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BICHAT Xavier

DIV. 8 (1771-1802) Médecin, anatomiste. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..

Qui est Xavier Bichat ?

Date de naissance de Xavier Bichat : 14 novembre 1771 (Thoirette, France).
Date du décès : 22 juillet 1802 (Paris, France) à 30 ans.
Activité principale : Médecin, anatomiste, pathologiste, chirurgien, physiologiste.
Nom de naissance : Marie François Xavier Bichat.
Signe : Cancer.

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>> Division n° 8 <<

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Biographie de Xavier Bichat

Pionnier de l’anatomie générale et physiologiste hors pair, Xavier Bichat fait partie de ces génies ayant révolutionné les sciences médicales du XVIIIe siècle. Au cours d’une carrière (trop) courte mais intense, il publie de nombreuses études sur les propriétés physiologiques, l’anatomie générale, et l’action des différents tissus de l’organisme. Autant de découvertes qui constituent aujourd’hui, malgré la mort prématurée de l’illustre chirurgien, les bases de la médecine moderne.

La jeunesse d’un enfant prodige

Marie-François-Xavier Bichat naît le 14 novembre 1771 à Thoirette, une bourgade du Jura. Très jeune, le garçonnet suit les traces de son père, titulaire d’un double doctorat en médecine et en chirurgie, qui lui donne des cours d’anatomie et l’initie à l’art de la dissection, sur des chats notamment. Élève calme, appliqué et brillant, doué d’une mémoire extraordinaire, Xavier Bichat reçoit les louanges des différentes institutions qui l’accueillent au cours de sa scolarité, dont le collège des Pères Joséphistes de Nantua, puis le séminaire de Saint-Irénée de Lyon.

C’est en 1791 que Bichat entre dans le monde médical ; à l’Hôtel-Dieu de Lyon, il débute ses études de chirurgie sous l’encadrement d’un médecin très réputé à l’époque, Marc-Antoine Petit. Si l’habileté du jeune homme impressionne rapidement son maître, Bichat est toutefois forcé d’interrompre ses études en 1793, alors que la Révolution fait rage. Lyon, témoin des affrontements brutaux entre les partisans et les adversaires de la Révolution se retrouve sous les décombres. Engagé dans la Garde Nationale comme chirurgien de troisième classe, Bichat est affecté tour à tour à l’Hôpital de Grenoble, puis à celui de Bourg-en-Bresse.

Desault, une rencontre déterminante pour le jeune chirurgien

En 1794, alors que la situation semble s’apaiser, Bichat se rend à Paris. Sur les recommandations de son ex-maître lyonnais Marc-Antoine Petit, il parvient à intégrer le service du très renommé Pierre-Joseph Desault au Grand Hospice de l’Humanité (anciennement Hôtel-Dieu). Il s’y distingue rapidement. L’histoire raconte que chaque matin, un étudiant, désigné à tour de rôle, était appelé à résumer les apprentissages dispensés la veille par l’illustre chirurgien. À cette occasion, le jeune Bichat offre une analyse des fractures de la clavicule si claire et si bien structurée qu’il suscite l’enthousiasme non seulement de ses camarades étudiants, mais aussi de Pierre-Joseph Desault lui-même.

Impressionné par la vivacité d’esprit et les qualités d’analyse de son étudiant, Desault décide de le prendre sous son aile pour la suite de sa carrière. Il le nomme ainsi chirurgien-externe, l’hébergeant même chez lui auprès de sa femme et de son fils. Durant deux longues années, Xavier Bichat partage donc la vie de son maître et désormais ami, l’accompagnant dans ses travaux théoriques, ses opérations chirurgicales, ses visites auprès des patients. L’apprenti médecin rencontre alors les grands noms de la chirurgie de l’époque, comme Pinel, Cabanis ou encore Corvisart. En parallèle, Bichat continue de parfaire ses connaissances en matière d’anatomie, en disséquant par exemple des cadavres pour s’exercer pour les prochaines interventions chirurgicales. Travailleur infatigable, il lui arrive également de donner des cours du soir.

1795 : l’émergence d’un des plus importants chirurgiens de son temps

Le 27 mai 1795, Desault, suite à une visite auprès du jeune Louis XVII à la Prison du Temple, est atteint d’une violente fièvre et de frissons. Il rend l’âme deux jours plus tard. Bichat, reconnaissant pour ces années d’enseignement, ainsi que pour le gîte et le couvert apportés, décide de rendre la pareille et offre alors à son tour sécurité et protection à la veuve et au fils du chirurgien, laissés dans une situation plus que précaire. Le jeune médecin entreprend ainsi de terminer et publier les œuvres du disparu, notamment le quatrième volume du Journal de Chirurgie, ainsi que les Nouvelles Considérations sur les Maladies des Voies Urinaires

En 1796, Xavier Bichat fonde, avec dix-neuf de ses confrères – dont Laënnec, Pinel et Corvisart –  la Société Médicale d’Émulation, dédiée à la recherche et à l’enseignement anatomique, puis ouvre des cours privés d’anatomie et de médecine opératoire. Pour satisfaire ses besoins en cadavres, il n’hésite pas à se servir dans les cimetières de la banlieue parisienne. Il est surpris à plusieurs reprises, en pleine nuit, à déclouer des cercueils et ramener les corps, dans une vieille carriole, jusqu’à son amphithéâtre. Plus de 600 dissections seront nécessaires pour aboutir à la découverte des membranes synoviales, qui feront l’objet d’un des ouvrages médicaux les plus importants de l’époque, le Traité des Membranes en général et de Diverses Membranes en Particulier (1796).

Loué par l’ensemble de ses pairs, Bichat atteint pour ses travaux une notoriété telle qu’il obtient d’office son titre de doctorant de médecine, puis est nommé médecin expectant de l’Hôtel-Dieu. Ne s’arrêtant plus d’écrire, il publie six mois plus tard ses Recherches Physiologiques sur la Vie et la Mort, divisé en une partie théorique énumérant les différentes fonctions de l’organisme (respiratoires, digestives, …) et une partie expérimentale qui relate les interactions entre chacun des organes du corps humain. C’est de cet ouvrage que l’on retiendra la célèbre phrase « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort »

Un chirurgien émérite à la vie trépidante

En 1800, la Société d’Émulation et la Société de Médecine fusionnent pour devenir la Société de Médecine de Paris, dont Bichat est nommé Secrétaire à l’âge de 29 ans. Quelques mois plus tard, il est également promu médecin-chef de l’Hôtel-Dieu ; une accumulation de fonctions qui lui impose alors un rythme de vie des plus intenses. 

Entre sa présence à l’hôpital le matin, les cours qu’il dispense l’après-midi, les autopsies qu’il pratique le soir et ses recherches anatomiques la nuit, Bichat s’épuise à la tâche. Cela ne l’empêche pas de publier en 1801 un nouveau recueil en 4 tomes, Anatomie Générale appliquée à la Physiologie et à la Médecine, qui décrit avec clarté et finesse l’ensemble des organes et systèmes du corps humain. Concis, précis et imagé, symbole-même de l’érudition et de l’esprit d’analyse de son auteur, l’ouvrage suscite de nouveau l’admiration du monde médical. On dit qu’il rapportera pas moins d’un demi-million de francs à son éditeur.  

La mort prématurée d’un génie de la médecine

Malgré le succès et la reconnaissance de ses pairs, Bichat ne songe pas un seul instant à se reposer. Il s’attelle d’ailleurs à une réforme complète de la connaissance médicale de l’époque, en étudiant les effets, la combinaison et l’action de divers médicaments sur l’organisme. Ses essais sont soigneusement réalisés à l’Hôtel-Dieu, puis commentés et classés avec ses étudiants.

Mais cette œuvre titanesque, intitulée Anatomie Descriptive, ne sera pas achevée du vivant de son auteur. Ce recueil balailles une grande partie des de l’anatomie humaine, y compris, les voix salivaire, l’appareil urinaire, les reins, les appareils de la génération, etc… Le rythme trépidant, ainsi que les expériences auxquelles il soumet son organisme, ont vite raison de la santé de Bichat, qui commence à développer des crises d’hémoptysie de plus en plus fréquentes. Le 7 juillet 1802, il s’évanouit dans son laboratoire. Quelques jours plus tard, alors qu’il continue les visites auprès de ses patients, il est pris d’une forte fièvre et de violents maux de tête. Il sombre dans le coma rapidement, avant de finalement s’éteindre le 22 juillet 1802, à l’âge de 30 ans, dans les bras de sa fidèle amie, la veuve Desault. Sa mort provoque l’émotion de la communauté scientifique tout entière, et est à l’origine de la célèbre formule de Corvisart à son sujet : « Personne en si peu de temps n’a fait autant de choses et si bien ».

Le monument funéraire de Xavier Bichat au Père-Lachaise

Inhumé dans un premier temps au cimetière Sainte-Catherine, Xavier Bichat est ensuite transféré en 1845 au Père-Lachaise, où il repose désormais dans un tombeau de pierre des plus sobres, marqué par les affres du temps. Mais les hommages, et les progrès que ce prodige de la médecine aura permis pour les sciences anatomiques ne tomberont jamais dans l’oubli : son nom et son visage figurent en effet sur la Tour Eiffel et le fronton du Panthéon, et ce, pour l’éternité.

Pour aller plus loin…

Découvrir des ouvrages sur Xavier Bichat :

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