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GRAPPELLI Stéphane

Qui est Stéphane Grappelli ?

Nom complet : Stéphane Grappelli.
Naissance : 26 janvier 1908 (Paris, France).
Mort : 1er décembre 1997 (Paris, France) à 89 ans.
Activités principales : violoniste, pianiste et compositeur de jazz.
Nationalités : française et italienne.

Où se trouve la tombe de Stéphane Grappelli ?

La sépulture de Stéphane Grappelli se trouve au cimetière du Père-Lachaise, division 87, dans le columbarium. Ses cendres reposent dans la case n° 417.

Plan du cimetière du Père-Lachaise avec ses divisions
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

La sépulture de Stéphane Grappelli au Père-Lachaise

La dernière demeure du musicien n’est pas un monument isolé, mais une niche du grand columbarium de la division 87. Une plaque de pierre claire porte simplement les noms de son père, Ernest Grappelli, de Stéphane Tanasesco et de Stéphane Grappelli, accompagnés de leurs années de naissance et de mort. Des admirateurs y déposent régulièrement fleurs, messages et souvenirs, signe de la place toujours vivante du violoniste dans la mémoire du jazz.

Plaque funéraire de Stéphane Grappelli au Père-Lachaise
Case n° 417 de Stéphane Grappelli au columbarium du Père-Lachaise. Photo : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Tombe de Stéphane Grappelli au Père-Lachaise en 2024
La sépulture de Stéphane Grappelli, division 87, photographiée en 2024. Photo : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0.

Biographie de Stéphane Grappelli

Stéphane Grappelli naît à Paris d’un père italien, Ernesto Grappelli, et d’une mère française, Anna Émilie Hanocque. La mort précoce de sa mère bouleverse son enfance. Pendant la Première Guerre mondiale, il connaît les privations et apprend très tôt à se débrouiller. Son père lui offre un violon ; l’enfant observe les musiciens, travaille avec une remarquable liberté et se produit bientôt dans les rues, les cours et les restaurants parisiens.

Des cinémas muets aux orchestres de jazz

Adolescent, Grappelli suit une formation au Conservatoire de Paris tout en restant largement maître de son apprentissage. Pour gagner sa vie, il accompagne au piano les films muets dans les salles de cinéma. Il joue aussi du violon dans des orchestres de danse, passant avec aisance d’un instrument à l’autre. La découverte du jazz américain lui révèle un langage où son élégance mélodique, son sens du rythme et son goût de l’improvisation peuvent pleinement s’épanouir.

Photographie d’identité de Stéphane Grappelli en 1933
Photographie d’identité de Stéphane Grappelli lors de son admission à la Sacem en 1933. Archives de la Sacem, Wikimedia Commons.

Il adhère à la Sacem en décembre 1933 comme compositeur et improvisateur de jazz. Cette reconnaissance professionnelle intervient au moment où Paris devient l’un des grands foyers européens du swing. Grappelli fréquente les clubs, les cabarets et les orchestres qui font circuler cette musique nouvelle.

Le Quintette du Hot Club de France

Sa rencontre avec Django Reinhardt change l’histoire du jazz européen. En 1934, ils fondent le Quintette du Hot Club de France, formation originale sans batterie ni cuivres, organisée autour du violon de Grappelli, de la guitare soliste de Django, de guitares rythmiques et d’une contrebasse. Le dialogue entre les deux solistes devient la signature du groupe : au feu et aux fulgurances de Reinhardt répondent la clarté, la souplesse et le sourire musical de Grappelli.

Stéphane Grappelli avec Robert Perrier
Stéphane Grappelli avec Robert Perrier dans le Paris du jazz. Wikimedia Commons.

Le Quintette grave des titres devenus classiques, parmi lesquels « Minor Swing », « Djangology », « Swing ’39 », « Nuages » ou encore « Honeysuckle Rose ». Son succès dépasse rapidement la France. La formation impose une esthétique nouvelle, longtemps appelée jazz manouche, et démontre que le violon peut être un instrument de premier plan dans le jazz moderne.

La guerre et les années londoniennes

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en septembre 1939, le Quintette se trouve en tournée au Royaume-Uni. Django Reinhardt choisit de rentrer en France ; Grappelli reste à Londres. Il y poursuit sa carrière dans les clubs, notamment avec le pianiste George Shearing, et devient une figure familière de la scène britannique. Cette séparation met fin à la période la plus célèbre du Quintette, même si les deux musiciens se retrouveront après la guerre pour plusieurs concerts et enregistrements.

Portrait de Stéphane Grappelli à Londres
Stéphane Grappelli à Londres en 1976. Photo : Allan Warren, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Une carrière internationale sans frontières

Après 1945, Grappelli refuse de devenir le gardien nostalgique d’un seul style. Il joue dans les clubs, les festivals et les salles de concert du monde entier. Sa sonorité lumineuse, immédiatement reconnaissable, garde la grâce du swing tout en s’adaptant à des partenaires très différents. Dans les années 1970, une nouvelle génération de publics le découvre grâce aux festivals et à de nombreux disques.

Stéphane Grappelli jouant du violon
Stéphane Grappelli en 1974. Photo : Allan Warren, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Il dialogue avec Oscar Peterson, Earl Hines, Joe Pass, Philip Catherine, Niels-Henning Ørsted Pedersen, David Grisman, Jean-Luc Ponty ou Michel Petrucciani. Il enregistre également avec Yehudi Menuhin : la rencontre du virtuose classique et de l’improvisateur de jazz rencontre un immense succès et contribue à abolir les frontières entre répertoires savants et populaires.

Stéphane Grappelli et Yehudi Menuhin en studio
Stéphane Grappelli et Yehudi Menuhin aux studios Abbey Road en 1977. Photo : Allan Warren, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le style Grappelli

Son jeu se distingue par une intonation raffinée, un phrasé chantant et une pulsation d’une grande légèreté. Il sait faire danser une mélodie sans jamais l’alourdir, multiplier les variations avec naturel et préserver l’émotion derrière la virtuosité. Pianiste accompli, il possède aussi une connaissance harmonique qui nourrit ses improvisations au violon. Jusqu’à un âge avancé, il conserve sur scène une curiosité et une joie communicatives.

Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli
Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli, complices entre musique classique et jazz. Photo : Allan Warren, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Dernières années et héritage

Grappelli continue à se produire dans les années 1980 et 1990, alors qu’il a dépassé quatre-vingts ans. Il reçoit en 1997 un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière. Commandeur de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, officier des Arts et des Lettres, il est célébré comme l’un des grands ambassadeurs du jazz français.

Il meurt à Paris le 1er décembre 1997, après une intervention chirurgicale. Ses obsèques sont célébrées à l’église Saint-Vincent-de-Paul avant le dépôt de ses cendres au columbarium du Père-Lachaise. Son influence demeure considérable : des générations de violonistes, de Didier Lockwood à de nombreux artistes contemporains, ont trouvé dans son jeu un modèle de liberté, d’élégance et de swing.

Œuvres et discographie représentative

  • Avec le Quintette du Hot Club de France : « Minor Swing », « Djangology », « Swing ’39 », « Nuages » et « Daphne ».
  • Parisian Thoroughfare et de nombreux enregistrements réunissant Grappelli et Django Reinhardt.
  • Violin Summit, avec Stuff Smith, Svend Asmussen et Jean-Luc Ponty.
  • Jalousie et la série d’albums enregistrés avec Yehudi Menuhin.
  • Oscar Peterson and Stéphane Grappelli Quartet.
  • Young Django, avec Philip Catherine et Niels-Henning Ørsted Pedersen.
  • Live at the Blue Note et de nombreux témoignages de ses dernières tournées.

Distinctions et fonctions

  • Commandeur de la Légion d’honneur.
  • Commandeur de l’ordre national du Mérite.
  • Officier de l’ordre des Arts et des Lettres (1981).
  • Grammy Lifetime Achievement Award pour l’ensemble de sa carrière (1997).
  • Membre fondateur du Quintette du Hot Club de France.
  • Sociétaire définitif de la Sacem à partir de 1968.