Qui est Sextoy ?
Nom complet : Delphine Palatsi.
Pseudonyme : Sextoy, également écrit DJ Sex Toy.
Naissance : 7 octobre 1968 (Saint-Mandé, France).
Mort : 3 février 2002 (Nogent-sur-Marne, France) à 33 ans.
Activité : Disc-jockey française de house et de techno.
Notoriété : L’une des premières femmes DJ à acquérir une importante notoriété sur la scène électronique française.
Où se trouve la tombe de Sextoy ?

La tombe de Delphine Palatsi, dite Sextoy, se trouve dans la division 28 du cimetière du Père-Lachaise.
Le monument funéraire de Sextoy au Père-Lachaise

La sépulture de Delphine Palatsi, dite Sextoy, se trouve dans la 28e division du Père-Lachaise. Elle prend la forme d’une dalle funéraire rectangulaire en pierre claire, sur laquelle sont gravés son nom ainsi que celui de Serge Palatsi, mort en 2003.
À la tête de la tombe repose une grande plaque de bronze patiné, portant le nom « SEXTOY » et les dates 1968-2002. En son centre apparaît un cœur entouré d’une couronne d’épines, surmonté de deux colombes. Ce relief constitue l’élément le plus caractéristique de la sépulture.
Des fleurs et de petits objets sont régulièrement déposés sur la dalle. La tombe conserve ainsi le souvenir de celle qui fut l’une des pionnières de la scène techno française des années 1990, tout en restant une sépulture familiale simple et facilement identifiable par son imposant relief de bronze.

Biographie de Sextoy
Delphine Palatsi naît le 7 octobre 1968 à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. Elle grandit avant l’explosion de la musique électronique en France et construit sa culture dans un paysage où le rock, le punk, la pop, le cinéma et les images de la contre-culture occupent une place centrale. Cette diversité restera au cœur de ses mixes : Sextoy ne concevra jamais le métier de DJ comme l’enchaînement uniforme de morceaux appartenant à un seul genre.
La découverte de la house et de la techno
Des séjours à New York jouent un rôle décisif dans sa formation. Elle y découvre la culture des clubs et entend notamment Junior Vasquez au Tunnel. La house et la techno y sont déjà liées à des communautés, à des identités et à une liberté de la nuit que la scène parisienne commence seulement à développer. De retour en France, elle fréquente les premières fêtes libres, dont celles organisées près du pont de Tolbiac.
Au début des années 1990, le métier de DJ reste très majoritairement masculin. Les femmes sont présentes dans les publics et l’organisation des soirées, mais accèdent rarement aux platines et à la reconnaissance professionnelle. Delphine Palatsi fait partie de celles qui déplacent cette frontière. Son choix du pseudonyme Sextoy constitue une provocation assumée, mais aussi une manière de mettre la question du désir au centre d’une techno parisienne qu’elle juge parfois trop sage.
Les premières platines parisiennes
Elle commence à mixer au Scandalo, bar pour femmes de la rue Keller à Paris. La patronne, Nicole, lui donne sa chance. Cette première résidence lui permet de développer une identité sonore et scénique immédiatement reconnaissable. Elle joue ensuite dans plusieurs lieux majeurs de la capitale : le Rex Club, le Queen, L’Enfer, le Pulp et le Batofar.

Ses sets associent techno, house, deep house, remixes des années 1980, rock, hip-hop et musiques de films. Elle y introduit aussi des dialogues, des sons empruntés aux mangas, à l’univers Marvel, au cinéma asiatique ou à des productions érotiques. Le mix devient ainsi un montage culturel et un happening. Son goût pour David Bowie, le punk et le glam rock nourrit une esthétique androgyne qui la distingue dans le monde des clubs.
Une figure de la scène lesbienne et du Pulp
Sextoy est ouvertement lesbienne à une époque où cette visibilité reste rare dans le milieu musical français. À la fin des années 1990, elle devient l’une des figures du Pulp, club parisien consacré aux publics lesbiens mais ouvert à une scène artistique beaucoup plus large. Elle aurait elle-même proposé le nom du lieu, référence à la littérature populaire qui a longtemps offert aux identités lesbiennes un espace d’imaginaire et de représentation.
Autour du Pulp se croisent DJ, artistes, cinéastes, écrivaines et performeuses. Sextoy y exerce une influence qui dépasse sa programmation musicale. Son charisme, son style vestimentaire et son refus des catégories participent à faire du club un foyer culturel. Elle contribue à rendre visible une nouvelle génération de femmes derrière les platines et invite notamment Jennifer Cardini à jouer au Pulp en marge de la première Techno Parade.

Des clubs aux grands rassemblements électroniques
La carrière de Sextoy accompagne la transformation de la techno française. D’abord cantonnée aux raves et aux lieux clandestins ou alternatifs, cette musique entre progressivement dans les clubs établis, les médias et les grands événements urbains. Sextoy circule entre ces mondes sans abandonner l’esprit de liberté des débuts. Elle joue pour des publics très différents et se fait connaître au-delà des cercles spécialisés.
Sa présence à Radio FG et dans des clubs comme le Rex contribue à sa notoriété. Elle collabore aussi avec le styliste Jean-Paul Gaultier. Son approche ouverte, capable de faire dialoguer musiques populaires et sons électroniques exigeants, lui permet de toucher aussi bien la scène underground que les milieux de la mode, de l’art et de la littérature.

Une discographie brève mais représentative
Sextoy laisse peu d’enregistrements publiés, car son art s’exprime surtout dans l’instant du club. La compilation mixée Lick paraît en 2000. Elle est suivie de Club Pride 2001, publiée en 2001. Ces disques permettent de retrouver une partie de son éclectisme, mais ils ne restituent qu’imparfaitement la dimension visuelle, théâtrale et imprévisible de ses prestations.
Peu avant sa mort, elle travaille sur un projet d’album avec DJ Chloé. La presse annonce également un projet de triple disque avec Jennyfer et Chloé. Sa collaboration avec d’autres femmes de la scène électronique confirme son rôle de passeuse : elle ne se contente pas d’occuper une place nouvelle, elle contribue à ouvrir cette place à d’autres.
Une présence dans la littérature et le cinéma
La personnalité de Delphine Palatsi inspire plusieurs artistes. La réalisatrice Anna Margarita Albelo, dite La Chocha, la filme notamment dans Koko en 1997. La photographe et vidéaste Rebecca Bournigault réalise avec elle October Love Song en 1998. Ces images montrent une personne dont la présence dépasse la scène et dont l’univers se prête au portrait cinématographique.
La romancière Ann Scott, qui partage un temps sa vie, s’inspire d’elle pour le personnage d’Alex dans Superstars, roman publié en 2000 sur les nuits techno parisiennes. Après sa disparition, elle lui consacre aussi un texte dans Poussières d’anges. Sextoy devient ainsi un personnage littéraire autant qu’une musicienne, incarnation d’une génération vivant entre clubs, création et recherche d’identités nouvelles.
Une disparition brutale
Au début de 2002, Delphine Palatsi est épuisée après une décennie menée à un rythme intense. Elle séjourne dans une maison de repos à Nogent-sur-Marne. Le 3 février 2002, son cœur cesse de battre. La presse évoque un arrêt cardiaque ; elle n’a que 33 ans. Sa mort provoque un choc dans la scène électronique française.
Ses obsèques ont lieu le 13 février au crématorium du Père-Lachaise. Une collecte est organisée afin de financer sa stèle. Ses cendres sont ensuite inhumées dans la division 28. La tombe devient un point de rassemblement discret pour ses proches et pour les amateurs qui mesurent le rôle joué par Sextoy dans l’histoire des nuits parisiennes.
Les films consacrés à Sextoy
Pendant plusieurs années, Anastasia Mordin et Lidia Terki rassemblent des archives filmées entre 1993 et 2001. Elles réalisent deux documentaires complémentaires : Le Projet Sextoy et Sextoy Stories, présentés en 2013 et 2014. Témoignages, images de tournées et scènes intimes dessinent un portrait qui évite de réduire Delphine Palatsi à une légende de la fête.
Ces films, les récits de ses proches et ses rares compilations permettent de comprendre son importance. Sextoy fut l’une des premières DJ françaises à obtenir une visibilité forte dans un milieu dominé par les hommes. Elle lia la techno à la culture lesbienne, au rock, au cinéma et à la performance, tout en encourageant d’autres femmes à prendre leur place derrière les platines.
Œuvres principales
- Lick, compilation mixée (2000).
- Club Pride 2001, compilation mixée (2001).
- Koko, film d’Anna Margarita Albelo auquel elle participe (1997).
- October Love Song, vidéo de Rebecca Bournigault (1998).
- Le Projet Sextoy, documentaire d’Anastasia Mordin et Lidia Terki (2013-2014).
- Sextoy Stories, documentaire d’Anastasia Mordin et Lidia Terki (2013-2014).
Distinctions et fonctions
- DJ résidente et figure emblématique du Pulp à Paris.
- Programmée dans plusieurs clubs majeurs : Rex Club, Queen, L’Enfer et Batofar.
- Collaboratrice de Radio FG et de Jean-Paul Gaultier.
- Pionnière de la visibilité des femmes DJ sur la scène électronique française.