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BELLIARD Augustin-Daniel, comte

Qui est Augustin-Daniel Belliard ?

Date de naissance : 25 mai 1769 (Fontenay-le-Comte, Vendée).
Date du décès : 28 janvier 1832 (Bruxelles, Belgique) à 62 ans.
Activité principale : Général de la Révolution et de l’Empire, diplomate.
Titre : Comte de l’Empire.

Où est la tombe d’Augustin-Daniel Belliard ?

Division 35 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire du général Belliard au Père-Lachaise

Augustin-Daniel Belliard est inhumé dans la division 35. Sa mémoire ne se limite pas à cette sépulture parisienne : Bruxelles, où il meurt alors qu’il représente la France auprès du jeune royaume de Belgique, lui a consacré un monument. Cette double présence rappelle les deux versants de son parcours : le soldat des campagnes révolutionnaires et impériales, puis le diplomate chargé de missions délicates après 1830.

Monument au général Belliard à Bruxelles

Wikimedia Commons.
Monument au général Belliard à Bruxelles, par Guillaume Geefs.

Biographie d’Augustin-Daniel Belliard

Augustin-Daniel Belliard naît le 25 mai 1769 à Fontenay-le-Comte, dans une famille de magistrats. La Révolution française lui ouvre une carrière qu’aucun cursus militaire traditionnel n’aurait pu lui offrir avec autant de rapidité. Il prend part à la formation d’une compagnie de jeunes citoyens en 1789, entre dans la garde nationale, puis est élu capitaine d’un bataillon de volontaires de la Vendée à la fin de 1791. Il a vingt-deux ans et apprend la guerre dans une armée en pleine transformation.

Portrait du général Augustin-Daniel Belliard

Domaine public, via Wikimedia Commons.
Portrait du général Augustin-Daniel Belliard.

Il sert bientôt auprès de Dumouriez dans l’armée du Nord. Valmy puis Jemappes lui donnent l’expérience du combat et de l’état-major. Lorsque Dumouriez passe à l’ennemi en 1793, Belliard est compromis par proximité : il est arrêté, dégradé, puis se rengage comme simple soldat dans un régiment de chasseurs. Cet épisode est essentiel pour comprendre sa réputation ultérieure. Sa carrière ne repose pas sur une ascension linéaire : il connaît une chute brutale, accepte de repartir du rang et retrouve progressivement la confiance de ses chefs.

Rétabli dans ses fonctions, il sert sous Hoche, puis rejoint l’armée d’Italie de Bonaparte. Il se distingue à Castiglione, Caldiero et Arcole. Le 18 novembre 1796, il est promu général de brigade. Ses qualités sont celles d’un officier mobile, attentif aux ordres et à la coordination des troupes. Elles expliqueront la place importante qu’il prend plus tard auprès de Murat, dont il devient l’un des principaux chefs d’état-major.

La campagne d’Égypte élargit encore son expérience. Belliard participe à la bataille des Pyramides, devient gouverneur de la Haute-Égypte et mène des opérations jusqu’en Nubie. Il combat à Héliopolis et prend part à la défense de l’armée française lorsque la situation se dégrade. Encerclé au Caire par les forces britanniques et ottomanes, il doit capituler le 22 juin 1801. Cette reddition ne met pas fin à sa carrière : de retour en Europe, il est promu général de division et reçoit le commandement de la 24e division militaire à Bruxelles.

Lettre autographe du général Belliard au Caire en 1801

Domaine public, via Wikimedia Commons.
Document autographe du général Belliard au Caire, 1801.

Au début de l’Empire, Belliard est au cœur des grandes campagnes. De 1805 à 1807, il sert auprès de Murat en Autriche, en Prusse et en Pologne. Il est présent à Ulm, Austerlitz, Iéna, Eylau et Friedland. À Austerlitz, il est nommé grand officier de la Légion d’honneur sur le champ de bataille. L’Empereur lui confie aussi des responsabilités de gouvernement, notamment à Berlin. Cette alternance de fonctions militaires et administratives donne la mesure de la confiance placée en lui.

Envoyé en Espagne en 1808, il devient gouverneur de Madrid. La guerre péninsulaire se révèle particulièrement difficile : les armées françaises y affrontent non seulement les forces régulières ennemies, mais aussi l’insurrection et une guerre d’usure. Belliard doit y tenir une capitale fragile, alors que l’autorité de Joseph Bonaparte reste contestée. En 1810, il reçoit le titre de comte de l’Empire.

Il retrouve Murat lors de la campagne de Russie, en 1812, puis participe à la campagne de Saxe. Grièvement blessé à Craonne en 1814, il traverse la chute de l’Empire comme l’un de ses serviteurs les plus constants. Louis XVIII le fait pair de France. Pendant les Cent-Jours, Belliard se rallie de nouveau à Napoléon et reçoit le commandement de l’armée de la Moselle. Après Waterloo, il est écarté de la pairie et emprisonné quelques mois, avant d’être libéré puis rétabli en 1819.

Buste du général Belliard à Fontenay-le-Comte

Wikimedia Commons.
Buste du général Belliard à Fontenay-le-Comte.

Sous la monarchie de Juillet, son ancienne proximité avec Louis-Philippe facilite son retour au premier plan. Il est envoyé à Bruxelles, dans un contexte où l’indépendance belge vient de bouleverser l’équilibre européen. Belliard contribue aux relations entre la France et le nouveau royaume. Il meurt subitement, le 28 janvier 1832, à Bruxelles, avant de pouvoir rejoindre une nouvelle affectation à Madrid. Son nom figure sur l’arc de triomphe de l’Étoile ; une rue de Bruxelles porte également son nom.

Campagnes et fonctions principales

  • Armée du Nord : Valmy et Jemappes.
  • Armée d’Italie : Castiglione, Caldiero et Arcole.
  • Campagne d’Égypte : bataille des Pyramides, Haute-Égypte et capitulation du Caire.
  • Chef d’état-major de Murat : campagnes de 1805 à 1807.
  • Gouverneur de Berlin, puis gouverneur de Madrid.
  • Campagnes de Russie et de Saxe.
  • Pair de France et ministre plénipotentiaire à Bruxelles.

Distinctions et repères

  • Général de brigade, 1796.
  • Général de division, 1801.
  • Grand officier de la Légion d’honneur, 1805.
  • Comte de l’Empire, 1810.
  • Pair de France sous la Restauration, rétabli en 1819.
  • Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile.