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LEBRUN Louis Sébastien

Qui est Louis-Sébastien Lebrun ?

Nom complet : Louis-Sébastien Lebrun.
Naissance : 10 décembre 1764 (Paris, France).
Mort : 28 juin 1829 (Paris, France) à 64 ans.
Activité : Ténor, maître de chant et compositeur.
Notoriété : Chanteur de la Chapelle impériale et auteur de l’opéra Le Rossignol.

Où se trouve la tombe de Louis-Sébastien Lebrun ?

La tombe de Louis-Sébastien Lebrun se trouve dans la division 10 du cimetière du Père-Lachaise, chemin du Coq, en première ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 10
Plan des divisions du Père-Lachaise : la sépulture de Louis-Sébastien Lebrun se trouve dans la division 10.

Le monument funéraire de Louis-Sébastien Lebrun au Père-Lachaise

La sépulture est une concession perpétuelle accordée en 1829. La dalle et la stèle portent une inscription rappelant Louis-Sébastien Lebrun comme « auteur de la musique du Rossignol ». Cette mention fait de son opéra le principal titre retenu par la mémoire familiale.

Le caveau accueille aussi Gustave-Alfred Tripels, peintre de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Tombe de Louis-Sébastien Lebrun au Père-Lachaise
Tombe de Louis-Sébastien Lebrun, division 10 du Père-Lachaise. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Louis-Sébastien Lebrun

Louis-Sébastien Lebrun naît à Paris le 10 décembre 1764. Il est le fils de Sébastien-Fabien Lebrun, marbrier, et de Geneviève-Louise Carré. Dans une capitale où les maîtrises religieuses constituent l’une des principales voies de formation musicale, il entre très jeune dans le monde professionnel du chant.

Enfant de chœur à Paris

En mars 1772, à sept ans, il est reçu enfant de chœur à l’église des Saints-Innocents. Deux ans plus tard, il rejoint la maîtrise de Notre-Dame de Paris. Les enfants y apprennent le plain-chant, la polyphonie, la lecture musicale, l’accompagnement et les principes de la composition, tout en assurant quotidiennement les offices.

Les archives montrent un apprentissage exigeant. En 1779, atteint de la variole, Lebrun obtient une période de convalescence au Mont-Valérien puis chez ses parents. Le chapitre prend en charge une partie des frais de maladie. Revenu à la maîtrise, il poursuit sa formation et reçoit en 1782 une bourse pour étudier au collège de Fortet.

À sa sortie de Notre-Dame, en 1783, il devient maître de musique à Saint-Germain-l’Auxerrois. Il n’a pas encore vingt ans. Il dirige les chanteurs, prépare les offices et compose pour l’église. Cette première responsabilité confirme sa maîtrise du répertoire sacré, mais son avenir se déplace bientôt vers la scène.

Du Concert spirituel à l’Opéra

Sa voix de ténor attire l’attention de musiciens qui l’encouragent à quitter la maîtrise. Il se forme à l’école de chant de l’Académie royale de musique et se produit au Concert spirituel, institution parisienne prestigieuse où sont donnés motets, symphonies et airs italiens. Ses prestations de soliste y sont mieux accueillies que ses débuts théâtraux.

En 1787, Lebrun entre à l’Opéra dans Œdipe à Colone de Sacchini. Il y interprète Polynice. Sa carrière de chanteur reste toutefois modeste : sa voix et son jeu ne lui permettent pas de s’imposer parmi les grandes vedettes de la scène. Après plusieurs années, il quitte l’Académie pour les théâtres qui se multiplient avec la Révolution.

Ce changement lui ouvre une autre voie, celle de la composition dramatique. À partir de 1790, il écrit pour le théâtre Montansier, Louvois, Feydeau et les Variétés. La disparition des anciens monopoles, l’appétit du public et l’actualité politique favorisent une production abondante d’opéras-comiques et de pièces mêlées de musique.

Composer pendant la Révolution

Lebrun fait représenter L’Art d’aimer au village, puis La Leçon villageoise, Émilie et Melcour, Un moment d’humeur et La Veuve américaine. Il collabore avec plusieurs librettistes et adapte son écriture à des théâtres aux moyens variables. Ses partitions privilégient les formes brèves, les ensembles clairs et les airs immédiatement accessibles.

En 1795, Le Bon Fils est créé au théâtre Feydeau. Suivent notamment L’Astronome, Marcelin et Le Maçon. Lebrun publie aussi des romances, des ariettes et de la musique religieuse. Cette diversité correspond au métier d’un musicien parisien qui doit fournir rapidement des œuvres aux scènes, aux salons et aux institutions.

Page de la partition du Rossignol de Louis-Sébastien Lebrun
Page de la partition du Rossignol de Louis-Sébastien Lebrun. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Au service de l’Opéra et de la Chapelle impériale

En 1800, Lebrun revient à l’Opéra de Paris. Nommé maître de chant en 1803, il prépare les interprètes, fait travailler les rôles et assure la mise en place musicale. Cette fonction, moins visible que celle de soliste, exige une connaissance précise des voix, de la diction et du style français.

En 1807, il est admis comme ténor à la Chapelle de Napoléon Ier. Trois ans plus tard, il y devient maître de chant. La Chapelle accompagne les cérémonies religieuses de la cour impériale et réunit des chanteurs de haut niveau. Lebrun y compose et dirige de la musique sacrée tout en poursuivant son activité à l’Académie impériale de musique.

Après la chute de l’Empire, il conserve une place dans les institutions musicales restaurées. Son expérience lui permet de traverser les changements de régime sans interrompre son travail. Il écrit des messes, motets et pièces vocales, dont une Messa breve et un Regina datés des années 1820.

Le succès du Rossignol

Le sommet de sa carrière de compositeur arrive tardivement. Le Rossignol, opéra en un acte sur un livret de Charles-Guillaume Étienne, est créé à l’Académie royale de musique le 23 avril 1816. L’ouvrage associe intrigue légère, virtuosité vocale et couleur pastorale. Il demeure la partition la plus souvent rattachée au nom de Lebrun.

Costume de Mademoiselle Cinti dans Le Rossignol de Lebrun
Mademoiselle Cinti dans le rôle de Philis pour Le Rossignol, gravure de Louis Maleuvre. BnF / Wikimedia Commons, domaine public.

L’opéra est repris et la partition circule sous différentes formes, notamment en arrangements pour instruments. Les manuscrits conservés portent corrections, coupures et annotations qui témoignent du travail des représentations. Le succès ne transforme pas Lebrun en compositeur de premier rang, mais il assure la survie de son œuvre principale.

Une famille de chanteuses

Louis-Sébastien Lebrun épouse Louise-Joséphine-Émilie Percilliée, elle-même chanteuse. Leur fille Louise-Marie-Caroline Lebrun poursuit également une carrière vocale. La musique est ainsi à la fois un métier, un milieu familial et un réseau professionnel transmis d’une génération à l’autre.

Lebrun reste attaché à l’Opéra pendant plus de vingt ans. Il meurt à Paris à la fin du mois de juin 1829, à 64 ans. Les sources donnent le plus souvent le 27 ou le 28 juin, tandis que l’inscription ancienne de la tombe mentionne le 26 ; la base prosopographique du Centre de musique baroque de Versailles retient le 28 juin. Il est inhumé au Père-Lachaise dans la division 10.

Œuvres principales

  • La Leçon villageoise, 1791.
  • Le Bon Fils, 1795.
  • L’Astronome, 1798.
  • Marcelin, 1799.
  • Le Maçon, 1799.
  • Le Rossignol, opéra en un acte, 1816.
  • Messes, motets, romances et ariettes.

Fonctions principales

  • Enfant de chœur aux Saints-Innocents puis à Notre-Dame de Paris.
  • Maître de musique à Saint-Germain-l’Auxerrois.
  • Ténor de l’Opéra de Paris.
  • Maître de chant à l’Opéra à partir de 1803.
  • Ténor de la Chapelle impériale à partir de 1807.
  • Maître de chant de la Chapelle impériale à partir de 1810.