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GOSSEC François-Joseph

Qui est François-Joseph Gossec ?

Nom complet : François-Joseph Gossé, dit Gossec.
Naissance : 17 janvier 1734 (Vergnies, Belgique).
Mort : 16 février 1829 (Passy, France) à 95 ans.
Activités : compositeur, violoniste, chef d’orchestre, pédagogue et directeur d’opéra.

Où se trouve la tombe de François-Joseph Gossec ?

François-Joseph Gossec repose au cimetière du Père-Lachaise, division 13, à Paris. La sépulture se situe dans la deuxième ligne de la division.

Plan du Père-Lachaise division 13
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe de François-Joseph Gossec se trouve dans la division 13.

Le monument funéraire de François-Joseph Gossec au Père-Lachaise

La tombe prend la forme d’une stèle de pierre à sommet triangulaire. Au centre, un médaillon circulaire en marbre représente le musicien de profil. Cette œuvre de Sylvestre-Joseph Brun, signée et datée de 1829, mesure environ 43 centimètres de diamètre. Sous le portrait, l’inscription rappelle sobrement : « F. J. GOSSEC, membre de l’Institut, 1734-1829 ». Le monument est inscrit au titre des monuments historiques.

Tombe de François-Joseph Gossec au Père-Lachaise
Vue d’ensemble de la tombe de François-Joseph Gossec, division 13. Wikimedia Commons, licence libre.
Médaillon de François-Joseph Gossec sur sa tombe
Médaillon en marbre de François-Joseph Gossec par Sylvestre-Joseph Brun. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de François-Joseph Gossec

François-Joseph Gossé naît à Vergnies, dans le Hainaut, territoire aujourd’hui belge mais alors français. Fils de paysans, il est remarqué très jeune pour sa voix. Il reçoit une première formation musicale à Walcourt et à Maubeuge, puis entre comme enfant de chœur à la cathédrale Notre-Dame d’Anvers. Il y apprend le chant, le violon, le clavecin et les principes de la composition.

Église Saint-Martin de Vergnies, village natal de Gossec
L’église Saint-Martin de Vergnies, village natal de François-Joseph Gossec. Wikimedia Commons, licence libre.

De l’orchestre de La Pouplinière à la symphonie française

En 1751, âgé de dix-sept ans, Gossec gagne Paris. Jean-Philippe Rameau le recommande à Alexandre Le Riche de La Pouplinière, grand mécène des Lumières. Gossec rejoint son orchestre comme violoniste, puis en prend la direction en 1756. Cette position lui offre un laboratoire exceptionnel : il entend les nouveautés venues d’Italie et d’Allemagne, dirige un excellent ensemble et compose pour lui ses premières symphonies.

Ses premières publications symphoniques paraissent dès 1756. À une époque où le genre demeure récent en France, Gossec élargit les effectifs, recherche de nouveaux contrastes et donne davantage d’indépendance aux vents. Son catalogue comptera plusieurs dizaines de symphonies. Cette activité lui vaut d’être souvent présenté comme l’un des pères de la symphonie française.

Partition des Six Symphonies opus 5 de Gossec
Page de titre des Six Symphonies à plusieurs instruments, opus 5, publiées à Paris en 1762. Wikimedia Commons, domaine public.

Un organisateur majeur de la vie musicale parisienne

Après la disparition de l’orchestre de La Pouplinière, Gossec travaille pour le prince de Condé puis pour le prince de Conti. En 1769, il fonde le Concert des Amateurs, formation réputée avec laquelle il défend ses œuvres et celles de ses contemporains, notamment Haydn. De 1773 à 1777, il dirige le Concert Spirituel, l’une des principales institutions musicales publiques de Paris.

Son influence gagne aussi la scène lyrique. Il est directeur associé de l’Opéra de Paris de 1780 à 1785 et contribue en 1784 à l’organisation de l’École royale de chant. Cette institution prépare la création du Conservatoire de Paris, dont Gossec deviendra l’un des premiers professeurs et inspecteurs.

Portrait de François-Joseph Gossec par Antoine Vestier
François-Joseph Gossec peint par Antoine Vestier vers 1791. Musée de la Musique, Wikimedia Commons, domaine public.

Le musicien de la Révolution

Lorsque éclate la Révolution française, Gossec met son expérience des grandes masses orchestrales et chorales au service des cérémonies civiques. Chef de musique de la Garde nationale, il compose des hymnes, marches et chants destinés aux fêtes publiques. Son Te Deum accompagne la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars, dans un déploiement spectaculaire de chanteurs, d’instruments à vent et de tambours.

Il signe aussi Le Triomphe de la République, créé en 1793 sur un livret de Marie-Joseph Chénier, ainsi que des marches funèbres et de nombreux morceaux patriotiques. Cette musique monumentale, conçue pour l’espace public, fait de Gossec l’une des grandes voix sonores de la Révolution.

Page de titre du Te Deum de François-Joseph Gossec
Page de titre d’une copie du Te Deum de Gossec. Wikimedia Commons, domaine public.

Le pédagogue du Conservatoire

En 1795, Gossec est nommé professeur de composition et inspecteur au nouveau Conservatoire de Paris. Il participe à la définition de l’enseignement musical national et transmet son expérience à plusieurs générations d’élèves. La même année, il entre dans la classe de musique de l’Institut de France. Il demeure au Conservatoire jusqu’à la réorganisation de 1814.

Sous l’Empire, son rôle officiel est reconnu : il reçoit la Légion d’honneur. Son grand âge et l’évolution du goût l’éloignent progressivement de la scène, mais il reste une figure respectée, témoin d’un monde musical qui va de Rameau aux premiers romantiques.

Portrait de François-Joseph Gossec par Jules Boilly
Portrait de François-Joseph Gossec dessiné par Jules Boilly. Bibliothèque nationale de France, Wikimedia Commons, domaine public.

Une œuvre entre classicisme et musique monumentale

Gossec aborde presque tous les genres : symphonies, musique de chambre, œuvres lyriques, musique religieuse et chants civiques. Sa Grande Messe des morts, composée en 1760, frappe par son ampleur et par ses effets spatiaux. Ses symphonies témoignent d’une orchestration inventive, tandis que ses œuvres révolutionnaires annoncent une musique destinée aux foules et aux vastes espaces.

Mort à Passy le 16 février 1829, à quatre-vingt-quinze ans, François-Joseph Gossec laisse l’image d’un bâtisseur. Compositeur, chef et pédagogue, il a contribué à installer le concert symphonique en France, à transformer les institutions musicales et à donner une voix aux cérémonies de son temps.

Couverture de la Messe des morts de Gossec
Couverture de la Messe des morts de François-Joseph Gossec. Wikimedia Commons, domaine public.

Œuvres principales de François-Joseph Gossec

  • Grande Messe des morts (1760)
  • Six Symphonies à plusieurs instruments, opus 5 (1762)
  • Sabinus, tragédie lyrique (1773)
  • Thésée, tragédie lyrique (1782)
  • Te Deum pour la Fête de la Fédération (1790)
  • Le Triomphe de la République ou Le Camp de Grand-Pré (1793)
  • Symphonie à dix-sept parties (1809)
  • Gavotte en ré majeur

Fonctions et distinctions

  • Fondateur et directeur du Concert des Amateurs
  • Directeur du Concert Spirituel de 1773 à 1777
  • Directeur associé de l’Opéra de Paris de 1780 à 1785
  • Administrateur de l’École royale de chant
  • Chef de musique de la Garde nationale
  • Professeur de composition et inspecteur du Conservatoire de Paris
  • Membre de l’Institut de France
  • Chevalier de la Légion d’honneur