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NEIGRE Gabriel

Qui est Gabriel Neigre ?

Nom complet : Gabriel Neigre.
Naissance : 28 juillet 1774 (La Fère, France).
Mort : 8 août 1847 (Villiers-sur-Marne, France) à 73 ans.
Activité : officier général d’artillerie, administrateur militaire et homme politique.
Notoriété : général de division, baron de l’Empire, pair de France et directeur du service des poudres et salpêtres.

Où se trouve la tombe de Gabriel Neigre ?

La tombe de Gabriel Neigre se trouve dans la division 56 du cimetière du Père-Lachaise. La sépulture est située avenue latérale du Nord, le long de la voie qui porte également le nom du général.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 56
Plan du Père-Lachaise indiquant la division 56.

Le monument funéraire de Gabriel Neigre au Père-Lachaise

Gabriel Neigre repose dans une chapelle funéraire familiale en pierre. La façade, sobre et fortement marquée par la carrière du défunt, porte l’inscription « Famille du général Bon Neigre ». De part et d’autre de la porte, deux canons sculptés sont accompagnés de boulets empilés : ce décor militaire rappelle directement l’arme à laquelle Neigre consacra toute sa vie, l’artillerie.

La chapelle est protégée au titre des monuments historiques et recensée dans la base Mérimée sous la référence PA00086780. L’ensemble appartient à une concession perpétuelle ancienne.

Chapelle funéraire de Gabriel Neigre au Père-Lachaise
Vue générale de la chapelle funéraire de la famille du général Neigre, division 56. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.
Canons et boulets sculptés sur la tombe de Gabriel Neigre
Détail du décor d’artillerie encadrant la porte de la chapelle Neigre. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.
Inscription de la chapelle du général Gabriel Neigre
Façade et inscription de la chapelle familiale du général Neigre au Père-Lachaise. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Gabriel Neigre

Gabriel Neigre naît le 28 juillet 1774 à La Fère, dans l’Aisne, une place militaire étroitement liée à l’histoire de l’artillerie française. Son père, Charles Neigre, est sergent au régiment de Metz du corps royal d’artillerie ; sa mère se nomme Françoise Chapilet. L’univers des casernes, des écoles d’armes et des arsenaux constitue donc son premier horizon. Dès 1780, alors qu’il n’a que six ans, il est inscrit comme enfant de troupe au 2e régiment d’artillerie à pied. Cette situation n’est pas encore celle d’un combattant : elle rattache l’enfant à la communauté militaire et lui ouvre une formation au sein du régiment.

Maison natale du général Gabriel Neigre à La Fère
Maison natale de Gabriel Neigre à La Fère, ville d’artillerie où il grandit. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.

Une carrière née avec la Révolution

Le 14 septembre 1790, Gabriel Neigre s’engage volontairement. La Révolution bouleverse bientôt l’organisation de l’armée et accélère la promotion de militaires formés, capables de servir une arme technique. Il participe aux campagnes des armées du Centre et de la Moselle en 1792 et 1793. Devenu sergent le 31 décembre 1793, il est nommé capitaine dès le 10 janvier 1794, à dix-neuf ans, dans le bataillon du Mont-Terrible. Cette ascension rapide traduit à la fois les besoins considérables des armées révolutionnaires et les compétences acquises par un jeune homme élevé dans l’artillerie.

Après un passage à la 106e demi-brigade, il revient à une spécialité décisive en rejoignant, en avril 1797, le 1er bataillon de pontonniers. Les pontonniers permettent aux armées de franchir les cours d’eau, d’acheminer les pièces et de maintenir les voies de communication. Neigre sert lors des campagnes d’Italie et se signale dans des opérations où l’organisation des mouvements compte autant que le feu des batteries. Son expérience de terrain s’élargit ainsi à la logistique, domaine qui deviendra le fil conducteur de sa carrière.

Maison du général Gabriel Neigre à La Fère
Autre vue de la maison associée au général Neigre dans sa ville natale de La Fère. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.

Des parcs d’artillerie à la Grande Armée

Nommé chef de bataillon à l’état-major de l’artillerie en octobre 1802, Neigre devient sous-directeur de l’artillerie à Strasbourg en janvier 1803, puis sous-directeur du parc de campagne de l’artillerie de réserve. Ces fonctions placent l’officier au cœur de la préparation des campagnes : il faut réunir canons, caissons, munitions, chevaux, ateliers et personnels, puis assurer leur déplacement et leur réparation. La qualité d’une artillerie dépend autant de cette administration méthodique que de son action sur le champ de bataille.

Chevalier de la Légion d’honneur en 1804, il est promu lieutenant-colonel en avril 1806 et dirige le parc d’artillerie des réserves de cavalerie. En janvier 1807, il devient colonel attaché à l’état-major de l’artillerie de réserve ; quelques mois plus tard, il reçoit le grade d’officier de la Légion d’honneur. Après les grandes campagnes de la Grande Armée, il commande l’artillerie à Dantzig à partir de novembre 1808, puis dirige en 1809 les parcs d’artillerie de l’armée d’Allemagne.

Cette année 1809 marque une reconnaissance politique autant que militaire : Gabriel Neigre est créé baron de l’Empire. Il poursuit ensuite sa carrière dans les grandes places d’Anvers puis de Metz. En février 1812, Napoléon lui confie la direction générale des parcs d’artillerie de la Grande Armée au moment où se prépare la campagne de Russie. La mission est immense. Les distances, le climat, l’usure des attelages et l’effondrement des lignes de ravitaillement mettent à l’épreuve toute l’organisation matérielle de l’armée.

La Russie, l’Elbe et le généralat

Au cours de la campagne de Russie, Neigre doit maintenir en mouvement un dispositif qui comprend des milliers d’hommes, d’animaux et de véhicules. La retraite transforme cette tâche en lutte quotidienne pour sauver les pièces et les approvisionnements encore utilisables. Ses services lui valent le grade de général de brigade le 10 janvier 1813. Dès le mois de mars, il dirige les parcs de l’armée de l’Elbe, puis il est nommé général de division le 25 novembre 1813 et reçoit le commandement de l’artillerie de cette armée.

En 1814, à la chute de l’Empire, il est nommé inspecteur général de l’artillerie. La première Restauration reconnaît son expertise : il devient chevalier de Saint-Louis le 29 juillet et commandeur de la Légion d’honneur le 9 août. Comme beaucoup d’officiers de sa génération, il traverse les changements de régime sans renoncer à son métier. Ses compétences techniques et administratives sont jugées suffisamment précieuses pour qu’il demeure employé au plus haut niveau.

Waterloo et le retour au service royal

Pendant les Cent-Jours, Neigre reprend la direction générale des parcs de l’armée du Nord. Il participe à la campagne de Belgique et se trouve engagé dans la débâcle qui suit Waterloo, le 18 juin 1815. Les notices militaires retiennent ses efforts pour soustraire à l’ennemi une partie du matériel d’artillerie confié à ses soins. Après le licenciement de l’armée de la Loire, il revient dans les organismes centraux de son arme.

En 1816, il siège au comité central de l’artillerie et préside le conseil de guerre qui acquitte par contumace le général Drouet d’Erlon. Inspecteur du personnel et du matériel de l’armée du Rhin en 1817, puis inspecteur général en 1820, il participe aux réflexions sur l’organisation, l’équipement et l’instruction de l’artillerie. Une période de disponibilité s’ouvre en 1824, mais elle est brève : il redevient membre titulaire du comité d’artillerie à la fin de la même année.

De l’armée du Nord à la Chambre des pairs

La monarchie de Juillet remet le général au premier plan. En mars 1831, il est chargé d’inspecter les corps et les établissements militaires de la frontière du Nord, puis il commande l’artillerie de l’armée engagée dans la campagne de Belgique. Il prend part aux opérations qui conduisent au siège de la citadelle d’Anvers. Cette dernière grande mission de campagne confirme sa place parmi les spécialistes français de l’artillerie et de son administration.

Louis-Philippe le nomme pair de France le 11 octobre 1832. Neigre entre ainsi à la Chambre haute, où il siège jusqu’à sa mort. Il est également appelé, le 22 janvier 1839, à diriger le service des poudres et salpêtres, organisme essentiel à l’approvisionnement militaire et à la sécurité des fabrications. Son parcours relie de manière singulière trois époques : l’armée révolutionnaire, les guerres napoléoniennes et la monarchie constitutionnelle.

Plaque commémorative Gabriel Neigre à Villiers-sur-Marne
Plaque rappelant le séjour de Gabriel Neigre à Villiers-sur-Marne, où il mourut en 1847. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.

Vie familiale et dernières années

Gabriel Neigre épouse Marguerite Jacquet, sœur du général Jean-Pierre Jacquet. Le couple a quatre enfants. Dans ses dernières années, il partage son temps entre ses responsabilités administratives et parlementaires et sa résidence de Villiers-sur-Marne. Il y meurt le 8 août 1847, quelques jours après son soixante-treizième anniversaire.

Inhumé au Père-Lachaise, il est commémoré à la fois par sa chapelle ornée de canons et par son nom gravé sur l’Arc de triomphe, à la 10e colonne. Une voie du cimetière, l’avenue Neigre, porte également son nom. Ces marques publiques rappellent moins un chef de bataille célèbre qu’un organisateur essentiel de l’artillerie, dont la carrière s’est construite sur la maîtrise des parcs, des approvisionnements et des établissements militaires.

Plaque de l’avenue Neigre au cimetière du Père-Lachaise
Plaque de l’avenue Neigre, voie du Père-Lachaise nommée en mémoire du général. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.

Actions principales

  • Direction des parcs d’artillerie de la Grande Armée pendant la campagne de Russie de 1812.
  • Commandement de l’artillerie de l’armée de l’Elbe en 1813.
  • Efforts pour préserver le matériel d’artillerie lors de la retraite après Waterloo en 1815.
  • Inspection générale de l’artillerie et participation aux comités techniques de l’arme.
  • Commandement de l’artillerie de l’armée du Nord pendant la campagne de Belgique et le siège d’Anvers.
  • Direction du service des poudres et salpêtres à partir de 1839.

Distinctions et fonctions

  • Baron de l’Empire, 1809.
  • Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, 1814.
  • Grand-croix de la Légion d’honneur, 1832.
  • Grand cordon de l’ordre de Léopold de Belgique, 1833.
  • Général de division, 1813.
  • Pair de France, de 1832 à 1847.
  • Nom gravé sous l’Arc de triomphe de l’Étoile, 10e colonne.