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PICARD Louis Benoît

Qui est Louis-Benoît Picard ?

Nom complet : Louis-Benoît Picard.
Naissance : 19 juillet 1769 (Paris, France).
Mort : 31 décembre 1828 (Paris, France) à 59 ans.
Activité : acteur, dramaturge, romancier et directeur de théâtre.
Notoriété : auteur de près de quatre-vingts ouvrages dramatiques, directeur de l’Opéra de Paris et de l’Odéon, membre de l’Académie française.

Louis-Benoît Picard fut l’un des auteurs comiques les plus joués entre la Révolution et la Restauration. Observateur des comportements sociaux, il bâtit une œuvre abondante autour des ambitions, des ridicules et des transformations de la société française. Sa carrière réunit presque tous les métiers du théâtre : auteur, acteur, chef de troupe, administrateur et directeur de grandes institutions parisiennes.

Où se trouve la tombe de Louis-Benoît Picard ?

La tombe de Louis-Benoît Picard se trouve dans la division 43 du cimetière du Père-Lachaise. La sépulture familiale accueille également Eudes Picard, astrologue, et le médecin Pierre Conso.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 43
Plan général du Père-Lachaise : la tombe de Louis-Benoît Picard se situe dans la division 43.

Le monument funéraire de Louis-Benoît Picard au Père-Lachaise

La sépulture est un monument familial en pierre. Les inscriptions, aujourd’hui partiellement altérées par le temps, rappellent plusieurs générations.

Vue générale de la tombe de Louis-Benoît Picard
Tombe de Louis-Benoît Picard au Père-Lachaise, division 43. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Inscriptions de la tombe de Louis-Benoît Picard
Détail des inscriptions de la sépulture Picard, division 43. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Louis-Benoît Picard

Louis-Benoît Picard naît à Paris le 19 juillet 1769 dans une famille qui lui destine une profession respectable. Son père est avocat au Parlement et son oncle maternel médecin. Élève appliqué, il commence des études de droit, mais le théâtre l’attire davantage que le barreau. Il joue dans des sociétés d’amateurs, découvre la scène sur de petits théâtres parisiens et se lie avec François Andrieux, futur dramaturge et académicien, dont l’amitié encourage ses premiers essais.

Du droit à la scène révolutionnaire

Picard écrit très jeune. Le Badinage dangereux, représenté en 1789, ouvre une carrière qui coïncide avec la Révolution française. Le bouleversement politique transforme les publics, les institutions et la liberté d’expression. Les théâtres se multiplient, tandis que les auteurs doivent saisir l’actualité sans s’exposer aux changements rapides de régime. Picard apprend à écrire vite, à construire des situations efficaces et à observer les nouvelles formes de sociabilité.

Ses premières pièces, parmi lesquelles Encore des Ménechmes, Le Passé, le Présent et l’Avenir et Les Visitandines, mêlent comédie de mœurs, satire et allusions contemporaines. Il ne cherche pas la grande éloquence tragique : ses personnages sont des ambitieux, des provinciaux, des financiers, des comédiens ou des bourgeois dont les travers naissent du désir de paraître. Cette attention au détail quotidien lui vaut plus tard le surnom de « Téniers de la comédie », par référence au peintre flamand des scènes populaires.

Portrait de Louis-Benoît Picard par Pauline Auzou
Louis-Benoît Picard entouré de scènes de ses pièces, portrait peint par Pauline Auzou en 1806. Wikimedia Commons, domaine public.

Acteur, auteur et chef de troupe

À partir de 1796, Picard mène de front l’écriture et le métier de comédien. Il joue pendant une dizaine d’années, expérience qui façonne sa dramaturgie. Il connaît de l’intérieur les contraintes des acteurs, la durée d’une scène, l’effet d’une réplique et la nécessité d’une progression immédiatement lisible. Ses textes sont conçus pour vivre devant un public, non pour la seule lecture.

Médiocre et rampant, créé en 1797, dénonce les accommodements d’un homme prêt à tout pour réussir. Les Comédiens ambulants, L’Entrée dans le monde et Les Voisins confirment sa fécondité. Picard travaille parfois avec des compositeurs et d’autres auteurs, notamment François Devienne et Alexandre Duval. Il entretient avec ce dernier une relation faite de collaboration, d’émulation et de querelles, caractéristique d’un monde théâtral où les succès sont rapides et les rivalités publiques.

En 1801, il prend la direction du théâtre Louvois. Trois ans plus tard, sa troupe s’installe au théâtre de l’Impératrice. Picard doit alors choisir les œuvres, distribuer les rôles, organiser les répétitions, équilibrer les comptes et satisfaire les autorités. Cette responsabilité administrative ne ralentit pas son écriture. Elle lui donne au contraire un laboratoire permanent pour éprouver ses pièces et comprendre les attentes du public parisien.

Lettre autographe de Louis-Benoît Picard en 1805
Lettre autographe de Louis-Benoît Picard à la cantatrice Caroline Branchu, 1805. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

La Petite Ville et la comédie de mœurs

Le plus durable succès de Picard est La Petite Ville, créée en 1801. La pièce examine les curiosités, les rivalités et les ambitions d’une société provinciale où chacun surveille son voisin. L’auteur ne construit pas un héros unique : il compose un tableau collectif, fait circuler les nouvelles et révèle les intérêts cachés derrière les convenances. Cette mécanique comique, fondée sur l’observation sociale, caractérise le meilleur de son théâtre.

Les Provinciaux à Paris, Le Mari ambitieux, Les Tracasseries, Les Marionnettes ou La Manie de briller prolongent cette enquête sur les mœurs. Picard montre les effets du rang, de l’argent, de la mode et de la réputation. Ses intrigues privilégient souvent les types sociaux plutôt que la profondeur psychologique ; cette méthode explique à la fois son succès immédiat et le vieillissement ultérieur d’une partie de son répertoire, très lié aux usages de son époque.

Costume pour Les Oisifs de Louis-Benoît Picard
Costume du personnage d’Armand dans Les Oisifs, comédie de Louis-Benoît Picard, 1809. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

L’Académie française et la direction de l’Opéra

Le 28 octobre 1807, Picard est élu à l’Académie française au fauteuil 13, en remplacement de Jean-Baptiste Dureau de La Malle. Bernardin de Saint-Pierre le reçoit le 24 novembre. Cette consécration distingue un auteur de comédies encore jeune, mais déjà extrêmement productif. Picard abandonne alors le métier d’acteur, sans quitter le théâtre ni l’administration culturelle.

La même année, après la réunion de sa troupe avec celle des Comédiens-Italiens, il devient directeur de l’Académie impériale de musique, c’est-à-dire de l’Opéra de Paris. Il occupe cette fonction jusqu’en 1816, traversant la fin de l’Empire, l’occupation de Paris et le retour des Bourbons. Diriger l’Opéra signifie administrer une institution coûteuse, soumise à la surveillance du pouvoir et aux exigences de chanteurs, danseurs, musiciens, décorateurs et fournisseurs. Ses correspondances témoignent de cette activité quotidienne.

Picard continue néanmoins à écrire : Les Ricochets, Le Jeune Médecin, Les Oisifs, Les Deux Lions ou Les Prometteurs appartiennent à ces années. Son œuvre passe sans rupture brutale de la société révolutionnaire à la société impériale, car son véritable sujet reste le comportement humain face à l’intérêt et au prestige.

La reconstruction de l’Odéon

En 1816, Picard prend la direction du théâtre de l’Odéon. Deux ans plus tard, un incendie détruit la salle. Il transporte temporairement sa troupe à la salle Favart et participe à la continuité de l’institution pendant la reconstruction. Le nouvel Odéon ouvre le 6 janvier 1820. Picard quitte la direction en 1821, après avoir assuré cette période complexe où il fallait maintenir un répertoire et un public sans disposer du bâtiment habituel.

Document iconographique pour Les Deux Philibert
Document iconographique pour Les Deux Philibert, comédie de Louis-Benoît Picard créée à l’Odéon en 1816. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Ces années voient naître Les Deux Philibert, Une matinée de Henri IV, La Maison en loterie, L’Intrigant maladroit et Un jeu de bourse. Picard observe désormais la société de la Restauration, la spéculation, les stratégies matrimoniales et les tensions entre les anciennes hiérarchies et les fortunes nouvelles. Sa longue pratique lui permet de transformer rapidement un fait social en ressort dramatique.

Romans, dernières œuvres et disparition

Parallèlement au théâtre, Picard publie des romans. Les Aventures d’Eugène de Senneville et de Guillaume Delorme, L’Exalté, Les Mémoires de Jacques Fauvel, Le Gil-Blas de la Révolution et Les Gens comme il faut et les petites gens développent sur un espace plus large son intérêt pour les milieux sociaux et les changements de régime. Leur réputation n’égale pas celle de ses comédies, mais ils montrent un auteur soucieux de conserver la mémoire des décennies qu’il a traversées.

Page de titre du Théâtre de Louis-Benoît Picard
Page de titre d’une édition du Théâtre de Picard, publiée en 1877. Internet Archive / Wikimedia Commons, domaine public.

Picard reste actif jusqu’à la fin des années 1820 avec L’Absence, L’Album, Le Landau, L’Agiotage, Riche et pauvre et Les Éphémères. Il meurt à Paris le 31 décembre 1828, à cinquante-neuf ans. Son successeur au fauteuil 13, Antoine-Vincent Arnault, est élu dès février 1829. Louis-Benoît Picard est inhumé au Père-Lachaise. Si une grande partie de ses quelque quatre-vingts ouvrages a quitté le répertoire, son parcours demeure un témoignage exceptionnel sur la vie théâtrale française de la Révolution à la Restauration.

Œuvres principales

Théâtre : Le Badinage dangereux (1789), Les Visitandines (1792), Médiocre et rampant (1797), Les Comédiens ambulants (1798), L’Entrée dans le monde (1799), La Petite Ville (1801), Les Provinciaux à Paris (1802), Le Mari ambitieux (1802), Les Marionnettes (1806), Les Oisifs (1810), Les Deux Philibert (1816), Un jeu de bourse (1821).
Romans : Les Aventures d’Eugène de Senneville et de Guillaume Delorme (1813), L’Exalté (1813), Les Mémoires de Jacques Fauvel (1822), Le Gil-Blas de la Révolution (1825), Les Gens comme il faut et les petites gens (1826).

Distinctions et fonctions

Fonctions : directeur du théâtre Louvois en 1801 ; directeur du théâtre de l’Impératrice de 1804 à 1807 ; directeur de l’Académie impériale puis royale de musique de 1807 à 1816 ; directeur du théâtre de l’Odéon de 1816 à 1821.
Académie française : élu le 28 octobre 1807 au fauteuil 13 et reçu le 24 novembre 1807 par Bernardin de Saint-Pierre.