Qui est Félix Ziem ?
Nom complet : Félix François Georges Philibert Ziem.
Naissance : 26 février 1821 (Beaune, France).
Mort : 10 novembre 1911 (Paris, France) à 90 ans.
Activité : peintre paysagiste, peintre de marines et dessinateur français.
Notoriété : artiste voyageur proche de l’École de Barbizon, célèbre pour ses vues lumineuses de Venise, Constantinople et de la Méditerranée.
Où se trouve la tombe de Félix Ziem ?
La tombe de Félix Ziem se trouve dans la division 93 du cimetière du Père-Lachaise, avenue transversale no 3.

Le monument funéraire de Félix Ziem au Père-Lachaise

La sépulture de Félix Ziem, située dans la 93e division du Père-Lachaise, est un monument très élaboré réalisé par le sculpteur Victor Ségoffin et inauguré le 19 octobre 1913, deux ans après la mort du peintre. Elle prend la forme d’un édicule ouvert à quatre colonnes, surmonté d’arcatures d’inspiration gothique et de décors sculptés.
Sous cette architecture repose un gisant en marbre grandeur nature de Félix Ziem, signé par Ségoffin et daté de 1912. Le peintre est représenté allongé, vêtu d’une ample blouse d’artiste, les mains croisées sur le corps. Autour du gisant figurent son nom ainsi que ses dates en chiffres romains : MDCCCXXI – MCMXI, soit 1821-1911.
À l’avant du tombeau apparaît également un lion ailé en bronze, référence explicite au lion de saint Marc et donc à Venise, ville qui occupa une place essentielle dans l’œuvre de Ziem et qu’il peignit à de très nombreuses reprises. Cet emblème donne au monument une dimension directement liée à son univers artistique.


Biographie de Félix Ziem
De Beaune à l’architecture
Félix François Georges Philibert Ziem naît le 26 février 1821 à Beaune, en Bourgogne. Son père, Georges Barthélémy Ziem, est tailleur d’habits et appartient à une famille venue d’Europe centrale ; sa mère, Anne-Marie Goudot, est issue d’une famille de tisserands de Nuits-Saint-Georges. En 1833, la famille s’installe à Dijon. Le jeune Félix est placé en apprentissage chez un architecte, puis obtient une bourse pour suivre les cours de l’École des beaux-arts de Dijon.
Il se distingue en dessin et en composition architecturale, remportant un premier prix en 1838. Un conflit avec la direction entraîne toutefois son exclusion. Cette rupture ferme la voie d’une carrière académique, mais libère un tempérament avide de mouvement. En 1839, il quitte Dijon et gagne Marseille à pied pour rejoindre son demi-frère. Il dessine les paysages rencontrés en route et commence à vendre aquarelles et vues pittoresques.

Marseille, Martigues et la découverte de la lumière
À Marseille, Ziem travaille brièvement auprès d’un architecte chargé du chantier du canal de Marseille. Il produit des relevés, des plans et des dessins, mais comprend bientôt que la peinture peut lui assurer une indépendance plus grande. Ses aquarelles du Vieux-Port et du littoral trouvent des acheteurs parmi les voyageurs et les notables. La Provence devient l’un des laboratoires essentiels de son art.
Il découvre Martigues, ses canaux, ses barques et ses étangs. Séduit par cette ville entre terre et eau, il y reviendra régulièrement et y fera construire un atelier en 1860. Les pêcheurs, le mistral, les reflets changeants de l’étang de Berre et les silhouettes des embarcations nourrissent une œuvre attentive aux effets atmosphériques. Cette relation durable explique que Martigues ait créé en 1908 un musée portant son nom, à la suite d’un don de l’artiste.

Le voyage comme méthode de travail
Ziem refuse de se fixer durablement. Dès les années 1840, il parcourt le sud de la France et l’Italie. Il visite ensuite Constantinople, la Grèce, la Russie, la Belgique, les Pays-Bas et l’Angleterre. Il voyage avec des carnets et recueille rapidement silhouettes, architectures, bateaux et variations du ciel. Ces études prises sur le motif sont ensuite retravaillées dans ses ateliers.
À Venise, découverte en 1842, il trouve son sujet de prédilection. La lagune, la place Saint-Marc, le palais des Doges, les voiles et les gondoles lui offrent un répertoire qu’il déclinera pendant plusieurs décennies. Il ne cherche pas la précision topographique absolue : il combine observations, souvenirs et imagination pour construire une Venise rêvée, baignée d’or, de rose et de bleu. Sa couleur claire et ses touches rapides annoncent par certains aspects les recherches impressionnistes, même si son art demeure lié au romantisme et à l’orientalisme.

Barbizon et les milieux artistiques
À partir des années 1840, Ziem fréquente aussi Barbizon et la forêt de Fontainebleau. Il y côtoie les peintres qui placent le paysage au centre de leur pratique, notamment Théodore Rousseau, Jean-François Millet, Narcisse Diaz de la Peña et Charles-François Daubigny. Il partage leur goût du travail en plein air et de l’observation directe, sans se fondre entièrement dans le groupe. Ses horizons méditerranéens, ses voyages et son imaginaire oriental lui donnent une place singulière à la lisière de l’École de Barbizon.
Il expose pour la première fois au Salon en 1849 et y participe régulièrement jusqu’à la fin des années 1860. Les collectionneurs apprécient ses paysages immédiatement reconnaissables. Ziem organise sa vie entre plusieurs lieux : Paris, où il dispose d’un atelier rue Lepic sur la butte Montmartre ; Martigues ; Nice ; et, pendant longtemps, Venise. Cette mobilité devient une méthode. Chaque atelier conserve études et souvenirs qui lui permettent de reprendre un même motif sous des lumières différentes.

Le succès d’un peintre indépendant
Le succès commercial de Ziem est considérable. Il vend directement une grande partie de sa production et acquiert une indépendance financière rare pour un artiste du XIXᵉ siècle. Ses tableaux circulent en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Cette demande l’amène à reprendre certains sujets, en particulier Venise et Constantinople, mais chaque toile varie par la lumière, le mouvement de l’eau et l’ordonnance des embarcations.
Son abondante production a parfois suscité des réserves critiques, certains lui reprochant la répétition de formules séduisantes. Pourtant, ses meilleures œuvres témoignent d’une grande liberté de touche et d’un sens aigu de la couleur. Admirateur de Claude Lorrain et de Turner, Ziem cherche moins à documenter un lieu qu’à restituer une sensation lumineuse. Le dessin d’architecture appris dans sa jeunesse soutient des compositions solides, tandis que la matière picturale anime le ciel et les reflets.

Reconnaissance officielle et générosité
Ziem est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1857, officier en 1878 puis commandeur en 1905. En 1901, le ministère de la Marine lui commande une grande toile représentant la visite du président Émile Loubet aux escadres française et italienne dans la rade de Toulon. Cette réalisation accompagne sa nomination comme peintre de la Marine et confirme la dimension officielle de sa carrière.
Sa réussite s’accompagne d’importantes donations. Il offre des œuvres à Beaune, Martigues et au Petit Palais. La présentation de la collection Ziem au musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris est inaugurée en 1905 en présence du président de la République. Il soutient également des œuvres de bienfaisance et contribue financièrement à la reconstruction du campanile de Saint-Marc après son effondrement en 1902. Ami d’Auguste Rodin dans ses dernières années, il demeure curieux des artistes plus jeunes.

Les dernières années
En 1910, des œuvres de Ziem provenant du legs Chauchard sont exposées au Louvre : fait exceptionnel, il devient l’un des premiers artistes vivants à entrer dans les collections présentées par le musée. Le musée Ziem de Martigues, créé en 1908, ouvre au public en 1910. Ces reconnaissances consacrent un parcours commencé loin des institutions, par le dessin, la marche et la vente d’aquarelles.
Félix Ziem meurt à Paris le 10 novembre 1911, à l’âge de 90 ans. Ses obsèques sont célébrées à l’église Saint-Jean de Montmartre avant son inhumation au Père-Lachaise. Son œuvre est aujourd’hui conservée notamment au Petit Palais, au musée Ziem de Martigues, au musée des Beaux-Arts de Beaune, au Louvre et dans de nombreuses collections internationales. Par son goût du voyage, ses recherches sur les reflets et la vibration colorée, il occupe une position originale entre paysage romantique, École de Barbizon, orientalisme et prémices de l’impressionnisme.
Œuvres principales
- Nombreuses vues de Venise : place Saint-Marc, Grand Canal, palais des Doges et lagune.
- Paysages et marines de Martigues et de l’étang de Berre.
- Vues de Constantinople et scènes orientalistes.
- Les Pêcheurs de Martigues rentrant au port par un coup de mistral.
- Toulon, visite du président Émile Loubet aux escadres française et italienne (commande de 1901).
- Bateaux et gondoles devant la place Saint-Marc.
- Lisière de forêt à Barbizon.
Distinctions et fonctions
- Chevalier de la Légion d’honneur en 1857.
- Officier de la Légion d’honneur en 1878.
- Peintre officiel de la Marine en 1901.
- Commandeur de la Légion d’honneur en 1905.
- Donateur majeur du Petit Palais, du musée de Martigues et des collections de Beaune.
- Premier artiste vivant exposé au Louvre à l’occasion du legs Chauchard en 1910.