Qui est François Bazin ?
Date de naissance : 4 septembre 1816 (Marseille, France).
Date du décès : 2 juillet 1878 (Paris) à 61 ans.
Activité principale : Compositeur d’opéras comiques, chef d’orchestre et pédagogue.
Nom de naissance : François Emmanuel Joseph Bazin.
Où est la tombe de François Bazin ?
La tombe de François Bazin est située dans la division 32 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de François Bazin au Père-Lachaise
François Bazin repose chemin Bernard, deuxième ligne, dans la division 32. Sa tombe, conçue par l’architecte Hector-Martin Lefuel, est surmontée d’un buste en marbre du sculpteur Amédée Doublemard. Signé et daté de 1879, ce buste avait été présenté au Salon la même année. L’inscription rappelle simplement : « F. Bazin, membre de l’Institut ». Le monument est inscrit au titre des monuments historiques.

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Vue de la sépulture de François Bazin.

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Buste de François Bazin, œuvre d’Amédée Doublemard.
Biographie de François Bazin
François Emmanuel Joseph Bazin naît à Marseille le 4 septembre 1816. Sa vie se déroule presque entièrement sous le signe de l’institution musicale parisienne : celle du Conservatoire, de l’Opéra-Comique, puis de l’Institut. Compositeur d’opéras comiques à succès pendant le Second Empire, il est aussi un professeur recherché, dont l’enseignement de l’harmonie et de la composition marque plusieurs générations d’élèves.

Auteur non précisé / Wikimedia Commons, domaine public.
Portrait de François Bazin.
Il rejoint le Conservatoire de Paris, où il reçoit notamment l’enseignement de Daniel-François-Esprit Auber, l’un des maîtres de l’opéra-comique français. Bazin assimile la précision de l’écriture, le sens du théâtre et l’attention à la clarté vocale qui caractérisent ce répertoire. En 1840, à vingt-trois ans, il remporte le premier Grand Prix de Rome avec sa cantate Loyse de Montfort, exécutée la même année à l’Académie des beaux-arts. Cette récompense lui ouvre le séjour romain et confirme son entrée dans la carrière musicale officielle.
De retour en France, il ne choisit pas de se consacrer uniquement à la scène. En 1843, il compose une messe, l’oratorio La Pentecôte et le psaume Super flumina Babylonis. L’année suivante, il est nommé professeur de solfège, puis d’harmonie au Conservatoire. En 1849, il devient titulaire de la classe d’harmonie et d’accompagnement pratique. Cette double activité, créatrice et pédagogique, restera l’axe durable de son existence.
Son premier opéra-comique, Le Trompette de Monsieur le Prince, est créé à l’Opéra-Comique en 1846. Il est suivi de Le Malheur d’être jolie, La Nuit de la Saint-Sylvestre et Madelon. Ces ouvrages correspondent au goût d’un public qui attend de l’opéra-comique une action vive, des numéros chantés immédiatement mémorisables et un dialogue étroit avec le théâtre parlé. Bazin y trouve un terrain parfaitement adapté à sa formation et à son sens de la construction musicale.

François Bazin, Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.
Manuscrit autographe pour le concours de cornet à pistons, Paris, 31 juillet 1857.
Le véritable tournant de sa carrière scénique arrive avec Maître Pathelin, créé en 1856. Cet opéra-comique en un acte, inspiré de la célèbre farce médiévale et écrit par Adolphe de Leuven et Ferdinand Langlé, demeure son ouvrage le plus fréquemment cité. Une de ses romances, « Je pense à vous », a survécu à la disparition du répertoire courant. Bazin sait faire passer la caractérisation dramatique par des formes simples, sans sacrifier l’élégance de l’écriture. Deux ans plus tard, il compose aussi l’oratorio Le Christ, preuve que sa production ne se limite pas à la légèreté du théâtre.
En 1860, après la démission de Charles Gounod, Bazin prend la direction de l’Orphéon municipal de Paris. Il travaille ainsi avec les grandes formations chorales de la capitale, parallèlement à ses obligations au Conservatoire. Son opéra-comique Le Voyage en Chine, créé en 1865 sur un livret d’Eugène Labiche et Alfred Delacour, est son autre grand succès. L’ouvrage reste représenté bien après la mort de son auteur et porte un regard de comédie sur l’ailleurs tel qu’il est alors imaginé par la scène parisienne.
La reconnaissance institutionnelle accompagne cette carrière. Chevalier de la Légion d’honneur en 1857, puis officier en 1876, Bazin est élu à l’Académie des beaux-arts le 5 avril 1873, au fauteuil de Michele Carafa. En 1871, il a obtenu la classe de composition du Conservatoire, qu’il conserve jusqu’à sa mort. L’enseignement devient alors son apport le plus constant : il transmet aux jeunes musiciens des outils d’harmonie, d’accompagnement et de composition fondés sur une solide pratique du métier.
François Bazin meurt à Paris le 2 juillet 1878. Son buste est installé l’année suivante au Père-Lachaise. La formule gravée sur son tombeau — « membre de l’Institut » — résume une carrière reconnue par les grandes institutions de son temps ; mais ses opéras et ses manuscrits rappellent surtout un musicien pour qui l’écriture, la scène et la transmission ne faisaient qu’un même travail.
Œuvres principales
- Loyse de Montfort, cantate, 1840.
- La Pentecôte, oratorio, 1843.
- Le Trompette de Monsieur le Prince, opéra-comique, 1846.
- La Nuit de la Saint-Sylvestre, opéra-comique, 1849.
- Madelon, opéra-comique, 1852.
- Maître Pathelin, opéra-comique, 1856.
- Le Christ, oratorio, 1858.
- Le Voyage en Chine, opéra-comique, 1865.
- L’Ours et le Pacha, opéra-comique, 1870.
Distinctions et fonctions
- Premier Grand Prix de Rome, 1840.
- Professeur de solfège puis d’harmonie au Conservatoire de Paris à partir de 1844.
- Professeur titulaire de la classe d’harmonie et d’accompagnement pratique, 1849.
- Directeur de l’Orphéon municipal de Paris après 1860.
- Professeur de composition au Conservatoire de Paris, 1871-1878.
- Membre de l’Académie des beaux-arts, élu en 1873.
- Chevalier de la Légion d’honneur, 1857 ; officier, 1876.