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BELLMER Hans

Qui est Hans Bellmer ?

Date de naissance : 13 mars 1902 (Kattowitz, alors Empire allemand, aujourd’hui Katowice, Pologne).
Date du décès : 23 février 1975 (Paris) à 72 ans.
Activité principale : Peintre, dessinateur, photographe, graveur et sculpteur surréaliste.
Nationalité : Allemande, puis française.
Nom de naissance : Hans Hermann Bellmer.

Où est la tombe de Hans Bellmer ?

Division 9, concession 16 P 1970.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Hans Bellmer au Père-Lachaise

Hans Bellmer repose dans la division 9 avec Unica Zürn, écrivaine et artiste allemande qui fut sa compagne pendant de nombreuses années. La pierre porte leurs deux noms et les dates de leur vie. On y lit aussi l’inscription : « Mon Amour te suivra dans l’Éternité. Hans à Unica ». Cette phrase, gravée sur le monument, résume sans commentaire ajouté la place centrale qu’a tenue leur relation dans la dernière partie de la vie de l’artiste.

Tombe de Hans Bellmer et Unica Zürn au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Tombe de Hans Bellmer et Unica Zürn au Père-Lachaise.

Tombe d’Unica Zürn au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Tombe d’Unica Zürn, qui repose avec Hans Bellmer.

Biographie de Hans Bellmer

Hans Bellmer est l’un des artistes les plus singuliers et les plus controversés du surréalisme européen. Son œuvre, construite autour du dessin, de la photographie, de la gravure et de la sculpture, interroge le corps, le désir, la métamorphose et la violence des images. Elle ne cherche jamais à rassurer. À partir des années 1930, Bellmer développe un vocabulaire visuel immédiatement identifiable, qui fera de lui une figure majeure de l’avant-garde, tout en suscitant des débats durables sur la représentation du corps et l’érotisme.

Il naît en 1902 à Kattowitz, en Haute-Silésie. Son père, ingénieur, souhaite le voir suivre une voie technique ; Bellmer étudie quelque temps l’ingénierie et l’architecture, mais la peinture, le théâtre et la littérature l’attirent davantage. À Berlin, il travaille dans la publicité et l’illustration, tout en se rapprochant des milieux artistiques modernes. Ce détour par les arts graphiques est décisif : il lui donne une attention particulière aux procédés de reproduction et à la circulation des images.

Plaque commémorative consacrée à Hans Bellmer à Berlin

Wikimedia Commons.
Plaque commémorative consacrée à Hans Bellmer à Berlin.

En 1933, l’arrivée des nazis au pouvoir nourrit chez lui une opposition radicale à l’ordre, à la discipline et au culte du corps normé. Il entreprend alors La Poupée, ensemble de sculptures et de photographies qui devient son œuvre fondatrice. Les corps y sont recomposés, déplacés, fragmentés ; Bellmer refuse la stabilité anatomique et transforme l’objet en énigme. Les images circulent dans les revues surréalistes et attirent l’attention d’André Breton, de Paul Éluard et de leurs proches.

Cette œuvre n’est pas seulement une provocation visuelle. Bellmer y met à l’épreuve l’idée même de représentation : que voit-on lorsqu’un corps cesse d’obéir à l’ordre habituel de ses membres ? Ses poupées, photographiées dans des décors domestiques ou végétaux, font du trouble un langage. Elles jouent un rôle majeur dans l’histoire de l’art surréaliste, mais elles restent aussi l’objet de lectures critiques indispensables, notamment sur la place du regard masculin et sur l’usage du corps féminin dans son imaginaire.

Gravure de Hans Bellmer, Hermaphrodite minotaur

Hans Bellmer / Wellcome Collection, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.
Hermaphrodite minotaur, gravure de Hans Bellmer.

Bellmer quitte l’Allemagne à la veille de la guerre et s’installe en France. Pendant le conflit, il connaît l’internement, puis séjourne dans le Sud-Ouest. Après 1945, Paris devient son principal lieu de travail. Il fréquente les surréalistes, participe aux échanges autour de Georges Bataille et développe une œuvre graphique d’une grande virtuosité technique. Ses dessins et gravures remplacent progressivement la fabrication de poupées : la ligne devient plus dense, plus mouvante, et le corps s’y déploie selon des associations mentales plutôt que selon une logique réaliste.

Au début des années 1950, il rencontre Unica Zürn. Poète, romancière et dessinatrice, elle partage avec lui le goût des métamorphoses et des formes imaginaires. Leur relation est intense, créatrice et difficile. Zürn se fait connaître par ses anagrammes et ses dessins ; Bellmer l’encourage et la photographie. Les deux artistes demeurent toutefois distincts : leur proximité ne doit pas faire disparaître l’œuvre propre d’Unica Zürn, aujourd’hui reconnue comme l’une des voix importantes de l’art et de la littérature d’après-guerre.

La reconnaissance de Bellmer grandit après la guerre. Ses œuvres sont exposées dans les galeries et les musées d’Europe et des États-Unis ; elles influencent la photographie, la performance et les pratiques contemporaines qui interrogent l’identité corporelle. En 1970, une attaque cérébrale le laisse très affaibli. Unica Zürn meurt la même année. Bellmer survit encore quelques années, mais sa santé se dégrade. Il meurt à Paris le 23 février 1975 et est enterré auprès d’elle au Père-Lachaise.

Œuvres et publications principales

  • La Poupée (1934), ensemble de sculptures et de photographies.
  • Les Jeux de la Poupée (1949), avec des textes de Paul Éluard.
  • Petite anatomie de l’inconscient physique ou l’Anatomie de l’image (1957).
  • Gravures, dessins et photographies réalisés à Paris après 1945.

Repères

  • 1902 : naissance à Kattowitz.
  • 1933-1934 : création de La Poupée.
  • 1938 : installation en France.
  • Début des années 1950 : rencontre avec Unica Zürn.
  • 1975 : mort à Paris et inhumation au Père-Lachaise.