Qui est François Joseph Gérard ?
Nom complet : François Joseph Gérard.
Naissance : 29 octobre 1772 (Phalsbourg, France).
Mort : 18 septembre 1832 (Beauvais, France) à 59 ans.
Activité : officier de cavalerie, général de division.
Notoriété : baron de l’Empire, acteur des campagnes révolutionnaires et napoléoniennes, notamment en Russie et en Saxe.
Où se trouve la tombe de François Joseph Gérard ?
La tombe de François Joseph Gérard se trouve dans la division 38 du cimetière du Père-Lachaise, chemin Masséna.

Le monument funéraire de François Joseph Gérard au Père-Lachaise
La sépulture restaurée du général prend la forme d’un monument de pierre sobre, élevé dans un enclos bas. La plaque frontale porte une inscription qui le qualifie de « comte de l’Empire » ; cette mention est erronée, François Joseph Gérard ayant reçu le titre de baron de l’Empire en 1809. La restauration a été conduite par l’Association pour la conservation des monuments napoléoniens avec le concours financier du Souvenir Français.


Biographie de François Joseph Gérard
François Joseph Gérard naît le 29 octobre 1772 à Phalsbourg, alors ville lorraine à forte tradition militaire. Fils d’un procureur, il choisit très tôt la carrière des armes. En décembre 1787, âgé de quinze ans, il s’engage dans les hussards d’Esterhazy, unité qui devient par la suite le 4e régiment de hussards. L’armée de l’Ancien Régime lui donne son premier cadre de formation, mais c’est la Révolution française qui accélère son apprentissage et ouvre à des officiers issus du rang des perspectives nouvelles.
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Des guerres révolutionnaires à la Grande Armée
À partir de 1792, Gérard sert dans l’armée du Nord. Il est nommé sous-lieutenant en août 1793. L’année suivante, devenu aide de camp du général Boyé puis lieutenant, il rejoint l’armée de Sambre-et-Meuse et participe au siège de Landrecies. Au combat de la Roer, en octobre 1794, une balle le blesse à la jambe gauche. Cette première partie de carrière, faite de marches rapides, de sièges et d’actions de cavalerie, forge un officier expérimenté.
Sa progression demeure ensuite régulière. Il devient major du 3e régiment de hussards en octobre 1803 et reçoit la Légion d’honneur en mars 1804. Le 7 octobre 1806, il est nommé colonel du 2e régiment de hussards. À sa tête, il participe aux campagnes de Prusse et de Pologne. Le 17 mars 1807, près de Glatz, il repousse une sortie ennemie, ramène les assaillants dans la place et s’empare de prisonniers et de deux pièces d’artillerie.

La promotion au généralat
En 1808, Gérard rejoint l’armée d’Allemagne et reçoit le titre de baron de l’Empire. Promu général de brigade le 10 mars 1809, il sert quelques mois plus tard dans l’armée d’Italie sous les ordres du général Sahuc. Lorsque celui-ci est blessé à la veille de Wagram, Gérard prend le commandement de sa division pendant la bataille des 5 et 6 juillet. Cette responsabilité au cœur d’un affrontement majeur confirme la confiance placée dans ses qualités de cavalier et de chef.

Il exerce ensuite des commandements territoriaux en Italie, notamment dans les départements du Tagliamento et du Bacchiglione. En 1811, il retrouve une brigade de cavalerie légère. Son expérience des unités montées — reconnaissance, protection des colonnes, poursuite et couverture des retraites — devient particulièrement précieuse lorsque la Grande Armée s’engage dans la campagne de Russie.
La Russie, la Bérézina et la Saxe
En 1812, Gérard sert dans la 3e division de cavalerie légère du IIIe corps de cavalerie. La campagne tourne au désastre lors de la retraite de Moscou. Au passage de la Bérézina, les 26 et 29 novembre, il seconde le maréchal Ney et contribue à contenir les forces cosaques qui menacent les colonnes françaises. Cette action défensive permet de protéger, dans des conditions extrêmes, le mouvement d’une armée épuisée.

Survivant à la retraite, Gérard reprend du service pendant la campagne de Saxe de 1813. Il commande la cavalerie du XIVe corps du maréchal Gouvion Saint-Cyr. Le 29 septembre, il est élevé au grade de général de division. À Racknitz, le 17 octobre, puis dans les opérations autour de Dresde, il mène encore ses cavaliers contre les forces coalisées.

Après la capitulation de Dresde, signée en novembre 1813, Gérard et les troupes françaises sont faits prisonniers malgré les conditions qui prévoyaient leur retour. Il ne rentre en France qu’en mai 1814. La Première Restauration le maintient néanmoins dans l’armée : Louis XVIII le fait chevalier de Saint-Louis et lui confie le commandement supérieur de Landau.
Restauration, Cent-Jours et monarchie de Juillet
Lorsque Napoléon revient de l’île d’Elbe en 1815, Gérard reçoit le commandement de la 4e division militaire, à Nancy. La seconde chute de l’Empire entraîne sa mise en demi-solde. Il n’est toutefois pas durablement écarté : rappelé au service, il exerce en 1819 et 1820 les fonctions d’inspecteur général de la cavalerie. Ces missions témoignent de la reconnaissance de ses compétences techniques au-delà des changements de régime.
Mis à la retraite en 1824, il revient à l’activité après la révolution de Juillet 1830. Il commande une division de cavalerie lors de la formation de l’armée du Nord et devient aide de camp de Louis-Philippe. Le 14 septembre 1832, il est attaché comme aide de camp au duc de Nemours. Il a alors atteint le sommet d’une carrière commencée quarante-cinq ans plus tôt comme simple engagé.
Le choléra et les derniers honneurs
En septembre 1832, alors qu’il vient de passer en revue un régiment de cavalerie en garnison à Beauvais, François Joseph Gérard est frappé par le choléra. L’épidémie ravage la France cette année-là. Atteint le 17 septembre, le général meurt dès le lendemain, à cinquante-neuf ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 38.
Son nom figure parmi ceux des officiers de la Révolution et de l’Empire gravés sous l’Arc de triomphe de l’Étoile, sur le pilier nord. Sa carrière traverse cinq régimes et résume le parcours d’une génération militaire formée sous l’Ancien Régime, promue par les guerres révolutionnaires, portée au généralat par l’Empire puis réemployée par les monarchies successives.
Principales campagnes et réalisations
- Armée du Nord et armée de Sambre-et-Meuse pendant les guerres révolutionnaires.
- Campagnes de Prusse et de Pologne avec le 2e régiment de hussards (1806-1807).
- Bataille de Wagram et commandement temporaire de la division Sahuc (1809).
- Campagne de Russie et défense du passage de la Bérézina (1812).
- Campagne de Saxe, combats de Racknitz et défense de Dresde (1813).
Distinctions et fonctions
- Baron de l’Empire, 30 octobre 1809.
- Général de brigade, 10 mars 1809 ; général de division, 29 septembre 1813.
- Légion d’honneur : chevalier en 1804, officier en 1807, commandeur en 1808, grand officier en 1830.
- Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis sous la Restauration.
- Inspecteur général de la cavalerie en 1819 et 1820.
- Aide de camp du roi Louis-Philippe, puis du duc de Nemours en 1832.
- Nom gravé sur le pilier nord de l’Arc de triomphe de l’Étoile.