Qui est Caroline Rivière ?
Nom complet : Caroline Rivière.
Naissance : 2 février 1793 (Villefranche, France).
Mort : 12 juin 1807 (Paris, France) à 14 ans.
Notoriété : modèle de Mademoiselle Rivière, portrait peint par Jean-Auguste-Dominique Ingres et conservé au musée du Louvre.
Où se trouve la tombe de Caroline Rivière ?
Caroline Rivière repose avec ses parents au cimetière du Père-Lachaise, dans la 44e division.

Le monument funéraire de Caroline Rivière au Père-Lachaise
La sépulture familiale Rivière se présente comme un monument de pierre dominé par une colonne. La stèle est ornée d’un médaillon en marbre représentant Caroline de profil, entourée d’une couronne de fleurs. Cette effigie, qui n’est ni signée ni datée, maintient le souvenir de l’adolescente au cœur du monument consacré à la famille.
L’inscription consacrée à Caroline rappelle sa naissance à Villefranche le 2 février 1793 et sa mort à Paris le 12 juin 1807. Elle la qualifie de « modèle de bonté » et de « beauté », puis évoque le bonheur qu’elle procura à ses parents. Elle repose près de son père, Philibert Rivière, maître des requêtes au Conseil d’État. Sa mère, Marie-Françoise dite Sabine Rivière, est également associée à cette sépulture.


Biographie de Caroline Rivière
Caroline Rivière naît le 2 février 1793 à Villefranche, au cours d’une période profondément bouleversée par la Révolution française. Les documents conservés disent peu de chose de sa courte enfance. Sa mémoire est surtout liée à sa famille et à un tableau devenu célèbre : le portrait que Jean-Auguste-Dominique Ingres réalise lorsqu’elle a environ treize ans.
La famille de Philibert et Sabine Rivière
Caroline est la fille de Philibert Rivière, né en 1766, et de Marie-Françoise Rivière, souvent appelée Sabine. Son père mène une carrière administrative sous le Consulat puis l’Empire et devient maître des requêtes au Conseil d’État. Cette fonction place la famille dans les milieux officiels du régime napoléonien. Caroline a également un frère, Paul Rivière, né en 1794, qui suivra plus tard une carrière militaire.
Au début du XIXe siècle, commander son portrait à un artiste permet à une famille aisée d’affirmer son rang et de transmettre son image. Philibert Rivière fait appel à Ingres pour former un ensemble familial : le peintre représente séparément le père, la mère et leur fille. Les trois tableaux sont conçus comme des œuvres autonomes, mais leur réunion révèle une même ambition de mémoire.

Une commande décisive pour le jeune Ingres
Ingres est encore un jeune artiste lorsqu’il reçoit la commande. Élève de Jacques-Louis David et lauréat du prix de Rome en 1801, il attend de pouvoir partir pour l’Italie. Les difficultés financières de l’État retardent son séjour à Rome et l’obligent à rechercher des commandes. Les portraits de la famille Rivière appartiennent ainsi à ses premiers essais importants dans ce genre.
Le portrait de Caroline est daté de 1805 par le musée du Louvre et présenté au Salon de 1806. Il forme avec ceux de ses parents un ensemble familial. Ingres adopte trois formats différents : rectangulaire pour Philibert, ovale pour Sabine et cintré pour Caroline. Cette diversité donne à chacun une présence singulière tout en soulignant l’unité de la commande.

Mademoiselle Rivière
Dans Mademoiselle Rivière, Caroline apparaît debout, le corps légèrement tourné et le visage presque de face. Elle porte une robe blanche à taille haute, de longs gants et un boa d’hermine qui dessine une courbe autour de ses épaules. Le fond montre un paysage clair, traversé par un cours d’eau et ponctué d’un clocher. Le sommet cintré de la toile rappelle la forme de certains portraits de la Renaissance italienne.
La composition ne recherche pas une exactitude anatomique conventionnelle. La tête paraît grande, le cou allongé et le corps étroit. Ces choix, parfois critiqués au moment du Salon, participent aujourd’hui à la force du tableau. Ingres organise l’image par des lignes nettes, des oppositions de matières et une attention extrême portée au visage, aux étoffes, aux gants et à la fourrure.

Un visage devenu familier
Le regard direct de Caroline donne au portrait une présence inhabituelle. Le peintre conjugue l’apparente fragilité de l’adolescence avec une pose très construite. La blancheur de la robe et la lumière du paysage attirent le regard vers le visage, tandis que le boa sombre encadre la silhouette. Le tableau ne constitue pas un simple document sur la mode : il transforme l’image d’une jeune fille en une figure immédiatement reconnaissable.
Caroline est parfois présentée comme le « premier modèle » d’Ingres. La formule résume surtout la place particulière de son portrait parmi les premières commandes qui établirent sa réputation de portraitiste. Ingres avait déjà dessiné et peint d’autres figures, mais l’ensemble Rivière compte bien parmi ses premiers grands portraits exposés au public parisien.

Le paysage et la construction du portrait
Le paysage contribue fortement au caractère de l’œuvre. Ses lignes horizontales répondent à la ceinture argentée de la robe et contrastent avec la verticalité de la jeune fille. L’étendue d’eau, les collines et le clocher ne servent pas seulement de décor : ils éloignent la scène du portrait d’apparat traditionnel et donnent à la figure une atmosphère silencieuse.
Le traitement précis des accessoires révèle aussi la manière d’Ingres. Les textures de la mousseline, de l’hermine et du cuir sont rendues avec soin, mais elles restent soumises à la ligne générale. Le peintre privilégie l’élégance du contour et l’équilibre des formes. Cette recherche annonce les déformations expressives que l’on retrouvera dans plusieurs de ses œuvres majeures.

Une vie interrompue à quatorze ans
Caroline meurt à Paris le 12 juin 1807, à seulement quatorze ans, environ un an après la présentation de son portrait au Salon. Les sources accessibles ne permettent pas d’établir avec certitude la cause de son décès. Sa disparition transforme inévitablement la lecture du tableau, dont la jeunesse lumineuse contraste avec la brièveté de son existence.
Son père meurt en 1816 et sa mère en 1848. Ingres perd ensuite la trace des trois portraits. Lorsqu’il souhaite les réunir pour l’Exposition universelle de 1855, il ne parvient pas à les localiser. Le portrait de Caroline entre finalement au Louvre en 1870 par le legs de Sophie Robillard, épouse de son frère Paul Rivière. Il y est aujourd’hui conservé avec les portraits de ses parents.
La célébrité de Caroline Rivière est donc posthume et indissociable du regard d’Ingres. Les éléments connus de sa vie demeurent rares, mais son identité n’a pas été effacée derrière l’œuvre : son nom, ses dates, sa famille et sa sépulture permettent de restituer la personne réelle qui inspira l’un des portraits les plus singuliers du début du XIXe siècle.
Œuvre principale associée
- Mademoiselle Caroline Rivière, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1805, huile sur toile, musée du Louvre ; présenté au Salon de 1806.
- Ensemble familial des portraits de Philibert Rivière, Sabine Rivière et Caroline Rivière, peint par Ingres vers 1805-1806.
Repères et conservation
- Modèle d’un des premiers grands portraits d’Ingres.
- Portrait exposé au Salon de 1806.
- Tableau légué au musée du Louvre en 1870 par Sophie Robillard, épouse de Paul Rivière.
- Œuvre conservée au département des Peintures du musée du Louvre.