Catégories
Tombe

JOLY Sylvie

Qui est Sylvie Joly ?

Nom complet : Sylvie Marie Lucie Joly.
Naissance : 18 octobre 1934 (Paris, France).
Mort : 4 septembre 2015 (Paris, France) à 80 ans.
Activité : actrice, humoriste et ancienne avocate.
Notoriété : pionnière française du spectacle comique en solo, connue pour ses personnages mordants et sa carrière au cinéma.

Où se trouve la tombe de Sylvie Joly ?

La tombe de Sylvie Joly se trouve dans la division 25 du cimetière du Père-Lachaise, avenue transversale numéro 1, première ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 25
Plan du cimetière du Père-Lachaise : Sylvie Joly repose dans la division 25.

Le monument funéraire de Sylvie Joly au Père-Lachaise

La sépulture de Sylvie Joly est un monument contemporain à l’ornementation sobre. L’inscription rappelle son nom d’épouse, « Sylvie Joly, épouse Vitry », sa qualité de comédienne et son rang d’officier des Arts et des Lettres, avec les années 1934-2015.

Vue générale de la tombe de Sylvie Joly au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe de Sylvie Joly, division 25. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Inscription sur la tombe de Sylvie Joly
Détail de la sépulture de Sylvie Joly. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Sylvie Joly

Sylvie Marie Lucie Joly naît à Paris le 18 octobre 1934. Deuxième d’une famille de huit enfants, elle grandit dans un milieu bourgeois où les études et la stabilité professionnelle comptent davantage qu’une carrière artistique. Son père, Lucien Joly, officier de marine puis maire d’Arromanches-les-Bains, l’oriente vers le droit. Elle suit cette voie sans véritable vocation et devient avocate, travaillant notamment auprès de Jacques Isorni. Cette première vie professionnelle lui apporte une connaissance aiguë des rapports sociaux, des codes de langage et des mécanismes d’autorité dont son humour fera plus tard son matériau.

Sylvie Joly au Salon du livre de Paris en 1993
Sylvie Joly au Salon du livre de Paris en 1993. Photo : Françoise Foliot / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Quitter le barreau pour apprendre la scène

L’exercice du métier d’avocate ne lui convient pas. À l’approche de la trentaine, puis de manière décisive vers 35 ans, elle choisit de recommencer. Elle s’inscrit au Cours Simon, travaille auprès de Tania Balachova et fréquente le Petit Conservatoire de la chanson de Mireille. Le changement est risqué : elle abandonne une profession reconnue, doit apprendre le jeu et cherche encore la forme qui lui permettra de s’exprimer. Pour assurer ses revenus, elle ouvre un dépôt-vente de vêtements à Paris.

Son mari, Pierre Vitry, soutient cette reconversion. Sylvie Joly débute au café-théâtre, notamment au Petit Casino dans le Marais, à une époque où ces petites salles parisiennes favorisent de nouvelles écritures comiques. Elle comprend vite que son registre n’est ni celui de la chanson traditionnelle ni celui du théâtre classique. Elle préfère observer les comportements, isoler une manière de parler, une raideur ou une prétention, puis construire un personnage dont la logique finit par devenir absurde.

Sylvie Joly pendant la préparation d’un tournage en 2005
Sylvie Joly pendant la préparation du tournage de Sylvie au lit, en 2005. Photo : Capucine Requillard / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Une pionnière du seul-en-scène féminin

Au début des années 1970, elle s’impose avec des spectacles composés de sketches qu’elle interprète seule. Le « one-woman-show » est alors beaucoup moins installé en France qu’il ne le deviendra. Sylvie Joly ne se contente pas de raconter des histoires : elle incarne une galerie de femmes et d’hommes saisis par leurs manies, leur cruauté ordinaire ou leur désir de paraître. Sa silhouette élancée, sa diction précise et son visage mobile lui permettent de faire exister un personnage en quelques secondes.

Parmi ses créations les plus célèbres figurent Catherine, grande bourgeoise snob, l’avocate du Parloir, Madame Touchard dans Le Permis de conduire, La Coiffeuse ou L’Après-dîner. Elle travaille certains textes avec sa sœur Fanny Joly et collabore au fil des années avec plusieurs auteurs. Son comique repose sur l’écoute : ruptures de rythme, hésitations, mots déplacés et silences rendent visibles les contradictions de ses personnages. Elle refuse la bienveillance facile sans transformer ses figures en simples caricatures.

Palais de justice de Paris où Sylvie Joly exerça comme avocate
Le Palais de justice de Paris rappelle la première carrière de Sylvie Joly comme avocate. Photo : UHT / Wikimedia Commons, domaine public.

Les spectacles se succèdent et installent sa popularité : Show bourgeois, La vie, c’est pas de la rigolade, Je suis votre idole, Ne riez jamais d’une femme qui tombe, La Cigale ou la Joly puis La Cerise sur le gâteau. Enregistrements et passages télévisés élargissent encore son public. Son travail ouvre une voie à de nombreuses humoristes qui peuvent désormais envisager le seul-en-scène comme une forme majeure, capable de porter une écriture personnelle et une véritable composition d’actrice.

Une actrice recherchée au cinéma

En parallèle, Sylvie Joly mène une carrière régulière au cinéma. Dès les années 1970, elle apparaît dans L’Œuf, Salut l’artiste d’Yves Robert et plusieurs films de Bertrand Blier : Les Valseuses, Calmos et Préparez vos mouchoirs. Ces rôles sont parfois brefs, mais sa présence immédiatement reconnaissable permet aux réalisateurs de donner en quelques plans une couleur singulière à une scène.

Façade du Théâtre des Mathurins à Paris
Le Théâtre des Mathurins, où Sylvie Joly présenta La Cerise sur le gâteau. Photo : Celette / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Jean-Pierre Mocky lui offre plusieurs personnages importants. Dans Le Miraculé, en 1987, elle joue Madame Fox Terrier aux côtés de Michel Serrault et Jean Poiret. Cette composition lui vaut une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1988. Elle retrouve Mocky dans Les Saisons du plaisir et tourne aussi pour Henri Verneuil dans 588, rue Paradis, pour Claude Lelouch dans Les Misérables, ainsi que dans des comédies populaires comme Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2.

Elle ne délaisse ni le théâtre ni la télévision. Son expérience du solo lui donne une maîtrise particulière de l’adresse au public, mais elle sait également entrer dans un ensemble et servir le rythme d’une distribution. Elle joue des auteurs aussi divers qu’Eugène Ionesco et Anton Tchekhov, intervient dans des téléfilms et des séries, et prête sa voix à des personnages d’animation. Cette diversité empêche de réduire son parcours à une seule formule comique.

Église Saint-Sulpice à Paris
L’église Saint-Sulpice à Paris, où furent célébrées les obsèques de Sylvie Joly en 2015. Photo : Thomon / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Transmission, derniers spectacles et maladie

À mesure que sa carrière avance, Sylvie Joly s’entoure d’auteurs plus jeunes et participe à leur travail. Pierre Palmade, Alex Lutz et d’autres humoristes collaborent à ses spectacles ou reconnaissent son influence. Alex Lutz met en scène La Cerise sur le gâteau en 2005 au Théâtre des Mathurins. Le spectacle rassemble des textes de plusieurs générations d’auteurs, parmi lesquels Jean-Loup Dabadie, Pierre Palmade, Fanny Joly, Thierry Joly ou Henri Salvador, tout en conservant l’unité de son univers.

Elle met fin à sa carrière en 2007. En 2010, dans son autobiographie C’est votre vrai nom ?, elle annonce qu’elle est atteinte de la maladie de Parkinson. Le livre revient sans complaisance sur son enfance, le barreau, la scène et l’épreuve de la maladie. Ce témoignage prolonge sa manière de traiter les situations difficiles avec lucidité, précision et humour.

Sylvie Joly meurt à Paris le 4 septembre 2015, à l’âge de 80 ans, à la suite d’un arrêt cardiaque. Ses obsèques sont célébrées le 9 septembre en l’église Saint-Sulpice, avant son inhumation au Père-Lachaise. Elle laisse l’image d’une interprète exigeante qui a contribué à donner au seul-en-scène féminin une place durable dans le spectacle français.

Œuvres principales de Sylvie Joly

  • Spectacles : Show bourgeois, La vie, c’est pas de la rigolade, Je suis votre idole, Ne riez jamais d’une femme qui tombe, La Cigale ou la Joly et La Cerise sur le gâteau (2005).
  • Films : Les Valseuses (1974), Calmos (1976), Préparez vos mouchoirs (1978), Le Miraculé (1987), Les Saisons du plaisir (1988), 588, rue Paradis (1992), Les Misérables (1995) et Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 (1998).
  • Livre : C’est votre vrai nom ?, autobiographie publiée chez Flammarion (2010).

Distinctions et récompenses

  • Nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Le Miraculé (1988).
  • Nomination au Molière du spectacle de sketches pour La Cigale ou la Joly (1999).
  • Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres (2006), puis officier (2011).