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LAPIDUS Ted

Qui est Ted Lapidus ?

Nom complet : Edmond Henri Lapidus, dit Ted Lapidus.
Naissance : 23 juin 1929 (Paris, France).
Mort : 29 décembre 2008 (Mougins, France) à 79 ans.
Activité : couturier, styliste et homme d’affaires.
Notoriété : pionnier de la mode unisexe, du style safari et de la diffusion de la couture par le prêt-à-porter et les licences.

Où se trouve la tombe de Ted Lapidus ?

La tombe de Ted Lapidus se trouve dans la division 53 du cimetière du Père-Lachaise, le long du chemin de Mont-Louis. Le couturier a été inhumé dans la sépulture familiale le 2 janvier 2009.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 53
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe de Ted Lapidus se situe dans la division 53. Pere-Lachaise.com.

Le monument funéraire de Ted Lapidus au Père-Lachaise

La sépulture familiale se présente sous la forme d’un monument horizontal en pierre sombre, fermé par une dalle et bordé de plaques portant les noms des défunts. Les inscriptions mentionnent notamment Ted Lapidus, sa mère Cécile Lapidus-Koral, ainsi que d’autres membres des familles Lapidus et Selz. La composition est sobre et géométrique, sans décor monumental, mais elle fut personnalisée par des portraits photographiques. Celui du couturier a disparu avant d’être remplacé en 2025.

Les deux photographies ci-dessous montrent la tombe à des dates différentes : une vue générale permet d’identifier sa place dans l’alignement de la division 53, tandis que la vue frontale rend lisibles les plaques et les portraits.

Vue générale de la tombe de Ted Lapidus au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe de Ted Lapidus, division 53, en 2014. Photo Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Détail de la tombe de Ted Lapidus
Vue frontale de la tombe de Ted Lapidus en 2011. Photo Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Ted Lapidus

Edmond Henri Lapidus naît le 23 juin 1929 dans le 12e arrondissement de Paris. Il est le fils de Robert Lapidus, tailleur juif venu de Russie, et de Cécile Guitine. Dans cet environnement familial, le vêtement est d’abord un métier concret : celui de la coupe, de l’ajustement et du travail patient de l’étoffe. Sa sœur Rosette évoluera elle aussi dans la couture avant de fonder la maison Torrente.

Une jeunesse marquée par la guerre

La famille quitte Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Ted Lapidus poursuit ses études secondaires à Marseille puis à Annecy, dans une France traversée par l’Occupation et les persécutions antisémites. Cette période contribue à expliquer son intérêt futur pour les uniformes, les vêtements militaires et les codes fonctionnels, même s’il ne cherchera jamais à reproduire littéralement une tenue de combat. Il en retient surtout les poches, les pattes d’épaule, les ceintures, les boutons et la rigueur de la construction.

À la Libération, le jeune homme envisage d’abord la médecine et s’inscrit à la faculté de Paris. Les études sont longues et coûteuses, et l’expérience professionnelle de son père lui offre une autre voie. En 1950, il abandonne la médecine pour apprendre le métier de tailleur. Il effectue un bref passage chez Christian Dior, puis travaille au Club de Paris, où il perfectionne sa connaissance du vêtement masculin.

Présentation de créations Christian Dior
Présentation consacrée à Christian Dior au musée des Arts décoratifs de Paris, évocation de la maison où Ted Lapidus fit un bref apprentissage. Photo Joe deSousa, Wikimedia Commons, CC0.

La création de sa maison

En 1951, à vingt-deux ans, Ted Lapidus fonde sa propre maison. Les débuts restent modestes, mais sa vision se précise rapidement. Il ne veut pas seulement dessiner des robes de cérémonie : il s’intéresse à la manière dont les hommes et les femmes vivent réellement, travaillent, voyagent et circulent dans la ville. Sa coupe demeure précise, héritée du tailleur, tandis que ses détails viennent de la rue et des vêtements fonctionnels.

Son emblème, une ancre encadrée de deux fleurs de lys, naît de son goût pour la mer et de boutons fabriqués à partir d’un stock de médailles militaires. La marine devient un de ses thèmes constants. En 1961, il crée également un cours de coupe académique à Tokyo, signe précoce de son intérêt pour le développement international de la couture et pour les techniques de production.

Le succès des années 1960

L’entrée de Ted Lapidus à la Chambre syndicale de la haute couture parisienne en 1963 consacre sa place parmi les créateurs reconnus. Sa mode séduit les vedettes françaises : Brigitte Bardot, Françoise Hardy, Alain Delon, Marlène Jobert ou encore Jean-Paul Belmondo portent ses vêtements. Annabel Buffet figure parmi ses premiers mannequins. Le couturier comprend la puissance nouvelle de la photographie, du cinéma et de la culture populaire dans la diffusion d’une silhouette.

Son style joue sur les échanges entre vestiaires féminin et masculin. Il propose aux femmes des costumes, chemises, cravates et sahariennes, et assouplit pour les hommes des codes jusque-là très rigides. Twiggy apparaît en costume et cravate plutôt qu’en minijupe. Cette démarche, qualifiée de « mode unisexe », accompagne une époque où les rôles sociaux et les façons de se vêtir sont profondément remis en question.

Ted Lapidus dans sa boutique de Saint-Germain-des-Prés en 1968
Ted Lapidus avec Gilles Néret, Odile Néret et Louis Bachoud lors de l’ouverture de sa boutique de Saint-Germain-des-Prés, le 22 mai 1968. Photo Louis Bachoud, Wikimedia Commons, domaine public.

Uniforme, safari et denim

Ted Lapidus est souvent associé au style safari. La saharienne, avec ses poches plaquées, sa ceinture et ses pattes d’épaule, devient sous son crayon un vêtement élégant destiné à la ville. Il transpose aussi dans la haute couture le jean, longtemps considéré comme un vêtement de travail ou de jeunesse. Ce déplacement des matières et des signes est au cœur de sa méthode : conserver la construction du tailleur tout en puisant dans le quotidien.

Il contribue ainsi à faire tomber plusieurs frontières : entre féminin et masculin, luxe et série, vêtement professionnel et tenue de loisirs. Les pièces restent immédiatement lisibles, souvent structurées par des surpiqûres, des zips, des poches et des éléments métalliques. Cette esthétique, parfois qualifiée de militaire, se veut surtout pratique et moderne.

Veste safari grise à poches et pattes d’épaule
Exemple de veste safari, type de vêtement fonctionnel popularisé dans la mode urbaine par Ted Lapidus. Photo FrankWilliams, Wikimedia Commons, CC BY 2.5.

Démocratiser la couture

L’originalité de Lapidus ne réside pas seulement dans les formes. Il fait partie des premiers couturiers français à comprendre que le prêt-à-porter et les licences peuvent diffuser un nom bien au-delà d’une clientèle de haute couture. À partir des années 1970, il conclut des accords pour des vêtements, accessoires, parfums et objets. La maison développe un réseau international et collabore notamment avec Pronuptia.

Cette stratégie lui vaut des critiques de la part de ceux qui redoutent la banalisation du luxe, mais elle annonce le fonctionnement futur de nombreuses marques. Le nom du créateur devient une signature globale, présente sur des produits très différents. Lapidus assume cette recherche d’accessibilité : il entend proposer une élégance française à des hommes et des femmes qui n’entreront jamais dans un salon de haute couture.

Parfums, accessoires et entreprise

En 1970, la marque lance des parfums en partenariat avec L’Oréal. Les accessoires prennent une place croissante : lunettes, montres, maroquinerie et objets de mode prolongent l’univers de la maison. Les fragrances masculines, dont Lapidus pour Homme en 1987, puis Fantasmes en 1992, contribuent à maintenir la visibilité internationale du nom.

Ce système de licences fait de Ted Lapidus un homme d’affaires autant qu’un styliste. Il doit préserver une identité de marque tout en travaillant avec des fabricants et des distributeurs. La réussite est importante, mais l’élargissement constant de l’offre finit aussi par éloigner la maison du modèle artisanal de la haute couture.

Montre portant la marque Ted Lapidus
Montre Ted Lapidus, illustration de la diversification de la marque dans les accessoires. Photo Jamin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le passage de relais à Olivier Lapidus

En 1982, Ted Lapidus transmet la direction de la maison à son fils Olivier, né de son mariage avec Véronique Zuber, Miss France 1955. Olivier Lapidus poursuit les collections, développe des lignes de prêt-à-porter et reçoit le Dé d’or en 1994. La maison continue d’exploiter les thèmes historiques de la marque tout en s’adaptant à un marché du luxe devenu plus concentré.

Ted Lapidus se retire progressivement de la création, tout en restant associé à l’identité de la griffe. En 2000, la maison cesse la haute couture. Le nom demeure principalement présent dans les parfums et les accessoires, preuve de la force mais aussi de la transformation du modèle économique qu’il avait contribué à installer.

Le cinéma et les collaborations

Dès les années 1950, Ted Lapidus conçoit des costumes pour le cinéma. Il travaille notamment pour Frou-Frou, Bob le flambeur, Le Feu aux poudres, À cause, à cause d’une femme, L’Appartement des filles, Les Jeunes Loups, Le Voyou et Les Seins de glace. Ces collaborations rapprochent son style de la Nouvelle Vague, du polar et des nouvelles figures de la jeunesse française.

Son influence dépasse également la France. La marque conçoit des uniformes et développe des partenariats avec diverses entreprises. En 1996, elle dessine des tenues pour le club brésilien Corinthians. Ces projets illustrent la capacité du nom Lapidus à circuler entre couture, spectacle, sport et production industrielle.

Les dernières années

Atteint d’une leucémie depuis plusieurs années, Ted Lapidus meurt le 29 décembre 2008 à Mougins, à la suite de complications respiratoires. Le président Nicolas Sarkozy salue alors un créateur qui avait démocratisé l’élégance française. Ses obsèques réunissent environ cent cinquante personnes, parmi lesquelles Charles Aznavour, ami de longue date.

Le couturier est inhumé le 2 janvier 2009 dans la sépulture familiale du Père-Lachaise. Il laisse trois enfants, Olivier, Thomas et Éloïse. Son parcours résume une mutation majeure du XXe siècle : la haute couture n’est plus seulement un monde de pièces uniques, mais devient l’origine d’un style diffusé par le prêt-à-porter, les accessoires, les parfums et l’image de marque.

Principales créations et réalisations

  • Création de la maison Ted Lapidus en 1951
  • Entrée à la Chambre syndicale de la haute couture en 1963
  • Développement de la mode unisexe dans les années 1960
  • Popularisation de la saharienne, des influences militaires et du denim dans la couture
  • Ouverture d’une boutique à Saint-Germain-des-Prés en 1968
  • Lancement des parfums Ted Lapidus à partir de 1970
  • Développement international du prêt-à-porter, des accessoires et des licences
  • Création de costumes pour le cinéma entre les années 1950 et 1970

Distinctions et fonctions

  • Membre de la Chambre syndicale de la haute couture parisienne à partir de 1963
  • Fondateur et directeur de la maison Ted Lapidus
  • Créateur d’un cours de coupe académique à Tokyo en 1961
  • Passage de la direction artistique à Olivier Lapidus en 1982