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BÉRARD Christian

Qui est Christian Bérard ?

Date de naissance : 20 août 1902 (Paris 7e).
Date du décès : 11 février 1949 (Paris) à 46 ans.
Activité principale : Peintre, illustrateur, scénographe, décorateur et créateur de costumes.
Nom de naissance : Christian Jacques Bérard.
Surnom : Bébé.

Où est la tombe de Christian Bérard ?

La tombe est située dans la division 16

Père-Lachaise PLAN des divisions

Le monument funéraire de Christian Bérard au Père-Lachaise

Christian Bérard repose dans la division 16, chemin de Lesseps, première ligne. Sa sépulture porte une inscription très simple : « Christian BÉRARD, 1902-1949 ». Le monument ne cherche pas à traduire par un décor spectaculaire la carrière du peintre et scénographe ; il se distingue au contraire par sa sobriété. Cette simplicité contraste avec l’univers théâtral, coloré et foisonnant de celui que ses proches surnommaient « Bébé ».

Tombe de Christian Bérard au Père-Lachaise

Tombe de Christian Bérard au cimetière du Père-Lachaise, division 16.
Evergreen68, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Seconde vue de la tombe de Christian Bérard

Seconde vue de la sépulture de Christian Bérard.
ManoSolo13241324, CC0, via Wikimedia Commons.

Biographie de Christian Bérard

Christian Jacques Bérard, dit « Bébé », fut l’une des grandes sensibilités visuelles du Paris des années 1930 et 1940. Peintre, décorateur, créateur de costumes, illustrateur et scénographe, il a laissé son empreinte sur le théâtre, le ballet, le cinéma et la mode. Son nom reste associé à Jean Cocteau, Louis Jouvet, Christian Dior, Boris Kochno et aux Ballets russes de Monte-Carlo ; mais son œuvre ne se résume pas à ces collaborations prestigieuses. Elle tient à une manière très personnelle de composer les couleurs, les silhouettes et les espaces, avec une poésie souvent mélancolique qui a fortement marqué le goût de son époque.

Une formation de peintre

Né le 20 août 1902 dans le 7e arrondissement de Paris, Christian Bérard grandit dans une famille bourgeoise. Son père, André Bérard, est architecte. Il perd sa mère, Marthe de Borniol, alors qu’il est encore jeune. Après le lycée Janson-de-Sailly, il entre en 1920 à l’Académie Ranson, lieu important pour une génération qui cherche à sortir de l’académisme sans rompre avec la peinture figurative. Les leçons d’Édouard Vuillard et de Maurice Denis comptent parmi ses premières références.

Autoportrait de Christian Bérard vers 1934

Christian Bérard, Autoportrait, vers 1934.
Christian Bérard, domaine public, via Wikimedia Commons.

Il expose dès 1925 à la galerie Pierre, puis à la galerie Eugène Druet. Entre 1926 et 1930, il est rattaché au groupe dit néo-humaniste ou néo-romantique, défendu par le critique Waldemar George. Avec les frères Berman, Pavel Tchelitchev, Kristians Tonny ou Joseph Floch, il participe à un retour à la figure et au récit, loin des seuls impératifs de l’abstraction. Ses tableaux privilégient les visages, les corps et les paysages intérieurs ; déjà, la peinture chez lui semble appeler le décor et la scène.

Du tableau au décor

À partir du milieu des années 1930, Bérard expose moins, sans cesser de peindre, et déplace une part croissante de son activité vers les arts appliqués. Il travaille avec le décorateur Jean-Michel Frank, pour lequel il réalise notamment des panneaux peints et des projets de tapis. Il conçoit aussi des décors d’intérieur, dont un vestibule en trompe-l’œil pour la maison Guerlain. Cette circulation entre peinture, mobilier, architecture intérieure et scène devient l’une des clefs de son style.

Le théâtre lui offre le lieu où ces expériences prennent toute leur ampleur. Dès 1930, il collabore avec Jean Cocteau et Louis Jouvet. Les décors ne sont pas, pour lui, un simple fond placé derrière les acteurs : ils organisent la lumière, la couleur et le mouvement, tout en donnant à chaque pièce sa température poétique. Il imagine les décors et les costumes de La Machine infernale, L’École des femmes, L’Illusion comique, Le Corsaire, Ondine, La Folle de Chaillot, Les Bonnes et Dom Juan.

Maquette de costume de Mercure pour Amphitryon par Christian Bérard

Christian Bérard, maquette de costume de Mercure pour Amphitryon.
Christian Bérard, domaine public, via Wikimedia Commons.

Ballets, Cocteau et Boris Kochno

À partir de 1929, Christian Bérard partage sa vie avec Boris Kochno, ancien secrétaire de Serge de Diaghilev et librettiste. Leur couple tient une place importante dans les milieux théâtraux et mondains de l’entre-deux-guerres. Ils collaborent pour les Ballets russes de Monte-Carlo puis pour les Ballets des Champs-Élysées, notamment dans l’entourage de Roland Petit. Cette proximité avec le ballet nourrit le goût de Bérard pour les costumes, les figures stylisées et les espaces scéniques conçus comme des tableaux vivants.

Il est également une présence constante dans l’univers de Cocteau. En 1946, pour La Belle et la Bête, Bérard conçoit les décors et les costumes. Son travail contribue directement au caractère visuel du film, de ses intérieurs enchantés à l’apparence de la Bête. Cette réussite au cinéma ne le détourne pas de la scène : il poursuit au contraire son activité au théâtre avec une énergie considérable jusqu’à la fin de sa vie.

Mode, illustration et Paris après la Libération

La mode constitue l’autre territoire majeur de son œuvre. À partir de 1935 et jusqu’à la fin de 1948, Bérard entretient une collaboration régulière avec Vogue. Il travaille aussi pour Harper’s Bazaar, auprès de Carmel Snow. Ses images participent à l’élaboration de ce que l’on a appelé le « style 40 », fait de silhouettes souples, de couleurs sourdes et de fantaisie dramatique.

Après la Libération, il prend part au Théâtre de la Mode, entreprise collective destinée à relancer et à faire connaître la création parisienne. Il dessine le célèbre Tailleur Bar de Dior et participe à la décoration de la boutique Dior avenue Montaigne. Pour Bérard, le vêtement, le décor et l’illustration ne sont jamais des domaines secondaires : ils prolongent la peinture dans la vie quotidienne et dans le spectacle.

Une disparition brutale

Christian Bérard meurt brutalement en février 1949, alors qu’il assiste aux répétitions des Fourberies de Scapin au théâtre Marigny. Il a quarante-six ans. Ses obsèques sont célébrées à l’église Saint-Sulpice. La disparition de cet artiste très entouré provoque une vive émotion dans les milieux du théâtre, des arts et de la mode.

Ses amis lui rendent hommage par leurs œuvres. Francis Poulenc compose son Stabat Mater à sa mémoire en 1950. La même année, Jean Cocteau dédie Orphée à celui qu’il appelait « Bébé ». Ces hommages disent la place singulière qu’occupait Bérard : celle d’un artiste dont le travail, souvent réalisé pour les autres, avait donné une forme immédiatement reconnaissable à une part essentielle du Paris artistique de son temps.

Créations principales

  • Théâtre : La Voix humaine (1930), La Machine infernale (1934), L’École des femmes (1936), L’Illusion comique (1937), Ondine (1939), La Folle de Chaillot (1945), Les Bonnes (1947), Dom Juan (1948) et Partage de midi (1949).
  • Ballet : Cotillon (1932) pour les Ballets russes de Monte-Carlo, ainsi que des créations pour les Ballets des Champs-Élysées.
  • Cinéma : décors et costumes de La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946).
  • Mode et illustration : dessins pour Vogue et Harper’s Bazaar, participation au Théâtre de la Mode et travail pour Christian Dior.