Qui est Waléry Wroblewski ?
Nom complet : Walery Antoni Wróblewski.
Naissance : 27 décembre 1836 (Żołudek, aujourd’hui en Biélorussie).
Mort : 5 août 1908 (Ouarville, France) à 71 ans.
Activité : révolutionnaire polonais, militaire, homme politique, communard, imprimeur et ancien allumeur de réverbères.
Notoriété : chef de l’insurrection polonaise de 1863 et général de la Commune de Paris en 1871.
Où se trouve la tombe de Waléry Wroblewski ?
La tombe de Waléry Wroblewski se trouve dans la division 76 du cimetière du Père-Lachaise, près du Mur des Fédérés.

Le monument funéraire de Waléry Wroblewski au Père-Lachaise

La sépulture de Waléry Wroblewski, située dans la 76e division du Père-Lachaise, est formée d’un tombeau bas en pierre surmonté, à sa tête, d’un buste également sculpté dans la pierre. L’auteur de ce portrait n’est pas identifié. Le révolutionnaire y est représenté barbu, vêtu d’un manteau et d’un nœud au col, dans une composition volontairement simple.
La longue inscription gravée sur le monument rappelle ses deux grands engagements : l’insurrection polonaise de 1863 et la Commune de Paris de 1871, dont il fut l’un des généraux. Elle mentionne également le 101e bataillon, composé d’ouvriers des 5e et 13e arrondissements, placé sous son commandement pendant les combats contre les Versaillais.
La dédicace se termine par la formule « Au fils héroïque de la Pologne – Le Peuple de Paris », qui résume le double caractère polonais et parisien de cet hommage. La concession perpétuelle fut accordée gratuitement par le Conseil municipal de Paris après sa mort en 1908.


Biographie de Waléry Wroblewski
Une jeunesse dans une Pologne partagée
Walery Antoni Wróblewski naît le 27 décembre 1836 à Żołudek, dans le gouvernement de Grodno de l’Empire russe, territoire situé aujourd’hui en Biélorussie. Il appartient à une famille de petite noblesse polonaise appauvrie. Son père, Antoni, travaille comme forestier. Le jeune homme grandit dans une région où l’identité polonaise demeure forte malgré les partages de la Pologne et la politique de russification menée par l’administration tsariste.
Après des études à l’Institut de la noblesse de Vilnius, il entre à l’Institut impérial des eaux et forêts de Saint-Pétersbourg. Cette formation technique lui ouvre une carrière dans l’administration forestière. Il devient adjoint, puis directeur de l’école forestière de Sokółka. Mais l’école est aussi un foyer de discussions politiques : Wróblewski participe à un cercle clandestin qui prépare le réveil national et social de la région.

L’insurrection polonaise de 1863
Wróblewski se lie à Konstanty Kalinowski, l’un des chefs du mouvement révolutionnaire dans les territoires lituaniens et biélorusses. Ensemble, ils participent à la diffusion de Mużyckaja Prauda, journal clandestin imprimé en langue biélorusse et destiné aux paysans. Leur projet associe l’indépendance nationale à une transformation sociale : la libération de la Pologne ne peut, selon eux, être séparée de la question paysanne et de l’abolition des structures héritées du servage.
Lorsque l’insurrection de Janvier éclate en 1863 contre l’Empire russe, Wróblewski rejoint les « Rouges », courant démocratique et social du soulèvement. Il commande des unités dans la région de Grodno, puis en Podlachie et dans le gouvernement de Lublin. Habitué aux forêts et au terrain, il organise une guerre mobile avec des groupes moins nombreux que les forces impériales. Il participe à de nombreux affrontements et finit par exercer les fonctions de chef militaire régional.
Gravement blessé au début de 1864, il parvient à gagner la Galicie sous domination autrichienne, puis la France. L’insurrection est écrasée ; ses chefs sont exécutés, emprisonnés ou déportés. Pour Wróblewski commence une existence d’exilé politique. Il conservera toute sa vie la conviction que l’indépendance polonaise doit s’appuyer sur les classes populaires et s’inscrire dans un mouvement révolutionnaire européen.

L’exil et les métiers modestes à Paris
Arrivé à Paris en 1864, Wróblewski ne dispose ni de fortune ni de position officielle. Comme beaucoup de proscrits, il accepte des travaux modestes pour vivre. Il est notamment allumeur de réverbères, puis ouvrier imprimeur. Ces métiers souvent cités dans les notices biographiques ne constituent pas une anecdote pittoresque : ils témoignent de la précarité quotidienne des exilés politiques et de son contact direct avec le monde ouvrier parisien.
Il demeure actif au sein de l’émigration démocratique polonaise et milite au Comité de l’Union des démocrates polonais. Lorsque la guerre franco-prussienne éclate en 1870 et que Paris est assiégé, il propose au Gouvernement de la Défense nationale la formation d’une légion polonaise. Le projet est refusé. Il sert néanmoins dans la Garde nationale, où son expérience de l’insurrection et du commandement devient bientôt précieuse.

Général de la Commune de Paris
Après l’insurrection parisienne du 18 mars 1871, la Commune doit organiser sa défense face aux troupes du gouvernement réfugié à Versailles. Wróblewski se met au service du nouveau pouvoir. Il est nommé commandant des fortifications du sud de Paris, entre Ivry et Arcueil, avec le grade de général. Il réorganise des bataillons de la Garde nationale, impose autant que possible discipline et coordination et participe aux opérations autour des forts.
Sa compétence militaire est reconnue dans un commandement communard souvent miné par les rivalités et les changements de responsables. À la tête de fédérés principalement issus des 5ᵉ et 13ᵉ arrondissements, il organise la défense de la Butte-aux-Cailles. Les 24 et 25 mai, pendant la Semaine sanglante, ce secteur oppose une résistance acharnée à des forces versaillaises très supérieures. Menacé d’encerclement, Wróblewski ordonne finalement le repli vers la Bastille afin d’éviter l’anéantissement complet de ses hommes.
Alors que les principaux chefs sont morts, blessés ou coupés de leurs unités, on lui propose le commandement en chef des dernières forces de la Commune. Il refuse, jugeant qu’il ne reste plus assez d’hommes organisés pour exercer un véritable commandement. Il poursuit néanmoins le combat comme simple soldat. La Commune tombe le 28 mai au terme d’une répression massive. Wróblewski est condamné à mort par contumace, mais réussit à quitter la France.

Londres et la Première Internationale
Réfugié à Londres, Wróblewski rejoint le Conseil général de l’Association internationale des travailleurs, la Première Internationale. Il devient secrétaire correspondant pour la Pologne et représente les socialistes polonais dans les débats du mouvement ouvrier européen. Il entretient des relations étroites avec Karl Marx et Friedrich Engels, dont il partage l’opposition au courant de Mikhaïl Bakounine lors des conflits internes de l’organisation.
En 1872, il participe au congrès de La Haye, moment décisif qui consacre la rupture entre marxistes et anti-autoritaires. Son engagement reste lié à la cause polonaise : il défend une indépendance démocratique, obtenue par l’action populaire et non par la seule diplomatie des puissances. Il contribue aussi aux organisations de l’émigration polonaise à Londres, puis séjourne à Genève. Ces années sont politiquement actives, mais matériellement difficiles.

Le retour en France et les dernières années
L’amnistie des communards votée en 1880 lui permet de revenir légalement en France. Il s’installe un temps à Nice avant de regagner la région parisienne. Sans ressources stables, vieillissant et malade, il reçoit en 1901 une petite pension accordée par le gouvernement français. La reconnaissance officielle demeure tardive et modeste, mais les militants socialistes polonais et français continuent de voir en lui un lien vivant entre l’insurrection de 1863 et la Commune de 1871.
Walery Wróblewski meurt le 5 août 1908 à Ouarville, en Eure-et-Loir, à l’âge de 71 ans. Ses funérailles parisiennes, organisées le 16 août, rassemblent une foule considérable. Des militants portent l’églantine et la cocarde rouge tandis que le cortège gagne la division 76 du Père-Lachaise, près du Mur des Fédérés. Sa sépulture traduit la double fidélité qui a structuré sa vie : combattant pour une Pologne indépendante, il fut aussi l’un des étrangers auxquels la Commune confia ses responsabilités militaires les plus importantes.
Réalisations et engagements principaux
- Participation à la diffusion du journal clandestin biélorusse Mużyckaja Prauda.
- Commandement militaire dans l’insurrection polonaise de Janvier 1863.
- Militant de l’Union des démocrates polonais en exil.
- Commandant des fortifications du sud de Paris pendant la Commune de 1871.
- Défense de la Butte-aux-Cailles durant la Semaine sanglante.
- Membre du Conseil général de l’Association internationale des travailleurs.
Distinctions et fonctions
- Directeur de l’école forestière de Sokółka avant l’insurrection.
- Chef militaire des insurgés polonais dans les régions de Grodno, Podlachie et Lublin.
- Général de la Commune de Paris en 1871.
- Secrétaire correspondant pour la Pologne au Conseil général de la Première Internationale.
- Délégué au congrès de La Haye de 1872.
- Pension accordée par le gouvernement français en 1901.