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BLANQUI Auguste

Qui est Auguste Blanqui ?

Date de naissance : 8 février 1805 (Puget-Théniers, Alpes-Maritimes, France).
Date du décès : 1er janvier 1881 (Paris, France) à 75 ans.
Activité principale : Révolutionnaire socialiste, journaliste et homme politique.
Nom de naissance : Louis Auguste Blanqui.
Surnom : « L’Enfermé ».

Où est la tombe d’Auguste Blanqui ?

La tombe est située dans la division 91.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire d’Auguste Blanqui au Père-Lachaise

Élevé en 1885, quatre ans après la mort d’Auguste Blanqui, le monument de la division 91 est l’œuvre de Jules Dalou. Le sculpteur a représenté le révolutionnaire allongé sur une dalle, enveloppé d’un manteau, les mains jointes sur la poitrine. La figure est fondue en bronze et posée sur un socle de pierre. Le choix d’un gisant grandeur nature donne au tombeau une présence immédiate, très différente d’un simple buste ou d’une stèle.

Le monument a été financé par souscription publique. Il se distingue aussi par sa réception : lors des obsèques de Blanqui, le 5 janvier 1881, une foule considérable accompagne le cortège jusqu’au Père-Lachaise. La tombe abrite également son épouse Amélie-Suzanne Serre, morte en 1841, ainsi que des membres de leur famille.

Vue générale de la tombe d’Auguste Blanqui au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Tombe d’Auguste Blanqui, par Jules Dalou.

La sculpture funéraire d’Auguste Blanqui

ManoSolo13241324, CC0, via Wikimedia Commons.
Vue récente du tombeau d’Auguste Blanqui.

Biographie d’Auguste Blanqui

Louis-Auguste Blanqui naît le 8 février 1805 à Puget-Théniers, alors dans les Alpes-Maritimes. Son père, Jean-Dominique Blanqui, a été député à la Convention ; son frère aîné, Adolphe, deviendra l’un des économistes libéraux les plus connus de son temps. Auguste arrive adolescent à Paris pour étudier au lycée Charlemagne. Il suit ensuite des cours de droit et de médecine, mais c’est la politique qui organise bientôt toute son existence.

Photographie d’Auguste Blanqui par Eugène Appert

Eugène Appert, domaine public, via Wikimedia Commons.
Auguste Blanqui photographié dans ses dernières années.

La Restauration nourrit très tôt son hostilité à la monarchie. Carbonaro dès 1824, il s’engage contre le procès des quatre sergents de La Rochelle, puis participe aux manifestations étudiantes du Quartier latin. En 1827, il est blessé à plusieurs reprises, dont une fois au cou. Il collabore aux journaux Le Producteur, puis Le Globe, et prend part aux journées de Juillet 1830. La révolution qui renverse Charles X ne le rapproche pourtant pas durablement du nouveau régime : la monarchie de Juillet lui paraît rapidement préserver les privilèges sociaux au lieu de les abolir.

Au sein de la Société des amis du peuple, il rencontre Philippe Buonarroti, François-Vincent Raspail et Armand Barbès. Sa conviction se précise : une insurrection spontanée ne suffit pas face à un État doté de la censure, de la police et de l’armée ; une organisation secrète, disciplinée et préparée est nécessaire. Il est condamné en 1832 après un procès de presse. Devant les juges, il se déclare « prolétaire » et met au premier plan l’opposition entre riches et pauvres. Cette conception de la conquête du pouvoir par une minorité militante donnera son nom au blanquisme.

Portrait d’Auguste Blanqui peint par Amélie-Suzanne Serre

Amélie-Suzanne Serre, domaine public, via Wikimedia Commons.
Portrait d’Auguste Blanqui peint par son épouse vers 1835.

Après avoir fondé la Société des Familles, il organise avec ses compagnons la Société des Saisons. Le 12 mai 1839, cette dernière tente de prendre le contrôle de Paris. L’insurrection échoue après deux jours de combats de rue. Blanqui parvient d’abord à se cacher, mais il est arrêté en janvier 1840 et condamné à mort ; la peine est commuée en détention perpétuelle. Les années qui suivent se déroulent notamment au Mont-Saint-Michel, dans des conditions qui ruinent sa santé. En 1841, il apprend en prison la mort de son épouse Amélie-Suzanne Serre. Leur fils Auguste est mort enfant ; cette disparition et le veuvage marquent durablement sa vie privée.

Libéré pour raisons de santé peu avant la révolution de Février 1848, il revient aussitôt à Paris. Il fonde la Société républicaine centrale, demande que le drapeau rouge remplace le drapeau tricolore et réclame un report des élections afin que la République sociale puisse s’installer. Le 15 mai 1848, une manifestation envahit l’Assemblée nationale. Blanqui est arrêté, tandis que les journées de Juin sont écrasées sans lui. Sa condamnation le renvoie pour dix ans dans les prisons de Doullens, Belle-Île, Corte puis Mascara, en Algérie.

Évadé en 1865, il se réfugie en Belgique et continue d’écrire contre le Second Empire. L’amnistie de 1869 lui permet de rentrer en France. Après la chute de Napoléon III, il fonde le quotidien La Patrie en danger, qui défend la résistance à la Prusse et s’en prend au gouvernement de la Défense nationale. Son journal paraît du 7 septembre au 8 décembre 1870.

Premier numéro du journal La Patrie en danger

Auteur inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons.
Premier numéro de La Patrie en danger, 7 septembre 1870.

Le 17 mars 1871, à la veille du soulèvement de la Commune de Paris, Blanqui est arrêté à Bretenoux, dans le Lot. Il se trouvait alors chez un médecin, affaibli par la maladie. Son absence est l’un des grands « et si » de la Commune : les communards demandent son échange contre les otages qu’ils détiennent, mais Adolphe Thiers refuse. Blanqui reste emprisonné durant toute la Commune, puis est condamné à la détention perpétuelle. Élu député de la Gironde en 1879, son élection est invalidée ; il est finalement gracié la même année.

Ses derniers mois sont consacrés au journal Ni Dieu ni maître, dont il dirige la publication jusqu’à sa mort. Il décède à Paris le 1er janvier 1881, après une allocution prononcée quelques jours plus tôt. Ses funérailles rassemblent une foule immense. Plus de trente années de sa vie ont été passées en prison, ce qui explique son surnom de « l’Enfermé ». Sa pensée, non marxiste, a exercé une influence durable sur une partie du mouvement ouvrier et sur les militants révolutionnaires de la fin du XIXe siècle.

Œuvres principales

  • Instruction pour une prise d’armes (1866), texte clandestin sur l’organisation insurrectionnelle.
  • La Patrie en danger (1870), journal quotidien fondé et dirigé par Blanqui.
  • L’Éternité par les astres, hypothèse astronomique (1872), réflexion rédigée pendant sa détention.
  • Ni Dieu ni maître (1880-1881), journal politique publié jusqu’à sa mort.
  • Critique sociale, textes réunis et publiés après sa mort.

Distinctions et hommages

  • Lauréat du Concours général durant sa scolarité au lycée Charlemagne.
  • Élu député de la Gironde en avril 1879 ; l’élection est invalidée par la Chambre.
  • Monument funéraire de Jules Dalou, inauguré au Père-Lachaise en 1885 grâce à une souscription publique.
  • Son nom a été donné à de nombreuses voies et établissements, dont le boulevard Auguste-Blanqui à Paris.