Qui est Maurice Dekobra ?
Date de naissance : 26 mai 1885 (Paris, France).
Date du décès : 1er juin 1973 (Paris, France), à 88 ans.
Activité principale : Romancier, journaliste, grand reporter et traducteur.
Nom de naissance : Ernest Maurice Tessier.
Où se trouve la tombe de Maurice Dekobra ?
Maurice Dekobra repose au cimetière du Père-Lachaise, division 91, sous son nom civil d’Ernest-Maurice Tessier.

Le monument funéraire de Maurice Dekobra au Père-Lachaise
La sépulture familiale Tessier, dans la division 91, est un monument de pierre sobre dont l’inscription conserve le nom sous lequel l’écrivain fut déclaré à l’état civil. Elle rappelle ainsi que « Maurice Dekobra », nom devenu célèbre sur les couvertures de l’entre-deux-guerres, est un pseudonyme littéraire. La tombe réunit le souvenir du journaliste voyageur et celui de l’homme privé, mort célibataire à Paris en 1973.

Biographie de Maurice Dekobra
Ernest-Maurice Tessier devient Maurice Dekobra
Né à Paris le 26 mai 1885, Ernest-Maurice Tessier est le fils d’un représentant de commerce. Son existence prend très tôt une couleur internationale : il séjourne à l’étranger, apprend les langues et comprend que le journalisme peut donner accès à un monde plus vaste que celui des rédactions parisiennes. Anglais et allemand deviennent pour lui des outils de travail. Cette familiarité avec les frontières, les gares, les paquebots et les hôtels sera l’une des matières les plus reconnaissables de son œuvre.
Il adopte en 1908 le nom de Maurice Dekobra. Le pseudonyme, auquel il attachera volontiers une légende orientale — l’image de « deux cobras » rencontrée à Biskra —, possède une sonorité immédiate, presque publicitaire. Il correspond parfaitement à l’écrivain qu’il se prépare à être : un auteur qui transforme le dépaysement, l’actualité et le goût du spectaculaire en romans populaires.

Le reporter et la guerre
Avant d’être identifié au roman, Dekobra est journaliste et grand reporter. Il fait de ses voyages une réserve d’observations : habitudes mondaines, accents, hiérarchies sociales, modes nouvelles et rivalités internationales. Son écriture, vive et visuelle, doit beaucoup à la presse. Elle privilégie l’allure, le mouvement et le détail qui frappe, plus qu’elle ne recherche la gravité du roman psychologique.
La Première Guerre mondiale interrompt cette première carrière. Mobilisé comme interprète puis officier de liaison auprès des armées alliées, il travaille au contact des forces britanniques et américaines. L’expérience renforce son rapport aux langues et aux milieux cosmopolites. Après 1918, il revient à la littérature avec un capital de scènes et de paysages qui nourrit un imaginaire très contemporain de l’époque : celui des circulations rapides, du luxe, des capitales et de la politique internationale.

La Madone des sleepings, un phénomène éditorial
La consécration arrive en 1925 avec La Madone des sleepings. Le titre est à lui seul un programme : modernité ferroviaire, élégance internationale, intrigue et promesse de scandale. Le roman rencontre un succès considérable en France et à l’étranger ; il est traduit dans de nombreuses langues et porte Dekobra au premier rang des romanciers les plus lus des années 1920. Son univers est celui des grands hôtels, des wagons-lits et des stations à la mode, mais aussi de l’espionnage et des passions contrariées.
La réception parle alors de « dekobrisme » pour désigner ce mélange de reportage, de roman-feuilleton et de cinéma. Dekobra n’écrit pas pour une petite élite : il vise le lecteur de son temps, amateur d’aventure, de société et d’exotisme. Sa capacité à installer rapidement un décor, à faire circuler les personnages d’un pays à l’autre et à mener une intrigue serrée explique l’ampleur de sa diffusion.
Le romancier d’un monde en mouvement
Durant l’entre-deux-guerres, Dekobra multiplie les publications. La Vénus à roulettes, Les Tigres parfumés et Macao, enfer du jeu prolongent son goût pour les lieux de passage et les sociétés cosmopolites. Ses livres observent les loisirs nouveaux, les fortunes rapides, les relations entre Européens et mondes lointains, avec un mélange d’ironie, de curiosité et de sens du rebondissement. Ils sont aussi des documents sur l’imaginaire d’une époque qui rêve de vitesse et d’horizons ouverts.
Sa vie personnelle demeure discrète dans les sources biographiques courantes. On sait qu’il ne se maria pas. Sa notoriété repose donc moins sur une vie mondaine entretenue par la presse que sur une signature particulièrement visible en librairie, et sur l’image d’un écrivain-reporter toujours en mouvement.
Les États-Unis et le roman policier
De 1939 à 1946, Maurice Dekobra vit aux États-Unis. Après la guerre, il continue d’écrire et se tourne notamment vers le roman policier. En 1951, Opération Magali reçoit le prix du Quai des Orfèvres. Cette récompense atteste la longévité d’un auteur parfois associé seulement à ses grands succès des années folles : il sait encore, après 1945, adapter son efficacité narrative à un autre genre et à un autre public.
Maurice Dekobra meurt à Paris le 1er juin 1973. Son nom reste attaché à l’âge d’or du roman populaire international, et surtout à La Madone des sleepings, titre emblématique d’une littérature qui fit du voyage, du modernisme et du suspense les instruments d’une immense popularité.
Œuvres principales
- La Madone des sleepings (1925)
- La Vénus à roulettes (1925)
- Les Tigres parfumés (1929)
- Macao, enfer du jeu (1938)
- Opération Magali (1951)
Distinctions et activités
- Prix du Quai des Orfèvres, 1951, pour Opération Magali.
- Journaliste, grand reporter, romancier, traducteur et scénariste.
- Œuvre largement diffusée et traduite à l’international au cours de l’entre-deux-guerres.