Qui est Jean-François-Aimé Dejean ?
Date de naissance : 6 octobre 1749 (Castelnaudary, Aude, France).
Date du décès : 12 mai 1824 (Paris, France), à 74 ans.
Activité principale : Officier du génie, général de division, ministre de l’Administration de la guerre, sénateur et pair de France.
Nom de naissance : Jean François Aimé Dejean.
Où se trouve la tombe de Jean-François-Aimé Dejean ?
Jean-François-Aimé Dejean repose dans la division 40 du Père-Lachaise, auprès de plusieurs membres de sa famille, dont son fils Auguste Dejean, général et entomologiste.

Le monument funéraire de Jean-François-Aimé Dejean au Père-Lachaise
La tombe familiale Dejean rappelle une lignée qui a compté dans l’armée, l’administration et les sciences. Son intérêt vient moins de l’ostentation que de la réunion de plusieurs mémoires : celle d’un organisateur militaire majeur de l’Empire et celle d’Auguste Dejean, son fils, devenu un entomologiste reconnu. Elle donne une dimension concrète à un nom inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, mais dont l’action s’est souvent exercée loin des champs de bataille.


Biographie de Jean-François-Aimé Dejean
Jean-François-Aimé Dejean traverse l’Ancien Régime, la Révolution, le Consulat, l’Empire et la Restauration sans jamais cesser d’être un homme du génie et de l’administration. Son parcours permet de comprendre la face moins spectaculaire de la puissance militaire : les fortifications, les arsenaux, les vivres, les transports et les comptes. Général de division, ministre et sénateur, il fut l’un des responsables qui rendent possible une armée en campagne.
L’école du génie et les guerres de la Révolution
Né à Castelnaudary, Dejean entre dans l’armée royale et se forme à l’école du génie de Mézières. La discipline impose les mathématiques, le dessin, la topographie et l’art des fortifications. Officier ingénieur, puis capitaine en 1777, il aborde la Révolution avec un savoir technique précieux. Son ascension est rapide : il dirige les travaux et les fortifications, devient général de brigade en 1794, puis général de division en 1795. Il commande un temps l’armée du Nord, de 1796 à 1797, à une époque où la victoire dépend autant du mouvement des troupes que de la capacité à maintenir routes, places fortes et magasins.

Conseiller d’État et ministre de l’Administration de la guerre
Après le 18 Brumaire, Bonaparte le nomme conseiller d’État. Des missions sur les côtes de Bretagne puis à Gênes montrent qu’il sait passer du terrain à l’administration civile. Le 12 mars 1802, il reçoit le ministère de l’Administration de la guerre. Il ne commande pas directement les opérations : il organise les vivres, les habillements, l’armement, les hôpitaux, les dépôts, les transports et les fournisseurs. Cette charge est essentielle pendant les grandes campagnes napoléoniennes. Dans une armée de masse, une bataille ne peut être gagnée si la logistique échoue.
Dejean reste à ce poste jusqu’en 1810. Ses rapports avec Napoléon, toujours attentif aux dépenses et aux délais, sont parfois difficiles. Il quitte le ministère après des désaccords sur les fournitures, sans perdre la considération acquise pour sa probité. Fait comte de l’Empire, il est nommé sénateur et grand trésorier de la Légion d’honneur. En 1812, il préside la commission militaire qui juge le général Malet après sa tentative de coup d’État, épisode où il manifeste une indépendance appréciée jusque chez ses adversaires.
Famille, portraits et postérité
La famille Dejean demeure liée à l’Empire. Veuf d’Alexandrine Marie Élisabeth Le Boucher d’Ailly, le général épouse en secondes noces Aurore Barthélémy. Robert Lefèvre peint vers 1805 leurs portraits en pendant : le général en uniforme de division, son épouse en robe rouge dans un paysage. Leur fils Auguste Dejean suit d’abord la voie des armes avant de devenir un naturaliste et entomologiste important. Il repose également dans la division 40.

Restauration et dernières années
En 1814, Dejean accepte des fonctions auprès du gouvernement provisoire, devient pair de France et gouverneur de l’École polytechnique. Son retour au service de Napoléon pendant les Cent-Jours lui fait perdre ces positions après la seconde Restauration. Il retrouve néanmoins la Chambre des pairs en 1819 et reprend des responsabilités liées à l’administration militaire. Il meurt à Paris en 1824. Son héritage est celui d’un grand serviteur de l’État, rigoureux et compétent, dont le nom rappelle que les guerres de l’Empire furent aussi des entreprises d’organisation à une échelle nouvelle.
Fonctions principales
- Officier du génie, général de division.
- Conseiller d’État après le 18 Brumaire.
- Ministre de l’Administration de la guerre, 1802-1810.
- Sénateur du Premier Empire.
- Gouverneur de l’École polytechnique.
- Pair de France sous la Restauration.
Distinctions et hommages
- Comte de l’Empire.
- Grand trésorier de la Légion d’honneur ; grand chancelier par intérim pendant les Cent-Jours.
- Chevalier de l’ordre de Saint-Louis, 1814.
- Nom gravé sur l’arc de triomphe de l’Étoile, pilier nord, colonne 5.