Qui est Charles-François Lebrun ?
Nom complet : Charles-François Lebrun, duc de Plaisance.
Naissance : 19 mars 1739 (Saint-Sauveur-Lendelin, France).
Mort : 16 juin 1824 (Sainte-Mesme, France) à 85 ans.
Activité : Homme d’État, juriste, financier et traducteur.
Notoriété : Troisième consul de la République, prince-architrésorier du Premier Empire et duc de Plaisance.
Où se trouve la tombe de Charles-François Lebrun ?
La tombe de Charles-François Lebrun se trouve dans la division 5 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Charles-François Lebrun au Père-Lachaise
Le monument de Charles-François Lebrun est une œuvre du sculpteur Michel Channeboux. Un buste en pierre représente l’ancien consul dans le costume officiel de l’Empire. Placé sur un haut piédestal, il domine une stèle sobre dont les inscriptions rappellent les titres du duc de Plaisance.
Le portrait funéraire insiste sur la fonction d’homme d’État plutôt que sur l’apparat militaire. Le visage âgé, les cheveux courts et le vêtement cérémoniel évoquent celui qui traversa successivement la monarchie, la Révolution, le Consulat, l’Empire et la Restauration.



Biographie de Charles-François Lebrun
Charles-François Lebrun naît le 19 mars 1739 à La Bouchelière, hameau de Saint-Sauveur-Lendelin dans l’actuel département de la Manche. Fils de Paul Lebrun et de Louise Le Crosnier, il grandit dans une famille rurale aisée. Ses dispositions pour les études apparaissent tôt. Après le collège de Coutances, il poursuit sa formation au collège des Grassins à Paris.

Langues, droit et premières responsabilités
Lebrun maîtrise le latin et le grec, puis apprend l’italien, l’anglais et l’allemand. Il étudie le droit et les législations comparées, nourri par la lecture de Montesquieu. Cette double culture juridique et linguistique lui permet de traduire l’Iliade d’Homère et la Jérusalem délivrée du Tasse, travaux qui témoignent d’une activité intellectuelle poursuivie jusque dans la vie publique.
Son talent attire l’attention du chancelier René-Nicolas de Maupeou. Lebrun devient son secrétaire, puis participe à la réforme judiciaire entreprise sous Louis XV. Il rédige des textes, prépare des dossiers et acquiert une connaissance approfondie des finances et de l’administration monarchique. La chute de Maupeou à l’avènement de Louis XVI le conduit à se retirer temporairement de la vie publique.
Installé dans la propriété de Grillon, près de Dourdan, il se consacre à l’étude et publie plusieurs ouvrages politiques. Il défend une monarchie réformée, soucieuse d’équilibre budgétaire et d’efficacité administrative. Sa position n’est ni celle d’un conservateur immobile ni celle d’un révolutionnaire radical : il cherche des transformations institutionnelles appuyées sur le droit.
Député du tiers état en 1789
En 1789, Lebrun est élu député du tiers état pour le bailliage de Dourdan. À l’Assemblée constituante, il intervient principalement sur les questions financières et administratives. Il soutient les principes de la Révolution tout en défendant une monarchie constitutionnelle. Sa compétence technique lui vaut d’être écouté dans les débats sur l’impôt, la dette et l’organisation territoriale.
La radicalisation de la Révolution le fragilise. Après la chute de la monarchie, il se tient en retrait. Arrêté pendant la Terreur, il échappe à une condamnation et retrouve la liberté après Thermidor. Sous le Directoire, il est élu au Conseil des Anciens, dont il devient président. Son expérience des finances et sa réputation de modération le replacent au centre des institutions.

Le troisième consul
Le coup d’État du 18 Brumaire renverse le Directoire en novembre 1799. La Constitution de l’an VIII confie l’exécutif à trois consuls : Napoléon Bonaparte, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun. Bonaparte détient la réalité du pouvoir, mais ses deux collègues apportent des compétences et des réseaux complémentaires. Cambacérès incarne la science juridique ; Lebrun, l’administration et les finances.

Lebrun travaille à la restauration du crédit de l’État, à la réorganisation fiscale et au contrôle des dépenses. Il participe à la création de la Cour des comptes, institution chargée de vérifier l’emploi des fonds publics. Son approche prudente complète l’énergie politique du Premier consul. Il contribue aussi à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, destinée à favoriser l’innovation et la production françaises.
Le Concordat de 1801, la pacification intérieure et la reconstruction administrative correspondent à son tempérament de conciliateur. Catholique modéré, il intervient dans le rétablissement de relations organisées entre l’État et l’Église. Sa place reste toutefois subordonnée à celle de Bonaparte, qui transforme progressivement le Consulat en pouvoir personnel.
Prince-architrésorier du Premier Empire
Lorsque l’Empire est proclamé en 1804, Lebrun reçoit la dignité de prince-architrésorier. Cette fonction de grand dignitaire lui donne un rang élevé dans la nouvelle hiérarchie impériale. Il est nommé grand aigle de la Légion d’honneur, puis duc de Plaisance. Ses armoiries et son costume officiel associent les symboles de la noblesse impériale à ceux de sa charge financière.
Napoléon lui confie des missions dans les territoires intégrés à l’Empire. Lebrun gouverne notamment la Ligurie après son annexion, puis est chargé en 1810 d’organiser le rattachement du royaume de Hollande. Il doit y appliquer les institutions françaises et rétablir les finances. La résistance locale, les difficultés économiques et les exigences de la politique impériale rendent cette tâche délicate.
Malgré son rang, Lebrun conserve une manière de travailler discrète. Il rédige rapports et avis, recherche les compromis et met son expérience de l’Ancien Régime au service des institutions nouvelles. Cette continuité explique sa présence durable auprès de Napoléon, mais aussi sa capacité à retrouver une place après la chute de l’Empire.
De la Restauration aux dernières années
En 1814, Louis XVIII le nomme pair de France. Pendant les Cent-Jours, Lebrun accepte de Napoléon la fonction de grand maître de l’Université et retrouve la pairie impériale. La seconde Restauration l’écarte d’abord de la Chambre des pairs, avant de le réintégrer en 1819.
Il se retire principalement dans son château de Sainte-Mesme, en Seine-et-Oise. Il continue à travailler à ses traductions et à ses écrits politiques. Membre de l’Institut, il demeure une référence pour les questions financières et administratives. Son fils Anne-Charles, officier général, hérite du titre de duc de Plaisance et poursuit une carrière publique.

Charles-François Lebrun meurt à Sainte-Mesme le 16 juin 1824, à 85 ans. Son parcours résume les transformations de l’État français entre 1789 et la Restauration. Juriste formé sous la monarchie, député révolutionnaire, consul puis dignitaire impérial, il reste surtout l’un des grands organisateurs des finances et de l’administration du Consulat.
Œuvres et réalisations principales
- Traduction de l’Iliade d’Homère.
- Traduction de la Jérusalem délivrée du Tasse.
- Participation à la réorganisation financière et administrative du Consulat.
- Contribution à la création de la Cour des comptes.
- Participation à la fondation de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
- Organisation administrative de la Ligurie et de la Hollande intégrées à l’Empire.
Distinctions et fonctions
- Député du tiers état aux États généraux, 1789.
- Président du Conseil des Anciens.
- Troisième consul de la République, 1799-1804.
- Prince-architrésorier du Premier Empire, à partir de 1804.
- Duc de Plaisance.
- Grand aigle de la Légion d’honneur.
- Membre de l’Institut.
- Pair de France en 1814, 1815 et de nouveau en 1819.