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BÉCAUD Gilbert

Qui est Gilbert Bécaud ?

Date de naissance : 24 octobre 1927 (Toulon, France).
Date du décès : 18 décembre 2001 (Boulogne-Billancourt, France) à 74 ans.
Activité principale : Auteur, compositeur, chanteur, pianiste.
Nom de naissance : Gilbert François Léopold Silly.

Où est la tombe de Gilbert Bécaud ?

Tombe Gilbert BÉCAUD

La tombe est située dans la division 45

Père-Lachaise PLAN des divisions

Le monument funéraire de Gilbert Bécaud au Père-Lachaise

Gilbert Bécaud repose dans la division 45, avenue transversale n° 1, première ligne. Sa sépulture est une stèle de pierre claire, volontairement sobre, gravée de son nom et de ses dates : « Gilbert Bécaud, 24 octobre 1927 – 18 décembre 2001 ». Elle ne cherche ni l’effet spectaculaire ni l’illustration musicale : les fleurs et les petits hommages déposés par les visiteurs y tiennent naturellement toute la place. Cette simplicité tranche avec l’énergie publique de « Monsieur 100 000 volts » et fixe, au Père-Lachaise, le souvenir plus intime de l’artiste.

Tombe de Gilbert Bécaud au cimetière du Père-Lachaise

Nicod, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Tombe de Gilbert Bécaud au Père-Lachaise.

Autre vue de la tombe de Gilbert Bécaud

Pierre André Leclercq, via Wikimedia Commons.
La sépulture de Gilbert Bécaud au Père-Lachaise.

Biographie de Gilbert Bécaud

Gilbert Bécaud a été l’une des grandes forces de la chanson française d’après-guerre : un pianiste, un compositeur et un interprète capable de transformer une salle en scène électrique. Pendant près d’un demi-siècle, il a imposé des mélodies immédiatement reconnaissables, une diction tendue et une présence physique qui lui ont valu le surnom de « Monsieur 100 000 volts ». Derrière ce personnage de scène se trouve François Gilbert Léopold Silly, né à Toulon le 24 octobre 1927, dans une France encore marquée par l’entre-deux-guerres.

Le piano, la guerre et les premiers pas

Son enfance est traversée par une rupture familiale : son père quitte le foyer. Sa mère se remarie avec Louis Bécaud, dont le jeune François adoptera plus tard le nom. Très tôt, le piano devient son langage le plus sûr. Il suit une formation au Conservatoire de Nice, où son goût pour la musique se précise. La Seconde Guerre mondiale interrompt ce parcours régulier : en 1942, il quitte l’école et participe à la Résistance avec sa famille. Cette expérience appartient à l’histoire d’un adolescent qui grandit trop vite, avant de rejoindre Paris après la Libération.

Gilbert Bécaud au piano en 1953

Studio Harcourt, via Wikimedia Commons.
Gilbert Bécaud au piano, 1953.

Dans les cabarets et les boîtes de nuit parisiennes, il se fait d’abord connaître comme pianiste accompagnateur. La rencontre avec le parolier Maurice Vidalin est décisive. Ensemble, ils écrivent pour la chanteuse Marie Bizet et apprennent à construire des chansons où la mélodie porte d’emblée une situation, une émotion ou un personnage. Bécaud accompagne ensuite Jacques Pills ; c’est au contact de ce milieu qu’il rencontre Édith Piaf. Elle l’encourage à ne plus rester derrière le clavier et à chanter lui-même ses compositions. Le conseil change sa vie.

La naissance de Monsieur 100 000 volts

En 1953, il interprète Mes mains et Les Croix. Son premier grand rendez-vous avec l’Olympia a lieu l’année suivante. En 1955, il y tient l’affiche et le succès est immédiat : sa façon de se jeter dans les chansons, de marteler le piano et de faire monter la salle en température donne au music-hall français une intensité nouvelle. Son costume bleu sombre, sa chemise blanche et sa cravate à pois deviennent des signes familiers ; mais l’essentiel reste cette énergie qui ne se réduit jamais à un effet de style.

Gilbert Bécaud en 1964

Nationaal Archief, CC0, via Wikimedia Commons.
Gilbert Bécaud, 1964.

La seconde moitié des années 1950 installe sa popularité : La Corrida, Le Jour où la pluie viendra, C’est merveilleux l’amour et Je t’appartiens comptent parmi les chansons qui circulent bien au-delà de la France. Ses mélodies se prêtent aux adaptations. Je t’appartiens devient Let It Be Me en anglais et connaît une vaste carrière internationale. Bécaud comprend très vite que l’exportation d’une chanson ne retire rien à son identité ; elle prouve au contraire la solidité de son écriture.

Son premier mariage, avec Monique Nicolas, en 1952, lui donne trois enfants. Après leur séparation, il épouse Kitty Saint-John en 1973 ; le couple a deux enfants. Sa vie privée est aussi souvent commentée par la presse, notamment lors de relations très médiatisées. Elle n’efface pas le travail quotidien du compositeur : Bécaud écrit constamment, seul ou avec des paroliers qui savent répondre à son sens de la mélodie, parmi lesquels Pierre Delanoë occupe une place majeure.

Gilbert Bécaud à Rome en 1958

Wikimedia Commons.
Gilbert Bécaud à Rome, 1958.

Des chansons devenues internationales

Le début des années 1960 marque un sommet. Et maintenant, publié en 1961, devient l’une de ses compositions les plus célèbres. Adaptée sous le titre What Now My Love, elle est enregistrée par de très nombreux artistes dans le monde anglophone. Bécaud ne se contente pourtant pas d’aligner les succès de variété. En 1962, il compose L’Opéra d’Aran, créé au Théâtre des Champs-Élysées sous la direction de Georges Prêtre. Ce projet ambitieux rappelle qu’il se pense d’abord comme un musicien, attentif à la scène lyrique autant qu’au format de trois minutes.

Gilbert Bécaud à Rome

Wikimedia Commons.
Gilbert Bécaud à Rome.

Avec Pierre Delanoë, il signe en 1964 Nathalie, chanson qui raconte la visite de Moscou guidée par une jeune femme russe. Le titre devient un phénomène populaire et accompagne l’image d’un artiste qui sait être à la fois sentimental, spectaculaire et curieux du monde. Viennent encore L’Important c’est la rose, Seul sur son étoile, L’Orange, Je reviens te chercher ou Un peu d’amour et d’amitié. Leur diversité est celle d’un répertoire qui a beaucoup emprunté au théâtre : une chanson de Bécaud commence souvent par installer un décor, puis fait surgir une voix ou un geste.

Il tourne également pour le cinéma, notamment dans Le Pays d’où je viens, et reste fidèle au plateau télévisé sans jamais renoncer à la scène. L’Olympia demeure son port d’attache parisien. Il y revient à de multiples reprises, y compris pour la réouverture de la salle reconstruite en 1997. Cet attachement est réciproque : pour plusieurs générations de spectateurs, son nom est indissociable du boulevard des Capucines et des grandes soirées de music-hall.

Gilbert Bécaud derrière son piano au théâtre du Capitole en 1968

André Cros / Archives municipales de Toulouse, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Gilbert Bécaud au théâtre du Capitole, 23 mars 1968.

Compositeur jusqu’au bout

Les décennies suivantes confirment l’ampleur de son activité. Bécaud compose pour d’autres interprètes et travaille avec des partenaires étrangers, dont Neil Diamond. Leur collaboration pour le film The Jazz Singer aboutit notamment à Love on the Rocks et September Morn. Il s’intéresse aussi à la comédie musicale : Roza, créée à Broadway en 1987, prolonge son désir de faire vivre ses mélodies dans un récit plus vaste.

Gilbert Bécaud en studio en 1997

Yann Benoist / Studio Musika, via Wikimedia Commons.
Gilbert Bécaud en studio, 1997.

La maladie l’éloigne par moments du rythme qu’il s’était imposé, mais il continue d’enregistrer, d’écrire et de retrouver son public. Il meurt le 18 décembre 2001, à 74 ans, sur sa péniche amarrée à Boulogne-Billancourt. Ses obsèques sont célébrées à l’église de la Madeleine, à Paris, avant son inhumation au Père-Lachaise. Le catalogue qu’il laisse compte environ 450 chansons : il témoigne d’une carrière menée avec une rare continuité, du piano des cabarets aux grandes scènes internationales.

Œuvres principales

  • Mes mains (1953)
  • La Corrida (1956)
  • Le Jour où la pluie viendra (1957)
  • Je t’appartiens (1955), adapté en anglais sous le titre Let It Be Me
  • Et maintenant (1961), adapté sous le titre What Now My Love
  • L’Opéra d’Aran (1962)
  • Nathalie (1964)
  • Seul sur son étoile (1966)
  • L’Important c’est la rose (1967)
  • Je reviens te chercher (1970)
  • Love on the Rocks et September Morn, avec Neil Diamond
  • Roza, comédie musicale (1987)

Distinctions et repères

  • Grand Prix du disque, 1960.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, 1974.
  • Commandeur des Arts et des Lettres.
  • Officier de la Légion d’honneur.
  • Officier de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne, 1973.
  • Nomination aux Grammy Awards en 1982, pour la musique de The Jazz Singer.