Qui est Charles Amouroux ?
Date de naissance : 24 décembre 1843 (Chalabre, Aude).
Date du décès : 23 mai 1885 (Paris 20e) à 41 ans.
Activité principale : Ouvrier chapelier, militant socialiste et syndicaliste, journaliste et homme politique.
Nom de naissance : Charles Amouroux.
Où est la tombe de Charles Amouroux ?
La tombe est située dans la division 76, section 3, première ligne.

Le monument funéraire de Charles Amouroux au Père-Lachaise
La sépulture de Charles Amouroux, accordée à perpétuité par délibération du Conseil municipal de Paris le 27 mai 1885, se distingue par son médaillon en bronze. D’un diamètre de 35 centimètres, ce portrait en relief est l’œuvre du sculpteur Jules Dalou, lui-même ancien communard. Il donne au monument une force particulière : le visage d’Amouroux y demeure associé à la mémoire de la Commune de Paris et à celle de ses engagements ouvriers et politiques.
L’inscription rappelle les étapes essentielles de sa vie publique : « ouvrier chapelier », membre de la Commune de 1871, conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine et député de la Loire.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Vue d’ensemble de la sépulture de Charles Amouroux.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Médaillon en bronze de Charles Amouroux, œuvre de Jules Dalou.
Biographie de Charles Amouroux
Charles Amouroux naît le 24 décembre 1843 à Chalabre, dans l’Aude. Son parcours le conduit vers Paris, où il exerce le métier d’ouvrier chapelier. Cette condition professionnelle n’est pas un détail dans sa trajectoire : elle explique son ancrage précoce dans les réseaux républicains, socialistes et syndicaux qui s’organisent alors dans les faubourgs de la capitale. Sous le Second Empire, la parole politique est étroitement surveillée ; Amouroux choisit pourtant les réunions publiques et les campagnes électorales comme lieux d’intervention.

Marius, domaine public, via Wikimedia Commons
Charles Amouroux, communard.
En 1869, il se fait remarquer par ses discours et par son opposition résolue au régime impérial. Les condamnations pour propos tenus dans les réunions publiques s’accumulent, de même que les poursuites pour insultes à l’empereur. Menacé d’une nouvelle peine, il doit quitter la France et se réfugie à Bruxelles en 1870. Cet exil l’amène à fréquenter des membres de l’Association internationale des travailleurs, l’Internationale, dont les idées nourrissent les débats du mouvement ouvrier européen.

Photographe anonyme, Paris Musées, CC0, via Wikimedia Commons
Portrait de Charles Amouroux, ouvrier chapelier et membre de la Commune.
Après la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, Amouroux participe à la défense de Paris assiégé. Membre de la Garde nationale, il est élu au Comité central, puis, le 26 mars 1871, au Conseil de la Commune pour le 4e arrondissement. Il y exerce d’abord les fonctions de secrétaire du Conseil avant d’être chargé des Relations extérieures. Ses prises de position le rangent parmi les élus favorables à une ligne ferme : il vote notamment pour le Comité de salut public et soutient, lors des débats de mai, le principe de représailles contre les otages. Ces choix, aujourd’hui documentés, appartiennent à la part la plus sombre et la plus disputée de l’expérience communarde.
La chute de la Commune bouleverse sa vie. Arrêté le 21 mai 1871, il s’évade d’un ponton en rade de Brest avant d’être repris. En juin 1872, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité et déporté à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Là encore, son itinéraire ne se laisse pas réduire à une image simple : en 1878, il prend part à la répression de l’insurrection kanak. Il bénéficie d’une grâce en mai 1880, dans le contexte de l’amnistie des communards, et peut revenir en métropole.

Paul Klenck, Paris Musées, CC0, via Wikimedia Commons
Portrait de Charles Amouroux.
Son retour à Paris ouvre une dernière période, très intense. Il devient journaliste au Mot d’Ordre, puis au Radical, et retrouve rapidement une place dans la politique municipale. En 1881, les électeurs du quartier de Charonne le choisissent comme conseiller municipal de Paris. Il participe alors à la vie d’une capitale dont les institutions municipales restent un terrain majeur de confrontation entre radicaux, socialistes et républicains modérés.

Amand Félix Marie Jobbé-Duval, domaine public, via Wikimedia Commons
Le bureau du Conseil municipal, en juillet 1883 ; Charles Amouroux figure parmi les membres représentés.
Le 5 avril 1885, Charles Amouroux est élu député de la Loire, au sein du groupe de l’extrême gauche. Ce succès ne lui laisse presque pas le temps d’exercer son mandat. Atteint de phtisie, il meurt à Paris le 23 mai 1885, à quarante et un ans, seulement quelques semaines après son élection. Sa tombe du Père-Lachaise, inaugurée dans les jours qui suivent, est donc aussi le souvenir d’une carrière interrompue au moment où elle semblait prendre une dimension nationale.

Photographe inconnu, Paris Musées, CC0, via Wikimedia Commons
Portrait photographique de Charles Amouroux.
Mandats et engagements
- Ouvrier chapelier et militant du mouvement ouvrier sous le Second Empire.
- Membre du Comité central de la Garde nationale, 1870.
- Membre du Conseil de la Commune de Paris pour le 4e arrondissement, 1871.
- Déporté en Nouvelle-Calédonie après sa condamnation de 1872 ; gracié en 1880.
- Journaliste au Mot d’Ordre et au Radical.
- Conseiller municipal de Paris pour le quartier de Charonne, élu en 1881.
- Député de la Loire, élu le 5 avril 1885, groupe de l’extrême gauche.