Qui est Alain (Émile-Auguste Chartier) ?
Date de naissance : 3 mars 1868 (Mortagne-au-Perche, France).
Date du décès : 2 juin 1951 (Vésinet, Yvelines) à 83 ans.
Activité principale : Philosophe, journaliste, essayiste.
Nom de naissance : Émile-Auguste Chartier.
Où est la tombe d’Alain ?
La tombe est située dans la division 94

Le monument funéraire d’Alain au Père-Lachaise
Alain repose dans la 94e division du Père-Lachaise. Sa tombe, simple et sobre, correspond à l’image d’un philosophe qui se méfiait des honneurs et des grandes mises en scène. Elle porte son nom civil, Émile-Auguste Chartier, et rappelle le pseudonyme sous lequel ses lecteurs l’ont connu. Le monument ne cherche pas l’effet : il invite plutôt à penser au professeur, au journaliste et au citoyen qui fit de l’exercice quotidien du jugement le centre de son œuvre.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Tombe d’Alain, division 94.
Biographie d’Alain
Émile-Auguste Chartier, dit Alain, est l’un des grands pédagogues et moralistes français du XXe siècle. Philosophe, professeur, journaliste et essayiste, il a choisi la forme brève des Propos pour parler de la liberté, du bonheur, de la guerre, de l’école et des passions. Sa pensée, attachée à la raison et à l’indépendance du jugement, a marqué des générations d’élèves.
De Mortagne-au-Perche à l’École normale supérieure
Il naît le 3 mars 1868 à Mortagne-au-Perche, dans l’Orne. Son père est vétérinaire. Après le lycée d’Alençon, il poursuit ses études au lycée Michelet de Vanves, où sa rencontre avec le philosophe Jules Lagneau est décisive. Lagneau lui transmet l’idée que penser n’est pas répéter une doctrine, mais exercer sans relâche son jugement.

Ikmo-ned, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Maison natale d’Alain à Mortagne-au-Perche.
Admis à l’École normale supérieure en 1889, il est reçu à l’agrégation de philosophie en 1892. Il enseigne ensuite à Pontivy, Lorient, Rouen, Paris et Vanves. Très tôt, il préfère le lycée à l’université : le contact avec les élèves, l’explication patiente des textes et l’éducation civique comptent pour lui autant que la recherche savante.

Auteur inconnu, Domaine public, via Wikimedia Commons
Élèves de l’École normale supérieure, dont Alain et Léon Blum.
Le professeur et les Propos
À partir de 1903, Alain publie dans la presse normande de courts articles qui deviennent les Propos. Il y part d’un fait banal, d’une humeur ou d’un événement pour entraîner le lecteur vers une réflexion. Cette forme directe explique son immense audience : la philosophie y est liée à la vie quotidienne et à la responsabilité de chacun.

Auteur inconnu, Domaine public, via Wikimedia Commons
Alain au lycée Henri-IV, 1914.
Nommé en 1909 en khâgne au lycée Henri-IV, il exerce une profonde influence sur ses élèves. Parmi eux figurent notamment Simone Weil, Raymond Aron, Georges Canguilhem, André Maurois et Julien Gracq. Alain ne cherche pas à former des disciples : son enseignement vise au contraire à rendre chacun capable de résister aux opinions toutes faites.
La guerre et le pacifisme
Pacifiste avant 1914, Alain s’engage pourtant volontairement dans l’artillerie lorsque la guerre éclate. Il refuse toute promotion au-delà du grade de brigadier et connaît directement la discipline militaire, le danger et la fatigue du front. Cette expérience nourrit Mars ou la guerre jugée, publié en 1921 : il y analyse la guerre comme une machine qui soumet les individus à la force.
Dans l’entre-deux-guerres, il reste une voix majeure du pacifisme et de la démocratie. En 1934, il participe à la fondation du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Sa position, née du traumatisme de 1914-1918, demeure complexe dans les années 1930 ; mais son principe ne varie pas : aucun pouvoir ne doit dispenser le citoyen de penser et de juger.
Les dernières années et une œuvre durable
Une attaque cérébrale en 1936 le laisse très diminué et l’oblige à vivre en fauteuil roulant. Il continue pourtant d’écrire, notamment son Journal, et épouse Gabrielle Landormy en 1945. Il meurt au Vésinet le 2 juin 1951, à quatre-vingt-trois ans.

Alainauzas, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Une édition de Propos sur le bonheur.
L’œuvre d’Alain conserve une place singulière par son style limpide et son exigence. Ses lecteurs y trouvent moins un système clos qu’une méthode : observer, douter, peser les mots et ne jamais abandonner sa liberté intérieure.
Œuvres principales
- Propos d’un Normand (1906-1914).
- Mars ou la guerre jugée (1921).
- Propos sur le bonheur (1928).
- Les Idées et les Âges (1927).
- Les Dieux (1934).
- Histoire de mes pensées (1936).
Repères et fonctions
- Élève de l’École normale supérieure (1889).
- Agrégé de philosophie (1892).
- Professeur de khâgne au lycée Henri-IV (1909-1933).
- Cofondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (1934).