Qui est Alphonse Lavallée ?
Nom complet : Alphonse Jean Robert Martin-Lavallée.
Naissance : 1er juillet 1797 (Savigné-l’Évêque, France).
Mort : 15 mai 1873 (Paris, France) à 75 ans.
Activité : Homme d’affaires et directeur d’école.
Notoriété : Fondateur et premier directeur de l’École centrale des arts et manufactures, devenue l’École Centrale Paris.
Où se trouve la tombe d’Alphonse Lavallée ?
La tombe d’Alphonse Lavallée se trouve dans la division 43 du cimetière du Père-Lachaise, avenue Transversale n° 1, en première ligne.

Le monument funéraire d’Alphonse Lavallée au Père-Lachaise
La sépulture prend la forme d’une chapelle funéraire familiale en pierre. Son fronton est orné d’un médaillon en bronze représentant Alphonse Lavallée, œuvre du sculpteur et médailleur Hubert Ponscarme. La porte en fer moulé porte un bas-relief composé d’un brûle-parfum, de deux têtes d’anges et d’un ouroboros, serpent qui se mord la queue et symbolise le cycle éternel. À l’intérieur, un vitrail anonyme montre une croix rouge sur fond blanc.
Le monument rassemble plusieurs générations de la famille. Son architecture sobre et ses symboles funéraires évoquent le rang social du fondateur de l’École centrale. Le médaillon de Ponscarme constitue l’élément commémoratif principal et permet d’identifier immédiatement la personnalité honorée.


Biographie d’Alphonse Lavallée
Alphonse Jean Robert Martin-Lavallée naît le 1er juillet 1797 au château de Touvoie, sur la commune de Savigné-l’Évêque dans la Sarthe. Il est le fils de Robert Martin-Lavallée et d’Adélaïde Chicault. Élevé dans une famille aisée attachée aux idées libérales, il poursuit des études supérieures à Paris, choisit le droit et obtient un doctorat. Cette solide formation lui ouvre d’abord la voie d’une carrière juridique, mais il s’oriente rapidement vers le commerce et l’administration des entreprises.

Du droit aux affaires nantaises
Lavallée travaille pendant près de dix ans dans la région de Nantes auprès de son beau-frère, l’armateur Bourgault-Ducoudray. La ville est alors un grand centre commercial et maritime. Cette expérience lui donne une connaissance concrète du financement, des transports et des besoins techniques d’une économie en transformation. Il comprend que l’industrialisation exige des cadres capables d’unir théorie scientifique, organisation et pratique des ateliers.
En 1825, il épouse Julie Amazilie Adèle Laurans, fille d’un négociant lié à la Louisiane. Le couple aura plusieurs enfants, dont Pierre Alphonse Martin-Lavallée, futur botaniste et créateur de l’arboretum de Segrez. En 1827, Alphonse Lavallée s’installe à Paris avec son épouse et leur fille Amazilli. Sa fortune et ses relations lui permettent d’entrer dans les réseaux où se rencontrent entrepreneurs, savants et réformateurs.

Le Globe et les milieux saint-simoniens
À Paris, Lavallée devient actionnaire et administrateur du Globe, journal libéral bientôt influencé par les idées saint-simoniennes. Autour de cette publication se développe une réflexion sur l’industrie, le progrès scientifique et la transformation sociale. Lavallée fréquente aussi les cours de l’Athénée, lieu de conférences où les sciences et leurs applications sont présentées à un public cultivé. Il y rencontre le chimiste Jean-Baptiste Dumas.
Ces échanges nourrissent son projet d’une école nouvelle. Les grandes institutions existantes, notamment l’École polytechnique, forment surtout des ingénieurs destinés à l’État, aux mines, aux ponts et chaussées ou à l’armée. L’industrie privée manque d’ingénieurs généralistes aptes à diriger une manufacture, choisir des machines, comprendre la chimie des procédés et organiser la production. Lavallée veut former ceux qu’il appelle les « médecins des usines et des fabriques ».

La fondation de l’École centrale
Pour concrétiser son idée, Lavallée s’entoure de trois scientifiques : Jean-Baptiste Dumas, chimiste déjà réputé, Eugène Péclet, physicien, et Théodore Olivier, mathématicien et spécialiste de géométrie descriptive. Lavallée apporte l’essentiel des fonds nécessaires au lancement et assume la responsabilité administrative ; ses associés conçoivent l’enseignement scientifique. L’autorisation officielle est obtenue en 1829, dans les dernières années du règne de Charles X.
L’École centrale des arts et manufactures accueille ses premiers élèves en novembre 1829 à l’hôtel de Juigné, aussi appelé hôtel Salé, dans le Marais, aujourd’hui occupé par le musée Picasso. Son programme réunit mathématiques, physique, chimie, mécanique, dessin industriel et connaissance des procédés de fabrication. L’objectif ne consiste pas à former des spécialistes étroits mais des ingénieurs capables de comprendre l’ensemble d’un système industriel et de passer de la science à l’application.
Lavallée devient le premier directeur. Il doit recruter les élèves, organiser les cours, assurer les finances et défendre une institution privée dans un système où l’État maîtrise largement l’enseignement. La révolution de 1830 puis l’épidémie de choléra de 1832 fragilisent les débuts. L’école survit grâce aux investissements et au désintéressement de ses fondateurs, avant de gagner la confiance des industriels et des familles.

Une institution au service de l’industrie
Au fil des promotions, les anciens élèves rejoignent les chemins de fer, la métallurgie, la chimie, les constructions mécaniques et les travaux publics. Le modèle imaginé par Lavallée répond aux besoins de l’industrialisation française. L’école construit une identité professionnelle nouvelle, celle de l’ingénieur civil formé pour l’entreprise et capable d’adapter les découvertes scientifiques à la production.
Parallèlement, Lavallée demeure actif dans le monde économique. Il administre plusieurs sociétés, notamment la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans. Son expérience des entreprises nourrit une pédagogie attentive aux coûts, aux matériaux, aux machines et à la conduite des hommes. Il veille également à élargir le recrutement et soutient ponctuellement des élèves dont les ressources sont limitées.
La stabilité financière reste une préoccupation constante. Dès les années 1840, les fondateurs envisagent de remettre l’établissement à l’État afin de le protéger des accidents de fortune. En 1857, Napoléon III accepte la donation gratuite de l’École centrale à l’État. Celle-ci devient un établissement public tout en conservant son orientation vers les arts et manufactures.
La transmission d’une œuvre éducative
Le don de 1857 représente l’aboutissement du projet de Lavallée : une initiative financée sur sa fortune personnelle devient une institution nationale durable. Il continue encore plusieurs années à participer à sa direction, jusqu’en 1862. Cette même année, il est élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur, reconnaissance officielle de son action dans l’enseignement technique et le développement industriel.
Lavallée possède aussi le domaine de Segrez à Saint-Sulpice-de-Favières, acquis en 1856. Son fils Pierre Alphonse y développe un arboretum qui deviendra l’un des plus réputés d’Europe. Le père et le fils partagent ainsi un même intérêt pour l’organisation méthodique du savoir : formation des ingénieurs chez l’un, acclimatation et classification des végétaux chez l’autre.
Alphonse Lavallée meurt à Paris le 15 mai 1873, après une opération dans une clinique de Passy. Ses obsèques réunissent des représentants de l’industrie, des sciences, de l’administration et de nombreux anciens élèves. Il est inhumé au Père-Lachaise. L’école qu’il avait fondée poursuivra son développement rue Montgolfier, puis à Châtenay-Malabry, avant de rejoindre CentraleSupélec en 2015. La conception de l’ingénieur généraliste, au cœur de son projet de 1829, demeure l’un des principes distinctifs de cette tradition éducative.
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Œuvres et réalisations principales
- Fondation de l’École centrale des arts et manufactures à Paris, 1829
- Premier directeur de l’École centrale
- Développement d’une formation d’ingénieurs généralistes destinée à l’industrie privée
- Donation de l’École centrale à l’État français, acceptée en 1857
- Administration de sociétés industrielles et ferroviaires, dont la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans
Distinctions et fonctions
- Docteur en droit
- Administrateur du journal Le Globe
- Fondateur et premier directeur de l’École centrale des arts et manufactures
- Administrateur de sociétés
- Commandeur de la Légion d’honneur, 10 juillet 1862