Catégories
Tombe

SEURAT Georges

Qui est Georges Seurat ?

Nom complet : Georges Pierre Seurat.
Naissance : 2 décembre 1859 (Paris, France).
Mort : 29 mars 1891 (Paris, France) à 31 ans.
Activité : Peintre et dessinateur.
Notoriété : Créateur du divisionnisme, couramment appelé pointillisme, et figure majeure du néo-impressionnisme.

Où se trouve la tombe de Georges Seurat ?

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 66
Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 66.

La tombe de Georges Seurat se trouve dans la division 66 du cimetière du Père-Lachaise. Il repose dans la sépulture familiale Seurat.

Le monument funéraire de Georges Seurat au Père-Lachaise

Tombe de Georges Seurat au cimetière du Père-Lachaise
Vue générale de la sépulture familiale de Georges Seurat, division 66. Photo : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0 1.0.

La sépulture de Georges Seurat, située dans la 66e division du Père-Lachaise, est un caveau familial en pierre, construit comme une petite chapelle funéraire. Sa façade étroite est fermée par une porte métallique ajourée à motifs géométriques, surmontée d’une plaque portant l’inscription « FAMILLE A. C. SEURAT ».

Le monument est coiffé d’un fronton triangulaire décoré de motifs sculptés, avec une petite croix au sommet. La pierre, aujourd’hui assombrie et marquée par le temps, donne à l’ensemble un aspect ancien qui contraste avec le dessin régulier de la porte et de la façade.

Georges Seurat, mort en 1891 à seulement 31 ans, repose dans ce caveau avec des membres de sa famille. La tombe conserve ainsi l’apparence d’une sépulture familiale de la fin du XIXe siècle, discrète dans ses dimensions mais immédiatement identifiable par le nom de Seurat inscrit au-dessus de l’entrée.

Inscription de la sépulture de Georges Seurat au Père-Lachaise
Autre vue de la tombe de Georges Seurat et de ses inscriptions. Photo : Staroad.fr, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Georges Seurat

Georges Pierre Seurat naît le 2 décembre 1859 au 60, rue de Bondy à Paris, dans une famille bourgeoise. Son père, Chrysostome-Antoine Seurat, est huissier de justice auprès du tribunal de la Seine ; sa mère, Ernestine Faivre, appartient elle aussi à un milieu aisé. Cette sécurité matérielle permettra au jeune artiste de travailler avec une indépendance rare, sans devoir adapter immédiatement sa peinture aux attentes du marché.

Le dessin comme première discipline

Seurat commence à dessiner vers l’âge de sept ans. Son oncle maternel Paul Haumonté, marchand de toiles et peintre amateur, encourage cette inclination. À l’école municipale de dessin qu’il fréquente adolescent, il rencontre Edmond Aman-Jean, qui restera l’un de ses amis les plus proches. Il se passionne pour Ingres, dont il admire la précision linéaire, et pour les théories de Charles Blanc sur la couleur et la composition.

En février 1878, Seurat entre à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier d’Henri Lehmann, ancien élève d’Ingres. Il y reçoit un enseignement académique fondé sur la copie, l’anatomie et le dessin. Ses résultats officiels restent modestes, mais il acquiert une maîtrise exceptionnelle du noir et blanc. Ses futurs dessins au crayon Conté feront naître les formes par des gradations de lumière plutôt que par un contour appuyé.

Portrait photographique de Georges Seurat en 1888
Georges Seurat photographié en 1888. Wikimedia Commons, domaine public.

Brest et les premiers ateliers parisiens

En 1879, il quitte l’École avec Aman-Jean et Ernest Laurent pour louer un atelier. Son service militaire l’emmène bientôt à Brest. Le port, les bateaux et les étendues marines deviennent des sujets d’étude. De retour à Paris en 1880, il installe un atelier rue de Chabrol puis boulevard de Clichy. Il dessine beaucoup, visite le Louvre et cherche une méthode capable d’unir la solidité de la grande peinture classique à l’observation moderne.

À partir de 1882, il se consacre pleinement à la peinture et au dessin. Il lit les travaux du chimiste Michel-Eugène Chevreul sur le contraste simultané des couleurs, ceux d’Ogden Rood sur l’optique ainsi que les réflexions de Charles Blanc. Il ne s’agit pas pour lui d’appliquer mécaniquement une recette scientifique, mais d’organiser la toile afin que des couleurs séparées se renforcent dans l’œil du spectateur.

Une baignade à Asnières : le premier manifeste

Entre 1883 et 1884, Seurat peint Une baignade à Asnières, vaste scène montrant de jeunes hommes au repos sur les bords de la Seine, face aux usines de Clichy. Refusée au Salon officiel de 1884, l’œuvre est présentée au Salon des artistes indépendants. Sa construction calme, ses silhouettes monumentales et sa lumière structurée rompent à la fois avec l’académisme et avec la touche spontanée des impressionnistes.

Une baignade à Asnières de Georges Seurat
Une baignade à Asnières, 1884, National Gallery, Londres. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Cette même année, Seurat participe à la fondation de la Société des artistes indépendants, organisée sans jury ni récompenses. Il y rencontre Paul Signac. Une amitié intellectuelle et artistique se noue entre les deux hommes. Signac adopte les principes de division de la couleur, tandis que Seurat trouve auprès de lui un soutien actif dans un milieu encore largement hostile à ses recherches.

La Grande Jatte et la naissance du néo-impressionnisme

De 1884 à 1886, Seurat travaille à sa composition la plus célèbre, Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte. Il réalise de nombreux dessins, études peintes et petits panneaux préparatoires. Sur la toile définitive, promeneurs, soldats, enfants et élégantes sont disposés avec une rigueur presque architecturale. Les petites touches de couleur pure créent à distance une vibration lumineuse qui contraste avec l’immobilité des personnages.

Un dimanche après-midi à la Grande Jatte de Georges Seurat
Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte, 1884-1886, Art Institute of Chicago. Wikimedia Commons, domaine public.

L’œuvre est exposée en 1886 lors de la huitième et dernière exposition impressionniste. Sa présence, soutenue par Camille Pissarro, provoque des tensions : Monet, Sisley et Caillebotte refusent de participer à une manifestation ouverte à ces jeunes expérimentateurs. Le critique Félix Fénéon reconnaît pourtant la nouveauté du tableau et forge le terme « néo-impressionnisme » pour désigner cette peinture méthodique.

Le procédé reçoit plusieurs noms : divisionnisme, chromo-luminarisme ou peinture optique. Le mot « pointillisme », devenu le plus courant, réduit cependant la méthode à la forme des touches. Seurat veut en réalité diviser les tons, équilibrer les complémentaires et soumettre lignes, valeurs et couleurs à une organisation cohérente. Son ambition dépasse l’effet décoratif : il cherche une grammaire moderne de la perception.

Les paysages maritimes et les scènes urbaines

Chaque été, Seurat quitte Paris pour les côtes de la Manche. Il travaille à Grandcamp, Honfleur, Port-en-Bessin, au Crotoy puis à Gravelines. Ces ports lui offrent des horizons dégagés, des jetées, des voiles et des architectures qu’il simplifie en formes stables. Les marines, plus silencieuses que ses grandes scènes parisiennes, montrent sa capacité à transformer un paysage observé en construction presque abstraite.

À Paris, il s’intéresse parallèlement aux loisirs modernes : cafés-concerts, cirques, bals et spectacles. Parade de cirque, Les Poseuses, Le Chahut et Le Cirque étudient les éclairages artificiels et les attitudes codifiées du divertissement. Seurat développe aussi une théorie expressive des lignes : les diagonales ascendantes suggèrent la gaieté, les horizontales le calme et les lignes descendantes la tristesse.

Le Chahut de Georges Seurat
Le Chahut, 1889-1890, Kröller-Müller Museum, Otterlo. Wikimedia Commons, domaine public.

Une personnalité réservée dans l’avant-garde

Seurat parle peu et protège jalousement son travail. Son sérieux lui vaut de la part d’Edgar Degas le surnom moqueur de « notaire ». Il expose avec les Indépendants et participe aux manifestations du groupe belge Les XX, mais reste en marge des rivalités. Autour de lui, Signac, Henri-Edmond Cross, Charles Angrand, Maximilien Luce et, pendant un temps, Camille Pissarro explorent les possibilités du néo-impressionnisme.

Sa vie privée est également tenue secrète. Il partage une relation avec Madeleine Knobloch, modèle de son tableau Jeune Femme se poudrant. Leur fils Pierre-Georges naît le 16 février 1890. Seurat ne révèle cette famille ni à sa mère ni à ses amis proches. Elle ne sera découverte qu’au moment de sa maladie et de sa mort.

Le Cirque, une œuvre interrompue

Durant l’hiver 1890-1891, Seurat travaille à Le Cirque, inspiré par le cirque Fernando. La piste, l’écuyère, l’acrobate et les gradins sont ordonnés selon un réseau de courbes, de diagonales et de contrastes colorés. L’œuvre est présentée inachevée au Salon des indépendants de mars 1891. Elle constitue son ultime tentative pour unir mouvement, spectacle populaire et construction scientifique.

Le Cirque de Georges Seurat
Le Cirque, 1891, musée d’Orsay, Paris. Wikimedia Commons, domaine public.

Pendant l’exposition, Seurat tombe brutalement malade. Il meurt le 29 mars 1891 dans son logement du boulevard de Magenta, à seulement 31 ans. Les témoignages évoquent une angine infectieuse, probablement une diphtérie, tandis que l’acte médical a aussi fait mention d’une congestion cérébrale. Son fils meurt quelques jours plus tard de la même infection. Madeleine Knobloch, enceinte d’un second enfant, le perd peu après.

La reconnaissance après la mort

À la demande de la famille, Félix Fénéon, Paul Signac et Maximilien Luce dressent l’inventaire de l’atelier. Fénéon devient l’un des principaux défenseurs de l’œuvre et contribue à établir son catalogue. Une grande exposition organisée en 1900 à La Revue blanche rassemble plus de trois cents pièces. Les peintures et dessins commencent alors à rejoindre des collections publiques et privées internationales.

La production de Seurat demeure concentrée : six grandes compositions, une trentaine de marines et scènes portuaires, environ cent soixante petits panneaux qu’il appelait ses « croquetons » et près de huit cents dessins. Cette œuvre brève a pourtant joué un rôle décisif. Les fauves, les cubistes et les futuristes retiennent de lui la possibilité de construire une image à partir d’unités colorées, de rythmes et de rapports calculés. La tombe discrète du Père-Lachaise abrite ainsi l’un des peintres qui ont le plus profondément renouvelé la représentation moderne.

Œuvres principales

  • Une baignade à Asnières (1883-1884).
  • Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte (1884-1886).
  • Les Poseuses (1886-1888).
  • Parade de cirque (1887-1888).
  • La Tour Eiffel (1889).
  • Le Chahut (1889-1890).
  • Le Cirque (1890-1891), resté inachevé.

Distinctions et fonctions

  • Cofondateur de la Société des artistes indépendants en 1884.
  • Participant à la huitième exposition impressionniste en 1886.
  • Invité aux expositions du groupe belge Les XX.
  • Principal initiateur du divisionnisme et figure fondatrice du néo-impressionnisme.