Qui est Michel Ney ?
Nom complet : Michel Ney.
Naissance : 10 janvier 1769 (Sarrelouis, France).
Mort : 7 décembre 1815 (Paris, France) à 46 ans, fusillé.
Activité : officier général et maréchal d’Empire.
Notoriété : duc d’Elchingen, prince de la Moskowa, l’un des principaux chefs militaires de Napoléon, surnommé le « brave des braves ».
Où se trouve la tombe de Michel Ney ?
La tombe de Michel Ney se trouve dans la division 29 du cimetière du Père-Lachaise, au chemin du Dragon, près du carrefour avec le chemin des Acacias. Le monument actuel occupe cet emplacement depuis 1903.

Le monument funéraire de Michel Ney au Père-Lachaise
Le monument actuel est une tombe de marbre blanc élevée en 1903. Sa stèle porte un portrait de Michel Ney en médaillon, œuvre attribuée au sculpteur et ornemaniste Michel-Victor Cruchet. Une longue inscription résume ses titres, ses grades et ses principaux commandements, depuis son engagement dans les hussards jusqu’à la campagne de 1815. La formule « fusillé à Paris le 7 décembre 1815 » rappelle sans détour la fin politique et judiciaire du maréchal.
Cette sépulture n’est pas celle dans laquelle Ney fut placé immédiatement après son exécution. Inhumé le 8 décembre 1815 dans un secteur correspondant aujourd’hui à la division 45, il reposa d’abord sous un monument très discret, bientôt retiré parce que la tombe attirait fleurs, inscriptions et manifestations de fidélité. Sa dépouille fut transférée secrètement entre 1817 et 1822 vers la division 29. Pendant des décennies, un simple enclos planté de cyprès signala le lieu sans porter officiellement son nom. Le monument définitif de 1903 donna enfin à cette sépulture familiale une forme publique et commémorative.
Deux de ses fils reposent également dans cette tombe : Michel-Louis-Félix Ney, duc d’Elchingen, député du Pas-de-Calais, et Eugène Ney, comte, diplomate et écrivain. La sépulture est inscrite au titre des monuments historiques avec l’ensemble patrimonial du cimetière.



Biographie de Michel Ney
Michel Ney naît le 10 janvier 1769 à Sarrelouis, place forte lorraine alors française, aujourd’hui située en Allemagne. Il est le fils de Pierre Ney, artisan tonnelier qui avait servi pendant la guerre de Sept Ans, et de Margarethe Greiveldinger. Sa famille le destine d’abord à une existence civile. Après une instruction élémentaire, il travaille comme clerc puis dans les mines et les forges de la Sarre. Cette vie ne lui convient guère : en 1787, à dix-huit ans, il s’engage dans le régiment Colonel-Général des hussards, en garnison à Metz.
Le jeune cavalier apprend vite. Bon escrimeur et excellent homme de cheval, il se fait remarquer par son énergie. La Révolution ouvre aux soldats de métier des possibilités d’avancement que l’armée royale réservait largement à la noblesse. Ney devient sous-officier, puis sous-lieutenant en 1792. Il sert dans l’armée de Sambre-et-Meuse et attire l’attention du général Kléber, qui apprécie son audace dans les missions de reconnaissance et les combats d’avant-garde.
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L’ascension d’un chef de cavalerie
Entre 1794 et 1797, Ney mène une guerre mobile sur le Rhin et en Allemagne. Il conduit des détachements, enlève des positions et protège les mouvements de l’armée. Promu général de brigade en août 1796 après la bataille de Forchheim, il confirme sa réputation lors des opérations d’Amberg et de Würzburg. Fait prisonnier en 1797 à Neuwied, il est rapidement échangé.
La guerre contre la Deuxième Coalition le ramène au premier plan. Général de division en 1799, il commande sur le Rhin, est blessé à Frauenfeld, puis participe à la campagne qui s’achève par la victoire de Hohenlinden en décembre 1800. Ney ne se réduit déjà plus au rôle d’un sabreur : il reçoit des commandements autonomes et des missions diplomatiques. En 1802, Bonaparte l’envoie en Suisse comme ministre plénipotentiaire et commandant des forces françaises. Il contribue à imposer la médiation française dans une Confédération divisée.
La même année, il épouse Aglaé Louise Auguié, proche de l’entourage de Joséphine de Beauharnais. Le couple aura quatre fils. Cette alliance introduit Ney dans la société du nouveau régime sans effacer ses origines modestes ni son identité de soldat issu du rang.
Maréchal de l’Empire et duc d’Elchingen
Lorsque Napoléon fonde l’Empire, Michel Ney figure parmi les dix-huit maréchaux nommés le 19 mai 1804. Il reçoit le commandement du VIe corps de la Grande Armée. Pendant la campagne de 1805, son action à Elchingen est décisive : le 14 octobre, il force le passage du Danube et contribue à enfermer l’armée autrichienne dans Ulm. La victoire lui vaut plus tard le titre de duc d’Elchingen.

En 1806, il combat à Iéna, poursuit les forces prussiennes et obtient la capitulation de Magdebourg. L’année suivante, il prend part aux affrontements d’Eylau et de Friedland. Son corps arrive à Friedland au moment crucial et pousse l’offensive française contre l’aile russe. Napoléon reconnaît en lui un commandant capable d’entraîner les hommes au cœur du combat, même si son impulsivité rend parfois sa conduite difficile à coordonner.
À partir de 1808, Ney sert dans la péninsule Ibérique. Il combat en Espagne puis au Portugal sous les ordres de Masséna. Les deux hommes s’opposent sur la stratégie et le commandement. Ney se distingue durant la retraite devant les lignes de Torres Vedras, mais son insubordination conduit Masséna à le relever de ses fonctions en mars 1811. Cet épisode montre les limites d’un chef admirable dans l’action immédiate, mais moins à l’aise dans la subordination et les opérations prolongées.
La Russie et le « brave des braves »
La campagne de Russie de 1812 donne à Ney sa place centrale dans la légende napoléonienne. À la tête du IIIe corps, il combat à Smolensk et à la Moskowa, où il dirige des attaques particulièrement meurtrières. Napoléon le crée prince de la Moskowa en 1813. Mais c’est surtout pendant la retraite qu’il devient célèbre.
Chargé de l’arrière-garde, Ney protège les colonnes épuisées contre les attaques russes. À Krasnoï, son corps est coupé du reste de l’armée. Refusant de capituler, il contourne les forces adverses, franchit le Dniepr gelé et rejoint Napoléon avec une poignée de survivants. Il combat encore au passage de la Bérézina et demeure parmi les derniers Français à quitter le territoire russe. C’est dans ce contexte que s’impose son surnom de « brave des braves ».

Les revers de 1813 et l’abdication
En 1813, Ney commande de nouveau dans la campagne d’Allemagne. Il se bat à Lützen, Bautzen et Leipzig, mais connaît aussi de graves revers. À Dennewitz, son armée est battue alors qu’elle tente de marcher sur Berlin. Le maréchal reste capable d’un courage spectaculaire, mais les responsabilités stratégiques révèlent ses hésitations et ses erreurs de coordination.
Pendant la campagne de France de 1814, il commande la Jeune Garde et participe aux derniers combats menés par Napoléon sur le territoire national. Lorsque Paris capitule et que la situation paraît sans issue, Ney fait partie des maréchaux qui pressent l’Empereur d’abdiquer. Il se rallie à Louis XVIII, qui le nomme pair de France et lui confie un commandement militaire.
Les Cent-Jours et Waterloo
En mars 1815, Napoléon débarque de l’île d’Elbe. Ney promet d’abord au roi de l’arrêter, mais l’avancée de l’ancien empereur provoque l’effondrement de l’autorité royale dans l’armée. À Lons-le-Saunier, le maréchal se rallie à Napoléon et appelle ses troupes à le rejoindre. Cette volte-face déterminera bientôt son destin.
Pendant la campagne de Belgique, Ney commande l’aile gauche. À Quatre-Bras, le 16 juin, il ne parvient pas à écraser les forces anglo-alliées avant leur renforcement. Deux jours plus tard, à Waterloo, il mène plusieurs charges massives de cavalerie contre le centre britannique, sans soutien suffisant d’infanterie et d’artillerie. Plusieurs chevaux sont tués sous lui. Il poursuit le combat jusqu’à la défaite, mais son courage personnel ne compense pas les défaillances du commandement français.

Le procès et l’exécution
Après la seconde abdication de Napoléon, Ney quitte Paris puis tente de se cacher. Arrêté le 3 août 1815, il est accusé de haute trahison pour avoir rompu son serment à Louis XVIII. Un conseil de guerre composé de maréchaux et de généraux se déclare incompétent. L’affaire est alors portée devant la Chambre des pairs, dont Ney avait lui-même été membre.
Le procès se déroule les 4, 5 et 6 décembre. La défense invoque notamment la convention de Paris, qui semblait garantir la sécurité des personnes ayant soutenu Napoléon, ainsi que le nouveau statut de Sarrelouis, devenu prussien après le traité de Paris. Ney refuse cependant que sa défense repose sur l’idée qu’il ne serait plus français. La Chambre le déclare coupable et le condamne à mort à une très large majorité.
Le 7 décembre 1815, Michel Ney est conduit près de l’Observatoire, avenue de l’Observatoire. Il est fusillé par un peloton d’exécution. Les récits de ses derniers instants ont été rapidement amplifiés et parfois embellis ; le fait établi demeure qu’il affronte l’exécution sans être attaché ni avoir les yeux bandés. Son procès, décidé dans le climat de la seconde Restauration et de la Terreur blanche, devient durablement un symbole des règlements de comptes politiques de 1815.

Une mémoire progressivement réhabilitée
Le lendemain, Ney est enterré au Père-Lachaise dans la discrétion. Sa veuve et ses fils entretiennent sa mémoire tandis que son tombeau devient un lieu de visite. Sous la monarchie de Juillet, son nom est rétabli sur les listes de la Légion d’honneur. En 1848, la Deuxième République décide d’élever un monument sur le lieu de son exécution ; la statue de François Rude y est inaugurée en 1853.
Son nom figure sur le pilier oriental de l’Arc de triomphe, parmi ceux des chefs des armées révolutionnaires et impériales. La mémoire de Ney reste pourtant complexe. Son courage au feu, particulièrement en Russie, est unanimement reconnu ; ses décisions en Espagne, en 1813 et à Waterloo font l’objet d’appréciations plus critiques. Sa vie concentre les contradictions d’une génération passée de l’armée royale à la Révolution, de l’Empire à la Restauration, puis ramenée en quelques semaines au choix impossible entre fidélités concurrentes.
Campagnes et actions principales
- Armées de Sambre-et-Meuse et du Rhin pendant les guerres révolutionnaires.
- Victoire d’Elchingen et campagne d’Ulm, 1805.
- Campagnes de Prusse et de Pologne : Iéna, Eylau et Friedland, 1806-1807.
- Guerre d’Espagne et campagne du Portugal, 1808-1811.
- Campagne de Russie : Smolensk, la Moskowa, Krasnoï et la Bérézina, 1812.
- Campagnes d’Allemagne et de France, 1813-1814.
- Quatre-Bras et Waterloo, 1815.
Distinctions et fonctions
- Maréchal de l’Empire, 19 mai 1804.
- Grand aigle de la Légion d’honneur.
- Duc d’Elchingen, 1808.
- Prince de la Moskowa, 1813.
- Pair de France sous la Première Restauration puis pendant les Cent-Jours.
- Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
- Nom gravé sous l’Arc de triomphe, pilier Est.