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BEAUMARCHAIS

Qui est Beaumarchais ?

Date de naissance : 24 janvier 1732 (Paris, France).
Date du décès : 18 mai 1799 (Paris, France), à 67 ans.
Activité principale : Écrivain, dramaturge, éditeur, inventeur, entrepreneur et diplomate.
Nom de naissance : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais.

Où est la tombe de Beaumarchais ?

La tombe de Beaumarchais se trouve dans la division 28 du cimetière du Père-Lachaise, au croisement des chemins Suchet et Masséna.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Beaumarchais au Père-Lachaise

Beaumarchais repose dans une sépulture familiale de la division 28, aujourd’hui désignée comme la tombe Delarue de Beaumarchais. Le monument, de pierre, prend la forme d’un tombeau vertical surmonté d’un fronton et d’une croix. Il porte le nom de l’écrivain, ainsi que ceux de membres de sa famille. Plus discret que ne le laisserait attendre la renommée de l’auteur du Mariage de Figaro, il rappelle que ses cendres ont connu une histoire mouvementée avant leur transfert au Père-Lachaise.

Mort en 1799, Beaumarchais fut d’abord inhumé à Paris, dans le jardin de son hôtel particulier. Sa dépouille fut ensuite transférée au Père-Lachaise au XIXe siècle. La tombe se situe non loin de l’ancienne demeure parisienne de l’écrivain, dans un secteur où se croisent plusieurs grandes figures des arts et de la politique.

Tombe de Beaumarchais au Père-Lachaise

Tombe de Beaumarchais, par Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Sépulture Delarue de Beaumarchais au Père-Lachaise

Sépulture Delarue de Beaumarchais, par Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Biographie de Beaumarchais

Pierre-Augustin Caron naît à Paris en 1732, dans une famille d’artisans aisés. Son père, André-Charles Caron, est maître horloger. Le jeune homme apprend le métier dans l’atelier familial, mais il se distingue vite par une imagination et une énergie qui dépassent la seule mécanique. Très tôt, il joue de la harpe, s’intéresse à la musique, écrit des vers et observe avec attention les règles de la société qui l’entoure. Cette curiosité, alliée à un goût très sûr de la parole, deviendra l’un des ressorts de toute sa vie.

Portrait de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais par Jean-Marc Nattier

Jean-Marc Nattier, Portrait de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, 1755, domaine public, via Wikimedia Commons.

À vingt ans, il met au point un mécanisme d’échappement destiné aux montres. L’invention est contestée par l’horloger du roi Jean-André Lepaute, qui en revendique la paternité. Pierre-Augustin porte l’affaire devant l’Académie des sciences et obtient gain de cause. Ce premier combat public lui apprend à défendre son nom, ses idées et ses intérêts par l’écriture. Il ne l’oubliera jamais. L’horlogerie lui ouvre également les portes de la cour : ses talents de musicien et de maître de harpe lui permettent de fréquenter les filles de Louis XV.

Son ascension sociale est rapide, mais elle s’accompagne de risques. Il épouse en 1756 Madeleine-Catherine Aubertin, une riche veuve, qui meurt l’année suivante. Il prend alors le nom de Beaumarchais, emprunté à une propriété familiale. Une seconde union avec Geneviève-Madeleine Wattebled, en 1768, se termine elle aussi par un décès précoce. Ces drames alimentent des rumeurs malveillantes, auxquelles s’ajoutent bientôt les rivalités de la finance et de la justice. Beaumarchais n’est pas encore le dramaturge célèbre : il est déjà un homme qui se bat pour exister dans un monde où la naissance pèse lourd.

Dans les années 1760, il mène des affaires en Espagne pour le compte de Joseph Paris Duverney, financier proche de la monarchie. Il découvre les ressorts du commerce international, mais aussi les intrigues de cour. À la mort de Duverney, un litige l’oppose à son héritier, le comte de La Blache. Le procès devient une cause publique. Pour se défendre contre le conseiller Goezman, Beaumarchais publie les célèbres Mémoires qui portent son affaire devant le public. Leur ironie, leur précision et leur audace frappent les lecteurs : avant même Figaro, il invente une voix qui dénonce la puissance des privilégiés sans renoncer au rire.

Portrait gravé de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

Portrait de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, d’après Charles-Nicolas Cochin, The Metropolitan Museum of Art, domaine public.

Le théâtre lui offre une autre scène. Après les drames bourgeois Eugénie et Les Deux Amis, dont l’accueil est réservé, il trouve son personnage décisif : Figaro. Dans Le Barbier de Séville, créé en 1775 après un premier échec et une profonde révision, le valet n’est plus seulement un ressort comique. Intelligent, mobile, bavard et lucide, Figaro possède une liberté de parole que son maître, le comte Almaviva, ne peut contrôler. La pièce conquiert le public et impose Beaumarchais comme auteur de premier plan.

Illustration du Barbier de Séville de Beaumarchais

Claude-Louis Desrais et Nicolas Dupin, Illustration du Barbier de Séville, domaine public, via Wikimedia Commons.

Beaumarchais est alors un auteur, mais aussi un acteur politique et économique. Sous le nom de Roderigue Hortalez, il organise une société commerciale qui permet d’acheminer, avec l’appui discret du gouvernement français, des armes et des fournitures aux insurgés américains en lutte contre la Grande-Bretagne. L’opération est complexe, coûteuse et risquée. Elle laisse Beaumarchais endetté, mais elle participe au soutien français à la guerre d’indépendance américaine. Dans le même temps, il mène des missions secrètes en Angleterre et en Allemagne pour le compte de la couronne.

Son plus grand triomphe arrive avec Le Mariage de Figaro. Achevée en 1778, la pièce est longtemps interdite par Louis XVI, qui y voit une attaque trop directe contre l’ordre social. La représentation est finalement autorisée en 1784. Le succès est immense. Figaro y lance une tirade devenue emblématique, où il oppose son mérite à la naissance des grands. Le rire de la comédie, la vivacité des intrigues et la critique des privilèges font de l’œuvre un événement culturel majeur à la veille de la Révolution.

Page de titre de l’édition de 1785 du Mariage de Figaro

Page de titre du Mariage de Figaro, édition Ruault, 1785, domaine public, via Wikimedia Commons.

La célébrité de Beaumarchais ne se limite pas à ses pièces. Il obtient le rétablissement des droits des auteurs dramatiques en fondant, avec d’autres écrivains, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, ancêtre de la SACD. Il entreprend aussi l’édition complète des œuvres de Voltaire. Ce chantier gigantesque, préparé avec l’appui de Condorcet et imprimé à Kehl, exige des capitaux, des protections politiques et une énergie considérable. Il veut offrir une édition fiable d’un écrivain longtemps surveillé par la censure et faire vivre son œuvre à l’échelle européenne.

Estampe du Mariage de Figaro, acte III scène 15

Le Mariage de Figaro, acte III, scène 15, estampe de 1784, domaine public, via Wikimedia Commons.

La Révolution bouleverse cette existence déjà romanesque. Beaumarchais accueille d’abord favorablement la fin des privilèges, mais son indépendance et ses affaires l’exposent vite. Accusé dans l’affaire des fusils de Hollande, il quitte la France et vit un temps à Londres puis à Hambourg. Il revient après la chute de Robespierre. Ses dernières années sont moins brillantes, même si le troisième volet de la trilogie de Figaro, La Mère coupable, créé en 1792, prolonge l’histoire des personnages dans un ton plus sombre.

Il meurt à Paris le 18 mai 1799, dans son hôtel du boulevard Saint-Antoine, sans avoir cessé de travailler. Sa vie fut faite d’inventions, de procès, de voyages, de spéculations, de missions secrètes et de théâtre. C’est pourtant Figaro qui lui assure une place unique dans la mémoire collective. À travers lui, Beaumarchais a donné une voix neuve à l’esprit critique des Lumières : une voix alerte, insolente et profondément moderne.

Œuvres principales

  • Eugénie, drame, 1767.
  • Les Deux Amis ou le Négociant de Lyon, drame, 1770.
  • Le Barbier de Séville, comédie, 1775.
  • Le Mariage de Figaro, comédie, 1784.
  • Tarare, opéra sur une musique d’Antonio Salieri, 1787.
  • La Mère coupable, drame, 1792.
  • Mémoires contre Goezman, 1773-1774.

Repères et distinctions

  • Inventeur d’un système d’échappement pour montres, 1753.
  • Fondateur, avec les auteurs dramatiques de son temps, de la première organisation de défense de leurs droits, ancêtre de la SACD.
  • Organisateur de l’édition de Kehl des œuvres de Voltaire, 1783-1790.
  • Acteur du soutien français aux insurgés américains par l’intermédiaire de la société Roderigue Hortalez et Cie.