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GAUDIN Martin Michel Charles

Qui est Martin Michel Charles Gaudin ?

Nom complet : Martin Michel Charles Gaudin, duc de Gaète.
Naissance : 16 janvier 1756 (Saint-Denis, France).
Mort : 5 novembre 1841 (Gennevilliers, France) à 85 ans.
Activité : Administrateur des finances et homme politique français.
Notoriété : Ministre des Finances du Consulat et du Premier Empire de 1799 à 1814, puis pendant les Cent-Jours ; organisateur du cadastre et gouverneur de la Banque de France.

Où se trouve la tombe de Martin Michel Charles Gaudin ?

La tombe de Martin Michel Charles Gaudin se trouve dans la division 27 du cimetière du Père-Lachaise, chemin du Dragon, en première ligne. La sépulture familiale abrite également Anne de Summaripa, épouse de Claude-Émile Gaudin.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 27
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise. La tombe de Martin Michel Charles Gaudin se trouve dans la division 27.

Le monument funéraire de Martin Michel Charles Gaudin au Père-Lachaise

Le monument est une chapelle funéraire de pierre, élevée dans le style sobre des premières décennies du Père-Lachaise. Sa façade étroite est encadrée de pilastres et surmontée d’un fronton triangulaire. Une porte métallique ferme l’entrée du caveau. L’inscription principale rappelle les fonctions et les honneurs du défunt : ministre des Finances de l’Empire, duc de Gaète, grand-croix de la Légion d’honneur, grand-croix de l’ordre du Christ et dignitaire de l’ordre de la Couronne de fer. La formule latine « Integer vitae », que l’on peut traduire par « d’une vie intègre », résume la réputation de probité attachée à Gaudin. Comme les monuments anciens des divisions historiques du cimetière, cette chapelle appartient au secteur inscrit au titre des monuments historiques.

Vue générale de la chapelle funéraire de Martin Michel Charles Gaudin
Vue générale de la tombe de Martin Michel Charles Gaudin, division 27. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Façade et inscriptions de la tombe de Martin Michel Charles Gaudin
Détail de la façade et des inscriptions du monument Gaudin. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Martin Michel Charles Gaudin

Une formation au cœur de l’administration royale

Martin Michel Charles Gaudin naît à Saint-Denis le 16 janvier 1756. Son père, Charles Gaudin, est avocat au Parlement de Paris ; sa mère, Louise-Suzanne Ragot, appartient elle aussi à un milieu familier de l’administration financière. Après des études au collège Louis-le-Grand et une initiation au droit, le jeune homme entre dès 1773 dans les bureaux des finances. Il bénéficie de l’appui d’un proche de sa famille travaillant auprès de l’intendant Henri d’Ormesson.

Gaudin progresse rapidement. En 1777, à vingt et un ans, il devient premier commis et dirige une division chargée des impôts directs, notamment la taille et la capitation. Cette expérience lui donne une connaissance pratique des défauts du système fiscal de l’Ancien Régime : répartition inégale, rôles mal tenus, exemptions nombreuses et faiblesse de l’information foncière. C’est dans ces années qu’il réfléchit déjà à un cadastre permettant d’évaluer plus justement les propriétés.

Portrait de Martin Michel Charles Gaudin, duc de Gaète
Martin Michel Charles Gaudin, duc de Gaète, peint par Constance Mayer. Wikimedia Commons, domaine public.

La Trésorerie nationale pendant la Révolution

La Révolution bouleverse les institutions mais ne dispense pas l’État de percevoir l’impôt et de payer ses créanciers. En 1791, Gaudin est nommé commissaire de la Trésorerie nationale nouvellement organisée. Il doit assurer la continuité des paiements dans un contexte d’effondrement des anciennes recettes, de circulation des assignats et de suspicion envers les agents de l’ancienne monarchie. Sa maîtrise des dossiers et sa réputation d’intégrité lui permettent de traverser cette période dangereuse.

Il est pourtant régulièrement dénoncé. Après le 10 août 1792, on lui reproche des avances liées à la liste civile du roi ; le général Dumouriez l’accuse ensuite à propos de traites impayées. Gaudin justifie sa gestion et conserve ses fonctions. Sous la Convention, il intervient avec Cambon pour empêcher l’arrestation collective d’anciens receveurs généraux. Épuisé par les attaques et les crises, il quitte finalement la Trésorerie en juin 1795 et se retire quelque temps dans sa propriété de Vic-sur-Aisne.

Lettre manuscrite de Martin Michel Charles Gaudin
Lettre autographe de Martin Michel Charles Gaudin. Wikimedia Commons, domaine public.

Des refus prudents avant le 18 Brumaire

Le Directoire lui propose à plusieurs reprises le ministère des Finances. Gaudin refuse, estimant que l’instabilité du pouvoir et l’état des comptes ne lui donnent pas les moyens d’agir. Il accepte en revanche, à la fin de la décennie, les fonctions de commissaire général des Postes aux lettres et aux chevaux, administration qui exige elle aussi ordre et contrôle. Ce choix maintient sa présence au sommet de l’appareil d’État sans l’exposer directement à l’impuissance du ministère.

Après le coup d’État du 18 Brumaire, le nouveau pouvoir cherche des techniciens capables de rétablir la confiance. Le 10 novembre 1799, Gaudin accepte cette fois le portefeuille des Finances. Bonaparte attend de lui des résultats immédiats : assurer les rentrées fiscales, payer les services publics et donner au Consulat les moyens d’affermir son autorité.

Réorganiser les finances du Consulat

Gaudin remet en place une chaîne administrative stable. Il rétablit des agents responsables dans les départements, clarifie les rôles d’imposition et impose une comptabilité plus régulière. Les contributions directes doivent être réparties et recouvrées avec davantage de prévisibilité. Il sépare progressivement la préparation des recettes de la gestion du Trésor, confiée à un ministère distinct à partir de 1801. Cette organisation permet au ministre des Finances de concentrer son action sur l’assiette et la perception de l’impôt.

Il accompagne également la création de la Banque de France en 1800, institution privée mais étroitement liée au rétablissement du crédit public. La stabilisation monétaire trouve son aboutissement avec le franc germinal en 1803, fondé sur un rapport fixe entre l’or et l’argent. La France retrouve une monnaie durable après les désordres de l’assignat. Gaudin présente des budgets plus lisibles et s’efforce d’aligner les dépenses de l’État sur des recettes réelles.

Exemple de plan cadastral napoléonien
Exemple de plan cadastral napoléonien, instrument essentiel de la réforme de l’impôt foncier conduite sous Gaudin. Yach V / Wikimedia Commons, CC0.

Le cadastre et la Cour des comptes

La grande entreprise du cadastre répond à une préoccupation ancienne de Gaudin : répartir l’impôt foncier selon la valeur réelle des propriétés. Des opérations de mesure sont engagées sous le Consulat, puis le cadastre parcellaire est généralisé par la loi du 15 septembre 1807. Le chantier est immense et se prolongera pendant des décennies, mais il fournit à l’administration un outil durable de connaissance du territoire, des parcelles et des contribuables.

La même année, la Cour des comptes est créée pour contrôler les comptables publics et juger leurs comptes. Gaudin participe ainsi à un ensemble institutionnel qui survit aux régimes politiques. Son ministère réorganise aussi les contributions indirectes et la régie des droits réunis, mesure impopulaire parce qu’elle rappelle certains prélèvements d’Ancien Régime, mais indispensable au financement de l’État et des guerres impériales.

Le ministre de Napoléon

Gaudin conserve la confiance de Napoléon pendant tout le Consulat et presque tout l’Empire. Il reçoit la dignité de grand aigle de la Légion d’honneur en 1805, devient comte de l’Empire en 1808 puis duc de Gaète en 1809. Ces titres récompensent moins un rôle de courtisan qu’une fidélité administrative exceptionnelle. Il reste au ministère jusqu’au 1er avril 1814, au moment où la chute de Paris entraîne l’effondrement du régime.

La guerre impose cependant une pression constante aux finances. Les conquêtes, contributions prélevées à l’étranger et dépenses militaires brouillent parfois la présentation des comptes. Gaudin défend une administration fondée sur la régularité, mais il travaille dans un système où les besoins politiques et militaires de l’Empereur demeurent prioritaires. Sa réussite tient à sa capacité à préserver des structures civiles stables au sein d’un État engagé dans des campagnes presque continues.

Martin Michel Charles Gaudin portant les insignes de grand aigle de la Légion d’honneur
Martin Michel Charles Gaudin, ministre des Finances, portant ses décorations. Musée Carnavalet / Wikimedia Commons, domaine public.

Les Cent-Jours et la Restauration

Lors du retour de Napoléon de l’île d’Elbe en mars 1815, Gaudin reprend son portefeuille des Finances. Il est également nommé pair pendant les Cent-Jours. Après Waterloo et la seconde abdication, il quitte définitivement le ministère. La Restauration reconnaît néanmoins ses compétences : élu député de l’Aisne en août 1815, il siège jusqu’en 1819 et intervient pour défendre son administration ainsi que les principes financiers qu’il a appliqués.

Il publie en 1818 une Notice historique sur les finances de la France depuis 1800 jusqu’au 1er avril 1814, puis ses Mémoires, souvenirs et opinions. Ces ouvrages exposent sa version des réformes et de sa collaboration avec Napoléon. Ils constituent une source importante pour comprendre le fonctionnement quotidien des finances impériales, même s’ils portent naturellement le regard justificatif d’un ancien ministre.

Gouverneur de la Banque de France

En 1820, Gaudin est nommé gouverneur de la Banque de France. Il occupe cette fonction jusqu’en 1834, traversant la fin du règne de Louis XVIII, celui de Charles X et les débuts de la monarchie de Juillet. Son retour à une fonction centrale montre que sa réputation de technicien dépasse les fidélités dynastiques. Il veille à la stabilité de l’établissement et à ses relations avec le gouvernement et le monde des affaires.

Bureau du gouverneur de la Banque de France à l’hôtel de Toulouse
Bureau de direction de la Banque de France à l’hôtel de Toulouse, où Gaudin exerça comme gouverneur. Photo : Guilhem Vellut / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Les dernières années du duc de Gaète

Retiré de la Banque de France, Gaudin partage ses dernières années entre Paris et le château de Gennevilliers. Il ne se marie que tardivement, en 1822, avec Marie-Anne Summaripa, dont la famille est liée à son entourage. Il continue à suivre les questions financières et à ordonner ses souvenirs. Sa carrière, commencée sous Louis XVI et prolongée sous Louis-Philippe, couvre une succession exceptionnelle de régimes.

Martin Michel Charles Gaudin meurt au château de Gennevilliers le 5 novembre 1841, à 85 ans. Il est inhumé au Père-Lachaise dans la division 27. Les institutions auxquelles son nom demeure associé — cadastre, Cour des comptes et Banque de France — rappellent la portée durable de son action : au-delà de la fidélité à Napoléon, il contribue à installer les cadres administratifs et financiers de l’État français moderne.

Œuvres et réalisations principales

  • Réorganisation des contributions directes sous le Consulat.
  • Participation au rétablissement du crédit et à la stabilisation monétaire.
  • Mise en œuvre du cadastre parcellaire, généralisé en 1807.
  • Participation à la création de la Cour des comptes en 1807.
  • Notice historique sur les finances de la France depuis 1800 jusqu’au 1er avril 1814 (1818).
  • Mémoires, souvenirs et opinions de Gaudin, duc de Gaète (1826).

Distinctions et fonctions

  • Commissaire de la Trésorerie nationale à partir de 1791.
  • Ministre des Finances du Consulat et de l’Empire (1799-1814), puis des Cent-Jours (1815).
  • Grand aigle, puis grand-croix de la Légion d’honneur.
  • Comte de l’Empire (1808), puis duc de Gaète (1809).
  • Pair des Cent-Jours (1815).
  • Député de l’Aisne (1815-1819).
  • Gouverneur de la Banque de France (1820-1834).
  • Grand-croix de l’ordre du Christ et dignitaire de l’ordre de la Couronne de fer.