Qui est Ticky Holgado ?
Nom complet : Joseph Holgado.
Naissance : 24 juin 1944 (Toulouse, France).
Mort : 22 janvier 2004 (Paris, France) à 59 ans.
Nom de scène : Ticky Holgado, après avoir chanté sous le pseudonyme de Ricky James.
Activité : acteur, chanteur et musicien.
Notoriété : second rôle populaire du cinéma français, notamment dans Une époque formidable…, Delicatessen et Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.
Où se trouve la tombe de Ticky Holgado ?
La tombe de Ticky Holgado se trouve dans la division 45 du cimetière du Père-Lachaise, avenue transversale numéro 1, première ligne.

Le monument funéraire de Ticky Holgado au Père-Lachaise
La sépulture est signalée par un monument surmonté d’un buste en bronze réalisé par le sculpteur Pierre-Louis Gayraud. L’inscription porte le nom de scène de l’acteur, ses années de naissance et de mort, ainsi que la phrase : « Il est parti comme un ange ». Le portrait sculpté rend la tombe immédiatement reconnaissable.


Biographie de Ticky Holgado
Joseph Holgado naît à Toulouse le 24 juin 1944. Adolescent, il se passionne moins pour les études que pour le rock ’n’ roll, les chanteurs américains et la scène. Il adopte d’abord le nom de Ricky James, choisi en référence à Ricky Nelson et James Dean. Une erreur de présentation transforme un jour « Ricky » en « Ticky » : le surnom lui reste et deviendra son nom d’artiste. À seize ans, il chante déjà dans des groupes toulousains, notamment Les Caïds et Les Plastiqueurs, avant de gagner Paris au début des années 1960.

Des groupes de rock aux coulisses du show-business
À Paris, Ticky Holgado retrouve Mike Shannon, devenu chanteur des Chats sauvages. Il entre rapidement dans les coulisses du monde yé-yé. En 1963, Claude François l’engage comme secrétaire particulier et homme de confiance. Deux ans plus tard, il remplit une fonction comparable auprès de Johnny Hallyday, dont il devient un proche. Il ne se contente pas d’organiser des rendez-vous : il accompagne les tournées, connaît les contraintes de la scène, les musiciens, les producteurs et la mécanique quotidienne du spectacle.
Cette période le place au contact direct d’artistes internationaux. À l’automne 1966, autour de la tournée de Johnny Hallyday, il assiste aux premières prestations françaises du Jimi Hendrix Experience. Durant les années 1970, il demeure actif dans la musique, notamment comme manager de Martin Circus et de Blues Convention. Avec le groupe Docdaïl, il enregistre plusieurs titres ; sous le nom de Léon, il publie aussi des chansons humoristiques. La musique restera sa première passion, même lorsque le cinéma prendra le dessus.

Une entrée progressive au cinéma
Ticky Holgado aborde le cinéma par de petites apparitions avant d’obtenir, autour de 1980, des rôles plus identifiables dans des comédies populaires. Il tourne pour Max Pécas, Michel Gérard et Gilles Béhat, puis rencontre des réalisateurs capables d’exploiter autrement son visage, son accent toulousain et son énergie. Patrice Leconte l’emploie dans Circulez, y a rien à voir !, Claude Zidi dans Les Ripoux, Claude Berri dans Manon des sources et Josiane Balasko dans Les Keufs.
Il s’impose sans correspondre au modèle du jeune premier. Sa petite taille, sa moustache, sa voix grave et son débit rapide lui valent souvent des personnages excentriques, inquiétants ou comiques. Mais il cherche à éviter la simple silhouette. Gérard Jugnot lui confie le chevalier Mignard dans Sans peur et sans reproche, puis Claude Berri lui donne le rôle de l’avocat Mégrin dans Uranus. À mesure que ses apparitions se multiplient, le public reconnaît un acteur capable de mêler truculence et fragilité.

1991, l’année de la reconnaissance
Deux films sortis en 1991 modifient sa carrière. Dans Delicatessen, de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, il participe à un univers visuel où chaque second rôle possède une identité très construite. La même année, Gérard Jugnot écrit pour lui Crayon, sans-abri bavard et inventif d’Une époque formidable…. Derrière les effets comiques, Holgado donne au personnage une humanité douloureuse et devient l’un des visages les plus mémorables du film. Cette interprétation lui vaut une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle.
La décennie 1990 est particulièrement dense. Il retrouve Jean-Pierre Jeunet dans La Cité des enfants perdus, puis tourne Gazon maudit avec Josiane Balasko, qui lui apporte une seconde nomination au César. On le voit également dans Tombés du ciel, Le Plus Beau Métier du monde, Hommes, femmes : mode d’emploi et Le Schpountz. En 1999, Éric Besnard lui offre un premier rôle dramatique dans Le Sourire du clown, où il interprète un artiste vieillissant témoin d’un meurtre.

Fidélités de cinéma et retour à la musique
Ticky Holgado travaille volontiers avec les mêmes réalisateurs. Jean-Pierre Jeunet le rappelle pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, où il joue l’homme aux enregistrements, puis pour Un long dimanche de fiançailles. Gérard Jugnot le dirige encore dans Monsieur Batignole. Claude Lelouch lui confie plusieurs rôles, de Les Misérables à Les Parisiens. Ces collaborations régulières témoignent de sa capacité à donner rapidement une existence complète à un personnage secondaire.
À la fin des années 1990, il retourne publiquement à la musique. Avec les Clap Shooters, il développe un « rock’n’drole » nourri de son parcours, de son accent et de son goût de la scène. L’album Barock’N’Drole paraît en 1999. Le projet ne constitue pas une parenthèse : il réunit les deux vies professionnelles de l’artiste, celle du musicien des années 1960 et celle de l’acteur devenu familier du grand public.

Les dernières années
Atteint d’un cancer du poumon, Ticky Holgado continue pourtant de tourner. Il apparaît notamment dans And Now… Ladies and Gentlemen, Monsieur Batignole, Tais-toi ! et Un long dimanche de fiançailles. Deux jours avant sa mort, il travaille encore sur Les Parisiens de Claude Lelouch. Cette activité maintenue jusqu’au bout correspond à la place centrale qu’occupent le plateau et la compagnie des artistes dans son existence.
Ticky Holgado meurt à Paris le 22 janvier 2004, à 59 ans. Il laisse une fille, Jessica. Ses obsèques réunissent de nombreuses personnalités du spectacle avant son inhumation au Père-Lachaise. Sa ville natale lui rend ensuite hommage en donnant son nom à une rue. Au cinéma, sa filmographie d’une soixantaine de longs métrages conserve la trace d’un acteur de composition dont les rôles secondaires devenaient souvent essentiels à la mémoire d’un film.
Œuvres principales de Ticky Holgado
- Films : Uranus (1990), Delicatessen (1991), Une époque formidable… (1991), Tombés du ciel (1993), Gazon maudit (1995), La Cité des enfants perdus (1995), Le Plus Beau Métier du monde (1996), Le Sourire du clown (1999), Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001), Monsieur Batignole (2002) et Un long dimanche de fiançailles (2004).
- Musique : singles avec Docdaïl, chansons sous le nom de Léon et album Barock’N’Drole avec les Clap Shooters (1999).
- Livre : Trente Ans de merdier, autobiographie.
Distinctions et récompenses
- Nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Une époque formidable… (1992).
- Nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Gazon maudit (1996).
- Une rue de Toulouse porte son nom.
