserve ses convictions républicaines, mais sa méfiance envers la révolution sociale le sépare des courants les plus radicaux.

Lithographie de Jacques Léonard Clément-Thomas en 1848
Clément-Thomas en 1848, lithographie de Pierre Émile Desmaisons. British Museum / Wikimedia Commons, domaine public.

Paris assiégé et une Garde nationale divisée

La chute du Second Empire, le 4 septembre 1870, ramène Clément-Thomas au premier plan. Le Gouvernement de la Défense nationale le nomme commandant supérieur de la Garde nationale de la Seine. Cette immense force citoyenne, gonflée par la mobilisation et le siège prussien, rassemble des bataillons aux sensibilités très diverses. Une partie réclame une République sociale et refuse toute capitulation.

Clément-Thomas tente de maintenir la discipline et de contenir les bataillons révolutionnaires. Contesté, il quitte son commandement en novembre 1870. Après l’armistice du 28 janvier 1871, Paris reste armé, éprouvé par la faim et profondément défiant envers le gouvernement et l’Assemblée nationale à majorité conservatrice installée à Versailles.

Représentation de l’exécution de Lecomte et Clément-Thomas
Représentation de l’exécution de Lecomte et Clément-Thomas, Paris, 18 mars 1871. Wikimedia Commons, domaine public.

Le 18 mars 1871 à Montmartre

Dans la nuit du 17 au 18 mars, le gouvernement d’Adolphe Thiers ordonne la reprise des canons regroupés sur les hauteurs de Paris. Lecomte commande l’une des opérations. Les attelages tardent, la population se rassemble et les soldats fraternisent avec les gardes nationaux. Le général tente de rétablir l’ordre, mais ses hommes refusent de tirer sur la foule. Il est désarmé et arrêté.

Clément-Thomas se trouve alors à Montmartre en civil. Reconnu, il est saisi à son tour et conduit rue des Rosiers, où Lecomte est retenu. Dans une situation confuse, sans jugement régulier, les deux hommes sont poussés dans un jardin et abattus. Les responsabilités précises et l’enchaînement des ordres ont longtemps fait l’objet de récits contradictoires et d’une intense exploitation politique.

Photomontage représentant la mort de Lecomte et Clément-Thomas
Reconstitution de la mort des généraux rue des Rosiers, par Ernest-Eugène Appert, 1871. Metropolitan Museum of Art / Wikimedia Commons, domaine public.

Deux morts au seuil de la Commune

La mort des généraux précède de dix jours la proclamation officielle de la Commune de Paris. Le gouvernement et la presse versaillaise en font immédiatement le symbole d’une insurrection criminelle. Le 26 mars, l’Assemblée nationale qualifie leur assassinat de deuil public, décide un service solennel à Versailles et vote l’élévation d’un monument funéraire aux frais de l’État.

Leurs corps sont finalement réunis au Père-Lachaise. La tombe commune témoigne de la guerre des mémoires née de 1871. Dressée dans l’axe principal du cimetière, elle donne une forme officielle au récit versaillais des premiers jours de l’insurrection, tandis que d’autres lieux du Père-Lachaise rappellent les morts de la Semaine sanglante et les parcours des communards.

Gravure de l’exécution du général Clément-Thomas
L’exécution du général Clément-Thomas, gravure publiée dans L’Illustration en 1871. Wikimedia Commons, domaine public.

Parcours et fonctions principales

  • Claude Lecomte : élève de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et officier d’infanterie.
  • Claude Lecomte : commandant en second du Prytanée militaire de La Flèche.
  • Claude Lecomte : général de brigade chargé de la reprise des canons de Montmartre.
  • Clément-Thomas : représentant de la Gironde à l’Assemblée constituante de 1848.
  • Clément-Thomas : préfet de la Gironde en 1848.
  • Clément-Thomas : commandant supérieur de la Garde nationale de la Seine en 1848 puis en 1870.

Distinctions et fonctions

  • Claude Martin Lecomte : commandeur de la Légion d’honneur en 1868.
  • Jacques Léonard Clément-Thomas : représentant du peuple de 1848 à 1849.
  • Monument commun décidé par la loi du 26 mars 1871 et élevé aux frais de l’État.
  • Sépulture conçue par Georges-Ernest Coquart et ornée d’une sculpture de Louis-Léon Cugnot.