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DUCLOS Jacques

Qui est Jacques Duclos ?

Date de naissance : 2 octobre 1896 (Louey, Hautes-Pyrénées, France).
Date du décès : 25 avril 1975 (Montreuil, Seine-Saint-Denis, France), à 78 ans.
Activité principale : homme politique, dirigeant du Parti communiste français.
Fonctions marquantes : député de la Seine, sénateur, président du groupe communiste au Sénat et candidat à l’élection présidentielle de 1969.

Où se trouve la tombe de Jacques Duclos ?

Jacques Duclos repose dans la division 97 du cimetière du Père-Lachaise, à proximité de l’avenue circulaire.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Jacques Duclos au Père-Lachaise

La tombe de Jacques Duclos est un monument de granit aux lignes simples, caractéristique des sépultures de la division 97. Elle porte son nom, ses dates et l’inscription qui le présente comme dirigeant communiste. Il ne s’agit pas d’un tombeau sculpté : sa force tient à sa sobriété et à la portée politique du souvenir qu’il entretient.

Depuis ses obsèques de 1975, qui réunirent plusieurs dizaines de milliers de personnes et de nombreux dirigeants communistes étrangers, le lieu demeure associé à l’une des voix les plus connues du communisme français du XXe siècle.

Tombe de Jacques Duclos au Père-Lachaise
Tombe de Jacques Duclos, division 97. Photo via Wikimedia Commons.
Vue de la sépulture de Jacques Duclos
Vue de la sépulture de Jacques Duclos. Photo via Wikimedia Commons.

Biographie de Jacques Duclos

Jacques Duclos fut pendant près d’un demi-siècle l’un des visages les plus populaires et les plus controversés du Parti communiste français. Ouvrier pâtissier devenu dirigeant national, député, résistant, sénateur et candidat à l’élection présidentielle, il traversa toutes les crises du mouvement communiste français : la montée du Front populaire, l’interdiction du parti en 1939, la clandestinité, la Libération, la guerre froide et les recompositions de la gauche sous la Ve République.

De la Bigorre au militantisme révolutionnaire

Né à Louey, dans les Hautes-Pyrénées, le 2 octobre 1896, Jacques Duclos est le fils d’un artisan charpentier. Après le certificat d’études, il entre en apprentissage de pâtissier et quitte très jeune sa région pour travailler dans les hôtels parisiens. La Première Guerre mondiale marque sa génération ; mobilisé, il est blessé. À son retour, il adhère à la SFIO, puis choisit en 1920 le nouveau Parti communiste issu du congrès de Tours.

Son énergie d’organisateur et son talent d’orateur le font rapidement remarquer. Élu député de la Seine en 1926, il s’impose parmi les responsables d’un parti encore minoritaire mais fortement implanté dans les quartiers ouvriers. Il siège de nouveau de 1928 à 1932, puis à partir de 1936. Le Front populaire lui donne une visibilité nouvelle : il devient l’un des principaux relais de Maurice Thorez et participe à la stratégie de rassemblement antifasciste du PCF.

Jacques Duclos en 1926
Jacques Duclos, 1926. Agence Rol / Gallica, domaine public, via Wikimedia Commons.

Guerre, clandestinité et Résistance

La dissolution du Parti communiste, après le pacte germano-soviétique, bouleverse sa vie politique. Déchu de son mandat en 1940, Duclos entre dans la clandestinité. Durant l’Occupation, il est l’un des dirigeants qui assurent, depuis la France, la continuité de l’organisation communiste. Sa place dans cette période est déterminante mais demeure liée aux choix, parfois très discutés, de la direction communiste et de l’Internationale.

À la Libération, son expérience et son autorité le placent au premier rang du PCF. Délégué à l’Assemblée consultative provisoire en 1944, député aux deux Assemblées constituantes de 1945 et 1946, il devient ensuite député de la Seine jusqu’en 1958. Le parti communiste obtient alors des scores considérables ; Duclos en est l’un des orateurs les plus efficaces, capable de mêler références populaires, formules tranchantes et maîtrise des débats parlementaires.

Jacques Duclos au congrès du Parti communiste français
Jacques Duclos au VIIIe congrès national du PCF, 1936. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Sénateur et candidat de 1969

Battu aux législatives de 1958, il est élu sénateur de la Seine en 1959 et devient aussitôt président du groupe communiste. Réélu en 1968 pour la Seine-Saint-Denis, il poursuit son combat parlementaire sur les questions de justice fiscale, de logement, d’audiovisuel public et de libertés. Son appui à François Mitterrand lors de la présidentielle de 1965 prépare les rapprochements ultérieurs de la gauche.

En 1969, après la démission du général de Gaulle, Jacques Duclos est candidat du PCF à l’élection présidentielle. Il obtient 21,27 % des suffrages au premier tour, un résultat exceptionnel qui le place devant Gaston Defferre et Alain Poher. Cette campagne révèle la force persistante du parti, mais aussi les limites d’un espace politique que le PCF ne parvient pas à élargir suffisamment pour accéder au second tour.

Jacques Duclos en 1959
Jacques Duclos en 1959. Archives du Sénat, libre de réutilisation, via Wikimedia Commons.

La fin d’une vie militante

Dans les dernières années de sa vie, Duclos reste un acteur central du PCF. Il reçoit l’ordre de Lénine et l’ordre de Karl Marx à l’occasion de ses soixante-quinze ans. Ses livres prolongent son activité politique : L’Avenir de la démocratie, Gaullisme, technocratie, corporatisme, De Napoléon à de Gaulle, La Première Internationale, Bakounine et Marx, ainsi que ses Mémoires, publiés en 1975.

Son état de santé se dégrade au printemps 1975. Hospitalisé à Paris, il meurt le 25 avril à Montreuil d’une congestion pulmonaire. Ses obsèques rassemblent une foule considérable. Enterré au Père-Lachaise, il laisse l’image d’un militant de formation ouvrière devenu l’un des stratèges les plus importants et les plus durables du communisme français.

Un dirigeant communiste dans les crises du siècle

La trajectoire de Duclos ne peut être dissociée de celle d’un parti profondément lié à l’Union soviétique. Il en défend la ligne avec une constance qui lui vaut l’admiration de nombreux militants, mais qui explique aussi les critiques adressées au PCF par ses adversaires comme par une partie de la gauche. Son langage volontiers mordant et son sens de la polémique contribuent à sa popularité. Ils ne doivent pas masquer l’ampleur de son travail d’organisation : pendant des décennies, Duclos fait le lien entre les élus, les fédérations, la presse communiste et les réseaux internationaux du parti.

Après 1945, il incarne un communisme de masse, présent dans les entreprises, les municipalités et les associations. À l’Assemblée comme au Sénat, son intervention s’inscrit dans une opposition régulière aux gouvernements de la IVe puis de la Ve République. Son rôle de président du groupe communiste au Sénat lui donne une tribune importante, dont il use jusque dans les dernières années de sa vie. Sa carrière n’est donc pas seulement celle d’un candidat à la présidentielle : elle résume près de cinquante ans d’une vie parlementaire menée au nom d’un mouvement politique organisé à l’échelle nationale.

Son influence est d’autant plus remarquable qu’il ne vient ni des élites administratives ni du monde universitaire. L’ancien pâtissier est devenu une figure reconnue du débat public par le militantisme, l’expérience et la parole. Cette ascension sociale nourrit l’attachement que lui portent les militants communistes, pour lesquels il représente une mémoire ouvrière et populaire du parti.

Œuvres principales

  • 1962 : L’Avenir de la démocratie.
  • 1963 : Gaullisme, technocratie, corporatisme.
  • 1964 : De Napoléon à de Gaulle ; La Première Internationale.
  • 1967 : Octobre 17 vu de France.
  • 1968 : Comment le gauchisme fait le jeu de la réaction.
  • 1974 : Bakounine et Marx.
  • 1975 : Mémoires ; Ce que je crois.

Distinctions et fonctions

  • 1926-1932, 1936-1940 et 1945-1958 : député de la Seine.
  • 1959-1975 : sénateur, puis président du groupe communiste au Sénat.
  • 1969 : candidat du PCF à l’élection présidentielle, 21,27 % au premier tour.
  • 1971 : ordre de Lénine et ordre de Karl Marx.